Excursion géologique à Lanzarote : volcans, lave et paysages lunaires

Lanzarote, avec ses 20 millions d’années, est une des plus anciennes îles de l’archipel volcanique des Canaries. Pourtant ses champs de lave à perte de vue et ses centaines de volcans témoignent d’une activité volcanique récente.

Lanzarote est une île volcanique de 846 km2 qui fait partie des sept plus grandes îles de l’archipel des Canaries. Cette île la plus ancienne avec sa voisine Fuerteventura (20 à 15 Ma), regroupe environ 300 cônes volcaniques et son paysage revêt un aspect rude et lunaire.

Ce voyage à Lanzarote, accompagné d’un géologue et d’un botaniste, vous invite à découvrir une histoire géologique tumultueuse, une extraordinaire flore endémique, un paysage viticole unique au monde et des vins à caractère volcanique.

Ce voyage est destiné au grand public et ne nécessite aucune connaissance particulière, bienvenue à toutes et à tous !

Comprendre la géologie de Lanzarote

Le volcanisme de Lanzarote s’exprime par l’apparition de fractures profondes dans la croûte de la terre qui permettent l’ascension du magma jusqu’à la surface.

Ces fractures vont générer des alignements ordonnés de volcans comme une chaîne, appelés volcanisme fissural.

La plupart des volcans formant le paysage de Lanzarote se sont construits à partir d’éruptions stromboliennes.

L’absence de relief important comme à Tenerife empêche de retenir les nuages ce qui explique les faibles précipitations.

Bien que catastrophiques, ces éruptions ont donné naissance à un paysage volcanique grandiose et à un des vignobles les plus spectaculaires de la planète !

Épisode volcaniqueCaractéristiques
Timanfaya 1730 - 1736l’éruption a duré 2 056 jours et a impacté environ 215 km2 soit 23,5 % de l’île
Timanfayaun volume de matériaux émis de 3-5 km3
Éruption de 1730 à 1736détruisant 400 maisons et édifiant plus de trente cônes
Fissure éruptiveune gigantesque fissure de 18 km
Éruption de 1824trois cônes volcaniques appelés volcan de Tao - Nuevo del Fuego et Tinguaton

Le Parc national de Timanfaya et les Montañas del Fuego

Les Montañas del Fuego résultent des éruptions survenues dans le sud de Lanzarote aux XVIIIe et XIXe siècles. Cratères rouges, coulées de lave et champs de cendres témoignent d’une transformation qui a changé l’île pour toujours.

Le Parc national de Timanfaya protège plus de 5 100 hectares d’origine volcanique, avec l’un des exemples les plus représentatifs du volcanisme récent des Canaries.

Sa valeur tient à la quantité de matériaux expulsés et à la durée des éruptions : six ans, entre 1730 et 1736, qui ont transformé une partie essentielle de Lanzarote.

Parc national de Timanfaya volcans rouges

Notre parcours débute dans les impressionnantes Montagnes de Feu, où vous aurez l’occasion de prendre des photos spectaculaires à la Station des Chameaux.

Tout près du Parc National de Timanfaya se trouve la route des volcans. Une chaîne de montagnes volcaniques qui offre une promenade pleine de nuances de feu et de lave.

Élevé sur le terrain, l’Islote de Hilario ouvre la vue sur une mer de lave où plus de 25 cratères se concentrent sur quelques kilomètres carrés.

Sous cette zone, la chaleur du sous-sol rappelle que Timanfaya conserve encore une partie de cette énergie.

Sur l’Islote de Hilario, vous assisterez à de fascinantes démonstrations géothermiques révélant l’activité volcanique intense qui a façonné l’île.

Sur l’Islote de Hilario, El Diablo cuisine viandes et légumes avec la chaleur qui remonte du sous-sol.

Le gril se trouve au-dessus d’un puits de cinq mètres, où la température naturelle de la terre atteint environ 250 degrés.

Manrique a également donné forme au Restaurant El Diablo, un espace gastronomique situé sur l’Islote de Hilario et intégré à l’environnement volcanique.

Son four utilise la chaleur même de la terre pour cuire à la braise, au-dessus d’un puits de cinq mètres où la température naturelle atteint environ 250 degrés.

La salle, conçue par César Manrique, s’ouvre sur le malpaís à travers une grande baie vitrée circulaire.

La salle s’ouvre sur le malpaís à travers une grande baie vitrée circulaire.

