Road trip autour des lacs incontournables du Tyrol en Autriche

Découvrez les plus beaux lacs du Tyrol en road trip : itinéraires, randonnées, activités nautiques, conseils pratiques et sites incontournables.Road trip des lacs incontournables du Tyrol en Autriche

Le Tyrol, au Sud-Ouest de l’Autriche, est la région des montagnes, voisine de la Bavière. Entre traditions, coutumes et nourriture, on retrouve beaucoup de similitudes entre ces deux régions.

Paradis pour les randonneurs, l‘Autriche est un écrin de verdure avec ses vallées verdoyantes encadrées par des montagnes aux sommets acérés. Après la Bavière, nous avons continué notre route en Autriche. De Salzkammergut au Tirol en passant par la région de Salzburg, nous avons traversé une partie de l’Autriche à la découverte des lacs et des montagnes.

Les montagnes grandioses dont certaines sont piquetées de glaciers, des vallées ponctuées de lacs, des alpages.. Un régal pour les yeux et les jambes !

Préparer un road trip autour des lacs du Tyrol

Le Tyrol est une région relativement grande en Autriche et les différents lacs sont très dispersés. La plus grande ville du Tyrol est Innsbruck et celle-ci se trouve, de manière pratique, directement au centre de la région.

Pour visiter le Tyrol, vous pouvez prendre un vol direct Paris - Munich et louer une voiture sur place. Innsbruck se trouve à seulement 2h de route de Munich et vous pourrez en profiter pour visiter la Bavière. Vous pouvez aussi choisir un vol avec escale directement pour Innsbruck.

Vous pouvez également venir en Autriche par vos propres moyens. En moyenne, il faudra compter 10h de route pour rejoindre Innsbruck depuis Paris.

Même si l’Autriche est un petit pays, nous vous conseillons de louer une voiture sur place pour être le plus libre de vos mouvements. Même si ce n’est pas impossible, il sera très difficile d’utiliser uniquement les transports en commun pour un road trip en Autriche.

Pour un road trip en Autriche, nous vous conseillons de privilégier les mois de mai, juin, juillet, août et septembre. Le printemps (mai-juin) et le début de l’automne (septembre-octobre) sont idéaux pour éviter la foule tout en profitant de belles conditions de randonnée.

L’Autriche est un pays qui peut se visiter toute l’année. En été, l’Autriche est un vrai paradis pour les randonneurs. Et en hiver, c’est l’une des destinations phares pour le ski en Europe.

La durée de votre road trip en Autriche dépendra principalement de votre itinéraire et des régions que vous souhaitez découvrir. De quelques jours à quelques semaines, tous les itinéraires sont envisageables.

Le Tyrol est une destination idéale pour une courte escapade. En seulement quelques jours, on passe facilement des vallées verdoyantes aux sommets alpins, des villages typiques aux panoramas spectaculaires.

Les règles pratiques pour conduire au Tyrol

Conduire en Autriche est très confortable et sûr grâce à son excellent réseau routier, partout en très bon état.

Pour rouler sur les autoroutes, il est essentiel d’acheter une vignette, qui est le système de paiement, et qui doit être placée de manière visible sur le pare-brise. Les voitures de location en sont généralement déjà équipées.

Si vous voyagez en Autriche avec votre propre véhicule, sachez qu’une vignette est obligatoire pour circuler sur les autoroutes et routes rapides en Autriche.

Vous pourrez choisir entre une vignette valable 10 jours (9,20€), 2 mois (26,80€) ou 1 an (89,20€) en fonction de la durée de votre séjour. En été, nous vous conseillons d’acheter votre vignette avant de passer la frontière pour éviter la queue. Elles sont disponibles dans la plupart des stations-service avant le passage de frontière.

Il faut également prévoir le paiement des péages pour certaines routes panoramiques et certains parkings.

Quel budget prévoir pour un road trip au Tyrol ?

Le budget moyen d’un road trip en Autriche peut varier considérablement en fonction de vos envies et de votre mode de voyage.

En moyenne, il faut compter environ 100€ par jour et par personne pour une nuit dans un établissement standard, deux repas au restaurant et quelques activités.

Le Tyrol peut vite donner l’image d’une destination assez chère, surtout en Autriche où le coût de la vie est globalement élevé. Entre les hébergements en montagne, les activités outdoor et certaines remontées mécaniques, le budget peut grimper rapidement si on ne fait pas attention.

Les logements sont assez chers en Autriche, que ce soit les hôtels (minimum 100€ la nuit) ou les campings (ça peut aller jusqu’à 40€ l’emplacement pour 2 personnes avec une petite tente, une voiture et l’accès aux douches).

Pourquoi faut-il toujours avoir du cash en Autriche ? Il y a peu de distributeurs d’argent en dehors des villes en Autriche. Certains hôtels, parkings et départs de randonnée ne prennent pas la carte.

Les lacs incontournables du Tyrol

1. Le lac Plansee

Le lac Plansee est le 2ème plus large lac du Tyrol. Long de 6km et encerclé par les Alpes d’Ammergau, le lac de Plansee fait partie des plus beaux lacs du Tyrol, mais aussi des lacs incontournables à voir en Autriche.

Ce lac est parfait pour ceux qui souhaitent passer une journée autour d’un lac, se relaxer et se détendre loin de l’agitation de la ville.

Pas besoin de randonner pour le découvrir, puisque la route longe toute la rive du lac. Parfait pour une balade en famille !

Sur place, ses nombreuses plages aménagées en font un des meilleurs lacs de baignade en Autriche. Mais on peut aussi y pratiquer diverses activités nautiques (pédalo, plongée, kayak, paddle, barque…).

En plus de ces beaux hangars à bateaux en bois, le lac Plansee c’est aussi des balades autour du lac ou sur le lac ou encore des randonnées aux points de vue époustouflants.

Faire le tour du lac à pied est une randonnée en boucle accessible à tous les marcheurs, mais tout de même longue de 14km.

Le lac Plansee est également connu pour une très belle randonnée avec vue sur le lac plus qu’imprenable, le point de vue Jägersteig.

Monter au point du vue Schönjöchl permet de profiter d’un très beau panorama sur Plansee, mais attention les mollets vont chauffer !

En 3 ans, nous y sommes allés 5 ou 6 fois, à toutes les périodes de l’année.

Plansee entouré par les Alpes

2. Le lac de Schlegeis et la randonnée de l’Olpererhütte

Tout au sud du Tyrol, à Zillertal exactement, se trouve ce lac incroyable, qui est en réalité un lac artificiel.

La randonnée vers l’Olpererhütte est assez connue, notamment pour son pont magnifique qui surplombe le lac d’eau turquoise.

Pour tenter de décrire le sentier, durant 1h30 aller, il s’agit que de monter sur un chemin très rocailleux.

C’est facile en termes de technique mais cela requiert de l’endurance et un bon équipement (chaussures surtout).

Pensez aussi à prendre de quoi vous réchauffer car à cette hauteur, le vent ne pardonne pas ! Même en plein été, dès que les nuages arrivent, l’air devient d’un coup beaucoup plus frais !

