Partir à La Mecque pour la Omra, c’est répondre à l’appel d’Allah. Quand un proche annonce son départ, les mots justes ne viennent pas toujours facilement. La tradition islamique nous encourage à accompagner le voyageur par nos douas.
Ce n’est pas qu’une formule de politesse : c’est un pont spirituel que l’on jette entre soi et son frère ou sa sœur en islam. Souhaiter une bonne Omra, adresser une invocation au pèlerin et l’encourager à se souvenir de ses proches devant la Ka’ba permettent de participer, à distance, à la bénédiction de ce voyage.
Qu’est-ce que la Omra et que signifie faire son pèlerinage ?
Contrairement au Hajj, qui est un pilier de l’islam obligatoire une fois dans la vie pour celui qui en a les moyens, la Omra est le « petit pèlerinage » - un acte d’adoration volontaire d’une valeur spirituelle immense.
La ‘Omra (le pèlerinage) une adoration qui ne se vit qu’à La Mecque, est souvent présentée comme une succession de rites précis : entrer en état de sacralisation (ihram), accomplir le tawaf autour de la Ka‘ba, parcourir les allers-retours entre Safâ et Marwa, couper ses cheveux.
Le pèlerin délaisse ses habits mondains pour revêtir l’Ihram, symbole d’égalité absolue devant Allah Azza Wa Jall.
Le pèlerinage est le cinquième pilier de l’Islam. En d’autres termes, y aller et visiter la glorieuse Ka’ba est un fard (obligation) une fois dans la vie.
D’un point de vue linguistique, le mot « Hadj » signifie « avoir l’intention, faire, espérer ».
Le pèlerinage est une préparation pour notre mission islamique, car le pèlerin commence son pèlerinage en répétant la formule « Labayka », qui signifie « Je suis là pour écouter et obéir ».
Ainsi, l’accomplissement du pèlerinage est supposé nous entraîner à prendre en charge notre mission islamique une fois de retour.
Les formules pour souhaiter une bonne Omra
« Omra Moubarak » - littéralement « Omra bénie » - est la formule la plus répandue dans nos communautés. Elle est simple, sincère et comprise de tous.
« Omra Moubarak » signifie « Omra bénie » - c’est un vœu de bénédiction qu’on formule avant ou pendant le voyage.
On dit عُمْرَة مُبَارَكَة (Omra Moubaraka) pour « Omra bénie », ou عُمْرَة مَقْبُولَة (Omra Maqboula) pour « Omra acceptée ».
Oui, bien sûr. On peut souhaiter « Omra Moubarak » avant le départ, pendant le voyage et à son retour.
Message court à dire ou à écrire
« Omra Moubarak ! Barakallahu fik, taqabbalallahu minka wa min jami’il muslimin. »
« Omra Moubaraka ! 🤲 Taqabbal Allahu omratak. Retour sain et sauf, inch’Allah. Salam à notre bien-aimé ﷺ. »
Souhaiter une Omra acceptée
L’expression « Omra Maqboula » (ou Omra Makboula) signifie « Omra acceptée ».
« Omra Maqboula » signifie « Omra acceptée » - c’est le vœu le plus précieux, car l’acceptation des actes d’adoration est entre les mains d’Allah seul.
C’est le vœu le plus précieux qu’on puisse faire pour un pèlerin, car l’acceptation des actes d’adoration ne dépend que d’Allah.
À dire ou à écrire : « Taqabbal Allahu omratak, wa sa’yaka mashkour, wa dhanbaka maghfour. »
Formule prophétique pour le pèlerin
La formule rapportée dans la Sunna est : « Taqabbalallahu wa ghafara dhanbaka wa akhlafa nafaqatak » - « Qu’Allah accepte, pardonne tes péchés et compense ta dépense. »
« Qu’Allah accepte, pardonne tes péchés et compense ta dépense. »
Douas et invocations pour une personne qui fait son pèlerinage
Beaucoup cherchent à souhaiter une bonne Omra en arabe, pour que les mots portent toute leur profondeur.
En plus des formules de vœux, la Sunna nous enseigne à faire du doua pour le voyageur.
Invocation du voyageur
La doua prophétique du voyage est : « Astawdi’ullaha diinaka wa amanataka wa khawatiima ‘amalika » - « Je confie à Allah ta religion, ta confiance et la conclusion de tes actes. » (Rapporté par Abu Dawud et At-Tirmidhi).