À l’intérieur, les comptoirs rappellent les socos de La Geria, une forme traditionnelle de protection de la vigne contre le vent à Lanzarote.

La structure d’El Diablo : les comptoirs de la salle sont conçus à l’image des socos de La Geria, murs semi-circulaires qui protègent les vignes du vent et forment l’un des paysages viticoles les plus caractéristiques de Lanzarote.

La sculpture du Diable de Timanfaya : ce symbole du Parc national accueille sur la route des Montañas del Fuego.

La mer de cratères : un paysage de textures et de couleurs rouges, noires et ocres.

Un paysage d’entraînement planétaire : Timanfaya a été choisi pour ses conditions géologiques afin de préparer une partie de l’entraînement des astronautes avant des expéditions planétaires.

La Route des Volcans

César Manrique a conçu la Route des Volcans, un parcours d’environ 14 kilomètres au cœur principal des éruptions.

Le trajet se réalise en car aménagé et permet d’observer grottes, cratères, manteaux de lave et malpaís par une voie réglementée à l’intérieur du Parc national.

Le récit sonore accompagne la visite et aide à reconnaître les formes laissées par l’activité volcanique.

L’image à mi-parcours de la Route des Volcans : après un virage à 180 degrés et le retour entre deux volcans, apparaissent Montaña Rajada, Montaña Termesana, la Montaña de la Vieja Gabriela, Pico Redondo, la Montaña de Dos Picos, la Montaña de la Mancha et, au loin, la Montaña de Enmedio et la Montaña de la Cinta.

Le Valle de la Tranquillidad : son nom renvoie à la Mer de la Tranquillité de la Lune, où Apollo 11 a aluni.

Couvert de cendres chaudes, il ouvre l’une des scènes les plus calmes de la route.

Les bus pour la Route des Volcans partent de l’Islote del Hilario, où vous trouverez également un parking pour votre véhicule et le restaurant El Diablo.

Le bus touristique qui parcourt la Route des Volcans part toutes les 20 minutes et dure environ 40 minutes.

Pour protéger le délicat écosystème du Parc National de Timanfaya, il n’est pas permis de le parcourir librement à pied ou en voiture.

Nous vous invitons plutôt à explorer la fascinante Route des Volcans à bord de notre bus, qui part de l’Islote del Hilario (Montañas del Fuego).

Vous pouvez également profiter de l’Expérience Insolite, une excursion guidée en espagnol ou en anglais pour une immersion encore plus complète.

Informations pratiques pour Timanfaya

  • Accès : L’accès à Montañas del Fuego est organisé avec une heure assignée.
  • Lors de l’achat de l’entrée, vous devrez sélectionner l’heure de visite et vous présenter à la billetterie 15 minutes à l’avance.
  • Temps de visite : Environ 1 heure et quart.
  • Familles : L’accès est gratuit pour les enfants de moins de 7 ans.
  • Le restaurant et la cafétéria disposent de chaises hautes.
  • L’accès avec une poussette peut être difficile ; il est recommandé d’apporter un porte-bébé.
  • Tenue : Il est recommandé de porter des vêtements et des chaussures confortables.
  • En été, de juin à septembre, il est conseillé de prévoir une casquette ou une protection solaire.
  • En hiver, d’octobre à avril, il est recommandé de porter des vêtements chauds, car la zone est venteuse.
  • Photographie : Nous recommandons de photographier la zone des geysers, le four naturel, la figure du Diable et la Route des Volcans.
  • Mobilité : La Route des Volcans dispose de cars adaptés.
  • Animaux : Les animaux ne sont pas admis, à l’exception des chiens d’assistance dans les termes prévus par la Loi 3/2017 du 26 avril relative aux chiens d’assistance pour les personnes handicapées dans la Communauté autonome des Canaries.

Pour préserver ce Parc national protégé, restez à l’intérieur du véhicule depuis El Taro jusqu’au stationnement de l’Islote de Hilario.

Votre collaboration aide à conserver cet environnement.

Sur le parking du Centre, situé sur l’Islote de Hilario, faites attention en ouvrant la portière de la voiture.

Il n’y a pas de vente de billets sur place.

Si l’horaire d’accès que vous recherchez n’est pas disponible, cela signifie que le quota pour ce créneau est déjà complet.

Pour garantir une expérience fluide et respecter les capacités d’accueil, tu dois accéder à l’heure indiquée sur ton billet.

La ponctualité est essentielle pour garantir ton accès.

Planifie ton arrivée de façon à être sur place 15 minutes avant l’heure de ta réservation.

