Bande verte et piste cyclable : comprendre les aménagements cyclables

Pas facile de s’y retrouver dans le vocabulaire vélo, nous sommes là pour vous éclairer ! Avant de s’élancer il est essentiel de comprendre le réseau d'aménagements qui vous permet de découvrir la France en toute confiance.

Les pistes et bandes cyclables sont des aménagements prévus pour améliorer le partage de la route. Ces voies, exclusivement réservées aux cyclistes et conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés, possèdent une réglementation et une signalisation qui leur sont propres.

Qu’est-ce qu’une bande verte pour vélo ?

De manière générale, les marquages au sol de couleur verte sont utilisés lorsqu'ils font référence aux cyclistes. Attention : cela ne signifie pas que tous les marquages à destination des cyclistes sont de couleur verte.

La coloration verte ou sienne de la chaussée cyclable n’est pas obligatoire en France contrairement à certains pays voisins (Pays-Bas en rouge, Belgique en ocre). Elle reste une option à discrétion du gestionnaire de voirie.

La règle française privilégie la sobriété en matière de couleurs. La couleur de référence est le blanc pour la séparation routière, et le vert ou sienne pour la coloration optionnelle de la chaussée.

Une bande verte n’est donc pas nécessairement une infrastructure distincte : le vert peut simplement signaler ou renforcer la visibilité d’un aménagement cyclable ou d’une traversée. Le marquage vert joue un rôle d'alerte visuelle : il se repère de loin et souligne que la traversée est prioritaire.

Traversée cyclable verte prioritaire

Traversée verte et priorité des cyclistes

De plus en plus répandues dans la métropole nantaise, les traversées vertes vélo peuvent susciter des interrogations, que l’on circule en voiture, à vélo ou à pied.

Quand des panneaux "Cédez le passage" encadrent la traversée dans les deux sens, les automobilistes doivent laisser passer les cyclistes.

« C’est tout simplement le Code de la route qui s’applique, note Damien Le Maire, à la police municipale de Nantes. Le marquage vert joue un rôle d'alerte visuelle : il se repère de loin et souligne que la traversée est prioritaire ».

Lorsqu'une piste ou bande cyclable longe une voie prioritaire, elle aussi est prioritaire. « Là encore, c’est la simple application du Code de la route », souligne le policier municipal.

Cette fois, les panneaux "Cédez le passage" ou "Stop" sont orientés vers la piste cyclable et la traversée n’est pas marquée en vert.

Le déploiement du marquage « Quand c’est vert c’est prioritaire » est lié à la création des Grandes voies vélo (GVV), ce réseau de 11 itinéraires cyclables, lisibles et sécurisés, reliant les 24 communes de Nantes Métropole.

« Il n’y a que sur les GVV que l’on rencontre le marquage vert, une couleur qui s’inscrit dans la marque Naolib, explique Stéphane Ourdouillie, au département des mobilités de Nantes Métropole. Tous les carrefours où passent les GVV ont été étudiés, pour vérifier si l’on pouvait y mettre ou non ce marquage vert, réalisé avec un matériau antidérapant ».

L’idée générale ? « Sécuriser encore un peu plus les cyclistes. »

Bande cyclable et piste cyclable : quelle différence ?

Si les bandes cyclables et les pistes cyclables suivent toutes les deux le même objectif, qui est d'offrir aux cycliste des couloirs de circulation spécifiques, elles disposent néanmoins d'aménagements spécifiques qui les rendent différentes.

La bande cyclable

Une bande cyclable n'est pas séparée physiquement des autres voies de circulation où roulent les autres usagers (moto, voiture, etc.).

Les bandes cyclables se trouvent sur la chaussée. Elles sont signalées par un marquage au sol, une ligne continue ou discontinue, et un pictogramme de vélo permet de voir qu’il s’agit de voies réservées aux cyclistes et adaptées à leur mode de circulation.

Il arrive que ces bandes cyclables soient installées en contresens par rapport au sens de circulation normal de la chaussée. L'usager doit alors rester extrêmement vigilant à la vue d’une bande cyclable sur la gauche de sa voie, même s’il s’agit d’un sens unique pour lui.

Réputée peu sûre par ses détracteurs, qui n’y voient qu’un « coup de peinture », la bande cyclable est en réalité un aménagement se révélant extrêmement utile au cycliste débutant comme habitué.