« Je confie à Allah ta religion, ta confiance et la conclusion de tes actes. »
Invocation pour la protection et l’acceptation
On peut aussi invoquer : « Allahumma yassir lahu hadha as-safar, wahfazhu, wa taqabbal omratahu, wardudhu saliman ghaniman. »
« Seigneur, facilite-lui ce voyage, préserve-le sur terre et dans les airs, accepte sa Omra et ramène-le sain et sauf. »
Message complet pour un proche
« Omra Moubarak, barakallahu fik. Taqabbal Allahu omratak wa sa’yaka mashkour. N’oublie pas la Oumma dans tes douas devant la Ka’ba. »
« Tu es l’invité d’Allah - comme dit le Prophète ﷺ, ceux qui font la Omra sont Ses invités : Il les a appelés et ils ont répondu. Profite de chaque instant là-bas, ne pense qu’à Lui. Et quand tu seras face à la Ka’ba pour la première fois, souviens-toi de nous dans tes douas. Taqabbal Allahu omratak. »
Message pour souhaiter un retour sans danger
« Tu pars vers Sa Maison, barakallahu fik. Tu portes dans ce voyage les douas de toute ta famille. Prends soin de toi, repose-toi quand il le faut - et n’oublie pas de nous dans tes invocations. Omra Moubarak, retour sain et sauf inch’Allah. »
Souhaiter une Omra pendant le mois de Ramadan
Si ton proche a la chance de partir durant ce mois béni, les bonnes nouvelles que tu lui annonces sont encore plus grandes.
Le Prophète ﷺ a dit à une femme qui n’avait pu l’accompagner lors du Hajj : « Quand Ramadan arrive, pars en Omra, car une Omra en Ramadan équivaut à un Hajj - ou à un Hajj accompli avec moi. »
Une Omra en Ramadan équivaut à un Hajj en compagnie du Prophète ﷺ - qu’Il soit remercié pour cette grâce immense.
« MashaAllah, quelle faveur d’Allah tu as là ! Une Omra en Ramadan équivaut à un Hajj en compagnie du Prophète ﷺ - qu’Il soit remercié pour cette grâce immense. Que ta Omra soit Maqboula, que tu trouves Laylatul Qadr dans tes nuits et que tu rentres avec un cœur transformé. Barakallahu fik. »
L’ambiance spirituelle de La Mecque et Médine durant ces nuits est indescriptible - et les lieux incontournables à visiter valent à eux seuls le déplacement.

Que souhaite-t-on réellement au pèlerin ?
La ‘Omra est donc une invitation à demander à Dieu que notre cœur recouvre sa vue, son ouïe et son goût spirituels.
Car le Prophète, paix et salut sur lui, a dit aussi : « Celui qui goûte à la foi, c’est celui qui est satisfait de Dieu comme Seigneur, de l’islam comme religion, et de Muhammad comme Messager. » [4]
La foi a un goût, et la ‘Omra est l’occasion de le redécouvrir.
Ne pas s’arrêter à l’aspect extérieur des rites
Pourtant, si nous en restons à l’aspect extérieur, nous risquons de ne retenir de ce voyage que l’image d’un enclos de règles et d’interdits, sans jamais pénétrer dans le jardin intérieur que Dieu a voulu nous offrir.
Car les conditions et interdits entourant l’ihram ne sont pas une fin en soi.
Ils sont comme une clôture destinée à protéger ce qui pousse à l’intérieur : les fleurs de la foi, les fruits de la patience, la verdure du cœur qui reprend vie après les sécheresses de l’oubli et des passions.
Le cœur, centre de la transformation spirituelle
Dieu nous a créés avec un cœur capable de voir, d’entendre et de goûter à des réalités spirituelles que les yeux et les oreilles physiques ne perçoivent pas.
Dans le Coran, Il dit : « Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines qui s’aveuglent. » [2]
Et le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Il y a dans le corps un morceau de chair : s’il est sain, tout le corps est sain ; et s’il est corrompu, tout le corps est corrompu. N’est-ce pas le cœur ? » [3]
La ‘Omra est de ces instants privilégiés où l’homme, noyé dans la foule et dans sa propre petitesse, peut ressentir cette vérité : personne ne peut répondre à mon appel sinon Dieu.
C’est dans cette sincérité nue que s’ouvre la fenêtre du cœur.