Attention, lieu très touristique ! En fonction de la saison de votre venue, vous serez accompagnés là-haut, sur le pont.

Nous avons vu une sacrée file d’attente pour faire LA photo que l’on voit partout.

Cette randonnée est un réel coup de coeur de notre road trip au Tyrol !

3. Le lac Piburger See

Le lac Piburger See est situé dans la vallée d’Öztal, au Tyrol, et est presque entièrement encerclé de forêt.

Pour l’atteindre, il vous faut marcher environ 40 minutes au coeur de cette forêt depuis le village de Habichen. Ensuite, vous pouvez facilement faire le tour du lac en 1h de marche environ.

J’ai trouvé la balade pour y accéder vraiment très belle et très sauvage.

D’ailleurs, le lac est un lieu naturel et il fait partie d’une zone de protection du paysage. Cela signifie que beaucoup d’espèces animales et végétales vivent ici.

Il convient donc de respecter l’environnement et de faire attention à vos déchets, comme tout le temps en nature.

Le lac est très familial, beaucoup de familles et de jeunes enfants y étaient à notre venue pour se baigner.

En effet, l’eau du lac est réputée pour être assez chaude et agréable donc.

4. Le lac Hintersteiner See

Ce lac du Tyrol se situe au milieu de la réserve naturelle Wilder Kaiser où l’eau provient de sources souterraines.

Cela rend l’eau potable et d’une clarté infinie. Le sommet du massif de l’Empereur se reflète dans l’eau turquoise du lac.

Se balader autour de ce lac est un agréable moment passé au cœur des montagnes autrichiennes.

Lors de notre balade autour du lac, nous étions presque seuls et quel bonheur de pouvoir profiter d’un tel bijou.

Les paysages varient et les contrastes de couleurs changent tout le long du lac.

En bref, ce lac est très agréable pour déconnecter et apprécier la nature dans sa plus grande simplicité.

5. Le lac Achensee

Ce lac est le plus grand du Tyrol et est nommé par les visiteurs comme « la mer du Tyrol ».

Achensee t’offre aussi la possibilité de prendre de la hauteur afin d’avoir une vue imprenable sur le lac.

Il existe autour du lac de nombreux sentiers de promenade et de randonnée. Vous pouvez également y prendre un bateau à vapeur afin de visiter le lac.

C’est un lac très familial où beaucoup d’activités sont proposées et comme son nom l’indique, vous pouvez aussi vous y baigner.

Pour les amateurs de sports nautiques, Achensee, souvent appelé « l’océan du Tyrol », est excellent pour la voile et la planche à voile.

Achensee est connu pour sa grande qualité d’eau, ce qui lui vaut le surnom de « fjord des Alpes ».

Nous avons réalisé une randonnée au mois d’octobre-novembre, il faisait frais et la neige commençait à apparaître.

Pas très longue mais intense, cette randonnée est idéale pour une belle balade en pleine nature au coeur des montagnes autrichiennes.

D’un côté, une vue sublime sur le lac et de l’autre, les montagnes qui t’entourent.

Achensee turquoise entre montagnes

6. Le lac Vilsalpsee et le Traualpsee

La randonnée vers le lac Vilsalpsee et son lac frère Traualpsee t’offre des vues uniques sur les montagnes tyroliennes.

Comme on ne voit les deux lacs qu’après avoir atteint le sommet de la chaîne de montagnes, les possibilités sont incroyables pour les passionnés de photographie.

Le chemin en lui-même est varié : parfois à travers les forêts, parfois le long de sentiers d’altitude à couper le souffle, en passant entre les vaches et le fameux Edelweiss.

Le mieux est de déballer son déjeuner au sommet de la destination et de profiter du paysage qui t’entoure.

Le lac Vilsalp est niché dans une réserve naturelle avec un chemin accessible adapté à toute la famille.

On peut également trouver une très belle zone de baignade au lac Vilsalp.

7. Les lacs Seebensee et Drachensee

Les lacs Drachensee et Seebensee se trouvent certainement en haut de chaque liste des plus beaux lacs du Tyrol et l’une des plus belles randonnées d’Autriche.

Et je suis d’accord avec cette opinion : le lac du dragon en particulier est tout simplement incroyable.

Bien sûr, de nombreux locaux le savent aussi, c’est pourquoi je conseille de commencer la montée le plus tôt possible pour éviter les grandes foules de touristes.

La randonnée est longue, surtout si, comme moi, tu ne veux pas raccourcir la première partie en prenant un téléphérique.

Le sentier pédestre commence à Ehrwald, il est large et bien balisé, parfait pour les marcheurs débutants ou pour une randonnée familiale.

Une fois arrivés au lac de Seebensee, on vous conseille de poursuivre votre ascension jusqu’au Drachensee, un autre lac de montagne à la couleur turquoise incroyable.

Comptez environ 40min de montée supplémentaire, mais promis ça vaut le coup !

Nous avons pris les télécabines qui nous ont déposé à l’alpage d’Ehrwald.

Ensuite, nous avons emprunté une voie carrossable qui nous a mené dans la forêt de Seebenwald puis au merveilleux lac de Seebensee en passant par de magnifiques points de vue sur la vallées, les montagnes et les vaches d’alpages.

La randonnée pédestre de Seebensee commence à Ehrwald. Le sentier pédestre est large et bien balisé, parfait pour les marcheurs débutants ou pour une randonnée familiale.

Les abords du lac sont idéaux pour se poser et se détendre en pleine nature, alors n’oubliez pas le pique-nique !

Près du lac Seebensee, vous pouvez profiter d’une vue magnifique avec les montagnes du Wetterstein et la Zugspitze en arrière-plan.

Seebensee et Drachensee montagnes

8. Le lac Grünausee

Le lac Grünausee est l’une de mes dernières découvertes au Tyrol.

Je ne sais pas comment il a pu me rester caché si longtemps, car il est tout simplement incroyable.

L’ascension n’est pas facile et nécessite dès le départ une certaine endurance et un pied sûr.

Mais sur le chemin, tu trouveras des cascades charmantes et des ruisseaux rafraîchissants.

Le paysage est varié et te fait oublier ta douleur.

Un autre point fort de cette randonnée au Tyrol : tu peux prendre un embranchement vers un autre lac, qui est au moins aussi convaincant.

9. Le lac de Mutterberg

Au lac de Mutterberg, on a l’impression de trôner au-dessus de tous les autres.

Avec ses 2500 mètres, ce beau lac de montagne est aussi très haut.

La randonnée jusqu’à ce lac d’Autriche, au Tyrol, est relativement facile, mais d’autant plus spectaculaire.

L’un de nos moments forts a été sans aucun doute une baignade dans le lac, qui nous a incroyablement rafraîchis et nous a donné suffisamment d’énergie pour la descente.

10. Le lac Schlicker See

Le lac Schlicker See n’est pas facile à atteindre et nécessite un bon niveau d’assurance pour le pas et le vertige.

