Le parc naturel de Puracé est l’un des sites naturels les plus remarquables à découvrir autour de Popayán, dans le département du Cauca, au sud-ouest de la Colombie. Situé sur la partie centrale de la cordillère des Andes, il abrite le volcan Puracé, de vastes paysages de páramo, la vallée des frailejones, des cascades, des sources thermales et plusieurs points d’observation de la faune andine.
Le parc naturel de Puracé est en grande partie situé dans le département du Huila, mais une petite partie se situe dans le Cauca, proche de Popayan. Et c’est notamment le cas du volcan Puracé.
Le nom Puracé signifie « montagne de feu » en langue quechua. Avec environ une douzaine d'éruptions au cours du vingtième siècle, le Purace (4.750m) est l'un des volcans les plus actifs de Colombie.

Un parc essentiel pour les eaux de Colombie
On dit que le parc naturel de Puracé est la source en eau de toute la Colombie. Pourquoi ? Tout simplement parce que trois des plus grands fleuves colombiens y prennent leur source : le rio Magdalena est le plus long fleuve de Colombie, il termine sa route à Barranquilla dans la mer des caraïbes, le rio Caqueta traverse la forêt amazonienne pour devenir un affluent du fleuve Amazone et le rio Cauca creuse toute la vallée entre Cali et Medellin… pas mal !
Cette situation explique l’importance écologique du parc. Les reliefs volcaniques, les tourbières d’altitude, les cours d’eau et la végétation du páramo forment un ensemble particulièrement sensible, qui joue un rôle majeur dans la régulation et la distribution de l’eau.
Que voir dans le parc naturel de Puracé ?
Tu peux te promener sur le sentier de 10 kilomètres de long, sur lequel tu pourras découvrir la vallée des frailejones (une plante endémique protégée), des cascades et les sources thermales de San Juan de Pilimbalá.
Les paysages de montagne alternent avec une végétation typique des hauts páramos andins. Les frailejones, les cascades, les cours d’eau et les formations volcaniques constituent les principaux éléments de cette découverte.
La vallée des frailejones
Nous nous arrêtons tout de même dans le coin de frailejones, ces plantes si typiques des paramos andins.
Les frailejones sont une plante endémique protégée, caractéristique des hautes terres andines. Leur présence donne au paysage une apparence singulière et permet de reconnaître immédiatement l’environnement de páramo.
Les cascades et les points de vue
Le circuit du parc comprend plusieurs arrêts consacrés aux paysages et aux cours d’eau. L’étape numéro 2 est un mirador sur un lac. L’arrêt numéro 3 est une petite cascade (quasiment au bord de la route).
Nous gardons l’arrêt numéro 4 pour le retour (un petit bassin aux eaux cristallines) et arrivons enfin aux thermes de San Juan.

Les thermes de San Juan de Pilimbalá
Les sources thermales de San Juan de Pilimbalá font partie des sites les plus particuliers du parc. Le site des thermes de San Juan est magnifique mais extrêmement fragile.
Nous suivons un parcours qui serpente entre les petits cours d’eau (froids, tièdes ou chauds) et grimpe jusqu’à un point de vue (pas très haut mais ça tire sacrément dans les jambes !).
Il y a des émanations de souffre un peu partout. Cela va de la petite bulle qui sort du sable au gros bouillon dans certains bassins.
Les mousses de couleur et la végétation sont fascinantes mais il est temps de partir car Léa n’en peut plus (altitude + souffre).
Il parait totalement inconcevable de laisser des gens se baigner dans les petits bassins et piétiner partout les mousses colorées qui tapissent les berges.
Si nous avons été assez déçu dans un premier temps, nous avons changé d’avis à l’issue de la visite.
C’est une des raison de l’interdiction de la baignade ici. Un prêtre est mort dans le plus grand des bassins, il y a de nombreuses années, peut être suite à une intoxication liée aux gaz.
La baignade dans les sources thermales de San Juan n’est donc pas une activité à prévoir. Le site se découvre à pied, dans le respect des parcours et des indications du guide.