Il n’existe pas de zones d’attente à l’intérieur du site ni dans les alentours si tu arrives trop en avance.

S’agissant de créneaux horaires à capacité limitée, si tu arrives en dehors de ton horaire, ton billet ne sera plus valable.

Les volcans de Timanfaya sur le terrain

Les éruptions historiques se résument ainsi : Timanfaya 1730 - 1736 l’éruption a duré 2 056 jours et a impacté environ 215 km2 soit 23,5 % de l’île, avec un volume de matériaux émis de 3-5 km3.

L’éruption y a mis ici toute sa violence détruisant 400 maisons et édifiant plus de trente cônes tous alignés sur une gigantesque fissure de 18 km.

La localité de Mancha Blanca et la Montana Tinache (alt. 452 m).

J’ai choisi pour ce dernier jour sur l’île, de me rendre à la « Caldera de Montaña Blanca ».

Le départ du chemin se trouve à droite de la route LZ 67 qui mène au parc de Timanfaya, juste à la sortie de la localité de Mancha Blanca à 248 m d’altitude.

Le paysage est surprenant, pas la moindre forme simple de vie en ces endroits occupés par la mer de lave de Timanfaya depuis presque trois siècles.

La jeunesse des roches, la quasi-absence de sol fertile et surtout l’insuffisance des précipitations (120 mm d’eau par an), entravent le développement de la végétation sur ce manteau rocheux.

En effet, le manque d’eau affecte la survie des plantes qui ralentiraient le processus d’érosion nécessaire pour maintenir les sols fertiles.

Dans ces endroits rocailleux, les lichens sont les premiers à démarrer le processus de colonisation végétale, car ce sont les seules plantes capables de survivre en ces milieux hostiles.

Puits de lumière sur le premier cône appelé la Caldereta, et en arrière la Caldeira Blanca.

Je me promène une fois de plus dans cette éternelle solitude parmi le chaos aux entrailles stériles.

L’ombrage d’un nuage apaise les rayons sévères du soleil, non loin de là, les deux cônes convoités s’enrobent de lumière.

Les volcans El Cuervo, Montana Negra et Montana Colorada

En ce troisième jour sur l’île, le ciel est toujours aussi radieux.

J’emprunte une petite route qui dessert les localités de Vegueta, Pereyra et El Rincon (LZ 58), les champs de lave anciens sont intéressants.

Juste après Masdache, depuis la route LZ 30, un départ de chemin permet d’effectuer le tour, voire même l’ascension de la « Montana Negra » et la « Montana Colorada ».

Je contourne par l’ouest le premier volcan (alt. 518 m) qui à mon goût, ne présente aucun intérêt particulier, excepté son point de vue depuis son sommet.

Paysage au pied de la « Montana Negra ».

La « Montana Negra » (alt. 512m).

Le plus beau reste incontestablement la « Montana Colorada », un cône retardataire encore tout rouge de confusion qui s’est mis en place juste quelques semaines avant le 16 avril 1736 fin de l’éruption de Timanfaya.

Il est constitué en partie de roches rouges et offre un beau contraste dans le paysage.

Proche du chemin une gigantesque bombe siège au pied du cône.

À partir de ce « cairn » posé par la main d’un géant, un sentier permet de gagner le sommet.

On remarque à l’intérieur du cratère de la « Montana Colorada », ce que fut un lac de lave, celui-ci a débordé vers le nord-nord-ouest.

La Montana Colorada (alt. 459 m) on devine le chemin d’accès à droite.

Bombe provenant de la « Montana Colorada ».

Depuis le haut du cratère on peut voir un ancien lac de lave qui a débordé vers le nord-nord-ouest.

Bord du cratère de la « Montana Colorada ».

L’après midi, dans le même secteur, depuis le route LZ 56, je me rends en direction du volcan « El Cuervo ».

Son cratère de forme elliptique atteint 370 m dans sa plus grande dimension et s’ouvre vers le nord-est.

Ce volcan serait le premier édifice formé durant le grand chambardement de Timanfaya.

L’ouverture de son unique cratère le 1er septembre 1730 a marqué le début d’un processus naturel qui allait changer à jamais le paysage de Lanzarote.

À l’entrée du cratère, on peut observer l’empilement de fragments de lave projetés par les explosions de faible intensité.

Ceux-ci encore chauds au moment où ils ont atteint le sol, se sont soudés entre-eux et ont produit parfois de minuscules coulées tout en formant une sorte de rempart aux pentes assez raides.