Le sens spirituel du voyage à La Mecque
Ce récit illustre ce que signifie détourner son cœur des créatures pour ne dépendre que du Créateur.
Tant que nous comptons sur les hommes, nos regards restent voilés.
Mais lorsque toute attente humaine tombe, le cœur s’ouvre à la vision intérieure de Dieu.
L’exemple de Ja‘far as-Sâdiq
Un récit ancien rapporte qu’un homme insista auprès de Ja‘far as-Sâdiq, descendant du Prophète, paix et salut sur lui, et homme de science et de vertu, pour « voir Dieu ».
Ja‘far, voyant son entêtement, ordonna à ses disciples de l’attacher et de le jeter dans une rivière voisine.
L’homme, surpris, lutta pour rester à la surface.
En suffoquant, il criait : « Ja‘far, aide-moi ! Sauvez-moi ! »
Ses yeux ne voyaient alors que Ja’far et ses disciples, et il ne pensait qu’à eux pour le délivrer.
Mais au fur et à mesure que l’eau l’épuisait et qu’il comprit que Ja‘far ne répondrait pas à son appel, il cessa de les appeler.
À ce moment précis, Ja‘far, homme de Dieu, discerna le changement intérieur qui venait de se produire.
Lorsqu’on le ramena sur la berge, Ja‘far l’interrogea : « Qu’as-tu vu ? »
L’homme répondit : « Au début, je ne voyais que toi et les tiens pour me sauver. Vous étiez ma seule attente. Mais quand j’ai compris que vous ne feriez rien, je ne vous ai plus vus. Alors, dans mon désespoir, j’ai vu Dieu, mon Créateur. »
Ja‘far lui dit alors : « Une fenêtre s’est ouverte dans ton cœur. Veille à ce qu’elle ne se referme jamais. »
L’exemple du Prophète à At-Ta’if
Lorsque le Prophète se rendit à At-Ta’if au début de sa mission, il fut rejeté et humilié.
Les notables excitèrent les enfants et les marginaux pour lui jeter des pierres.
Épuisé, ensanglanté, il se réfugia dans un verger.
Là, il éleva une prière qui résonne encore comme l’une des plus belles invocations :
« Seigneur, je me plains à Toi de ma faiblesse, de mon manque de ressources et de l’humiliation que l’on m’inflige. Ô Toi le plus Miséricordieux des miséricordieux, Tu es le Seigneur des opprimés et Tu es mon Seigneur. À qui me confies-Tu ? À un étranger qui me repousse ? Ou à un ennemi à qui Tu as donné pouvoir sur moi ? Si Tu n’es pas en colère contre moi, alors peu m’importe. Mais Ta protection est pour moi plus vaste encore. Je cherche refuge dans la lumière de Ton Visage qui dissipe les ténèbres et qui répare toutes les affaires de ce monde et de la vie dernière, afin que ne descende pas sur moi Ton courroux, ou que ne s’abatte pas sur moi Ton mécontentement. À Toi la satisfaction jusqu’à ce que Tu sois pleinement satisfait. Et il n’y a de force et de puissance qu’en Toi. » [5]
Il n’a pas maudit ceux qui l’avaient blessé, car sa relation intime avec Dieu le comblait entièrement.
Voilà ce que la ‘Omra doit nous inspirer : un lien qui transcende toutes les épreuves.
La Omra comme exercice spirituel
La ‘Omra est à la vie spirituelle ce que l’entraînement est au corps.
Celui qui commence le sport ne ressent pas immédiatement du bien-être.
Au contraire, les premières séances s’accompagnent de douleurs, de souffrance, parfois même de découragement.
Mais à force de répétition, le corps s’assouplit, s’habitue, se renforce, et finit par goûter aux bienfaits de l’exercice.
Il en est de même pour le cœur et pour l’ego face à l’adoration.
Celui qui n’est pas habitué à prier longuement, à invoquer, à veiller la nuit, ne goûte pas tout de suite aux fruits des adorations.
Il peut même ressentir un grand vide : sa prière lui semble absente, ses invocations lui paraissent vides de sens.
Mais c’est précisément cela l’exercice spirituel : répéter encore et encore, prière après prière, nuit après nuit, jusqu’à ce que le cœur s’assouplisse et s’ouvre.
L’essentiel est de ne pas perdre espoir.