La bande est un aménagement économique et rapide à mettre en place. Elle permet d’écarter le cycliste du flux automobile et de ses pots d’échappements, tout en lui permettant de rester inséré dans le trafic.

Les manœuvres de tourne-à-gauche ou d’évitement d’obstacle restent ainsi matériellement possibles à tout moment.

La piste cyclable

Si une piste cyclable est présente le long d'une route, elle est physiquement séparée des voies des autres usagers.

Les pistes cyclables sont, quant à elles, isolées par rapport aux autres usagers. Ce sont des zones protégées des véhicules motorisés, qui sont installées sur les trottoirs ou bien surélevées par un terre-plein.

La différence entre ces deux infrastructures se situe au niveau de la séparation entre la voie réservée aux cyclistes et la voie (ou les voies) où circulent d'autres types de véhicules, comme les voitures.

Chaussée réservée aux vélos, la piste cyclable peut offrir une certaine tranquillité d’esprit au cycliste. Toutefois, cet aménagement s’avère parfois faussement « sécurisant ».

Lorsqu’un cycliste circule sur une piste, il est souvent hors du champ de vision des automobilistes. A chaque intersection, le cycliste doit donc redoubler de vigilance et croiser le regard des automobilistes avant de s’engager sur la chaussée afin de se réinsérer dans le trafic.

Lorsque vous circulez sur une piste cyclable, l’article R 415-3 vous donne la priorité par rapport aux véhicules qui quittent cette chaussée.

Les panneaux et le marquage des aménagements cyclables

Les voies qui leurs sont réservées sont signalées par des marquages au sol et disposent d’un sens de circulation.

Des panneaux de signalisation verticaux permettent également de repérer les zones réservées aux cyclistes.

Les deux panneaux suivants indiquent le début et la fin d'une bande ou piste cyclable conseillée. Ce sont des panneaux carrés à fond bleu, c'est-à-dire des panneaux d'indications.

Les panneaux suivants indiquent également le début et la fin d'une bande cyclable. En revanche, ce sont des panneaux d'obligation : ils sont ronds à fond bleu.

Le panneau de gauche ci-dessous rend l'utilisation de la bande ou piste cyclable obligatoire.

À noter également que l'article R412-35 du Code de la route prévoit que si les piétons ne peuvent pas circuler sur un emplacement qui leur est réservé, comme un trottoir, ils peuvent circuler sur les autres parties de la route.

Les pictogrammes et la couleur de la chaussée

En France, le marquage d’une piste cyclable suit l’Instruction Interministérielle sur la Signalisation Routière (IISR), arrêté du 24 novembre 1967 modifié.

Les pictogrammes sont strictement réglementés par l’IISR (article 113-3 et figure n° 113).

Les pictogrammes se placent tous les 50 à 100 m en alignement courant, et de manière renforcée à chaque carrefour, croisement ou changement de direction.

Le marquage au sol d’une piste cyclable suit en France des règles précises issues de l’IISR et complétées par les recommandations CEREMA 2024-2026 : blanc pour les lignes, vert ou sienne en option pour la coloration, pictogrammes officiels, largeurs minimales 1,50 m unidirectionnelle / 2,50 m bidirectionnelle.

Par exemple, sur l'image ci-dessus, une piste cyclable fait le tour d'un carrefour à sens giratoire. Pour attirer l'attention des usagers sur ce risque, un damier vert est peint sur le sol.

Ainsi, les conducteurs de véhicules motorisés ont l'information qu'il s'agit d'une zone dangereuse où des cyclistes peuvent circuler.

De plus, il est fréquent que le sens d'une piste cyclable soit indiqué par un marquage au sol.

Règles de circulation et de stationnement

Lorsqu'un cycliste ou un conducteur d'EDPM circule sur une bande ou piste cyclable, il doit appliquer les règles du Code de la route.

Une piste cyclable est avant tout une voie de circulation.

Cependant, les autorités locales peuvent modifier la signalisation afin de changer les règles de priorités d'une piste cyclable.

Les pistes et bandes cyclables sont des zones de circulation réservées à un certain type d'usager, et ne sont donc pas autorisées au stationnement.

Cette nécessité de ne pas encombrer les voies de circulation réservées aux cyclistes est motivée par le fait que ces usagers spécifiques ne disposent pas d’habitacle et font moins de bruit qu’un véhicule motorisé, il est donc essentiel de laisser libre ces voies qui leurs sont attribuées.