Le volcan « El Cuervo ».

L’intérieur du cratère de « los Cuervos ».

Le Pico Partido (alt.

La côte volcanique du sud-ouest

Notre excursion se poursuit vers le sud, en direction de l’imposante Côte de Lave.

La puissance volcanique et naturelle de Lanzarote a créé cette piscine inhabituelle d'eau verte et de sable noir à côté d'une plage de galets et d'eaux agitées.

Émerveillez-vous devant l’impressionnant Lac Vert de Los Clicos, dont la couleur verte éclatante crée un contraste saisissant avec le paysage volcanique.

Plus loin après les salins et toujours sur le littoral, au nord-ouest de Yaiza, un demi-cône phréato-magmatique au bord de l’océan mérite le détour.

Juste à l’entrée du village d’El Golfo, un sentier arrive par le haut au dessus de ce volcan.

Le site appelé « Charco de Los Clicos » se caractérise par la présence d’une lagune verte, une couleur donnée par une algue qui colonise cette petite étendue d’eau.

On y observe des cristaux d’olivine et des roches érodées par les assauts de l’océan.

Les touristes trop pressés voyageant en bus se contentent de la vue depuis le belvédère aménagé tout en haut du chemin d’accès.

Rares sont ceux qui s’aventurent jusqu’à la plage.

Le site remarquable de « Charco de Los Clicos ».

La lagune verte.

Par les assauts de l’océan, les roches volcaniques prennent des allures de squelette.

A partir de la localité El Golfo, un sentier côtier dénommé la « Ruta del Litoral » permet de traverser le parc de Timanfaya jusqu’à Tenesa.

Je n’irai pas jusque là, je m’arrêterai entre la Baja de los Cangrejos et la Playa del Passo.

La plage del Passo délimite les anciennes coulées des plus récentes (XVIIIe siècle) atteignant l’océan.

Érosion marine.

Charco de Los Clicos lagune verte Lanzarote

Les salines de Janubio

Après le parc de Los Ajaches, non loin de là, l’arrêt s’impose aux « Salinas de Janubio ».

Les salins se situent proche des localités d’El Golfo et d’Yaiza, ils sont les plus importants de l’île et encore en activité grâce au soutien de l’Union Européenne.

Le site a été déclaré zone naturelle protégée en raison de la qualité de ses valeurs paysagistes et écologiques, mais aussi par l’originalité de son architecture et la complexité de son système hydraulique.

La construction des salins a été réalisée en 1895 par Vicente Lleo Benlliure.

La couleur rouge est parfois due à un petit crustacé, la crevette de saumure, mais cela peut être aussi une algue ou bien des bactéries.

Cristallisation de sel.

Les salins de la lagune de Janubio.

Son activité est toujours maintenue.

Los Ajaches et la plage de Papagayo

Le premier jour, mes pas m’ont guidé au « Monumento Natural de Los Ajaches » un parc naturel d’environ 3009 hectares situé à l’est de la localité Playa Blanca au sud de l’île.

Pour pénétrer dans le parc, si on souhaite y accéder en voiture, on doit s’acquitter d’un droit de passage de 3€.

Sinon, c’est gratuit pour les cyclistes et les randonneurs comme moi.

La piste et les chemins serpentent dans un milieu semi aride fait de steppe et de vents.

Après quelques kilomètres, me voici sur un long passage en corniche au dessus des plages de sable jaune.

Tout au loin, l’île de Fuerteventura dessine son doux relief entre ciel et océan.

Petit à petit le soleil colore ma peau, mais le vent frais et sec permanent sur cette île, épargne la transpiration et procure un certain bien être.

La côte sauvage au sud de l’île avec au fond la pointe de Papagayo.

Les plages de « Puerto Muelas » et au fond « Caleta del Congrio ».

Plus loin, parmi les plus fréquentées, la plage de Papagayo est le résultat d’un cratère d’effondrement s’ouvrant vers l’océan.

Cette plage de sable fin s’inscrit dans un site séduisant d’environ 120 m de long, elle est protégée des vents par le relief volcanique qui la borde.

Plage de « Papagayo ».

Un dyke déchaussé par l’érosion domine la plage de Papagayo.

La plage de Papagayo en est un exemple.

Les tunnels de lave et la spéléologie

Une promenade dans les tunnels volcaniques de Lanzarote, qui est un véritable puits de connaissances pour ceux qui s’intéressent à la spéléologie.

