Astérix et le désordre à Rome : de la capitale romaine à la Transitalique

Astérix et Obélix ont étonnamment peu foulé le sol de l’Italie depuis la création de la série, en 1959, par René Goscinny et Albert Uderzo.

Les lecteurs assidus ne leur attribuent que deux séjours à Rome : le premier dans Astérix gladiateur (1965), où les deux comparses viennent délivrer le barde Assurancetourix, promis aux lions des jeux du cirque ; le second dans Les Lauriers de César (1972), où on les voit chaparder la couronne, à la suite d’un pari d’ivrogne lancé par le chef Abraracourcix.

Avec Astérix et la Transitalique, les deux Gaulois quittent enfin la seule capitale romaine qu’ils connaissaient jusque-là pour parcourir la péninsule, des Alpes au Vésuve.

Une présence romaine moins fréquente qu’on ne l’imagine

Astérix et Obélix « ne sont allés en Italie que deux fois, et toujours à Rome », déclarait Jean-Yves Ferri, le scénariste du nouvel album mettant en scène les aventures des deux irréductibles Gaulois, au printemps dernier.

« C’est pour cette raison qu’Obélix croit que tous les Italiens sont des Romains… », ajoutait-il.

Après Astérix et la Transitalique, le plus célèbre des sculpteurs de menhirs ne pourra plus faire cette confusion.

Pour ce qui est du reste du « pays », qui n’était pas constitué en tant que tel à l’époque, aucune trace n’existe d’un quelconque passage d’Astérix et Obélix.

Bon, principalement en Europe actuelle, à vue de nez, ainsi que sur le pourtour méditerranéen. Logique, ils écument l’Empire romain.

L’Amérique, l’Inde… et l’Atlantide font figure d’exception dans leur parcours.

Un seul lieu se détache, finalement : l’Armorique.

Les Gaulois n’en bougent pas dans 16 albums sur 37.

Dans ces 16 albums à domicile, ce sont les Romains qui viennent à Astérix et Obélix.

Les précédents voyages à Rome

Astérix gladiateur

Dans Astérix gladiateur, paru en 1965, Astérix et Obélix viennent délivrer le barde Assurancetourix, promis aux lions des jeux du cirque.

Le Colisée est un lieu de prédilection pour les enfants fascinés par les gladiateurs.

Le Colisée raconte également les exploits d’Astérix qui y a combattu lui aussi pour prouver sa force à César, devant tout le village gaulois venu bruyamment assister aux jeux dans une ambiance délirante.

Dans l’Antiquité, les Romains appréciaient particulièrement les thermes.

Astérix aussi !

Dans Astérix gladiateur, le petit Gaulois se fait masser de façon vigoureuse.

Obélix, lui, se souviendra longtemps de son plongeon dans le bassin où des Romains éberlués se prélassent.

Les Lauriers de César

Dans Les Lauriers de César, paru en 1972, Astérix et Obélix arrivent à Rome à la suite d’un pari d’ivrogne lancé par le chef Abraracourcix.

On les voit chaparder la couronne de César.

Le Forum de César fut le premier des forums impériaux de Rome, le seul à se trouver sur le bord droit de la via dei Fori Imperiali.

Une superbe statue en bronze de l’empereur trônait au centre de cette place.

Une statue que l’on retrouve fidèlement reproduite dans Les Lauriers de César.

Le Forum de César aurait été édifié grâce à l’or rapporté par Jules César des guerres des Gaules.

Forum de César et statue de Jules César

Astérix et la Transitalique : un voyage inédit dans la péninsule

Découvrant cela, le scénariste Jean-Yves Ferri a sauté sur l’occasion pour situer dans la péninsule le 37e épisode des aventures de l’irréductible Gaulois.

Le troisième épisode réalisé par les nouveaux auteurs de la série, Ferri et Conrad, décline le thème de l’unité entre les peuples à travers une course de chars.

L’album, sorti jeudi 19 octobre dans tous les points de vente existants, à grand renfort de publicité, s’inscrit dans la pure tradition des histoires d’Astérix, divisées en deux catégories : celles qui se passent au village, celles qui se déroulent en dehors.

Deux ans après Le Papyrus de César, dans lequel était traité le thème des outils de communication, Astérix et la Transitalique est même davantage qu’un voyage : un road-trip, des Alpes au Vésuve, qu’on lira comme une parodie des films de type Fast and Furious.

Astérix et Obélix embarquent pour l’Italie, dans Astérix et la Transitalique, qui paraît ce jeudi 19 octobre.

Une course de chars au cœur du récit

Lancée par un sénateur accusé de financer ses orgies avec les fonds publics destinés à l’entretien des voies romaines, la course de chars à laquelle participent Astérix et Obélix aux côtés d’une dizaine de représentants de peuples de l’époque, Barbares compris, se suffirait en effet à elle-même si l’exercice n’était pas assorti d’un certain nombre de contraintes.