Se sentir vide n’est pas un signe d’échec, c’est un signe qu’on est en plein exercice.
Il faut alors transformer cette absence en une plainte adressée à Dieu.
Dire : « Seigneur, me voici devant Toi. Les autres pleurent et moi je ne ressens rien. Les autres semblent loin devant moi et je traîne à l’arrière. Ô Seigneur, je T’implore, ouvre-moi la porte de Ton intimité. »
Ces plaintes sont elles-mêmes une forme de dialogue avec Dieu.
Car Dieu aime que Son serviteur se tourne vers Lui dans ses moments de force comme dans ses moments de faiblesse, dans ses élans comme dans ses vides.
Ainsi, la ‘Omra est une occasion de multiplier ces exercices, de persévérer malgré l’absence de goût immédiat, jusqu’à ce que Dieu, par Sa grâce, ouvre le cœur et lui donne de goûter à la saveur de la foi.
La prière dans la Mosquée sacrée
Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Une prière dans ma mosquée vaut mieux que mille prières ailleurs, sauf dans la Mosquée sacrée (à la Mecque). Et une prière dans la Mosquée sacrée vaut cent mille prières ailleurs. » [6]
Ce hadith est souvent lu d’une manière comptable : cent mille prières = cent mille fois plus de hassanât (d’œuvres pieuses).
Cette lecture est vraie pour celui qui ne voit dans l’adoration qu’une accumulation de mérites.
Mais celui qui regarde la prière comme un exercice spirituel, une rencontre intime avec Dieu, y voit autre chose.
Il y discerne une opportunité de raccourci dans le cheminement vers Dieu.
Comme si une seule prière faite dans ce lieu équivalait à des centaines de milliers de pas franchis dans l’assouplissement de l’ego, dans le raffermissement du lien avec Dieu, dans l’élévation de l’âme.
Celui qui se rend à la Mosquée sacrée ne s’y rend pas sans effort : fatigue du voyage, éloignement de ses habitudes, parfois maladie, tristesse ou nostalgie.
Mais lorsqu’il persévère malgré ces obstacles et se tient debout devant son Seigneur en ce lieu unique, cette prière a pour Dieu une valeur incomparable.
Ainsi, ne perdons pas de vue l’essentiel : derrière les chiffres, derrière la promesse de cent mille, se trouve Celui à qui nous adressons cette prière.
Le but n’est pas l’accumulation mécanique de hassanât, mais l’ouverture du cœur à une intimité profonde avec le Créateur.
La Omra, une occasion de pardon et d’allègement
Le Prophète ﷺ a dit : « L’accomplissement d’une Omra jusqu’à l’autre Omra efface ce qui s’est passé entre elles en termes de pchés. » (Rapporté par Al-Bukhari et Muslim).
Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « D’une ‘Omra à une autre, c’est une expiation de ce qui est commis entre les deux. » [7]
La ‘Omra est donc une opportunité de pardon.
Elle permet d’alléger son cœur du fardeau des péchés, mais aussi de leurs conséquences dans la vie quotidienne.
Car les péchés ne sont pas de simples traces invisibles : ils pèsent sur nos existences, ils obscurcissent nos cœurs et compliquent nos relations.
La ‘Omra est ainsi un moment privilégié pour soulager son âme et son existence.
Celle où celui qui accomplit ce voyage sincèrement se trouve délesté d’un poids qui l’empêchait peut-être d’avancer.
Il cesse de faire du surplace, de se battre contre les épreuves engendrées par ses fautes, et retrouve la légèreté nécessaire pour marcher vers Dieu pas après pas.
C’est pourquoi il est important, en plus du but ultime qui est la proximité avec Dieu, de multiplier les intentions en partant pour la ‘Omra : obtenir Son pardon, repartir à zéro, alléger son cœur et sa vie des conséquences des péchés.
Mais au-delà de tout cela, le sommet de l’intention reste de chercher Dieu Lui-même : Le rencontrer par le cœur dans ce monde, et vivre auprès de Lui dans la vie dernière.
La sincérité du pèlerin avant, pendant et après le voyage
Ceux à qui Allah, exalté soit-Il, a accordé le privilège d’accomplir le pèlerinage et la 'Umra doivent être reconnaissants envers Allah, exalté soit-Il, qui les a choisis parmi Ses serviteurs pour accomplir ces actes cultuels, et ils doivent L’implorer pour qu’Il accepte leurs bonnes actions.