Le ciel étant nuageux ce matin là, je décide d’aller visiter la « Cueva de Los Verde » un tunnel de lave aménagé au nord de l’île, à quelques kilomètres de Punta Mujeres.

La longueur reconnue de ce tunnel de grande taille est d’environ six kilomètres, avec parfois des galeries superposées, seulement un petit tronçon se visite.

Ce tube se serait formé il y a 25 000 ans environ, par les coulées provenant du volcan Corona situé en amont.

On pénètre à l’intérieur de ce réseau par l’un des effondrements.

La visite en circuit évite le croisement des nombreux groupes de touristes.

On y observe des stalactites de lave formées par la fonte de la voûte au moment où le niveau de lave a baissé.

Des banquettes latérales figurent également dans cette galerie, formées par les niveaux successifs des coulées.

La « Cueva de Los Verde ».

L’aménagement du tunnel de lave fut inauguré en 1964.

Les stalactites de lave.

Cueva de los Verdes tunnel lave Lanzarote

Le volcan Corona

Je décide de faire l’ascension du volcan dont ses coulées sont à l’origine de la « Cueva de los Verde ».

Je gare la voiture devant l’église du village de Yé et j’entame aussitôt son ascension.

Le chemin s’élève tranquillement au milieu des cultures de vigne et de figuiers de Barbarie.

Plus loin, en atteignant le flanc de l’édifice, la pente devient plus sévère.

Les alizés dans leurs tourbillons complices me pousse et m’envoient durant la montée, tous les parfums mêlés à des bribes de causeries de quelques marcheurs.

Le chemin s’achève enfin sur la lèvre nord du cratère.

Je longe un peu plus le bord et prends de la hauteur en quête d’horizon que je mendie.

Je m’assoie et savoure ce paysage calme et reposant.

Le diamètre du cratère du Monte Corona atteint 460 m dans sa plus grande distance et profond de 60 m environ.

Ce volcan a produit de nombreuses coulées de basalte à olivine facilement repérable.

Vers le sud-est, les coulées ont créé ce qu’on appelle le Malpais de la Corona.

Il est vrai qu’avec pareille dénomination, il n’est pas étonnant que dans cette vaste zone, presque rien ne pousse.

En effet, Malpais signifie « mauvais pays » et pour compliquer les choses, ces coulées ont créé des tunnels de lave dont les toits sont prêts à s’effondrer.

Le volcan Corona (alt. 609 m).

Le cratère du volcan Corona.

Son cratère est profond d’une soixantaine de mètres.

Depuis son flanc on aperçois à droite la petite église, le point de départ et en arrière plan l’île de Montana Clara et au loin celle d’Alegranza.

Le Monte Corona semble constituer le cône le plus central et le plus imposant d’un alignement d’environ huit kilomètres comprenant quatre autres édifices dont la Quamada de Orzola (alt. 213 m) au Nord-Est et Los Helechos (alt. 581 m) au sud-Ouest.

Cet ensemble suit l’orientation Nord-Est - Sud-Ouest parallèle à l’alignement formant l’île de Graciosa.

La viticulture volcanique de La Geria

La dernière étape sera à La Geria, la région viticole la plus renommée de Lanzarote.

Ici, vous découvrirez le génie local dans l’adaptation de la viticulture aux conditions volcaniques.

La particularité de Lanzarote c’est bien la culture de la vigne, environ 2000 hectares sont exploités et produisent une moyenne annuelle de 2 millions de litres.

Il s’agit d’une tradition viticole qui a commencé au XVe siècle.

La manière de cultiver est plutôt surprenante, chaque cep de vigne est cultivé individuellement dans un entonnoir de plusieurs mètres de profondeur creusé dans la cendre volcanique, la terre mère.

Au bord de ce trou, un muret en pierre sèche appelé « zoco » est édifié en arc de cercle pour protéger la vigne du vent dominant presque omniprésent.

Cette technique garantit une bonne absorption de l’eau de pluie grâce à la cendre volcanique et permet de conserver l’humidité de la nuit au fond de l’entonnoir.

L’utilisation de petits grains pyroclastiques, constitue l’élément clé du système d’agriculture traditionnel local.

La haute porosité de ces grains permet de retenir des particules d’eau à l’intérieur comme un petit réservoir d’eau, fondamental pour les plantes.

L’utilisation de cette matière volcanique permet un meilleur rendement et une considérable réduction de consommation d’eau d’irrigation.

À la sortie de Uga, en prenant la route LZ-30, un départ de chemin est balisé sur la droite.

