Trekking en montagne par temps d’orage : risques et réflexes essentiels

Imagine : tu avances tranquillement sur un sentier, le soleil tape, tout semble paisible... puis, en un instant, le ciel s’assombrit, le vent se lève, et un grondement sourd résonne dans la vallée. Pas de doute : un orage arrive.

À la montagne surtout, le temps peut changer rapidement. Un orage qui vous prend par surprise est non seulement désagréable, mais surtout dangereux. En montagne, les orages peuvent être particulièrement violents et imprévisibles, nécessitant une réaction rapide et adaptée pour assurer votre protection.

Pourquoi les orages sont particulièrement dangereux en montagne

Un orage, c’est une rencontre explosive entre l’air chaud qui monte et l’air froid qui descend. En montagne, comme on grimpe en altitude, l’air se refroidit rapidement. Résultat ? Ces phénomènes peuvent arriver très vite, surtout l’après-midi, quand le soleil a bien chauffé le sol.

Tous les orages sont potentiellement dangereux. Principalement à cause de la foudre, des vents forts et des fortes précipitations notamment la grêle. Leur apparition est très rapide et on peut parfois se faire prendre par surprise.

Même l'orage le plus bénin comporte par définition de la foudre. Celle-ci est une décharge électrique entre le nuage et le sol. Lorsque la foudre va du nuage vers le sol, elle emprunte le chemin le plus court et frappe donc généralement le point le plus élevé. D’où l’importance de ne pas constituer soi-même ce point haut.

La foudre constitue une forme d’électricité naturelle dangereuse. Cette brusque décharge électrique, accompagnée d’une explosion (coup de tonnerre), est responsable chaque année dans notre pays d’une quinzaine d’accidents mortels. Ces accidents sont collectifs dans un tiers des cas et plus spécialement graves en région de montagne.

Chaque année, en France, plus d’une centaine de personnes sont foudroyées, et une trentaine succombent aux suites de leurs blessures. Le foudroyé subit une électrisation (passage de courant à travers le corps) qui peut entraîner des perturbations cardio-vasculaires et neurologiques graves, parfois mortelles.

2018 a été en France l’année la plus « foudroyante » depuis plus de 30 ans, avec 725.000 éclairs nuages-sol, qui mettent la vie du marcheur en danger. Si le risque de foudre est plus élevé dans la moitié sud de la France et en montagne, la région la plus touchée en 2018 a été la Corse, puis le département des Bouches-du-Rhône et certaines communes du Jura, selon le site Météorage.

Un foudroiement peut provoquer des brûlures, des troubles de la conscience, des lésions internes et des contractions musculaires. Le souffle de la foudre, dit blast, peut engendrer des lésions internes, au niveau des poumons, des oreilles, du cerveau et des viscères.

Les principaux risques pendant un trekking sous l’orage

La foudre directe et indirecte

Il existe le foudroiement direct et le foudroiement indirect. Le premier équivaut à une mort quasi-certaine. Pas grand chose à faire sauf éviter de se le prendre dessus en se mettant hors d’atteinte.

On peut par contre se protéger du foudroiement indirect. Pour ce faire, il faut comprendre ce qu’est le champ électrique et la « tension de pas ».

Le champ électrique se forme dans un rayon d'environ 30 m du point d'impact. Toute cette zone est considérée comme dangereuse. À partir de ce point d'impact, le champ électrique qui se forme va en diminuant à mesure que l’on s’en éloigne.

La « tension de pas » est la différence de tension qui se manifeste entre les pieds écartés. Plus les pieds sont éloignés, plus la « tension de pas » est importante. En cas d’impact, si nous gardons les jambes écartées, chacun des pieds se trouvera à une tension différente donc un courant électrique vous traversera le corps.

Le même phénomène peut se produire en touchant un mur ou un arbre avec la main. Le courant va passer par le corps pour rejoindre le sol plutôt que suivre la paroi ou le tronc.

Le froid, la pluie et l’hypothermie

Le risque majeur en cas d’orage c’est pas la foudre mais l’hypothermie (chute du thermomètre de plus de 10˘, pluie voir neige - même en été).

La température atmosphérique en montagne est extrêmement variable: l'augmentation d'altitude, l'arrivée de nuages, le passage d'une zone ensoleillée à une zone ombragée sont quelques unes des causes provoquant une baisse parfois brutale de la température.