Nous devons espérer que tous les pèlerins étaient sincères dans leur intention et qu’ils ont parcouru de longues distances uniquement pour plaire à Allah, exalté soit-Il, en accomplissant l’obligation qui leur incombait.
Premièrement, la sincérité de l’intention doit demeurer même après l’accomplissement du pèlerinage.
Ils ne doivent faire preuve ni de pompe ni d’ostentation.
Nombreux sont ceux qui prennent l’habitude de parler fréquemment de leur pèlerinage pour que les autres soient mis au courant du fait qu’ils l’ont accompli.
Tout cela étant mentionné dans l’intention de se valoriser.
Ceci est une ruse du diable qui réduit à néant les actes cultuels sans que la personne ne s’en rende compte.
Il est par conséquent d’une grande importance que le pèlerin ne parle de son pèlerinage qu’en cas de nécessité, car sinon cela pourrait mener au riyâ` (ostentation).
Cependant, si la nécessité s’en fait sentir et qu’il doit parler de son pèlerinage, alors il peut le faire.
Mais, il ne doit pas s’engager dans ce genre de conversations sans nécessité.
Le signe d’un pèlerinage accepté
Le hadith explique que le signe du Hadj mabrûr ou de l’acceptation du pèlerinage, c’est que, après le retour du pèlerin, sa vie devient meilleure.
Le signe d’un pèlerinage accepté est que le pèlerin se tourne davantage vers l’au-delà et est moins intéressé par les plaisirs terrestres.
Il devient complètement ponctuel dans l’accomplissement des ordres d’Allah, exalté soit-Il.
Par conséquent, il est essentiel que le pèlerin soit vigilant par rapport à ses actes et fasse de son mieux pour cultiver les bonnes mœurs, et éviter toute forme de mal.
Il doit faire tout son possible pour accomplir les obligations décrétées par Allah, exalté soit-Il, et éviter tout ce qu’Il a interdit.
Le pèlerinage est considéré comme un honneur et une bénédiction, d’autant plus qu’il entraîne une responsabilité au sujet de laquelle l’homme sera interrogé au Jour du Jugement s’il se comporte mal après son retour du pèlerinage.
Le nouveau pèlerin doit faire tout son possible pour éviter le mal et les mauvaises actions, plus particulièrement après qu’Allah, exalté soit-Il, lui a pardonné et effacé tous ses péchés comme rétribution de son accomplissement du pèlerinage.
Comment préserver les bienfaits du pèlerinage après le retour
D’éminents savants en religion ont suggéré quelques moyens pour nous aider à entretenir notre foi après le pèlerinage :
- Essayer de faire du dhikr (évocation d’Allah, exalté soit-Il) régulièrement, car le dhikr nous aide à nous rapprocher du Seigneur et éloigne Satan.
- Persévérer dans l’accomplissement de la prière et d’autres obligations religieuses.
- Réciter et méditer le Coran de manière quotidienne.
- Chercher la compagnie de musulmans pieux.
- Occuper son temps à accomplir de bonnes actions tant que possible.
- Eviter l’illicite, car après le pèlerinage une personne devrait commencer une nouvelle vie qui est supposée être pure.
- Porter le message de l’Islam et y inviter les gens, et donner le bon exemple.
- Invoquer Allah, exalté soit-Il, pour garder votre cœur ferme dans Son obéissance de la même manière que le Prophète ().
Le cheikh Ahmad Kuttî recommande la supplication suivante : « Allahumma yâ muqallib al-qulûb thabbit qalbî `alâ ta'âtik ».
La signification de nombreux actes du pèlerinage ne peut être conçue par l’homme de par ses pouvoirs intellectuels limités.
Cependant, un musulman accepte ces actes et les accomplit par obéissance et soumission à Allah, exalté soit-Il.
Toutes ces innombrables questions peuvent intriguer l’esprit, mais le fait est que leurs réponses sont au-delà de la faculté limitée de l’homme, et tout ce qui lui est demandé de dire est : « Ô Allah, j’entends et j’obéis à Tes Ordres. Tu ordonnes et j’obéis ».
Préparer son cœur avant de partir
Ce premier pas vers la ‘Omra est une préparation intérieure.
Bien avant de préparer un sac ou un passeport, il s’agit de préparer son cœur.