Observer les condors de Puracé
Plusieurs plans sont possibles au départ de Popayan et nous avons longuement hésité à faire ce que l’on appelle ici « la route du condor ».
Il s’agit d’une petite balade depuis l’entrée du parc naturel jusqu’à un site où les gardiens du parc donnent à manger aux deux deniers condors du parc de Puracé.
Si nous ne sommes pas fans de ce genre d’intervention humaine auprès des populations d’animaux sauvages, nous avons appris que cela faisait partie d’un programme de conservation.
Les condors ne trouvant pas suffisamment de nourriture sur le territoire pour leur permettre de survivre, il a été décidé en 2004 en accord avec les parcs nationaux, de donner une ration quotidienne de nourriture aux condors.
L’entrée au parc participe à financer ce programme de conservation.
Le premier site est celui des condors : quelques couples de condors vivent dans le coin et chaque matin, un garde dépose de la nourriture sur un rocher pour les attirer.
Nous laissons donc les voitures sur le bord de la route et grimpons une dizaine de minutes jusqu’à un point de vue situé juste à côté du fameux rocher.
A notre arrivée, le garde dépose des tripes sur le rocher, puis chacun scrute le ciel (pendant qu’une sorte de vautour profite de l’absence des condors pour attaquer le petit déjeuner).
Mais rapidement, une femelle atterrit sur le rocher. Un peu plus tard, un mâle atterrit à son tour sur le rocher, ce qui fait partir la femelle.
Avec sa crête et la peau du cou qui pend, il est un peu moins distingué que la femelle !
Une fois son repas terminé, il s’envole et disparait assez vite dans les collines.
Les scientifiques et les Kokonuko s'unissent pour sauver les condors de Colombie | AFP
Gravir le volcan Puracé
L’autre plan réputé à faire est bien sûr le trek jusqu’au sommet du volcan Puracé.
Culminant à 4646 m d’altitude, c’est un des volcans les plus actifs de Colombie !
Souhaitez-vous atteindre le sommet de l'un des sommets les plus populaires de Colombie?
Pour ce programme d'une journée, Nous nous rencontrerons dans la ville de Popayan.
Après un trajet de 1h30 à Cruce de la mina, et une marche de 30-40m jusqu'à Pilimbalá, nous commencerons l'ascension vers le sommet de Purace.
Le sentier de randonnée est bien marqué par des signaux de rochers et d'arbres.
Il traverse une végétation colorée, un cratère de 500 m de large, et des fumerolles étonnantes !
La randonnée consiste à se lever très tôt pour gravir les pentes du volcan et espérer que la brume souvent présente au sommet se lèvre pour pouvoir admirer le cratère.
Il s’agit d’une randonnée accessible à tous, mais qui demande un effort physique constant.
Au sommet le vent et le froid donnent tout son sel à ce trek que tout le monde conseille !
N'oubliez pas que cette sortie ne nécessite pas d'expérience de l'alpinisme.
Cependant, nous recommandons une bonne condition physique : il faut environ cinq heures pour atteindre le sommet du Purace, et environ trois heures pour le descendre.
Le dénivelé, l’altitude et le froid rendent l’ascension exigeante malgré l’absence de difficulté technique d’alpinisme. La météo peut également modifier fortement les conditions de marche et la visibilité.
Je ne recommande pas de se rendre au sommet entre mai et septembre en raison des mauvaises conditions météorologiques.
Le temps change très rapidement dans les montagnes.
Guide local et organisation de la visite
Il est obligatoire d’avoir un guide local indigène pour visiter le parc.
2 options s’offrent à vous :
- soit passer par une agence qui coordonne tout depuis Popayan,
- soit aller directement à « la Casa del Cabildo Indígena de Puracé », à 3 km du village de Purace pour vous enregistrer et qvoir un guide local désigné par le parc (50 000 COP)
Les parcs naturels colombiens sont généralement situés dans des zones reculées, où il n’y a pas de transports publics. Il n’est donc pas conseillé de s’y aventurer seul.
Nous te recommandons de planifier ton excursion à l’avance et de réserver un tour.
Il est recommandé d’y être à 8h30 au plus tard pour démarrer la randonnée.