Mais une fois que tu l’as atteint, il s’ouvre sur l’une des vues les plus spectaculaires que j’ai vues jusqu’à présent.

La randonnée se déroule le long de sentiers panoramiques à la vue imprenable sur les sommets et les gorges.

Le Schlicker See est plutôt inconnu et n’est pas la destination du jour des nombreux touristes au début de la randonnée.

C’est pourquoi, malgré une journée ensoleillée, nous avons pu profiter de ce lac d’Autriche complètement seuls.

Tout s’est bien terminé mais c’est vrai qu’il faut toujours faire attention en montagne et être bien préparé.

Les lacs du Salzkammergut à intégrer à l’itinéraire

Le Salzkammergut est une vaste région qui compte pas moins de 76 lacs entourés de montagnes.

L’une des originalités de cette magnifique région est l’alternance de collines douces et d’abruptes montagnes tombant soudainement en falaise dans les lacs.

Le lac Hallstätter See

Un voyage en Autriche rime forcément avec le fait de visiter Hallstatt, le plus beau village d’Autriche, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Construit au bord du lac Hallstättersee, avec ses maisons traditionnelles, son église et les montagnes tout autour, c’est un vrai paysage de carte postale.

Si tout le monde visite ce village typique, on oublie souvent son lac, avec son eau limpide idéale pour se baigner.

On vous conseille de louer une barque directement à Hallstatt.

Nous avons trouvé un loueur qui loue des bateaux électriques pour 25€ de l’heure.

Nous nous sommes par la suite baladés dans le petit centre-ville d’Hallstatt une petite heure avant d’aller déjeuner.

Ensuite nous sommes montés en haut de la montagne pour observer le lac et la ville de haut.

Tu peux y aller en randonnée (2h A/R) ou en téléphérique (20€ A/R par personne).

Les lacs de Gosau

Les Gosauseen offrent des vues emblématiques sur le glacier du Dachstein.

Nous avons eu la chance d’explorer ce lac d’Autriche en été, au coeur d’un paysage verdoyant et bucolique, puis en automne, dans une ambiance mystique.

Et qu’importe la saison, Gosausee est un des plus beaux lacs d’Autriche.

Si vous avez de la chance avec la météo, le lac offre des reflets incroyables !

Facilement accessible en 5min à pied depuis le parking, faire le tour du lac de Gosau est une rando facile et agréable, même pour les petits marcheurs, grâce à son sentier pédestre en boucle.

Les lacs de Gosau possèdent un chemin plat autour du lac, parfait pour tous les âges.

La randonnée de 15km traverse les trois lacs de Gosauseen, avec 458 m de dénivelés en 4h30 selon nos informations.

À savoir, c’est possible d’y faire le tour en 1h.

Manger et dormir dans une “Gasthof”, une auberge traditionnelle en Autriche, est une expérience authentique incontournable.

À chacun de nos passages à Gosausee, nous nous arrêtons donc à la Gasthof Gosausee afin d’y déguster des spécialités culinaires copieuses.

Ambiance conviviale, chalet en bois typique et vue sur le lac : c’est notre adresse coup de coeur en Autriche !

Le lac Mondsee

Le lac de Mondsee fait 12 km de long et est connu pour être le lac le plus chaud du Salzkammergut puis pour les nombreuses activités nautiques possibles.

Nous avons choisi le Lac de Mondsee pour notre première halte autrichienne.

Le cadre idéal pour nous reposer après quelques heures de routes.

Autres lacs autrichiens à découvrir pendant le road trip

Le Lünersee

Le Lünersee, ou lac de Lün se trouve dans le land du Vorarlberg, la région d’Autriche la plus proche de la France.

Situé à 1970 mètres d’altitude, plus précisément dans la vallée du Brandnertal, c’est l’un des plus grands lacs du Vorarlberg.

Pourquoi est-il considéré comme un des lacs les plus beaux d’Autriche ? Car ce lac est en forme de coeur !

Le panorama est époustouflant, et la couleur bleue du lac alpin fait ressortir le coeur au milieu des crêtes des montagnes.

Pour vous rendre au lac de Lün, vous avez deux options de randonnée.

Pour rejoindre le lac, vous pouvez prendre le Lünerseebahn, au départ de Brand. Le prix du téléphérique aller-retour est de 23€ par adulte.

Nous avons suivi cet itinéraire de 11km aller-retour, au départ du parking du téléphérique.

Bon, c’est loin d’être une promenade de santé et ça grimpe en pente raide pour atteindre le lac.

Le lac Obernbergersee

Ce lac de montagne se trouve au fond de la vallée de Obernbergtal, à 1600 mètres d’altitude.

Il est moins connu, et donc plus calme, pourtant c’est un joyau alpin à seulement 45min de route de Innsbruck !

Entre son bleu vif translucide, le panorama sur les montagnes et les mélèzes tout autour, c’est un vrai paradis en pleine montagne.

On y accède via une randonnée de 6km aller / retour au départ du parking Waldesruh d’Obernberg.

C’est un sentier sans difficulté, malgré une montée parfois raide.

Attention tout de même de ne pas y aller trop tard dans la saison, car à la fin de l’été le niveau du lac baisse.

Le lac Attersee

Attersee est populaire pour la voile et la plongée grâce à ses eaux claires.

Attersee offre des plages familiales avec des équipements.

Attersee est connu comme l’un des lacs alpins les plus chauds, avec des températures pouvant atteindre 25°C.

Le lac Wörthersee

Wörthersee est l’un des lacs alpins les plus chauds, idéal pour la baignade, la voile et le paddle.

La région du Wörthersee offre de magnifiques panoramas pour le vélo.

Le lac Weissensee

Weissensee en Carinthie est également réputé pour sa beauté préservée et son eau turquoise cristalline.

Weissensee possède une eau dont la température peut atteindre 24°C.

En hiver, Weissensee se transforme en l’une des plus grandes patinoires naturelles d’Europe.

Le lac Grüner See

Grüner See, en Styrie, est célèbre pour son eau vert émeraude qui recouvre un parc à la fin du printemps, créant un paysage sous-marin magique.

Le lac Traunsee

Traunsee, le lac le plus profond d’Autriche, offre des paysages impressionnants et des villages charmants.

Le lac Fuschlsee

Fuschlsee offre une eau claire bleu-vert et des environs paisibles près de Salzbourg.

Le lac Fuschlsee est entouré de sentiers de randonnée pittoresques avec des vues sur les montagnes et les forêts.

Randonnée et activités autour des lacs

Vous trouverez une grande variété de sentiers de randonnée autour des lacs autrichiens.

Vous pouvez également explorer des itinéraires comme le « Three Lakes Tour » ou le sentier « Ehrwalder Alm - Seebensee », très populaires dans la région.

De nombreux lacs offrent d’excellentes possibilités de cyclisme.

Les promenades au bord des lacs, les plages naturelles, les zones de repos et les activités nautiques permettent de varier les étapes du road trip.