L'hygrométrie : plus le degré d'hygrométrie de l'air ambiant est important, plus le corps se refroidit car la vapeur d'eau participe à la perte de calories par conduction.

Le vent est un agent atmosphérique souvent sous-estimé et qui, par conséquent, peut être à l'origine de malaises ou même de véritables troubles physiologiques.

Mais avec le vent, cet échange thermique s’accélère et la chaleur corporelle se disperse plus rapidement. Voilà pourquoi la sensation de froid que nous ressentons augmente sensiblement, bien que la température de l'air soit restée la même (effet "windchill").

Quand vous voyez arriver les gros nuages gris foncés annonçant l'orage ou dès les premières gouttes d'eau, mettez avant d'être mouillés vos vêtements de pluie afin d'être au sec car l'humidité est conductrice.

N'attendez pas d'être mouillé pour mettre votre protection de pluie (rain cut ou troisième couche), car vous aurez plus rapidement cette sensation de froid également.

Prévoyez aussi la baisse de températures et enfilez une couche chaude sous vos vêtements imperméables.

Les fortes précipitations, la grêle et les coulées d’eau

Ouch, les grêlons, ça fait mal, jusqu’ici j’ai connu jusqu’à gros comme le pouce, et ma toile a toujours encaissée. Par contre c’est pas marrant de se les prendre sur la gueule…

La pluie qui accompagne les orages peut s’avérer dangereuse. C’est le cas dans les canyons ou dans une paroi. Des cailloux peuvent se détacher à cause de l’eau qui dévale. La prudence est de mise.

Ne restez pas à proximité des torrents: ils grossissent rapidement et peuvent s'avérer très dangereux.

En canyon il faut sortir de l’eau dès les premiers signes avant-coureurs de l’orage.

Attention à la transmission du courant de foudre par le sol, à proximité d’un impact.

Le vent, les chutes et les mouvements de terrain

Rester à des hauteurs raisonnables, mais assez haut pour pas se prendre un bout d’arbre sur la gueule, ni se prendre une crue soudaine (attention à l’emplacement! même en hauteur).

Le vent s’engouffre dans les vallées et y est plus violent.

La pente et les reliefs peuvent engendrer des complications de différentes natures au cours d'une excursion. Les pentes herbeuses, surtout si elles sont humides, mouillées ou couvertes de givre, sont très glissantes.

La chute de pierres est un risque qu'il ne faut pas sous-estimer, surtout en présence d'autres groupes d'excursionnistes.

Ne vous fiez pas trop des grosses masses rocheuses se trouvant sur les pentes: même si elles peuvent sembler un abri adéquat contre les intempéries, leur stabilité est souvent très précaire.

Ne sous-estimez jamais les difficultés qui peuvent naître des reliefs du terrain: crêtes sur les sommets, traversée de pentes très raides, passages exposés qui peuvent engendrer la peur ou la panique.

Le brouillard, la mauvaise visibilité et la désorientation

La présence de nuages bas et la formation de brouillards sont des phénomènes très fréquents en montagne.

Une quantité abondante de neige au sol peut rendre invisible la signalisation et empêcher ainsi d'avoir des points de référence, surtout en cas de mauvais temps et de brouillard.

En présence de brouillard, marchez en groupe, suivez scrupuleusement la signalisation, même si vous connaissez le parcours et, en cas de visibilité réduite au minimum, il est préférable de vous arrêter et d'attendre une éclaircie plutôt que de vous aventurer dans des explorations périlleuses.

orage montagne randonnée éclairs crête

Reconnaître les signes annonciateurs

En montagne, il est essentiel d’observer le ciel régulièrement.

Si vous remarquez dès le matin des nuages caractérisés par un développement vertical, il est probable que des orages éclatent au cours de la journée.

Plus le brouillard et la sensation de moiteur dans les vallées sont élevés et plus cette probabilité augmente.

Les nuages sombres s’amoncellent dans le ciel, le ciel s’assombrit, le vent se lève et les premiers grondements se font entendre.

Pour prévoir le déplacement d'orages ayant déjà éclaté, observez dans quelle direction se dirige la partie la plus élevée du cumulonimbus, nuage caractéristique en forme d'enclume.

Il faut quand même garder un œil dessus. Que le vent tourne vers nous et il arrive très vite !

