Le Parc naturel régional Périgord-Limousin constitue un territoire rural où la transmission des entreprises représente un enjeu majeur pour maintenir les activités, les emplois, les savoir-faire et les services de proximité.
Créé par décret du 9 mars 1998, le Parc s’étend sur 75 communes labellisées et 6 villes portes, réparties entre la Dordogne et la Haute-Vienne. Il s’agit d’un territoire à faible densité, peu polarisé par les villes et les bourgs, qui compte environ 80 000 habitants.

Un territoire rural propice à la reprise d’activités
Près de 40 % de la population vivent en dehors de l’influence des villes. Cette organisation territoriale donne aux entreprises locales un rôle essentiel dans la vie quotidienne, l’économie de proximité et l’attractivité des communes.
Le Parc est occupé à 34 % par la forêt et à plus de 40 % par l’agriculture, dominée par l’élevage bovin, avec une part importante d’élevages sous SIQO.
Le paysage du Parc est composé majoritairement de prairies et 10 % de la SAU est en agriculture biologique.
Néanmoins on trouve une grande diversité de productions : fruitières, maraichères, céréalières et laitières.
Cette diversité concerne également les activités artisanales, les métiers du bois, l’hébergement touristique, les services, la transformation alimentaire et les entreprises liées aux ressources naturelles du territoire.
Pourquoi transmettre une entreprise dans le Périgord-Limousin ?
La transmission d’une entreprise permet de préserver une activité déjà implantée, une clientèle, des équipements, des emplois et un savoir-faire local.
Elle peut aussi permettre à un repreneur de s’appuyer sur une structure existante plutôt que de créer une activité entièrement nouvelle.
Dans un territoire rural, la reprise d’une entreprise contribue au maintien de la diversité économique et à la préservation d’exploitations à taille humaine.
Le maintien d'une diversité de productions et la préservation d'exploitations à taille humaine va nécessiter un travail coordonné avec les collectivités et les structures accompagnant les cédants et les porteurs de projets.
Le profil des porteurs de projets évolue beaucoup depuis 15 ans et il est nécessaire de travailler sur l'accompagnement de ces nouveaux agriculteurs et d'imaginer de nouvelles formes d'installation.
Les enjeux sont également liés au renouvellement des générations, notamment dans l’agriculture et les métiers qui dépendent directement des ressources du Parc.
Les secteurs d’activité concernés par la transmission
Agriculture et élevage
Le potentiel nourricier du territoire est de 410 %, avec aujourd’hui un élevage qui couvre 450 % des besoins du territoire contre 24 % pour le maraichage.
La moitié des élevages est spécialisée dans du bovin maigre destiné à l’export.
Les élevages bovins et ovins sont majoritairement organisés en filières (producteurs, acheteurs, transformateurs, distributeurs...) ; on peut néanmoins retrouver du bœuf local chez certains bouchers du territoire.
Le renouvellement des générations en agriculture est une problématique déjà importante sur le territoire, et qui devrait s'amplifier au regard de la pyramide des âges des agriculteurs.
La moitié des prairies est dite permanente, c’est-à-dire âgée de plus de 5 ans.
Au sein de ces prairies, en particulier des prairies de fauche, on rencontre des prairies naturelles présentant de forts enjeux de biodiversité, floristique et faunistique et d’adaptation au changement climatique.
Les cortèges d’espèces en présence signent leur rattachement à l’identité du Parc.
Ces prairies ont un caractère patrimonial pour la biodiversité, mais aussi des valeurs culturelles et sociales, y compris dans la culture occitane.
A une forte naturalité, elles sont très résilientes et faiblement exposées aux aléas climatiques.
Maraîchage et productions alimentaires
Les dynamiques d'installation ont évolué et aujourd'hui le maraîchage est le 2ème projet d'installation.
Pour autant, le Parc est loin d'être automne en termes de production légumière, à la fois pour des raisons de surfaces et d’accessibilité.
Les circuits courts sont de plus en plus présents dans les projets agricoles (3 dossiers sur 10), mais pas toujours synonymes de disponibilité pour le territoire.
On observe des problématiques de maintien des entreprises sur le territoire, avec par exemple 50% des installations maraichères qui s’arrêtent au bout de 5 ans.
Le COVID a laissé entrevoir aux producteurs des potentialités de commercialisation qui ne se sont pas maintenues.
Un travail de sensibilisation et de recherche de solutions innovantes est à mettre en œuvre auprès de tous les publics.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Potentiel nourricier du territoire | 410 % |
| Couverture des besoins par l’élevage | 450 % |
| Couverture des besoins par le maraîchage | 24 % |
| Projets d’installation en circuits courts | 3 dossiers sur 10 |
| Arrêt des installations maraîchères au bout de 5 ans | 50% |
Transformation, abattage et vente directe
On note sur le territoire des problématiques liées à l’abattage, et donc au bien-être animal, et aux économies d’énergie, avec de moins en moins d’abattoirs sur et autour du territoire.
