Arpentez l'étonnante vallée de Paul, l'une des perles du Cap-Vert, une longue oasis à l'abondante végétation, serrée entre deux barres montagneuses de l'île de Santo Antão, rencontrez ses agriculteurs et goûtez aux délices qu'ils produisent.
La luxuriante vallée de Paul est un petit paradis sur la terre du Cap-Vert. Dans la profusion de cultures, canne à sucre, ignames et arbres fruitiers exotiques se disputent la vedette et créent des tableaux pittoresques.

Une oasis verdoyante au cœur de Santo Antão
Situation exceptionnelle dans ce pays du Sahel, les ressources en eau sont ici abondantes. Des montagnes majestueuses, caressant les nuages, encadrent la vallée très encaissée.
C'est d'ailleurs un peu un peu grâce aux montagnes, arrêtant la course des nuages, que la vallée de Paul bénéficie de bonnes conditions hydriques. Les précipitations peuvent atteindre ici 700 mm par an, un niveau bien supérieur à la moyenne capverdienne, tandis que l'air frais venu de la mer toute proche, adoucissant le climat, contribue à maintenir l'humidité.
Cet avantage a cependant une contrepartie : la forte déclivité tend à accentuer l'érosion lors des fortes pluies, qui transforment les rivières en torrents et arrachent régulièrement terre et blocs de pierre.
Une vallée façonnée par l’homme
L'homme a habilement façonné les pentes escarpées pour s'y installer et en tirer parti. La vallée de Paul est ainsi parsemée de hameaux de maisons traditionnelles en pierre couvertes de chaume, isolés mais reliés les uns aux autres par des sentiers, tandis que des terrasses habillent les montagnes jusqu'à mi-hauteur.
Pour cultiver la terre, les hommes du pays, assistés de Madériens, experts en la matière, ont également construit un réseau sophistiqué d'irrigation. Ce travail remarquable ne les dispense pas de s'astreindre à une discipline stricte en matière de gestion de l'eau qui, bien qu'abondante, reste précieuse, d'autant que la vallée de Paul, comme l'ensemble du Cap-Vert, est touchée par la diminution des ressources hydriques.
Pour assurer une juste répartition et éviter tout gaspillage, les Mirin d'agua (gestionnaires de l'eau) actionnent, selon un calendrier précis, les vannes des bassins attribués à chaque agriculteur, la municipalité contribue au bon entretien du réseau et tous veillent à ce que l'eau ne déborde pas en chemin.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Précipitations annuelles | 700 mm par an |
| Zone irriguée | 243 hectares |
| Population du district de Paul | 5 700 âmes |
| Évolution démographique entre 2010 et 2021 | Perte de 1 300 habitants, soit 18,6 % |
Les 243 hectares de la zone irriguée représentent moins du quart de l'ensemble de la superficie cultivée sur l'ensemble du district de Paul. L'étroitesse de l'espace, sur lequel la mécanisation est impossible, rend l'aménagement de la vallée d'autant plus impressionnant.
Le plus petit espace est optimisé, le moindre fil d'eau astucieusement exploité.
Les cultures de la vallée de Paul
Dans la vallée de Paul, les flèches de canne pointent sur les deux tiers de la surface irriguée. C'est en effet à Santo Antão que l'on produit le plus de canne à sucre.
Introduite par les colons portugais au XVIème siècle pour la production de sucre, elle est aujourd'hui cultivée pour la production de grog.
Le trapiche et la production de grog
Dès leur récolte, les cannes sont amenées par petits paquets, souvent à dos d'homme, dans l'un des trapiches de la vallée, où les producteurs s'attachent à produire un grog artisanal de qualité.
Visiter un "moulin à cannes" est non seulement l'occasion de découvrir le mode de production de la boisson nationale, mais aussi de goûter aux différents produits de la canne à sucre : le grog, le mel (mélasse) et les liqueurs mariant délicatement les arômes de la canne et des fruits de la vallée.

Des champs aux arbres fruitiers
Parcourant les sentiers de la vallée de Paul, on longe ainsi des champs de manioc, de patates douces ou de pommes de terre, se frayant parfois un chemin entre feuilles d'ignames et ruisseaux.
Régulièrement, émergent dans le paysage des bananiers, ainsi qu'une grande variété d'arbres fruitiers exotiques : arbres à pain, cocotiers, manguiers, goyaviers, papayers, avocatiers, etc.