Surveiller le ciel et son évolution est souvent assez fiable avec un peu d’expérience, mais on peut avoir des surprises si l’orage a été “déplacé”.

Évaluer la distance de l’orage

Dès que tu entends le tonnerre, reste calme et prends le réflexe de calculer la distance orage : compte le nombre de secondes entre l’éclair et le bruit, puis divise par 3 pour obtenir la distance en kilomètres.

Un intervalle d'environ 10 secondes entre l'éclair et le tonnerre signifie que vous trouvez à une distance d'environ 3 kilomètres de l'orage.

On peut évaluer la distance d’un orage en comptant le nombre de secondes entre l’éclair et le bruit. Multiplier par 300 qui est la vitesse du son au mètre secondes. Le chiffre obtenu est la distance de l’orage exprimée en mètres.

Pour savoir si l’orage est loin, la technique est simple. Il suffit de compter les secondes entre l’éclair et le coup de tonnerre, de multiplier par 300 et de rajouter une petite louche. La vitesse du son étant à 340 mètres secondes on sait immédiatement à quelle distance se trouve l’orage. Ce n’est pas une science exacte, mais ça rassure !

Intervalle entre éclair et tonnerreDistance approximative
Environ 10 secondesEnviron 3 kilomètres

En dessous de 1000 mètres, il faut faire fissa et partir se mettre à l’abri ou s’apprêter à subir la colère du ciel en baissant les oreilles.

Préparer son trekking avant le départ

Consulter les prévisions

Avant de partir, il est crucial de consulter les prévisions météo randonnée.

Il existe des applis et des bulletins spécifiques aux zones de montagne.

Le mieux est d'anticiper les risques d’orage.

Avant de partir, consulte chaque jour la météo locale, même le matin avant de plier la tente. Le sentier est-il encore praticable ?

Pour un trek de plusieurs jours où la météo est plus difficile à anticiper, pensez à ranger vos affaires à l'abri dans des pochettes imperméables.

Pour éviter de se faire surprendre par un orage ou tout autre imprévu en randonnée comme une avalanche, mieux vaut être bien informé.

Choisir l’horaire et l’itinéraire

Il est essentiel de partir tôt, car les orages ont plus souvent lieu le soir.

Mais attention, un orage peut subvenir à 10 h du matin.

Si l’on part en randonnée malgré un risque d’orage, il est préférable de le faire très tôt, d’examiner les autres parcours envisageables ainsi que les raccourcis et de surveiller de près l’évolution de la météo.

Différer ou annuler un départ en conséquence ou modifier l’itinéraire afin de fixer des refuges sûrs à distance régulière.

Si des intempéries sont non seulement possibles, mais aussi probables, nous conseillons de reporter la randonnée ou de ne faire tout au plus qu’une courte excursion.

Anticiper les risques d’orage. Ne vous engagez pas dans une zone particulièrement exposée à la foudre, plateau, crête, sommet, etc.

Prévoir une solution de secours, un itinéraire bis.

Savoir faire demi-tour. Ce n’est pas facile car on se dit toujours que ça va passer à côté.

Repérer les abris et les échappatoires

Face à un orage en randonnée, anticiper est la clé : se renseigner sur la météo, voire même la nivologie en hiver, observer les signes annonciateurs, et repérer à l’avance le meilleur abri orage sur ton itinéraire.

Pour un trek sur plusieurs jours, pense à repérer à l’avance les lieux stratégiques comme une grotte comme abri naturel.

Différer ou annuler un départ en conséquence ou modifier l’itinéraire afin de fixer des refuges sûrs à distance régulière.

Lever de temps en temps le nez et regarder si « ça se charge ».

J’anticipe le temps change vite, parfois avec environ 10 minutes de délai, en surveillant la météo en journée, en adaptant mon itinéraire le cas échéant, en trouvant/repérant des emplacements safe pour monter mon tarp quand ça s’assombrit, et enfin en montant mon abri avant que ça tourne au vinaigre.

Faire les choses en urgence, c’est vraiment pas le bon plan.

Préparer la navigation

Emportez avec vous une boussole, une carte topographique et un altimètre - qu'il faut savoir utiliser - ainsi qu'un sifflet de secours.

Il est alors nécessaire d'avoir recours à une boussole et à une carte topographique ou, éventuellement, à un système GPS.