En 2012, l’abattoir de Saint-Yrieix-la-Perche a fermé.
Aujourd’hui, la majorité des animaux sont abattus à Limoges, à Thiviers et à Nontron (pour les volailles).
La pérennité des solutions d’abattage est fragile avec, par exemple, la fermeture de la ligne d’abattage de porcs à Limoges.
Les exploitations pratiquant la vente directe sont les plus fragilisées par ces problématiques de disponibilité des outils de transformation et d'abattage.
La transmission d’une exploitation agricole peut donc nécessiter d’anticiper l’accès aux abattoirs, aux ateliers de transformation, aux circuits de distribution et aux débouchés commerciaux.
Métiers du bois et artisanat du châtaignier
Le territoire est marqué par la forêt et ses châtaigniers.
La castalab, c’est un projet phare du nouveau contrat.
Il s’agit de la création d’un laboratoire innovant dans un territoire marqué par la forêt et ses châtaigniers, pour accompagner les professionnels du bois dans la transmission des savoir-faire.
Il concerne la production de mobilier en châtaignier, une filière qui n’existe plus que sur le PNR.
Il regroupera des artisans du Périgord-Limousin mis notamment en contact avec des designers et des étudiants.
Le parc a ouvert la marque Valeurs Parc naturel régional aux artisans du châtaignier en 2015.
La transmission d’une entreprise artisanale peut ainsi associer la reprise d’un atelier, la continuité d’une activité économique et la conservation d’un savoir-faire spécifique.
Hébergement touristique et activités de services
Depuis 2015, les hébergeurs touristiques peuvent rejoindre le réseau des professionnels marqués.
Ils bénéficient d’un accompagnement individuel par le parc (audit, fiche de suivi, conseils personnalisés) et d’un accompagnement collectif prenant la forme d’ateliers, de formations ou de groupe de travail.
Les entreprises touristiques peuvent trouver dans la reprise d’un établissement existant une possibilité de s’inscrire dans une démarche de tourisme durable et de développement économique local.
La marque Valeurs Parc naturel régional
La marque Valeurs Parc naturel régional est un outil de développement.
La marque Valeurs Parc naturel régional est commune à tous les Parcs naturels régionaux et déclinable au sein de chaque parc.
Elle concrétise l’engagement des parcs pour un autre modèle de société, basé sur un développement économique qui bénéficie au territoire.
La marque Valeurs Parc naturel régional est exclusivement réservée à certains produits et services issus des Parcs naturels régionaux de France.
Il s’agit d’une marque collective déposée par le ministère en charge de l’écologie, qui en est le propriétaire.
Elle concrétise l’engagement du Parc naturel régional Périgord-Limousin pour un autre modèle de société, basé sur le tourisme durable et un développement économique qui bénéficie au territoire.
Cette marque apporte à toute entreprise qui en bénéficie une reconnaissance de son travail, de son inscription respectueuse dans son territoire et son environnement, et lui confère une véritable valeur ajoutée en matière d’image.
Pour le consommateur, elle présente de réels bénéfices et avantages : traçabilité liée à des filières de proximité, porteuse de sens d’humanité, respect des valeurs des Parcs naturels régionaux.
Le parc développe progressivement la gamme des produits alimentaires pouvant prétendre à la marque Valeurs Parc naturel régional.
Pour chaque famille de produits, un cahier des charges est créé avec des critères engageants en matière de développement durable.
Une entreprise à transmettre disposant de cette marque peut bénéficier d’un élément de différenciation auprès des clients, des partenaires et des consommateurs.
Les ressources naturelles au cœur de l’économie locale
L’eau et les milieux humides
L’eau est omniprésente en Périgord-Limousin.
Le territoire se situe à la naissance de trois bassins versants, celui de la Charente, celui de la Dronne et de l’Isle, et celui des affluents de la Vienne.
L’eau du parc s’écoule ensuite vers les territoires aux alentours qui bénéficient de cette ressource et en font usage.
Cette situation implique une responsabilité particulière vis-à-vis de la gestion qualitative et quantitative de la ressource en eau.
Le territoire est doté de nombreuses zones humides et cours d’eau.
Ces milieux sont remarquables par leur abondance, leur diversité, leur richesse faunistique et floristique.
Ces écosystèmes complexes jouent un rôle dans la qualité de la ressource en eau.
Leur bon fonctionnement est nécessaire pour pérenniser à la fois l’alimentation en eau potable, les activités agricoles, mais aussi les pratiques de loisirs (pêche, baignade, etc.).