Si vous y allez en haute saison, il vaut mieux réserver 15 jours à l’avance. En basse saison 2 jours sont suffisants.
Plus d’infos sur : turismopurace.com
Accès depuis Popayán
Le parc se visite depuis Popayán, mais l’accès aux secteurs de montagne demande du temps et une organisation précise.
Un dernier au revoir au couple si gentil de la Portada et nous reprenons la route en terre direction Popayan. 3h30 de trajet annoncées et à peu près respectées.
Nous quittons la belle route bitumée pour une mauvaise route en terre. Plus on avance, plus il y a des trous, un vrai gruyère.
Sur la route, nous faisons halte au point de départ des rando pour le volcan. Un guide du parc national se trouve justement là et il appelle La Mina par radio, seul moyen de communiquer par ici.
La Mina finit par répondre : ok pour nous loger et ok pour nous préparer à manger.
La nuit tombe et il pleut des cordes. Nous prenons encore de l’altitude et la température a bien chuté.
A la lueur des phares, on ne distingue pas grand chose, juste assez de quoi slalomer entre les trous.
Un air de bout du monde …
Les conditions de route peuvent donc être difficiles, notamment lorsque la pluie transforme les pistes en chemins très cahoteux. Il est préférable d’anticiper les temps de trajet et d’éviter de rejoindre les hébergements de montagne trop tard.
Loger près du parc
A la mina, on nous attend, c’est bien agréable.
En un rien de temps, tous nos bagages sont montés dans les chambres.
Pas de chauffage dans le bâtiment mais des tas de couvertures sur les lits.
Nous enfilons des vêtements chauds.
Nous nous glissons sous une couverture car il fait vraiment très froid (10°C).
Nous nous réchauffons dans la cuisine (complètement enfumée par la cuisinière au bois).
Soupe fumante, truites grillées, agua de panela bien chaude (avec du lulo, de la cannelle et du clou de girofle).
Ces conditions illustrent la nécessité de prévoir des vêtements chauds, même lorsque le départ s’effectue dans une région au climat plus doux. L’altitude et l’humidité peuvent faire chuter rapidement la température.
Une journée de découverte dans le parc
Il a beaucoup plu pendant la nuit mais, surprise, le ciel est plutôt clair ce matin.
Pas suffisamment pour voir le volcan mais assez pour permettre une visite du parc et pour faire remonter la température.
De toute façon, nous ne sommes pas en état de faire l’ascension du volcan.
Nous récupérons un guide du parc national à un croisement (point de rencontre où plusieurs guides attendent).
Comme nous avons de la place dans les voitures, il grimpe avec Mic et c’est parti pour un circuit de 5h qui comporte 5 arrêt.
Entre chaque arrêt, nous souffrons sur la route cahoteuse et les distances paraissent interminables (surtout qu’il faudra refaire tout le chemin dans l’autre sens !).
Nous gardons l’arrêt numéro 4 pour le retour (un petit bassin aux eaux cristallines) et arrivons enfin aux thermes de San Juan.
Le parcours permet de combiner observation de la faune, points de vue, cascades, bassins et paysages volcaniques, sans entreprendre nécessairement l’ascension du sommet.
Altitude, météo et équipement
La randonnée consiste à se lever très tôt pour gravir les pentes du volcan et espérer que la brume souvent présente au sommet se lèvre pour pouvoir admirer le cratère.
De nouveau nous prenons de l’altitude. La pluie s’invite et avec elle, les ponchos sur les motos.
Il pleut assez souvent dans cette forêt, mais les températures sont agréables (25°C) tout au long de l’année.
Dans le secteur de Puracé, les conditions sont toutefois bien différentes de celles des régions basses. L’altitude, le vent, la pluie, le brouillard et l’humidité peuvent se combiner au cours de la même journée.
Il est conseillé de prévoir des vêtements chauds et imperméables, des chaussures adaptées aux chemins humides ainsi qu’une protection contre le vent et la pluie.
Il faut également tenir compte de l’altitude lors de la préparation de l’ascension. Une bonne condition physique est recommandée, même si cette sortie ne nécessite pas d’expérience de l’alpinisme.