Et préparer son cœur, c’est d’abord se poser la question : Avec quel besoin vais-je à la ‘Omra ?
Si mon besoin est faible, je ne recevrai que peu.
Mais plus ce besoin est grand, plus il se rapproche du besoin des Prophètes eux-mêmes : ce besoin vital de Dieu, ce désir ardent de Sa proximité.
Plus mon cœur est creusé par ce besoin, plus il ressemble à un vaste panier capable de recueillir les bienfaits qui descendent sans cesse sur les Lieux saints.
Celui qui part avec un grand besoin reviendra riche, son panier rempli de grâces, tandis que celui qui part distrait risque de revenir presque les mains vides.
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Ne pas considérer la Omra comme une parenthèse
La deuxième préparation essentielle est de se souvenir que la ‘Omra n’est pas une parenthèse isolée de quelques jours.
Beaucoup de pèlerins vivent une expérience intense, coupés de leurs habitudes et baignés dans l’atmosphère sacrée de La Mecque.
Mais une fois rentrés, ils sombrent dans une sorte de nostalgie douloureuse, comme s’ils avaient laissé là-bas toute leur foi et toute leur lumière.
Ils reviennent avec la fatigue, parfois même avec la dépression, parce qu’ils avaient circonscrit leur relation à Dieu et à Son Prophète, paix et salut sur lui, uniquement à ces lieux bénis.
Or, le croyant sincère ne fait pas ses adieux à la Ka‘ba ou au Prophète, paix et salut sur lui, le dernier jour de son séjour.
Il renforce son lien durant son voyage, et il revient avec ce lien vivant, permanent, continu.
Ses prières, ses invocations, sa proximité avec Dieu ne restent pas enfermées dans la Mecque, elles l’accompagnent jusque chez lui, dans sa maison, dans sa famille, dans son quotidien.
Voilà pourquoi la préparation ne se limite pas à l’avant-voyage.
Elle prépare aussi le pendant et surtout l’après.
Celui qui part avec l’intention d’établir un lien durable avec Dieu, d’enraciner une intimité profonde qui ne dépend ni d’un lieu ni d’un moment, celui-là revient transformé et enrichi.
La ‘Omra devient alors une source continue : elle n’est pas seulement un souvenir, mais un point de départ.
Accueillir une personne qui revient de son pèlerinage
On peut aussi dire simplement « Allahumma Barik » en le voyant revenir - formule courante et naturelle pour se prémunir du mauvais œil et invoquer la bénédiction sur lui.
On peut aussi dire simplement « Allahumma Barik » - formule courante pour invoquer la bénédiction sur le pèlerin à son retour.
« Qu’Allah accepte, pardonne tes péchés et compense ta dépense. »
Le retour peut être l’occasion de rappeler avec douceur que le véritable signe du pèlerinage se manifeste dans la vie quotidienne, les bonnes mœurs, la prière, le dhikr, la récitation du Coran et l’éloignement de l’illicite.
Le Hajj et la responsabilité du pèlerin
« Quiconque accomplit le pèlerinage pour plaire à Allah et n’y profère aucune mauvaise parole, ni ne commet aucune mauvaise action, retournera du Hadj (lavé de tout péché) comme au jour de sa naissance. »
« Certes, il n’y a pas d’autre récompense pour le Hadj mabrûr (accepté) que le Paradis. »
Le Hadj, comme mentionné par le Prophète () dans le hadith, purifie des péchés et rend la personne semblable à un nouveau-né et par conséquent plus proche d’Allah, exalté soit-Il.
Il est donc important pour ceux qui ont fait le pèlerinage de faire tout leur possible pour rester dans cet état de pureté du mieux qu’ils peuvent.
En résumé, cette adoration (le pèlerinage) est obligatoire une fois dans la vie.
Nul doute que le pèlerinage est une occasion en or pour se faire pardonner ses péchés, pour voir son âme être purifiée et son cœur se remplir de foi et de sérénité.
Le pèlerin fera donc usage de cela pour le reste de sa vie, évoquant les souvenirs des lieux saints et tous les rites (du pèlerinage), car cela renforcera sa foi et l’aidera à obéir à Allah, exalté soit-Il.
J’espère que ceux qui ont accompli le pèlerinage ont tiré de bonnes leçons de ce voyage, les appliquent de manière quotidienne, et réalisent leur responsabilité envers leurs autres frères musulmans et la société.