L’arrêt ou le stationnement d’une voiture sur une piste ou une bande cyclable est passible de 135 euros d’amende et du retrait de 3 points sur le permis de conduire.

Néanmoins, l'article R431-9 du Code de la route prévoit que les autorités locales peuvent autoriser la circulation des cyclomoteurs (sans side-car ni remorque) sur ces voies réservées.

Le sas vélo aux intersections

Le sas vélo, mis en place massivement depuis 2018, est une zone d’attente avancée avant un feu de circulation.

Il s’agit de l’espace entre la ligne d’arrêt de feu et le feu lui-même : il est interdit aux automobilistes et aux motards de s’arrêter dessus.

Il devrait permettre aux cyclistes de tourner à gauche plus facilement et de patienter d’attendre au feu sans respirer les gaz d’échappement, tout en étant mieux visibles par les automobilistes.

Les sas vélos sont de plus en plus présents au niveau des feux tricolores ou des autres formes d’intersections. Les automobilistes et les autres usagers de la route doivent impérativement respecter ces éléments de signalisation.

L’arrêt sur un sas vélo est considéré comme étant, non seulement, un non-respect de la ligne de feu rouge, mais également une immobilisation en pleine voie.

Le marquage au sol seul ne suffit pas.

Les autres aménagements cyclables

La voie verte

Une voie verte est une voie dédiée aux déplacements non motorisés : à Lyon, c’est le cas des Berges du Rhône… ou de la partie cyclable du pont de la Mulatière.

La véloroute

Une véloroute est un itinéraire de moyenne ou longue distance, balisé de bout en bout.

Une véloroute est composée d'une succession d'aménagements cyclable (piste cyclable, voie verte) et de simples routes à faible circulation.

Le schéma des véloroutes a pour objectif de doter notre pays d'un réseau continu et interconnectés entre eux.

En 2024, la France disposait de 21 831 km d'itinéraires aménagés. L'ambition est d'atteindre 25 587 km en 2030 !

💡 À retenir : La véloroute est l'itinéraire, elle peut être composée de 50% de voies vertes et 50% de routes partagées.

Les EuroVelo

Ce sont des itinéraires transnationaux qui traversent plusieurs pays. En France, on en compte 10 (comme La Vélodyssée ou l'EuroVelo 6).

Elles sont identifiées par un numéro (ex: V50 pour La Voie Bleue).

Elles privilégient la sécurité et le faible dénivelé.

Le double sens cyclable

Le double sens cyclable est une mesure permettant aux cyclistes d’emprunter les rues à sens unique dans les deux sens de circulation.

Les rues autorisées sont repérées par une signalisation spécifique (un panonceau « sauf vélo » en dessous du sens interdit classique à l’entrée de la rue).

Oui, le double sens cyclable (M11) est autorisé sur la quasi-totalité des rues à 30 km/h depuis le décret 2008-754.

Le M11 autorise les cyclistes à remonter une rue à sens unique.

Le chaucidou

Chaucidou, ou voie à chaussée centrale banalisée : il s’agit d’une rue à double-sens pour tous les modes de déplacements, sur laquelle il y a deux bandes cyclables, mais une seule voie pour les modes motorisés.

Ils sont autorisés à empiéter sur les bandes cyclables, mais uniquement pour se croiser et en laissant la priorité aux cyclistes !

La zone de rencontre

Ce n’est pas à proprement parler un aménagement cyclable, puisque les cyclistes n’y ont pas plus de droit que les automobilistes, mais la vitesse y est limitée à 20 km/h.

C’est donc un aménagement de voirie qui favorise les modes de déplacements actifs !

Les cyclistes y sont admis, mais uniquement à la vitesse du pas (Article R 431-9).

La zone 30

Il s’agit d’une rue, généralement étroite, où les cyclistes sont prioritaires.

Ce n’est pas un aménagement cyclable en tant que tel mais il favorise les modes de déplacements actifs car la vitesse y est limitée à 30 km/h !

Les piétons y sont prioritaires et ils n’ont pas l’obligation d’utiliser les trottoirs s’ils existent.

Les voies de bus et de tram

Le risque majeur de la cohabitation bus et vélo provient de l’angle mort important des bus, souvent mal connu.