Respecter un environnement fragile
Le site des thermes de San Juan est magnifique mais extrêmement fragile.
Nous ne sommes pas très nombreux aujourd’hui sur le site et chaque groupe circule avec son guide.
Nous suivons un parcours qui serpente entre les petits cours d’eau (froids, tièdes ou chauds) et grimpe jusqu’à un point de vue (pas très haut mais ça tire sacrément dans les jambes !).
Les émanations de soufre, les mousses colorées, les bassins et la végétation rendent le site vulnérable au piétinement et aux comportements inadaptés.
La présence d’un guide local permet de mieux comprendre le territoire et de respecter les secteurs accessibles. Elle participe aussi à l’organisation et à la protection du parc.
Certains parcs nationaux ne sont pas prévus pour y passer la nuit, séjourner ou camper, alors vérifie les horaires avant de t’y rendre.
Combiner Puracé avec les alentours de Popayán
Un séjour à Popayan c’est l’occasion de découvrir la région alentour.
Entre parc naturel, villages à découvrir, projet de tourisme communautaire et sites archéologiques, les alentours de Popayan ont beaucoup à offrir !
Silvia s’est fait connaitre grâce à son marché coloré du mardi.
Passé les belles images que nous avions vues, nous nous sommes intéressés à la communauté indigène fortement présente dans le village, les Misak (plus connus comme Guambianos).
Nous avons alors découvert un projet comme on les aime, celui de Viviana, une jeune indigène Misak qui a décidé de développer un tourisme communautaire pour amener les touristes à découvrir la culture Misak, en dehors du simple marché.
Nous sommes donc allés passer une nuit à Silvia, chez Viviana, pour découvrir son joli projet qui nous a rappelé à bien des égards ce que propose Adrian dans la Sierra Nevada avec sa famille indigène Arhuaca.
Au programme :
- Découverte du marché indigène
- Visite du Jardin botanique Misak
- Casa Payan (centre d’interprétation culturel Misak)
- Balade au Mirador de Silvia et dégustation des fraises à la crème réputées de Silvia
Nos deux jours ont été vraiment l’occasion d’échanger longuement avec Viviana et son mari Victor sur la culture Misak.
Viviana est passionnée et son projet mérite vraiment d’être soutenu tant il est important que la venue de touristes à Silvia soit porteuse de plus de sens.
Silvia ce n’est pas seulement son marché ! Qu’on se le dise !
Tierradentro est un des plus grands sites archéologiques de Colombie.
Inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, le site archéologique de Tierradentro est un exemple unique de ce que l’on appelle « hipogées » ou plus communément des tombes souterraines.
Selon les études scientifiques, les tombes de Tierradentro datent d’une période comprise entre 600 et 900 après J.-C.
Les vestiges sont surtout concentrés autour de la ville de San Andrés de Pisimbalá.
Les installations du parc comprennent un musée archéologique et un musée ethnographique.
Hébergements et préparation du séjour
Pour la nuit, voici nos suggestions d’hôtels à Popayan.
Hotel La Plazuela
Rien que pour ce sublime patio on dit oui !
L’hôtel La Plazuela est situé en plein centre de Popayan, pour ceux qui recherchent le confort d’un hotel et d’une belle maison coloniale.
Hostal Caracol
Voilà un hostal où l’on sent que ça va bien se passer…
Parfaitement situé, tranquille, calme, propre et accueillant, tout ce que le voyageur en quête de repos vient chercher dans un hostal à Popayan non ?
Araracuara Hostel
La décoration de l’Araracuara Hostel ne laisse pas indifférent, c’est vif, coloré, festif, comme l’ambiance de cette hostal en plein centre de Popayan.
Les parcs naturels colombiens sont généralement situés dans des zones reculées, où il n’y a pas de transports publics.
Il est donc préférable de prévoir à l’avance le transport, le guide, l’hébergement éventuel et les horaires d’entrée.
Les voyageurs nous contactent tous les jours pour les aider à organiser leur itinéraire en Colombie.
Voici les réponses et conseils que nous donnons sur les parcs de Colombie.