Pour les amateurs de sports nautiques, Wolfgangsee est un lieu privilégié pour le kitesurf, le ski nautique et le paddle.

Attersee est populaire pour la voile et la plongée en raison de ses eaux claires.

Wörthersee est idéal pour la baignade, la voile et le paddle.

Il existe également de nombreuses activités autour des lacs : randonnée, Via Ferrata, VTT de descente, wakeboard, spa au milieu des montagnes, barque sur des lacs turquoise.

Équipement indispensable pour les randonnées

Partir sur les sentiers de randonnée nécessite une certaine préparation en amont.

Il convient de s’équiper du bon matériel et de s’habiller de manière à être préparé à toutes les éventualités.

La randonnée représente un certain danger, car les conditions dans les montagnes sont imprévisibles. Prendre le moins de risque possible est donc essentiel.

  • Prendre un sac à dos adapté pour les sentiers de randonnée est essentiel pour ton dos.
  • Pour deux personnes, je te recommande de choisir un sac à dos de 30 à 40 L ou un sac de 20 L par personne.
  • Si tu prévois un trek de plusieurs jours, un sac à dos de 60 litres est un bon choix.
  • Il est essentiel de prendre des chaussures confortables et adaptées, il s’agit de l’accessoire le plus important et utile pour tes randonnées.
  • Pour de simples balades, porter des baskets est amplement suffisant.
  • Si tu prévois du dénivelé ou des sentiers peu stables, opte pour des chaussures moyenne-haute avec une semelle épaisse.
  • Avoir des vêtements confortables et respirables est important quand tu vas dans les montagnes.
  • Tu mets d’abord un T-shirt léger si tu fais un effort important ou chaud si les températures sont froides.
  • La deuxième couche est une polaire ou une doudoune légère.
  • La troisième couche est ta protection contre les intempéries, comme le coupe-vent par exemple.

De nombreux accidents arrivent, car les randonneurs ne portent pas de bonnes chaussures : qui maintiennent et qui ne dérapent pas.

Les conditions météorologiques peuvent changer très rapidement en altitude. Même en plein été, dès que les nuages arrivent, l’air devient d’un coup beaucoup plus frais.

Où dormir pendant un road trip autour des lacs du Tyrol ?

La plus grande ville du Tyrol est Innsbruck et celle-ci se trouve, de manière pratique, directement au centre de la région.

Pour 125 € par nuit, tu obtiens un studio pour deux personnes dans une localisation parfaite pour visiter la région Tyrol.

Les appartements sont équipés avec une cuisine, une salle de bain privée et un balcon avec une superbe vue.

Les studios modernes et spacieux sont localisés directement dans Innsbruck.

Ce logement est le choix parfait pour profiter des avantages de la ville tout en découvrant les alentours du Tirol.

Cet hôtel design est situé à Mayrhofen en plein coeur du Zillertal.

L’hôtel offre des chambres stylées avec balcon. Les voyageurs aiment particulièrement le délicieux petit-déjeuner.

Il est également possible de dormir près des lacs, dans des auberges traditionnelles ou des refuges de montagne.

Pour le refuge Gablonzer Hütte, on a réservé deux jours plus tôt la veille : il n’avait plus de chambre double mais il restait des dortoirs.

Je te conseille fortement d’appeler le refuge pour réserver avant.

Si tu préfères éviter les dortoirs ou s’il n’y a plus de place au refuge, je te conseille de dormir sur les bords du lac Gosausee ou près du village de Gosau pour être à proximité de ce site exceptionnel.

Le camping sauvage est interdit en Autriche.

Les campings peuvent être difficiles à trouver en haute saison, et il est parfois nécessaire d’en visiter plusieurs avant de trouver un emplacement.

Conseils pour profiter des lacs du Tyrol

Les lacs les plus connus peuvent être très fréquentés, particulièrement pendant la haute saison et aux heures centrales de la journée.

Pour les randonnées populaires, il est préférable de partir tôt afin d’éviter les grandes foules de touristes.

La randonnée vers l’Olpererhütte est assez connue, notamment pour son pont magnifique qui surplombe le lac d’eau turquoise.

Nous qui nous étions levés à 7h du matin pour être sur le site vers 8h30 et éviter la queue, nous avons dû faire un aller-retour de 30 bonnes minutes pour aller retirer de l’argent.

Après avoir mangé, il a commencé à y avoir beaucoup plus de monde, et une queue s’est même formée pour prendre des photos sur le pont.

Le Schlicker See est plutôt inconnu, ce qui permet parfois de profiter du lac complètement seuls.

Le lac Obernbergersee est moins connu, et donc plus calme.

Le lac Piburger See appartient à une zone de protection du paysage. Il convient donc de respecter l’environnement et de faire attention à vos déchets.

Les itinéraires et les excursions proposées sont uniquement indicatifs ; le voyageur peut concevoir le voyage qui lui convient en fonction de ses goûts et de ses besoins.

Randonnée alpine autour des lacs du TyrolDécouvrez les plus beaux lacs du Tyrol en road trip : itinéraires, randonnées, activités, conseils pratiques, budget et équipements. […]

Élisée Reclus : guide touristique d’une géographie vivante

Découvrez les lieux, cartes, globes et paysages qui permettent de comprendre la géographie vivante et sociale d’Élisée Reclus.Élisée Reclus : guide touristique d’une géographie vivante

Élisée Reclus (1830-1905), un des fondateurs de la géographie moderne, connaît depuis quelques années un regain d’intérêt.

On redécouvre la pertinence de son approche et de ses analyses sur des sujets brûlants d’actualité : justice sociale, conflits, migrations, métissage...

Précurseur d’une géographie humaine et sociale, pédagogue libertaire et théoricien d’un anarchisme pacifique, É. Reclus peut paraître comme le modèle du savant lettré ayant constamment le souci de son public.

Ce guide touristique propose de découvrir Élisée Reclus à travers les lieux qui ont marqué sa vie, ses voyages, son enseignement et ses projets cartographiques. Il invite également à comprendre une conception de la géographie fondée sur l’expérience directe du monde, la circulation des savoirs et la perception de la Terre comme un ensemble vivant.

Portrait d’Élisée Reclus géographe

Comprendre la démarche d’Élisée Reclus

É. Reclus (1830-1905) est né dans une famille protestante vivant en Béarn, à Orthez, dont le père était pasteur.

Quatrième enfant d’une fratrie de quinze et deuxième garçon des cinq frères, il grandit dans un milieu qui peut expliquer, en partie, son attachement à un idéal de libre conscience et à un rapport le plus immédiat possible aux savoirs.

Lui-même autodidacte, il refuse les termes savants et autres technolectes.

Dans un monde peu à peu dominé par la spécialisation, il semble que É. Reclus se soit tenu à l’exigence d’offrir à son œuvre un éventail très varié de lecteurs.

Cette exigence apparaît dans ses premiers articles, ses récits de voyage et ses descriptions géographiques, mais aussi dans ses monographies poético-géographiques, ses immenses entreprises encyclopédiques et ses textes ouvertement politiques.