Cette ressource en eau est fragile ; plusieurs menaces pèsent sur elle (la présence de milliers d’étangs artificiels, le développement de cyanobactéries, la régression des zones humides).
Ces menaces peuvent être endiguées par la restauration du cycle naturel de l’eau sur le territoire.
Plusieurs missions du Parc œuvrent en ce sens.
L’un des premiers axes forts du nouveau contrat conclu avec la Région (à hauteur de 430 000 euros par an) est l’amélioration de la qualité de l’eau à l’échelle des trois têtes de bassins versants du Périgord-Limousin et des milieux aquatiques.
Celui-ci figure déjà dans sa charte 2011-2026.
« L’eau sera de plus en plus rare à l’avenir avec une demande accrue sur la consommation (agriculture) », contextualise Fabrice Château.
Particularité du parc, la diversité importante de ses milieux aquatiques (tourbières, prairies humides, petits cours d’eau) autant que la diversité floristique et faunistique.
Le PNR a mis en place, depuis 2009, une cellule d’assistance technique zones humides et étangs et promeut des pratiques durables.
« On a installé des systèmes d’abreuvement différents, des sortes de pompes à museau, déclenchées quand la vache vient, qui évite de contaminer la ressource en eau, surtout dans un contexte de tuberculose en Périgord-Limousin », précise le cadre.
Biodiversité et adaptation au changement climatique
L’inventaire national du patrimoine naturel a établi une liste de 1 100 espèces dont certaines bénéficient d’un statut de protection à l’échelle européenne, nationale ou régionale (loutre, cistude d’Europe, écrevisses à pattes blanches, moules perlières ...).
« Pour conserver et protéger ce qui reste de la biodiversité en régression », le PNR Périgord-Limousin fait de la biodiversité et de l’adaptation au changement climatique « le socle du contrat », en raison de sa position « à la croisée d’influences géographiques variées atlantiques, continentales et méridionales ».
Les entreprises à transmettre peuvent ainsi être liées à des activités qui contribuent à la préservation des milieux naturels, à la gestion de l’eau, à l’entretien des paysages, à l’agriculture durable ou à la valorisation des ressources locales.
Le renouvellement des générations agricoles
Le renouvellement des générations en agriculture est une problématique déjà importante sur le territoire, et qui devrait s'amplifier au regard de la pyramide des âges des agriculteurs.
Si les enjeux sont relativement bien partagés, il est nécessaire de réacculturer les élus des collectivités territoriales sur les problématiques foncières, les dispositifs d'action existants et l'installation agricole en général.
Le maintien d'une diversité de productions et la préservation d'exploitations à taille humaine va nécessiter un travail coordonné avec les collectivités et les structures accompagnant les cédants et les porteurs de projets.
Le profil des porteurs de projets évolue beaucoup depuis 15 ans et il est nécessaire de travailler sur l'accompagnement de ces nouveaux agriculteurs et d'imaginer de nouvelles formes d'installation.
La transmission ne se limite donc pas à la cession d’un outil de production. Elle suppose aussi de prendre en compte le foncier, les bâtiments, les équipements, les débouchés, les compétences et l’intégration du repreneur dans les réseaux locaux.
Les enjeux de maintien des entreprises
On observe des problématiques de maintien des entreprises sur le territoire, avec par exemple 50% des installations maraichères qui s’arrêtent au bout de 5 ans.
Le COVID a laissé entrevoir aux producteurs des potentialités de commercialisation qui ne se sont pas maintenues.
Un travail de sensibilisation et de recherche de solutions innovantes est à mettre en œuvre auprès de tous les publics.
En 2020, on évaluait la perte potentielle du nombre de bovins allaitants à 18 % du cheptel sous 5 ans.
À ces problématiques s'ajoutent le développement de l'agri-voltaïsme qui va marquer l'évolution du territoire et de ses acteurs dans les prochaines années.
Ces évolutions rendent nécessaire une réflexion sur la pérennité économique des entreprises transmises, leur capacité d’adaptation et leur inscription dans les orientations du territoire.
La restauration collective et les débouchés locaux
Les années d'accompagnement des communes du territoire nous permettent de faire évoluer nos animations pour répondre à l'ensemble des besoins des cuisiniers et des élus.
Les équipes évoluent et les contextes (matériel, formation des cuisiniers, relation avec les élus, producteurs voisins etc.) sont différents sur chaque commune.
Il est important d'avoir une offre d'accompagnement diversifiée qui se renouvelle et qui s'adresse à tous les acteurs.
La réussite d'une transition alimentaire passe par la mobilisation de tous.
La ruralité du territoire et la présence de nombreuses petites cantines sur les communes soulèvent des problématiques d'approvisionnement par les agriculteurs locaux en raison des petits volumes nécessaires.