La vallée produit ainsi largement de quoi fabriquer d'excellentes liqueurs et confitures, que l'on peut à loisir goûter et acheter en chemin, dans les coopératives gérées par des femmes des environs.
Les cultures vivrières, d'un meilleur rapport que la canne, alimentent la population locale mais fournissent également des marchés plus lointains : Santo Antão ayant pour mission, dans le schéma général d'aménagement général de l'archipel élaboré par l'État capverdien, d'assurer l'approvisionnement de Mindelo, une partie de la production prend le chemin de l'île voisine de São Vicente.
Le café de Santo Antão
Parmi les cultures introduites assez tôt au Cap-Vert figurent notamment le coton, mis en production dès le XVIème siècle, les plantes tinctoriales, la banane ou encore le tabac. Le café apparaît quant à lui plus tardivement, en 1790.
Peu à peu, il est cultivé sur plusieurs îles, dont Santo Antão, et sa production, exportée vers Lisbonne, augmente rapidement.
Aujourd'hui, la production nationale est plutôt confidentielle. Au cours d'une balade facile ou d'une randonnée dans la vallée, il est plaisant de s'octroyer une vraie "pause-café" : de déguster un arabica réputé tout en échangeant avec les planteurs sur leurs méthodes de production et en s'initiant à la préparation du café à la mode locale.

Une agriculture de montagne vivante
Plus du tiers des familles du district de Paul ont aussi une petite activité, souvent complémentaire aux productions végétales, d'élevage de bovins, porcs, chèvres ou poules, autant d'espèces que l'on rencontre en chemin, dans les fermes ou à proximité des habitations ou des cultures.
Une promenade dans la vallée permet ainsi d'observer une agriculture à taille humaine, directement intégrée aux villages et aux paysages cultivés.
À la rencontre des agriculteurs
Agriculteurs... L'agrotourisme est donc ici tout indiqué. Aller à la rencontre de ses agriculteurs, qui sculptent jour après jour ces paysages magnifiques, c'est découvrir en profondeur la vallée de Paul.
Ils nous enseignent leurs techniques de production, leurs méthodes d'irrigation, leur art de la construction des indispensables terrasses, les principes de logistique agricole en montagne, et bien plus...
Ainsi, on apprend qu'en zone humide, certains d'entre eux pratiquent toujours le métayage, dans lequel propriétaire et exploitant de la terre se partagent, parfois à parts égales, les récoltes.
A priori injuste, ce mode d'exploitation de la terre est perçu par l'exploitant comme un moyen de se prémunir du risque de sécheresse, pour au moins une partie, même infime, de la surface cultivée.
Les défis de l’agriculture locale
Au fil des échanges, le voyageur prend conscience des difficultés auxquelles il faut faire face pour exploiter cet oasis : outre la question des ressources en eau et le risque d'érosion, citons à titre d'exemples les attaques de parasites, le risque de pollution, l'appauvrissement des sols, le manque de main d'oeuvre ou encore la difficulté à écouler certaines productions.
Mais il constate aussi que les agriculteurs, tels Claudio ou Manuel, s'accrochent, poursuivant par exemple leurs efforts pour irriguer de façon de plus en plus efficiente les cultures, notamment en recourant à la micro-irrigation (goutte à goutte).
Une expérience locale, du champ à l’assiette
Imaginatifs et entreprenants, les agriculteurs développent aussi des activités complémentaires, accueillant par exemple les voyageurs auxquels ils font goûter les produits de leur terroir, le fruit de leur travail, avec la contribution de "chefs" locaux qui les valorisent sous forme de jus de fruits frais et de plats traditionnels ou originaux.
Certains cordons bleus, comme Jojo, cuisinière inventive, vont jusqu'à révéler leurs secrets culinaires à ceux qui se posent dans la vallée pour un petit cours de cuisine capverdienne.
Les liqueurs, les confitures, les fruits, les produits de la canne à sucre et les plats traditionnels permettent de découvrir la vallée autrement, à travers les savoir-faire et les saveurs de ses habitants.
Randonnées et biodiversité
L'écosystème agricole ne constitue qu'une partie de la biodiversité de la vallée de Paul, qui abrite également bon nombre d'espèces de plantes sauvages, dont certaines sont endémiques.
La plus courante d'entre elles est une euphorbe, Euphorbia tuckeyana, plus connue sous le petit nom de Tortolho.
On rencontre également dans la vallée, entre autres, le fameux dragonnier, un brin hirsute.