Je me trouve en plein cœur du site protégé depuis 1994 de la Geria.

J’emprunte un bout du GR-131 qui traverse l’île du nord au sud en direction de la Asomada, cette section s’appelle chemin de la Caldereta.

La campagne est belle et les pentes sont douces, il n’y a pas d’activité volcanique et pourtant on s’y croirait avec l’odeur permanente de soufre lié au traitement des vignes.

Au bout de 4 km, j’arrive à un col situé entre la montagne Tinasoria (503 m d’altitude) et la montagne Guadilama (603 m d’altitude) le plus haut volcan de Lanzarote, tous deux faisant partie du plus grand alignement de cônes volcaniques le plus méridional de l’île et orienté Nord-Est - Sud-Ouest.

Depuis ce lieu la vue embrasse le littoral sud-est avec Arrecife au loin.

Vers le nord et nord-ouest, la vieille plaine agricole, ponctuée par des terres de culture a été complètement recouverte par les coulées de 1730 à 1736.

Vignobles volcaniques de La Geria Lanzarote

Los Roferos de Guenia et les sols volcaniques

Entre Guatiza et Teguise un paysage original m’invite à faire un arrêt.

Des formations volcaniques très découpées se situent au pied du volcan Guenia.

On y observe les différentes strates des dépôts à proximité du Barraco de las Piletas.

« Los Roferos de Guenias » ont été déclarés zone d’intérêt culturel paysagiste et touristique dans le cadre d’un projet europeo PAISAGEM.

« Los Roferos de Guenia » et son volcan en arrière plan.

Ce gravier possède certaines propriétés en matière d’aménagements de sol.

En premier lieu, il présente l’avantage d’être un grain hygroscopique avec sa capacité à capturer directement l’humidité ambiante.

Un matériel intéressant pour lutter contre le climat aride de Lanzarote.

Les paysages du nord et l’héritage de César Manrique

Une journée sera également consacrée à César Manrique, artiste génial et influant dont les exigences esthétiques ont permis de préserver l’architecture traditionnelle, les paysages agricoles et les beautés naturelles de Lanzarote.

Ce coin où l’architecture et la nature vont de pair est une autre des meilleures excursions à Lanzarote dont nous pouvons profiter.

Nous découvrirons comment César Manrique a adapté une succession de tunnels volcaniques à un style unique, tel que son art.

Après le tunnel de lave, je poursuis la route jusqu’au village d’Orzola le plus au nord de l’île.

Dans l’après midi, j’effectue une halte au « Mirador del Rio », une œuvre architecturale de Manrique.

Les falaises de la Famara correspondent à la partie la plus ancienne de l’île avec les Ajaches dans le sud.

Le processus d’érosion a démantelé ces formations.

L’île de Graciosa et son village de « Caleta de Sebo ».

Le paysage est le plus « martien » que vous verrez depuis longtemps.

Le dragonnier des Canaries ainsi appelé en raison de sa résine rouge évoquant le sang du dragon.

Organiser une excursion géologique à Lanzarote

Un autre conseil que nous vous donnons est de bien planifier votre itinéraire, les endroits que vous voulez visiter et qu'ils soient parfaitement répartis avec les jours que vous allez passer sur l'île.

Notre excursion se poursuit vers le sud, en direction de l’imposante Côte de Lave.

Avant de conclure, nous ferons une halte dans le joli village de Yaiza, réputé pour son architecture traditionnelle canarienne, avec ses maisons blanchies et ses jardins fleuris.

À Haria, petit village paisible situé dans la vallée des mille palmiers au nord de l’île en dehors des gros sites touristiques ; dans quatre villas confortables de 140 m2, trois chambres et deux salles de bain chacune ; en chambre double ; avec piscine extérieure commune.

Ne manquez pas l'occasion d’explorer les paysages de Timanfaya en vous promenant à dos de chameaux amicaux et détendus.

Notre parcours débute dans les impressionnantes Montagnes de Feu, où vous aurez l’occasion de prendre des photos spectaculaires à la Station des Chameaux.

Il est recommandé de porter des vêtements et des chaussures confortables, ainsi qu’une protection solaire en été et des vêtements chauds en hiver, car la zone est venteuse.

Pour les secteurs protégés, il est nécessaire de respecter les itinéraires autorisés et les consignes d’accès afin de préserver les paysages volcaniques, les lichens, les tunnels de lave et les autres éléments fragiles de l’île.

tags: #excursion #geologie #lanzarote