Les appareils GPS sont des instruments extrêmement précis qui utilisent un système par satellite pour déterminer la position d'un objet.

Les appareils GPS les plus répandus permettent également de charger et de visualiser l'itinéraire, de manière à pouvoir indiquer exactement à l'utilisateur son emplacement par rapport au parcours prévu, en plus, naturellement, de son altitude.

Ne vous fiez pas trop aux traces laissées par d'autres excursionnistes: elles peuvent vous exposer au risque de vous perdre davantage encore!

Que faire dès les premiers signes d’orage

Quand le ciel gronde, il faut savoir que faire face à un orage pour limiter les risques.

Avant tout, ne pas courir et rester calme : cela augmente le risque de chute et de blessure.

Au contraire, adopte une marche contrôlée et réfléchie.

Quand le ciel se déchaîne, chaque geste compte.

Par contre, c’est clair que j’arrête la marche. Bien trop dangereux, sauf si dans un lieu pas du tout sécurisé, mais j’ai toujours suffisamment anticipé.

Quitter les zones exposées

Il faut perdre rapidement de l’altitude.

Ne pas rester sur les sommets et les grandes étendues sans relief où notre silhouette serait une proéminence attirante.

En montagne, fuir sommets et crêtes.

Les alpinistes qui se trouvent sur les sommets ou les arêtes sont particulièrement exposés au foudroiement.

Les sommets et les arêtes exposent particulièrement aux risques de foudroiement direct.

Lorsqu'un orage se manifeste, éloignez-vous des reliefs, des crêtes et des cours d'eau.

Ne vous abritez pas dans des couloirs ou des chemins rocheux.

Éloignez-vous des arêtes ou sommets, pylônes, poteaux, masses de rochers isolées particulièrement élevées.

Rejoindre un abri adapté

Trouvez un abri, au mieux une maison en pierre, portant un paratonnerre ou sous la protection d’un paratonnerre proche.

Les abris dotés de portes et de fenêtres fermées ainsi que les voitures sont des endroits sûrs.

Les églises et les chapelles sont de bonnes options, à condition qu’elles soient ouvertes aux passants.

Une cabane peut constituer un abri, mais si elle ne dispose pas d’un paratonnerre, il faut s’abstenir de toucher les murs.

Sous une corniche, l’abri doit faire au moins cinq fois votre hauteur.

Vous pouvez également vous protéger dans de grandes grottes ou en vous accroupissant sous une haute paroi rocheuse.

Il est important de se tenir à deux mètres des parois, du plafond de la grotte et des autres personnes afin d’éviter le passage de courants telluriques.

Dans une grotte, il faut se tenir accroupi à l’intérieur le plus loin possible du plafond, des parois et du fond.

Une caverne, une grotte ne sont pas des abris sûrs.

Ne pas se plaquer contre une paroi, surtout si elle est humide, car elle est conductrice.

Pour la même raison, il ne faut pas se réfugier dans une faille, ou au fond d’une grotte.

En restant debout près de l’entrée d’une grotte, on risque de provoquer l’amorçage d’un arc électrique entre le plafond et la tête.

Ces recommandations dépendent de la configuration : une grande grotte ou une cavité suffisamment profonde permet de s’éloigner des parois, du plafond et de l’entrée, tandis qu’une faille, une petite cavité ou une grotte humide et peu profonde ne constitue pas un refuge sûr.

Adopter la position de sécurité

En l’absence d’abri, pour éviter les risques de foudroiement, on ne doit ni marcher à grandes enjambées, ni se tenir debout jambes écartées.

Ne pas courir, ne pas faire de grandes enjambées, ni rester debout les jambes écartées. Cela favorise l’électrocution.

La meilleure position consiste à se pelotonner au sol, jambes repliées sous soi.

Pour éviter cela, il faut s’accroupir au sol pieds joints. Le courant passera dessous sans vous traverser.

Accroupissez-vous sur un sac à dos sec, serrez les genoux contre vous. Ne vous dressez pas afin de ne pas attirer la foudre.

La meilleure position consiste à se pelotonner au sol, en s’isolant le plus possible du sol mouillé, donc conducteur.

Il est donc important de ne toucher le sol qu'en un seul point, par exemple en sautillant ou en restant accroupis avec les pieds serrés.