Il publie notamment Histoire d’un ruisseau en 1869, Histoire d’une montagne en 1875, La Terre. Description des phénomènes de la vie du globe en 1868-1869, La Nouvelle géographie universelle de 1876 à 1894, L’homme et la terre en 1905 et L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique en 1884.

Sa vie durant Reclus s’est attaché à exposer la géographie du monde au plus grand nombre, à en partager les implications pour l’existence de tout un chacun.

Les lieux de formation et les premiers réseaux

Orthez et le Béarn

Pour commencer un itinéraire consacré à Élisée Reclus, il faut se tourner vers Orthez et le Béarn, où il est né et a grandi dans une famille protestante.

Le rapport immédiat aux savoirs, l’importance de la conscience individuelle et l’attention portée aux relations entre les êtres humains et leur milieu constituent des éléments essentiels pour comprendre la suite de son parcours.

La Société de géographie de Paris

À son retour d’exil, en 1858, en même temps qu’il est accepté, sans formation aucune, à la Société de géographie de Paris, la plus ancienne et la plus influente du monde alors, il collabore très abondamment à la Revue des Deux Mondes pendant neuf ans, de 1859 à 1868.

Il y publie une quarantaine de contributions.

C’est un public politisé en même temps que bourgeois qui est ici visé, et É. Reclus cherche alors à faire entendre dans cet organe de presse à tendance plutôt conservatrice depuis 1848, un point de vue novateur et républicain.

Cette période montre déjà l’importance qu’il accorde à la diffusion publique des connaissances géographiques.

La maison Hachette

En 1858, É. Reclus entame une collaboration de très long cours avec la maison d’édition Hachette, spécialisée notamment dans la diffusion des savoirs auprès des jeunes publics.

É. Reclus y contribue à des guides de voyage, publication à vocation populaire, avant d’y faire paraître ses grands ouvrages encyclopédiques.

Il y publie notamment La Terre, en deux volumes, Les Phénomènes terrestres, de 1870 à 1872, en deux volumes, et La Nouvelle géographie universelle, en dix-neuf tomes.

Les éditions Hetzel

Par ailleurs, il fait paraître deux monographies remarquées, fréquemment rapprochées des monographies naturalistes de Jules Michelet : Histoire d’un ruisseau et Histoire d’une montagne.

Ces deux monographies, marquées du sceau du registre lyrique, paraissent chez l’éditeur Pierre-Jules Hetzel, celui-là même qui orchestre, en tant qu’éditeur de vulgarisation scientifique à destination de la jeunesse, la collection des Voyages extraordinaires de Jules Verne.

Histoire d’un ruisseau est publié dans la collection « Bibliothèque d’éducation et de récréation », que l’éditeur considérait comme une collection destinée à la jeunesse et aux familles.

Quant à Histoire d’une montagne, il paraît au prix bon marché alors de cinq francs.

Avec P.-J. Hetzel, É. Reclus se pose la question de l’illustration, considérant que la sécheresse du propos descriptif peut être tempérée par des gravures.

É. Reclus voudra toujours ces gravures au plus près de la vérité, refusant nettement les « vues idéales » que propose par exemple un vulgarisateur comme Louis Figuier dans La Terre avant le déluge, en 1862.

Frontispice Histoire d’une montagne Reclus

Une géographie accessible au plus grand nombre

Lorsqu’il fait paraître ses premiers textes, c’est par le biais de supports qui sont largement diffusés.

Ce souci d’une diffusion démocratique est explicité dans sa correspondance.

Toutefois, ce souci constant d’une diffusion massive et universelle ne se démentira pas.

Cette diffusion étendue a un effet inattendu : les hommes de lettres, enthousiasmés par l’écriture romantique du géographe libertaire, s’inspirent beaucoup de son œuvre et des informations géographiques et sociologiques qu’elle comporte.

Après avoir façonné en la personne de Paganel un personnage sympathique sur le modèle de É. Reclus dans Les Enfants du capitaine Grant, Jules Verne se tourne presque exclusivement à partir des années 1880 vers l’œuvre encyclopédique d’É. Reclus.

Il lit avec passion et assiduité chaque tome de la Nouvelle géographie universelle, de laquelle il tire avec profit à la fois des connaissances qu’il souhaite transmettre à ses lecteurs, mais aussi des procédés littéraires.

J. Verne, aspirant poète à ses heures perdues, reproduit telles quelles des formules et figures de style, toujours en en révélant la paternité, dans les pages de ses romans d’aventures à vocation didactique.

C’est particulièrement manifeste dans le cas du roman Le Superbe Orénoque, paru en 1897, juste après le tome de la Nouvelle géographie universelle consacré à l’Amérique du Sud.

J. Verne y multiplie les citations tirées d’É. Reclus en exploitant en même temps que leur portée didactique leur potentiel poétique.

Reclus et les transformations de la cartographie

Il est très critique envers la cartographie.

Comme son maître Carl Ritter, il dénonce les insuffisances de la carte topographique, produite d’abord pour les militaires et qui passe sous silence toutes les informations sur les sociétés humaines, leur histoire et la manière dont elles organisent les territoires sur lesquels elles vivent.

Aussi s’élevait-il contre l’usage, à l’école, des cartes murales « planes », qu’il considérait comme de fausses représentations du monde.

Il militait même pour leur complète interdiction.

La carte, expliquait-il, ne donne aucune idée de la véritable géographie « à trois dimensions » selon lui fondamentale pour comprendre les dynamiques sociales et spatiales.

Élisée Reclus sait que c’est un cas de conscience pour les géographes et les cartographes de toujours montrer la surface terrestre telle qu’ils la savent être et non telle qu’on voudrait qu’elle paraisse.

Il rappelle ainsi que la carte plane est nécessairement inexacte et que, pour « rester vivante », elle doit s’arrondir, trouver la bonne échelle et même montrer, le cas échéant, ses propres limites.

Nous savions que la carte était une représentation, donc « un langage » avec sa grammaire propre et, qu’à ce titre, elle pouvait dire ce qu’elle voulait et même mentir à dessein.

Nous comprenons d’autant mieux aujourd’hui qu’il s’agit d’abord d’un pharmakon : à la fois remède et poison, la carte peut en effet figurer comme défigurer le monde, nous mettre en relation comme faire écran.

Le relief, le globe et la forme de la Terre

Le point de départ de la réflexion reclusienne est une évidence : le monde est rond.

Un monde réduit à ses deux dimensions alors que l’évidence est là devant nous : le monde est rond !

Que les cartes le soient tout autant !

Relief à terrain vrai, globe en relief, atlas uniforme, carte et atlas globulaires, globe creux ou épiscope, planétaire, tous ces projets parlent pour eux-mêmes.

Peu importe l’échelle à laquelle ils sont pensés, chacun mobilise une volonté de mettre au défi les conventions cartographiques et questionne le point de vue zénithal et la mise à plat subséquente du monde.

Cette volonté de fidélité géographique ira si loin qu’elle suscitera chez Reclus l’usage d’un néologisme : sphérographie.