Ainsi, il ne faut jamais dépasser un bus, profitant de ce qu’il est à l’arrêt si l’on n’est pas assuré qu’il ne redémarrera pas avant la fin de notre manœuvre !

Gardons également à l’esprit qu’un bus ne peut pas s’arrêter d’urgence sans mettre en danger ses passagers.

Il convient donc de se comporter avec un bus de la façon la plus prévisible possible pour le conducteur.

Attention, dans le Grand Lyon, toutes les voies de bus ne sont pas encore accessibles aux cyclistes !

Ne circulez pas non plus sur les voies de tram : c’est interdit, et si un de vos pneus se coince dans les rails, c’est la chute assurée !

Les itinéraires VTT

La France dispose également de plusieurs itinéraires VTT sur chemins et sentiers souvent plus sportifs et qui vous permettent de vous plonger au cœur des massifs et des forêts, en toute immersion.

Le réseau VTT répond à un schéma différent, aménagé essentiellement sur des chemins et des sentiers avec des passages sur petites routes.

En France, on compte plus de 90 000 km de parcours VTT structuré de 2 manières.

Les Grandes Traversées VTT

Ce sont des itinéraires de "longue distance" pour les vététistes.

Elles traversent des massifs montagneux (Grande Traversée du Jura, du Massif Central, etc.).

Elles sont balisées spécifiquement et demandent une préparation physique et un matériel adapté.

Il en existe 16 et nous en valorisons certaines sur notre site.

Les Centres et Sites VTT

Il s'agit de réseaux de boucles locales classées par couleur (vert, bleu, rouge, noir) selon leur difficulté, à l'image des pistes de ski.

Matériaux, durabilité et coût du marquage

Le marquage cyclable subit un trafic intense (vélos, parfois véhicules de service) et des intempéries.

Astuce : Pour un aménagement cyclable durable, optez pour une résine MMA bicomposant sur les zones à fort trafic et conservez la peinture acrylique uniquement pour les marquages temporaires ou les budgets très contraints.

Le choix du matériau (acrylique, résine MMA, thermoplastique) conditionne directement la durée de vie et le coût d’entretien sur 10 ans.

MatériauDurée de vieCoût indicatif pour 1 km de piste unidirectionnelle 1,80 m
Peinture acrylique2-3 ans2 500 à 6 000 €
Résine MMA5-8 ans10 000 à 20 000 €
Thermoplastique à chaudjusqu’à 10 ans

Entre 2 et 10 ans selon le matériau et le trafic.

Pour 1 km de piste unidirectionnelle 1,80 m, comptez 2 500 à 6 000 € en peinture acrylique standard, et 10 000 à 20 000 € en résine MMA durable.

Pour obtenir le meilleur rapport qualité-prix sur vos travaux de marquage au sol, nous vous recommandons de comparer au moins 3 devis d’artisans différents.

Le CEREMA et l’IISR fixent des minima et des recommandations.

Conseils de vigilance pour les cyclistes et les automobilistes

Tous les automobilistes sont susceptibles de rencontrer, de croiser ou de dépasser quotidiennement d’autres types d’usagers de la route.

Les cyclistes, par exemple, sont soumis au Code de la route et disposent dans la plupart des agglomérations d’aménagements spécifiques qui leur permettent de circuler en toute sécurité, comme les bandes cyclables ou les pistes cyclables.

Connaître parfaitement les différences ainsi que les règles relatives aux bandes et pistes cyclables est indispensable dans le cadre d'un partage serein de la route.

Les cyclistes circulent sur la route ou sur le trottoir en fonction des aménagements qui sont mis en place.

Sans la présence de ces installations urbaines, le cycliste doit impérativement circuler sur la route avec les autres usagers, et notamment les usagers motorisés.

Les enfants de moins de 8 ans peuvent utiliser les trottoirs et les accotements même sans aménagements spécifiques.

Lorsqu’un cycliste circule sur une piste, il est souvent hors du champ de vision des automobilistes. A chaque intersection, le cycliste doit donc redoubler de vigilance et croiser le regard des automobilistes avant de s’engager sur la chaussée afin de se réinsérer dans le trafic.

Ces voies sont larges, dégagées, et offrent un bel espace de circulation aux cyclistes.

Quelles sont les règles de circulation à vélo ? La route en question

tags: #bande #verte #piste #cyclqble