Évitez de vous allonger ou de vous appuyer sur la roche.

Se protéger en groupe

Quand le ciel gronde, chaque détail compte.

Ne reste pas en groupe serré.

Si vous êtes en groupe, marchez en maintenant une distance d'une dizaine de mètres les uns par rapport aux autres, ne marchez pas en vous tenant par la main, et cherchez un abri.

En groupe, ne pas se serrer les uns contre les autres. S’écarter d’au moins 3 m.

Le foudroiement d’une personne pouvant se propager aux autres.

Ces distances peuvent varier selon les recommandations et la configuration du terrain : l’objectif reste de ne pas former un groupe compact et de conserver un espace suffisant entre les personnes.

Les lieux et comportements à éviter absolument

Les arbres isolés et les lisières

Il faut impérativement ne jamais s’abriter sous un arbre, surtout s’il est isolé, ou ne fait partie que d’un petit groupe d’arbres.

Le risque y est 50 fois supérieur à celui d’un homme debout.

En forêt, s’éloigner le plus possible des troncs et des branches basses, et trouver un refuge rapidement.

À l’intérieur d’une forêt, le risque d’être frappé par la foudre est moindre, mais les arbres isolés, les groupes d’arbres et les lisières sont considérés comme des cibles potentielles.

Les objets métalliques et conducteurs

En cas d’orage, certains objets deviennent des aimants à foudre.

Éloignez les objets métalliques de plusieurs mètres.

Les bâtons de randonnée, les piolets, les crampons et les parapluies peuvent attirer la foudre.

Posez loin de vous le téléphone et tout objet métallique, cannes, piolets.

Aucun objet ne doit dépasser au-dessus de votre tête, surtout s’il est métallique.

Évitez par exemple les parapluies.

Tout objet conducteur potentiel d’électricité, piolet, bâton de marche, doit être abaissé, ou mieux posé à terre.

Il ne faut pas confondre le téléphone mobile avec les objets métalliques qui dépassent de la tête : l’utilisation du téléphone mobile n’entraîne aucun accroissement du risque, tout au moins lorsque son antenne ne dépasse pas la tête.

Les cours d’eau, canyons et creux du terrain

Évitez également les cours d’eau et les câbles d’acier, car ils sont conducteurs d’électricité.

Ne restez pas à proximité des torrents: ils grossissent rapidement et peuvent s'avérer très dangereux.

En canyon il faut sortir de l’eau dès les premiers signes avant-coureurs de l’orage.

Restez attentif aux creux de terrain dans lesquels pourrait s'accumuler de l'eau provenant de la fonte des névés.

Les sommets, crêtes, pylônes et rochers isolés

Les endroits les plus dangereux sont les sommets, les crêtes, les collines, les arbres isolés, les poteaux électriques, les pylônes de transports à câbles et leurs environs.

Éloignez-vous des arêtes ou sommets, pylônes, poteaux, masses de rochers isolées particulièrement élevées.

Les grandes enjambées et la course

Courir sous l'orage est à éviter.

Ne pas courir dans la descente. Il y a toujours le risque indirect de glisser sur le sol mouillé et de se tordre la cheville.

La panique et la précipitation sont mauvaises conseillères : mieux vaut marcher calmement mais sûrement pour rejoindre un abri, en gardant son sang-froid et en restant attentif à son environnement.

Le cas particulier du bivouac et de la tente

Une tente n'offre aucune protection contre la foudre.

Les armatures métalliques peuvent même attirer les éclairs.

La priorité absolue reste de trouver un abri en dur, comme un refuge ou une cabane.

Si aucun abri solide n'existe à proximité, installez votre tente dans une cuvette naturelle, loin des sommets et des arbres isolés.

Creusez une rigole autour pour éviter l'inondation par les eaux de ruissellement.

Éloignez tout matériel conducteur, réchaud, bâtons, piolets, à minimum 20 mètres de votre tente.

Les sacs de couchage synthétiques et les matelas isolants constituent une barrière supplémentaire entre vous et le sol.

Face aux rafales violentes, renforcez l'ancrage avec des pierres sur les sardines.

J’utilise un petit tarp style silpoly 20d, pas très protecteur donc, la pluie d’orage passe à travers et de toute façon avec les vents tournant ça passe, car montage en canadienne.