Il faut donc, par une économie de moyens, retrouver une sensation de monde.

Comme quand, à la lecture d’un globe ou d’un atlas à échelle uniforme, on est frappé « par le contraste des dimensions de son district avec celles de l’immensité terrestre ».

Ou quand une carte ronde ou un relief incurvé nous rappelle que le monde l’est tout autant.

L’Atlas sphéroïdal et universel de géographie

« Atlas sphéroïdal et universel de géographie », publié dans le Bulletin de la Société de Géographie, 5e série, volume 3, en mars 1862, permet de saisir avec une acuité formidable les grandes lignes de ses futurs projets cartographiques.

Élisée Reclus a alors 32 ans.

La question de l’aspect des choses ainsi que celle de la représentation y occupent une place centrale et décisive.

Elles lui font comprendre tout l’intérêt des choix opérés par Garnier dans les systèmes de projection choisis pour établir les cartes de la Terre et du ciel.

Le relief de la Suisse à image vraie

Le cartographe genevois, fidèle épistolier et fondateur du Musée cartographique, ouvert à Genève de 1907 à 1922, concentrera ses efforts sur la réalisation d’un relief de la Suisse à image vraie respectant la courbure du globe.

Il travaillera aussi à une cartographie nouvelle qui littéralement donne à voir la Terre.

Le relief à terrain vrai devait permettre de « toucher à la fois du regard et du doigt » la surface terrestre.

Genève et le Musée cartographique

Genève occupe une place importante dans l’histoire cartographique de Reclus et de ses proches.

Le cartographe genevois est un fidèle épistolier et le fondateur du Musée cartographique, ouvert à Genève de 1907 à 1922.

Le musée s’inscrit dans le projet de rendre les formes terrestres perceptibles et de rapprocher les visiteurs des objets géographiques.

La réalisation d’un relief de la Suisse à image vraie respectant la courbure du globe constitue l’un des projets majeurs associés à ce lieu.

Le choix d’un relief incurvé répond à une exigence scientifique, mais aussi pédagogique : il s’agit de donner à sentir l’unité terrestre en son tout et en ses parties.

Charles Perron, Paul Reclus et Franz Schrader

Reclus n’est pas seul, loin de là.

Cette exploration est œuvre commune.

Seule la force de l’association permet en effet de construire ce qui deviendra très vite un projet cartographique de grande ampleur.

Charles Perron

Charles Perron occupe une place centrale dans ce travail en cours.

Après avoir été lors de la rédaction de la Nouvelle Géographie universelle son principal cartographe, avec près de 3000 cartes réalisées, il demeure un vis-à-vis tout à fait essentiel.

Les lettres de Reclus sont à ce titre l’occasion pour les deux hommes de partager leurs aspirations et leurs espoirs.

À partir d’une carte statistique inédite de Charles Perron, Reclus développe une réflexion sur la représentation de la population mondiale.

La carte désigne Paris et ses environs, lieu de convergence universelle en cette année d’Exposition, sur lequel vient se superposer en transparence la population du monde entier.

Reclus, qui commente cette figuration de la démographie mondiale pour finalement esquisser une critique du malthusianisme ambiant, relève de façon indirecte le fait primordial.

Ce n’est pas une foule qui est représentée mais bien les prémices d’une assemblée.

Le cartographe met ensemble tous les habitants du globe, chacun avec sa place et sa voix.

Paul Reclus

Outre des qualités d’ingénieur mises à profit par son oncle tant dans le projet de grand globe que dans celui, moins impressionnant mais tout aussi important, d’atlas à échelle uniforme, Paul Reclus fera montre, en particulier dans sa collaboration avec Patrick Geddes, d’une inventivité quasi sans limites.

Nous lui devons la plupart des objets cartographiques ayant trouvé place dans l’Outlook Tower, une tour observatoire de cinq étages sise sur les hauts d’Édimbourg et coiffée d’une tourelle avec camera obscura.

Franz Schrader

Le grand répertoire cartographique que défend Franz Schrader au début du XXe siècle est dans les faits intimement lié à la prise de possession de la planète par les pouvoirs impériaux et les métropoles européennes.

Prendre le contrepied de ce mouvement pourrait commencer avec un geste de défiance : questionner le point de vue zénithal.

Le questionner et pourquoi pas le bousculer pour lui préférer un regard situé redonnant au monde ses contours propres, ceci non à des fins de le dominer mais de le comprendre et de le mieux connaître.

Telle est la tâche entreprise par Élisée Reclus.

Édimbourg et l’Outlook Tower

L’Outlook Tower est une tour observatoire de cinq étages sise sur les hauts d’Édimbourg et coiffée d’une tourelle avec camera obscura.

Nous devons à Paul Reclus la plupart des objets cartographiques ayant trouvé place dans l’Outlook Tower.

Le lieu permet de comprendre la dimension expérimentale de la cartographie reclusienne.

La carte n’est pas seulement une surface à consulter : elle devient un objet à regarder, à manipuler et à partager.

Elle peut également s’intégrer à un dispositif architectural destiné à modifier la relation du visiteur au territoire.

Outlook Tower Édimbourg camera obscura

Les projets de grands globes

En novembre 1894, les projets s’accumulent sur les bureaux de la Commission de l’Exposition de 1900 à Paris : vaste mappemonde ethnographique, globe de 200 m. de diamètre fixé à la Tour Eiffel, globe terrestre enfoui aux deux tiers.

L’heure est aux idées les plus abracadabrantes.

À peine un an plus tard sort à Bruxelles une brochure de 16 pages signée Élisée Reclus reproduisant le texte de la conférence donnée le 1er août de la même année à l’Imperial Institute de Londres lors du 6e Congrès international de géographie.

En ligne de mire, la construction souhaitée d’un globe de 127 m. de diamètre dans un des points vitaux de la Terre, Londres, New York, Paris...

Il s’agit de prendre ses distances avec « d’autres essais du même genre » dont le caractère géographique n’est qu’approximatif.

Reclus veut donner à son globe la précision scientifique que les géographes exigent d’ordinaire aux cartes, tout en y ajoutant l’exactitude de courbure et de relief.

Né de sa collaboration avec Charles Perron et Paul Reclus, le monument rêvé ne verra pas le jour, ni à l’échelle voulue ni à une autre.

Un projet de globe terrestre de près de deux-cents mètres de haut est également proposé face à la tour Eiffel, contenant en son cœur espaces d’exposition et bibliothèque géante, à destination tout à la fois des savants et du peuple.

Prévu pour mesurer plus de 127,5 mètres de diamètre, topographie et bathymétrie à échelle constante, il devait contenir des bibliothèques et des salles de conférence.

Projet de grand globe terrestre Reclus Paris

Lire une carte comme une expérience du monde

À partir d’une courte recension d’un nouveau procédé, Signouret, de lecture instantanée de cartes, Élisée Reclus ouvre une réflexion beaucoup plus large sur la beauté première des cartes, sur l’importance qu’il y a à la préserver.