Aujourd'hui, les établissements médicaux-sociaux se sentent démunis face aux objectifs de la loi EGALIM.
Bien qu'ils aient pu être associés à nos actions précédentes, il est aujourd'hui nécessaire de leur proposer un accompagnement personnalisé adapté à leur contexte particulier.
Les entreprises agricoles, alimentaires ou de transformation à transmettre peuvent donc être concernées par les besoins de la restauration collective, à condition de pouvoir répondre aux contraintes de volumes, de régularité et de logistique.
Éducation à l’alimentation et précarité alimentaire
La transition alimentaire passe par la sensibilisation de tous les publics.
Nos actions sur l'agriculture et l'alimentation à destination des scolaires montrent chaque année la nécessité de reconnecter la jeunesse avec l'agriculture locale et l'alimentation de saison.
Le développement de l'accueil de scolaires sur les fermes est un levier mais qui nécessite un accompagnement technique et financier des agriculteurs.
Le travail initié récemment auprès des familles, notamment des familles en situation de précarité alimentaire, a montré l'éloignement croissant à une cuisine locale, de saison et faite maison.
Ces observations sont cohérentes avec les données de l'INSEE sur le budget des ménages consacré à l'alimentation.
Il semble aujourd'hui nécessaire de proposer des actions à destination des familles et en partenariat avec les acteurs de l'aide alimentaire pour répondre aux enjeux de santé et d'environnement liés à l'alimentation.
Ces besoins peuvent ouvrir des perspectives pour les entreprises qui développent des activités d’éducation, d’accueil à la ferme, de transformation locale ou de distribution de produits alimentaires.
Un cadre collectif pour accompagner les transmissions
Un Parc Naturel Régional est un territoire essentiellement rural au patrimoine naturel, culturel et paysager remarquable.
Le classement d’un PNR est une démarche collective d’initiative locale lancée par le conseil régional, soutenue par les collectivités territoriales et à laquelle l’État est associé.
Son classement est institué par décret.
La France compte aujourd’hui 51 parcs naturels régionaux représentant 20 % du territoire.
Ils recouvrent une mosaïque de milieux et de paysages diversifiés dont ils assurent la gestion et la préservation, au même titre que pour certaines espèces emblématiques qu'ils abritent.
La Dordogne et la Haute-Vienne se sont lancées dans cette démarche qui a abouti à la création du Parc naturel régional Périgord-Limousin par décret du 9 mars 1998.
Contrairement à son nom, le Parc naturel régional (PNR) Périgord-Limousin n’est pas une réserve naturelle ou un site classé, mais « un outil, créé il y a vingt-cinq ans, peu connu de nos concitoyens », reconnaît Fabrice Château, son directeur, mais qui gagne à l’être.
En décembre, sa présidente signait son nouveau contrat d’action pour les quatre prochaines années, jusqu’en 2026, avec la Région (depuis 2023) autour de plusieurs axes prioritaires, en cohérence avec la stratégie régionale de Néo Terra 2, conçue pour accélérer la transition énergétique et écologique.
Le PNR, en synergie avec la Région Nouvelle-Aquitaine, est administré par un syndicat mixte constitué de différentes collectivités, réunissant 110 élus, présidé par Anne-Marie Almoster Rodrigues, de Rochechouart (87).
Il fonctionne avec une équipe technique d’une trentaine de personnes ayant différentes compétences sur le terrain de l’animation territoriale durable, de la transition écologique et énergétique, du patrimoine et de l’urbanisme.
Cette organisation peut constituer un cadre pour mettre en relation les cédants, les repreneurs, les collectivités, les agriculteurs, les artisans et les structures d’accompagnement.
Les points à examiner avant une reprise
- L’activité : nature de l’entreprise, clientèle, produits ou services, saisonnalité et perspectives.
- Le foncier : terrains, bâtiments, droits d’usage et conditions d’accès aux parcelles.
- Les équipements : état du matériel, besoins d’investissement et possibilités d’adaptation.
- Les débouchés : filières organisées, vente directe, circuits courts, restauration collective et distribution.
- Les compétences : savoir-faire techniques, transmission des pratiques et accompagnement du repreneur.
- Les ressources naturelles : disponibilité de l’eau, qualité des milieux, gestion des prairies et adaptation au changement climatique.
- La main-d’œuvre : organisation du travail et maintien des emplois.
- La commercialisation : clientèle existante, potentiel local et capacité à diversifier les canaux de vente.
- Les démarches territoriales : marque Valeurs Parc naturel régional, transition écologique, agriculture biologique et développement durable.
La transmission d’une entreprise dans le Parc naturel régional Périgord-Limousin s’inscrit ainsi dans un territoire où les enjeux économiques, agricoles, alimentaires, sociaux et environnementaux sont étroitement liés.