L'espace forestier de Panalto Leste (le plateau de l'est) tout proche de la vallée, couvrant une vaste étendue incluant une partie de Paul (dont Cova et le Pico da Cruz), accroît encore la biodiversité de la zone environnante : on y trouve notamment diverses espèces de pins, d'eucalyptus et d'acacias, partiellement exploités pour la production de bois de construction ou de chauffage.
La faune sauvage est constituée, outre les reptiles (lézards, gecko) et les insectes, d'oiseaux endémiques de l'île que l'on trouve en quantité dans la vallée.
L'exploitation agricole de la vallée de Paul a bien entendu modifié l'écosystème : l'utilisation des pentes des montagnes pour l'agriculture, l'usage de certains végétaux pour l'alimentation des animaux ou à des fins médicinales a relégué certaines plantes endémiques aux endroits plus difficiles d'accès.
De même, l'introduction de nouvelles espèces animales a modifié les équilibres.
Passagem et les sentiers de Paul
Passagem, un centre balnéaire équipé d'une piscine d'eau douce, situé dans un espace naturel frais et vert de Paul, est un lieu idéal pour apprécier le calme et la biodiversité de la vallée, que l'on découvre également au fil des diverses randonnées possibles sur les nombreux sentiers.
SANTO ANTAO (CABO VERDE 🇨🇻) | LE PARADIS ULTIME DE LA RANDONNÉE | GUIDE DE VOYAGE
Un tourisme fondé sur la rencontre
La population de l'ensemble du district de Paul est estimée, d'après les premiers résultats du recensement de 2021, à 5 700 âmes.
Les habitants bénéficient d'avancées significatives mais beaucoup reste à faire. Ainsi, si quatre familles sur cinq disposaient de l'électricité dans leur logement en 2010, une sur deux cuisinait encore au bois.
Nombreux sont ceux qui ont quitté la vallée, pour poursuivre leurs études, chercher un emploi, ou trouver de meilleures conditions de vie.
Entre 2010 et 2021, le distinct de Paul aurait ainsi perdu 1 300 habitants, soit 18,6 % de sa population.
Mais de nombreux enfants du pays, comme Jojo, Claudio, Manuel, Freddy, Antonio et leurs voisins sont restés.
Ils ont choisi, chacun à leur façon, de faire de la rencontre entre habitants de la vallée de Paul et voyageurs une opportunité pour tous.
Jojo régale les gens de passage, Claudio et Emmanuel les initient à l'agriculture en montagne, Antonio leur fait découvrir les traditions locales, Freddy les guide en ami dans son environnement quotidien et Edna leur procure l'introuvable dans sa petite mercearia de montagne, lieu d'approvisionnement et de rencontre.
Tous ont relevé le défi de développer un tourisme résolument responsable, et prennent plaisir, jour après jour, à accueillir les visiteurs avec toute la chaleur inhérante à la morabeza capverdienne.
Quant aux voyageurs, ils apprécient de loger chez l'habitant, de s'immerger dans le quotidien des locaux, de partager avec eux des tranches de vie.
Informations pratiques pour préparer le voyage
Transports, hébergement et accompagnement
- Les transferts terrestres en navettes privatives indiqués au programme.
- L’hébergement tel que décrit selon la formule choisie.
- L'assistant de voyage "Mon Roadbook" via notre application mobile.
Visites et entrées
- Les entrées dans les monuments, musées.
Argent et moyens de paiement
Les cartes de crédit internationales sont peu ou pas acceptées dans les commerces et hébergements.
Il vaut mieux partir avec de l’argent liquide et faire le change à votre arrivée, ou retirer de l'argent aux distributeurs automatiques ou aux guichets des banques.
change de l’aéroport récupère vos escudos pour les changer en euros.
difficultés à trouver un bureau de change ouvert.
Règlement du voyage et assurance
A plus de 35 jours de la date de départ du voyage, vous devrez régler un acompte de 35 % du prix total du voyage à l'inscription.
Pour toute inscription à moins de 35 jours de la date du départ, le paiement doit être effectué en une seule fois et pour la totalité du prix du voyage.
faut impérativement régler l'intégralité du montant de votre voyage avec une carte bancaire multiservice proposant les garanties "annulation" et "assistance rapatriement" : Gold Mastercard, Visa Premier, Infinite, Platinium, à l’exclusion des autres types de cartes bancaires.
Seules les cartes bancaires délivrées par une banque française, belge ou suisse sont acceptées.
recherche-secours, le rapatriement et les frais médicaux.