Ne pas surcharger la carte de noms et de chiffres, c’est en rendre la lecture plus intelligible, plus intuitive.

Cartes, plans, reliefs, tout suscite son intérêt éclairé.

Il porte une attention particulière à la qualité du travail, à l’usage qu’il pourrait en être fait.

Aussi fera-t-il l’éloge de tel relief qui permet de « toucher à la fois du regard et du doigt » la surface terrestre, de tel atlas réellement populaire.

Qu’il soit d’hier ou d’aujourd’hui, nous affirmons d’ailleurs que le cartographe n’est pas tant celui qui dessine une carte que celui qui va conserver en lui, coûte que coûte, la capacité d’être questionné par ce qu’il a sous les yeux ; modèle et représentation réunis.

Portant une grande attention aux cartes dès ses premiers pas en tant que géographe, il ne va jamais cesser de travailler avec elles, puis d’en faire dessiner par ses cartographes afin de les faire dialoguer avec son œuvre écrite.

Il n’hésite d’ailleurs pas à partager le bonheur ou le plaisir éprouvé devant tel ou tel objet cartographique ou à marquer son désaccord devant tel autre.

Mais en aucun cas il ne passe outre la rencontre.

Vienne, Paris et les sociétés de géographie

L’Exposition universelle de Vienne

La livraison du 29 août 1873 de la « Géographie générale » est tout entière dédiée à l’Exposition universelle de Vienne.

Élisée Reclus profite d’un voyage à destination de la Transylvanie et des Carpates pour la visiter.

Il est frappé que les géographes n’aient su profiter de cette occasion pour se réunir et prolonger les travaux entamés à Anvers deux ans auparavant.

Le géographe étant lui-même à l’époque dans l’impossibilité d’y participer puisque retenu dans les geôles françaises suite à sa participation à la Commune.

C’est l’occasion pour lui de rappeler l’utilité de la géographie dans toute Exposition et plus généralement encore l’importance de s’associer autour de problèmes communs dans l’étude de la Terre.

C’est enfin se faire une idée de l’état actuel de la cartographie dans le monde.

Le Congrès international de géographie

Les préparatifs du second Congrès international de géographie qui prendra place en août de la même année à Paris sont l’occasion d’une réflexion approfondie sur le rôle des sociétés savantes dans le développement d’une connaissance scientifique de la Terre.

Devant un déluge de découvertes et d’observations, Reclus en appelle à une œuvre de coordination, à l’établissement d’un inventaire général, d’un répertoire « toujours changeant, s’améliorant et s’épurant de jour en jour ».

Ce grand livre de vérité permettrait, dans l’esprit de Reclus, l’établissement futur de sociétés libres, véritables républiques scientifiques.

Les obstacles sont toutefois nombreux avant que les vanités personnelles et nationales ne lâchent prise.

Une géographie politique et sociale

Toutefois, les nombreuses livraisons de La Nouvelle géographie universelle s’enchaînent, et finissent par lui valoir un succès tout à fait phénoménal.

Il est traduit et lu dans le monde entier, dans toute l’Amérique et jusqu’en Océanie, en passant par l’Asie, contribuant à une renommée internationale inédite pour un géographe de langue française.

La géographie de Reclus ne se limite pas à la description des reliefs, des fleuves et des frontières.

Elle s’intéresse aux sociétés humaines, à leur histoire et à la manière dont elles organisent les territoires sur lesquels elles vivent.

La carte statistique consacrée à Paris et à la population mondiale montre que la géographie peut aussi représenter des relations sociales et politiques.

Qu’il s’agisse comme ici d’une plaine transformée en agora planétaire, ou ailleurs d’un cirque de montagnes, comme celui de Gavarnie dans les Pyrénées, devenu espace où « pourraient siéger des nations entières », c’est à chaque fois une double solidarité qui prend place.

Celle tout d’abord d’une personne et du lieu qu’elle habite.

La seconde est celle qui unit les êtres humains à l’échelle du monde.

Gavarnie et le paysage comme espace commun

Le cirque de Gavarnie dans les Pyrénées devient, dans la pensée de Reclus, un espace où « pourraient siéger des nations entières ».

Cette image transforme un paysage naturel en lieu de réunion.

Le relief n’est plus uniquement une forme à mesurer ou à admirer : il devient un espace politique, social et symbolique.

Cette conception rejoint la volonté de représenter ensemble les habitants du globe, chacun avec sa place et sa voix.

Cirque de Gavarnie paysage pyrénéen

Bruxelles et l’Université Nouvelle

À l’Université libre de Bruxelles, en 1894, son cours de géographie comparée rencontre un grand succès.

Cependant le conseil d’administration s’oppose à la poursuite de ce cours pour des raisons politiques.

Un certain nombre de professeurs et de personnalités libérales créent alors, avec É. Reclus, l’Université Nouvelle de Bruxelles.

Cette institution n’est pas reconnue par l’État belge, en particulier parce qu’É. Reclus est fréquemment accusé par la presse française d’être un complice, au moins idéologique, d’actions anarchistes violentes qu’il condamne pourtant.

Les étudiants qui remplissent ses bancs sont des étrangers qui, par ce biais, sont sensibilisés à la cause libertaire et l’essaiment dans l’Europe.

Des femmes assistent aux cours de cette nouvelle université et ont accès, entre autres activités académiques, aux leçons jugées « éblouissantes » d’É. Reclus.

Bruxelles constitue ainsi une étape essentielle pour comprendre le lien entre sa géographie, sa pédagogie et son engagement politique.

La Commune, l’exil et les milieux libertaires

Engagé dans la Commune, quoique pacifiste, É. Reclus est banni et passe d’une forme de pensée socialisante à ce qu’il définira progressivement comme un « communisme anarchiste ».

Cet engagement lui vaut une mise au ban temporaire : la presse populaire commence à le tenir à distance.

Il devient un auteur peu fréquentable.

C’est désormais dans les sphères libertaires qu’il va rencontrer un nouveau public.

Avec son frère Élie, il organise des réunions hebdomadaires, les « lundi Reclus », où se retrouvent « quantité d’amis républicains, de socialistes, de révolutionnaires étrangers exilés à Paris ».

Sa pensée qui s’était, dans les années 1860, tenue à distance de celle de Mikhaïl Bakounine, se rapproche de ce dernier et se radicalise.

Exilé, il intègre des cercles antiautoritaires ouvriers de Suisse et d’Italie.

Avec Pierre Kropotkine, durant les années 1870, il soutient un « communisme anarchiste » qui dépasse le « collectivisme » de M. Bakounine.

En 1873 et 1874, il collabore à l’Almanach du peuple, almanach suisse de gauche radicale, qui paraît pour dix numéros à partir de 1871.

En 1877, il collabore à La Commune.

La même année, il lance à Genève la revue Le Travailleur, dont la ligne éditoriale est explicitement anarchiste.

Pourquoi cette géographie reste actuelle

Il semble étonnant de prime abord de se retourner sur un pan de l’histoire de la cartographie et de ses développements, aussi féconds puissent-ils paraître, afin d’aborder un problème urgemment contemporain.