Telle est la spécificité d’Astérix : il faut tout faire tenir dans 44 pages.

45 ici, une carte de la course ayant été ajoutée afin de donner de la lisibilité.

« Tout », c’est-à-dire les jeux de mots, les anachronismes, les stéréotypes sur les nationalités, les calembours, les caricatures, la potion magique, les citations latines.

Carte de la course de chars transitalique

Le récit prend ainsi la forme d’un parcours à travers l’Italie, entre étapes, rencontres et affrontements.

Le Cirque Maxime permet de visualiser cette dimension spectaculaire.

Certes, il ne reste que peu de choses du cirque Maxime.

Jules César lança la construction de cet imposant cirque.

Les courses de chars étaient organisées sur une piste de 664 mètres de long et 123 mètres de large, devant plus de 150 000 spectateurs.

Pour visualiser l’ambiance, il suffit d’ouvrir Astérix et la Transitalique : Astérix et Obélix se lancent dans cette arène.

En route pour la victoire sous les acclamations des spectateurs !

🏎 Les COURSES DE CHARS dans la ROME ANTIQUE : La Formule 1 de l’antiquité❓

Le désordre politique et sportif

Derrière la franche rigolade, l’album évoque des sujets aussi sérieux que la corruption dans le sport et la politique ou la construction européenne.

L’intrigue repose sur une course lancée par un sénateur accusé de financer ses orgies avec les fonds publics destinés à l’entretien des voies romaines.

Les enjeux dépassent donc le simple spectacle sportif.

L’unité entre les peuples constitue le thème central de cette aventure.

Une dizaine de représentants de peuples de l’époque, Barbares compris, participent à la course aux côtés d’Astérix et d’Obélix.

Une note optimiste, sur fond de fraternité, clôt l’album.

Avant le traditionnel banquet.

Une Italie caricaturée avec ses symboles

Sur un plan purement comptable, rien ne manque.

Pavarotti, Berlusconi, Sophia Loren, la Joconde, la tour de Pise, Venise, les pizzas, le chianti…

L’Italie est là, au grand complet.

Jean-Yves Ferri excelle dans l’art de l’analogie et de l’ellipse, même si certains procédés s’avèrent un peu systématiques.

Découvrant l’existence de concurrents « cimbres », un peuple originaire du Danemark, le lecteur sait ainsi qu’on lui parlera de philatélie quelques pages plus loin.

L’album multiplie donc les références, les stéréotypes et les clins d’œil qui font partie du langage traditionnel de la série.

Obélix prend une place nouvelle

Le scénariste s’est, en revanche, libéré de l’ombre tutélaire de Goscinny pour faire d’Obélix un personnage influençable et presque mystique.

Plus utile au récit également.

« Pourquoi c’est toujours Astérix qui a le beau rôle ? », s’insurge le livreur de menhirs dans la hutte du chef Abraracourcix avant d’être désigné pilote du char gaulois.

Cette évolution donne à Obélix une fonction plus importante dans la progression de l’aventure.

Astérix et Obélix se retrouvent ainsi directement engagés dans la course, au milieu de concurrents venus de peuples différents.

Le dessin de Didier Conrad

Didier Conrad, lui, a franchi un nouveau cap dans l’exercice de duplication du style d’Uderzo.

Ses personnages secondaires, non pas ceux de la série, mais ceux qu’il a fallu créer spécifiquement pour cette histoire, ont gagné en expressivité par rapport à ceux des deux épisodes précédents.

Ses chevaux ne sont pas sans rappeler ceux de Morris, le créateur de Lucky Luke.

Une certaine jubilation se dégage de son trait, notamment dans cette case représentant un carambolage de chars auquel participent une bonne trentaine de quadrupèdes.

Affranchi lui aussi du poids d’Uderzo, Conrad s’est même autorisé un clin d’œil à son maître, André Franquin, en réinterprétant une scène fameuse d’un épisode de Spirou et Fantasio, La Mauvaise Tête (1954).

Un album construit sur un rythme effréné

Un postulat se doit, ici, d’être rappelé avant d’ouvrir tout nouvel album de la série.

Quoi que fassent en effet ses nouveaux auteurs, le résultat sera fatalement « moins bien » qu’avant.

Ce n’est pas une question de qualité du travail réalisé, mais de nostalgie.

Ressusciter les émotions du passé chez un lecteur est mille fois plus difficile que copier à l’identique, ou presque, une esthétique existante, ce à quoi s’appliquent avec beaucoup d’exigence Ferri et Conrad.

Parce que l’enfance est le moment où les sens sont le plus à l’écoute, nul ne réussira jamais à réitérer le bonheur d’apprendre que le sphinx de Gizeh a perdu son nez par la faute d’Obélix dans Astérix et Cléopâtre et qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide dans Le Domaine des dieux.