L’avantage de ce type d’abri c’est que ça n’a pas trop de prise au vent.

Au pire si mal ancré y’a un ou deux points qui sautent et qu’il faut aller remettre.

Du temps où je n’avais pas de sursac, j’attendais sous l’abri que le gros temps passe, quitte à me les cailler et en sacrifiant éventuellement ma doudoune, avant de sortir mon duvet.

Un orage dure en moyenne une heure.

Rappelez-vous qu'un orage dure environ une heure et que la phase la plus intense dépasse rarement une demi-heure.

En montagne rare sont les fois où on se retrouve en plein cœur, car les orages sont très localisés, et où l’orage dure longtemps : environ une heure de gros temps et une heure de traîne.

Protéger son équipement de trekking

L'équipement fait partie intégrante de la préparation orage randonnée et fait partie de ta meilleure protection orage.

En montagne, l’imprévu fait partie de l’aventure. Mais avec le bon équipement, on peut limiter les risques et affronter les caprices du ciel en toute sérénité.

Vêtements contre la pluie et le froid

Quand vous voyez arriver les gros nuages gris foncés annonçant l'orage ou dès les premières gouttes d'eau, mettez avant d'être mouillés vos vêtements de pluie afin d'être au sec car l'humidité est conductrice.

Compact et léger, le rain cut est un très bon allié pour les randonnées d'été.

Prévoyez aussi la baisse de températures et enfilez une couche chaude sous vos vêtements imperméables.

Compressible et stockable dans son pochon la doudoune X-light peut vous accompagner facilement.

Pour éviter que les affaires à l'intérieur de votre sac ne soient mouillées vous pouvez le recouvrir d'une housse anti pluie ou revêtir une cape de pluie, vous couvrant vous et votre sac à dos, à la place de votre veste imper.

Les distances parcourues sous la pluie pouvant sembler plus longues, vous pouvez également prévoir un surpantalon imperméable.

Sac à dos et rangement étanche

Un sac à dos de bonne contenance, équipé de bretelles ergonomiques, d'une structure pour le dos pratique et transpirante, d'une fermeture à la taille et, si possible, d'une protection supplémentaire pour la pluie représente un instrument fondamental pour pouvoir profiter d'une excursion en toute tranquillité.

Le volume conseillé va de 30 à 60 litres, en fonction de la durée du trekking, un ou plusieurs jours.

Il est recommandé de choisir un modèle ayant une subdivision des volumes en deux compartiments, un compartiment inférieur et un compartiment supérieur; ceci permet de créer deux zones séparées, ce qui se révèle très utile en cas de pluie et lorsque l'on veut maintenir séparés les aliments des vêtements.

Pour un trek de plusieurs jours où la météo est plus difficile à anticiper, pensez à ranger vos affaires à l'abri dans des pochettes imperméables.

Navigation et matériel de secours

Emportez avec vous une boussole, une carte topographique et un altimètre - qu'il faut savoir utiliser - ainsi qu'un sifflet de secours.

Un topoguide est un instrument fondamental qui permet d'organiser votre excursion.

Accompagnés de cartes topographiques, d'une description des lieux, des sentiers et des refuges, vous y trouverez toutes les indications nécessaires en cas de changement de programme inopiné ou en cas d'urgence.

Les appareils GPS permettent de visualiser l'itinéraire et d'indiquer exactement votre emplacement par rapport au parcours prévu, ainsi que votre altitude.

Chaussures et adhérence

Les chaussures sont probablement l'élément le plus important de l'équipement d'un excursionniste.

Choisir les chaussures les mieux adaptées permet de profiter du plaisir de l'excursion, tandis que des chaussures inadaptées risquent de gâter ce qui, autrement, aurait pu être une expérience merveilleuse.

Il faut avant tout choisir des modèles spécifiques pour le trekking, avec une semelle bien articulée, une inter-semelle d'amortissement, mais plutôt rigide, de manière à ne pas sentir toutes les aspérités du terrain.

L'empeigne doit être résistante et renforcée aux endroits les plus exposés à l'usure, surtout la pointe mais également le talon, et permettre une pliure naturelle tout en enveloppant le pied sans le comprimer.

La présence d'une membrane interne hydrofuge et transpirante, par exemple GoreTex®, DryTex®, WindTex®, peut s'avérer très utile, car elle permet de garder le pied au sec et d'éviter la formation d'ampoules et d'irritations.