La réponse tient pourtant en peu de mots : quand « l’image de la réalité tend à devenir plus importante que la réalité elle-même », le contact avec une cartographie qui se questionne et se met en jeu est absolument primordial.

À l’heure où les cartes deviennent plus que jamais objets de consommation quasi quotidiens, à celle où le pouvoir accru de la cartographie paraît sans limite et où, par la puissance et la vitesse combinées des algorithmes, les artifices et les conventions qui l’ont rendue possible s’estompent de plus en plus et sont toujours plus difficiles à discerner, l’ambivalence de la cartographie doit être plus que jamais soulignée.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’une cartographie capable de donner à sentir et percevoir l’unité terrestre, en son tout et en ses parties.

Aujourd’hui, et non demain, il est nécessaire de se libérer de toute cartographie googlesque nous disant en continu où nous sommes, mais nous laissant autistiquement mener notre vie, à l’écart et à l’abri de l’imprévu et de l’étranger.

Rien ne peut servir d’abri contre l’imprévu et l’étranger, si ce n’est la confrontation directe, consciente et engagée, avec l’entier du monde.

À l’horizon totalitaire d’une cartographie Big Data dont le but est moins de donner à voir le monde que d’emmagasiner, de digérer des données personnelles, où tout un chacun se retrouve seul, seul et isolé, face à une carte qu’il pense être la même partout ailleurs, il est urgent de prendre quelque recul et de reconsidérer les cartes produites.

Le formidable retournement consiste à quitter la multiplicité quasi-infinie des cartes d’un monde fini pour l’unité apparente d’une carte produisant des mondes en série.

Faire cercle autour de la carte

Comment retrouver le chemin de celui-ci ?

Peut-être en faisant cercle autour de la carte, mais ceci sans l’encercler.

Autant dire refuser l’isolation fondatrice de la cartographie googlesque tout autant que la distanciation propre à la cartographie conventionnelle et leur préférer la proximité induite par des savoir-lire et savoir-écrire engagés, proprement terrestres, capables de nous resituer ensemble devant la Terre et non face à elle ou au-dessus.

Alors la carte pourra être saisie et échangée.

Alors le cercle pourra se faire agora, lieu où l’on parle, écoute et partage.

Alors il pourra devenir ekklèsia, lieu où la société décide de concert des affaires communes.

Élisée Reclus a esquissé les contours de pareilles réunions de personnes, où chaque voix serait entendue et comprise, et pour cela porterait loin.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’une cartographie capable en toute franchise de donner à sentir et percevoir l’unité terrestre, en son tout et en ses parties.

Les objets conçus et imaginés par Reclus et ses proches l’ont été dans ce but.

Repères pour un itinéraire consacré à Élisée Reclus

LieuIntérêt dans le parcours
Orthez et le BéarnLieu de naissance et environnement familial protestant
ParisSociété de géographie, publications, Commune et projets d’exposition
GenèveMilieux libertaires, revue Le Travailleur et Musée cartographique
VienneExposition universelle de 1873 et réflexion sur la coopération géographique
BruxellesUniversité libre de Bruxelles et Université Nouvelle
ÉdimbourgOutlook Tower, Patrick Geddes et objets cartographiques
GavarniePaysage transformé en espace de réunion des nations

Lire les œuvres de Reclus pendant le voyage

  • La Terre. Description des phénomènes de la vie du globe, publiée en 1868-1869 chez Hachette.
  • Histoire d’un ruisseau, publiée en 1869.
  • Histoire d’une montagne, publiée en 1875 chez Pierre-Jules Hetzel.
  • La Nouvelle géographie universelle, publiée de 1876 à 1894 en dix-neuf tomes.
  • L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, publiée en 1884.
  • L’homme et la terre, publiée en 1905.
  • Écrits cartographiques d’Élisée Reclus, publié en 2016 par les éditions Héros-Limite à Genève.

Écrits cartographiques rassemble les écrits majeurs, pour une part inédits, qu’Élisée Reclus et ses proches, Paul Reclus, Charles Perron et Franz Schrader, ont consacrés à la rénovation de la cartographie durant la seconde moitié du XIXe et les premières années du XXe siècle.

Constitué autour de sa pratique des cartes et ses divers globes ou maquettes, représentations exactes ou « vraies » de notre planète, ce livre est étourdissant d’invention et d’intelligence.

Ce choix de lettres et de sources en regard des textes permet de suivre à distance le développement de tous les projets cartographiques reclusiens : atlas isomorphe, grand globe en relief, atlas et cartes globulaires.

Qu’un projet soit abandonné, celui par exemple du Grand Globe pour l’Exposition de 1900 à Paris, ne signifie aucunement que le travail de refondation de la cartographie s’arrête, bien au contraire.

La redécouverte contemporaine d’Élisée Reclus

Après sa mort, l’héritage politique de son œuvre est globalement discrédité et minoré au profit de ses enseignements géographiques.

Il s’agit en définitive d’en faire un auteur fréquentable, susceptible d’être mis entre les mains des écoliers de la République.

Ce sont surtout les années 2000 qui ont vu son public connaître une nouvelle phase de croissance.

Son œuvre est redécouverte dans l’élan de l’émergence d’une pensée écologique en lien avec une critique politique du capitalisme.

Aujourd’hui, les chercheurs en géographie, en science politique et en sciences sociales, mais aussi en littérature, s’entendent pour réfléchir sur l’articulation intime qui lie en fin de compte une pensée du monde et de la géographie tournée vers une humanité une et indivisible, et les formulations critiques à l’égard des États autoritaires, tenants acharnés d’une géographie myope et parcellaire.

Le fleurissement d’essais soulignant la portée progressiste des écrits d’É. Reclus, écologie, végétarisme, défense de la cause animale, féminisme, pensée sociale et internationale, anticolonialisme, dans les rayons des libraires, n’a d’égal que l’accélération des rééditions de ses œuvres phares.

Histoire d’une montagne et Histoire d’un ruisseau, en particulier, sont souvent réédités, de même que des anthologies et des articles plus confidentiels.

L’édition d’opinion joue un rôle important, de même que les éditions à plus grande diffusion qui lancent des collections de sensibilité écologique.

Chez Bartillat, à titre d’exemple, l’essai capital Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes, publié en 1866, a connu une réédition de qualité.

Cette réédition est accompagnée d’une préface d’Annie Le Brun qui souligne très justement cette articulation fondamentale, chez É. Reclus, entre souci du monde physique et naturel, et inquiétude politique vis-à-vis de l’écrasante menace que constitue la loi du marché capitaliste.

Découvrez l’itinéraire d’Élisée Reclus, de son Béarn natal à Genève, Bruxelles et Édimbourg, entre géographie, cartes et liberté. […]

Idées cadeaux pour un fan de catamaran

Découvrez les meilleures idées cadeaux pour un fan de catamaran : équipements utiles, sécurité, loisirs nautiques, livres et objets marins personnalisés. […]