Cela posé, on ne boudera pas son plaisir à lire ce nouvel opus traitant de l’unité entre les peuples.

Le précédent, Le Papyrus de César, avait paru plus maîtrisé que celui d’avant, Astérix chez les Pictes, réalisé dans des délais extrêmement serrés.

On dira la même chose d’Astérix et la Transitalique, album présentant une difficulté supplémentaire en raison de son rythme effréné, recherché par les auteurs.

Une aventure destinée à plusieurs générations

Destiné aux lecteurs de tout âge, Astérix et la Transitalique n’oublie pas de proposer différents niveaux de lecture, comme il se doit.

Les enfants peuvent suivre les poursuites, les courses et les affrontements.

Les adultes reconnaissent les références politiques, culturelles et cinématographiques.

Derrière la franche rigolade, l’album évoque des sujets aussi sérieux que la corruption dans le sport et la politique ou la construction européenne.

Le thème de l’unité entre les peuples est ainsi traité à travers une aventure mouvementée, peuplée de représentants venus d’horizons différents.

La course de chars devient un cadre permettant de réunir les peuples, de confronter leurs habitudes et de multiplier les situations comiques.

Une note optimiste, sur fond de fraternité, clôt l’album.

Avant le traditionnel banquet.

Les lieux romains à découvrir avec les enfants

Vos enfants sont fans d’Astérix et ils ont dévoré d’une traite Astérix et la Transitalique, le 37e album des aventures du Gaulois paru le 19 octobre 2017 ?

C’est le moment de les emmener à Rome pour voir en vrai les lieux romains présents dans leur bande dessinée favorite.

Une potion magique qui devrait leur donner des ailes !

Astérix et Obélix ont déjà eu l’occasion de parcourir Rome à trois reprises, dans Astérix gladiateur, Les Lauriers de César et le dernier album, Astérix et la Transitalique.

Voici quatre endroits pour marcher dans les pas d’Astérix.

À découvrir dans l’ordre.

Le Forum de César

Il fut le premier des forums impériaux de Rome, le seul à se trouver sur le bord droit de la via dei Fori Imperiali.

Une superbe statue en bronze de l’empereur trônait au centre de cette place.

Une statue que l’on retrouve fidèlement reproduite dans Les Lauriers de César.

N’oubliez pas de préciser à vos enfants ce qui se dit sous le manteau : le Forum de César aurait été édifié grâce à l’or rapporté par Jules César des guerres des Gaules.

Voilà une statue de César à la très fière allure !

Le Colisée

Le Colisée est un lieu de prédilection pour vos bambins fascinés par les gladiateurs.

L’histoire millénaire de cette arène est passionnante.

Le Colisée raconte également les exploits d’Astérix qui y a combattu lui aussi pour prouver sa force à César, devant tout le village gaulois venu bruyamment assister aux jeux dans une ambiance délirante.

Le Colisée est encore plus impressionnant depuis sa dernière et importante restauration achevée en juin 2016.

N’hésitez pas à y passer suffisamment de temps.

Voilà nos héros, Gaulois et gladiateurs !

Colisée de Rome et gladiateurs gaulois

Le Cirque Maxime

Certes, il ne reste que peu de choses du Cirque Maxime.

Alors racontez à vos enfants que c’est Jules César qui lança la construction de cet imposant cirque.

Et laissez-les imaginer les folles courses de chars organisées sur cette piste de 664 mètres de long et 123 mètres de large, devant plus de 150 000 spectateurs.

Pour visualiser l’ambiance, il suffit d’ouvrir Astérix et la Transitalique : Astérix et Obélix se lancent dans cette arène.

En route pour la victoire sous les acclamations des spectateurs !

Les thermes romains

Dans l’Antiquité, les Romains appréciaient particulièrement les thermes.

Astérix aussi !

Dans Astérix gladiateur, le petit Gaulois se fait masser de façon vigoureuse.

Obélix, lui, se souviendra longtemps de son plongeon dans le bassin où des Romains éberlués se prélassent.

Avec vos enfants, je vous recommande la visite des thermes de Caracalla, qui furent l’une des sept merveilles de Rome.

Thermes de Caracalla à Rome

Repères sur l’album

ÉlémentInformation
TitreAstérix et la Transitalique
ScénarioJean-Yves Ferri
DessinDidier Conrad
Série37e épisode des aventures d’Astérix
Parutionjeudi 19 octobre 2017
ÉditeurÉditions Albert-René
Format46 pages
Prix9,95 euros
Objectif de vente5 millions d’exemplaires

L’objectif est d’être vendu à 5 millions d’exemplaires : 2 millions en France, 2 millions en Allemagne, 1 million dans le reste du monde.

Astérix et la Transitalique, Jean-Yves Ferri, scénario, et Didier Conrad, dessin, d’après René Goscinny et Albert Uderzo.

tags: #asterix #desordre #a #rome