Il est généralement recommandé de choisir des chaussures hautes qui bloquent la cheville.

Les différents types d’orages en montagne

Les orages classiques de fin de journée

Il y a les orages classiques de fin de journée.

Ce sont les plus courants et les moins graves car aussitôt après il se remet à faire beau.

En général on les voit arriver.

La première sagesse est de partir tôt et surtout de rentrer tôt.

Il arrive souvent qu’ils se déclenchent aux alentours de 17 h, plus rarement le matin ou à la tombée de la nuit.

Les orages du matin

Les orages du matin sont plus gênants.

Un dicton pyrénéen dit « orage du matin neuf jours pour guérir ».

Celui-là veut dire en substance que l’orage du matin va durer non seulement toute la journée mais aussi toute la semaine.

Les orages de chaleur

Les orages de chaleur sont encore autre chose.

Il fait beau là où on est et ça pète au loin.

C’est souvent le cas sur les montagnes espagnoles.

Il arrive souvent qu’ils tournent ainsi toute la journée sans se diriger vers nous.

Il faut quand même garder un œil dessus.

Les orages secs

Il y a aussi ce qu’on appelle les orages secs.

Ils ressemblent à un orage tout ce qu’il y a de plus normal mais il ne pleut pas.

L’ambiance est électrique.

Il se dit que ce sont les plus dangereux.

Neige, névés et terrain instable après l’orage

Au début de la saison, la quantité de neige sur les sentiers peut encore être considérable.

Il faut donc faire attention au risque de glissade: si possible, contourner les névés ayant une certaine inclinaison, même si elle n’est que faible, et utiliser du matériel approprié: crampons, piolet, bâtons télescopiques, guêtres anti-neige.

La présence de la neige présente également un autre risque qui est celui d'une plus grande difficulté d'orientation.

Rappelez-vous qu'en présence de cours d'eau, des ponts de neige se créent qui pourraient céder sous le poids d'un ou de plusieurs randonneurs.

Si le franchissement de ponts de neige est inévitable, il est conseillé d'utiliser une corde de rappel.

Contrôlez toujours votre position par rapport à la trajectoire d'une avalanche éventuelle quand vous trouvez en aval.

N'essayez pas de prendre des raccourcis et, si vous perdez le sentier, revenez sur vos pas afin de retrouver un point d'orientation sûr.

Que faire si une personne est foudroyée

Si, au cours de vos activités, vous assistez à un foudroiement, alertez en premier lieu les secours, au 15, le SAMU, ou au 18, les pompiers.

Les personnes foudroyées ne sont pas chargées d'électricité et on ne court donc aucun risque lorsqu'on leur porte du secours.

Les gestes élémentaires de survie peuvent sauver le traumatisé, qui n'est évidemment pas chargé d'électricité.

S'il est inconscient, cherchez son pouls et sa respiration.

Et engagez sans tarder le bouche-à-bouche associé au massage cardiaque.

80% des victimes d'un coup de foudre survivent: la respiration bouche-à-bouche et le massage cardiaque peuvent leur sauver la vie!

La personne frappée par la foudre peut être simplement commotionnée, avec des troubles de la conscience plus ou moins prononcés, allant de l'amnésie de l'épisode au coma profond.

Les brûlures sont le plus souvent superficielles, car le courant s'écoule principalement à la surface de la peau.

L’homme foudroyé subit de graves lésions, dont l’issue est souvent mortelle.

Après le passage de l’orage

Attendez que l'orage passe et que les phénomènes s'atténuent.

La randonnée est généralement sans danger. Toutefois, dans de rares cas, des situations d’urgence peuvent survenir lors d’une randonnée et certains risques guettent les randonneuses et randonneurs, en particulier en montagne.

Avant de reprendre, vérifiez l’état du sentier, des torrents, des pentes et des passages exposés.

Le sentier est-il encore praticable ?

Ne sous-estimez jamais les difficultés qui peuvent naître des reliefs du terrain.

Essayez de rester en groupe et n'abandonnez pas le sentier, même si celui-ci vous semble difficile.

GÉRER L'ORAGE EN RANDONNÉE : COMMENT L'ANTICIPER ET Y RÉAGIR ?

tags: #trekk #montagne #orage #risques