La disparition de Pascal Lluch suscite une immense tristesse parmi ses collègues, ses amis et tous ceux qui ont partagé avec lui le goût de l’aventure, des grands espaces et des expéditions loin des itinéraires ordinaires.
Pascal Lluch avait parcouru le monde dans des conditions souvent beaucoup plus périlleuses, et loin de tout. Sa disparition a d’autant plus bouleversé ses proches qu’il avait consacré une grande partie de sa vie à explorer des territoires difficiles d’accès et à transmettre son expérience aux voyageurs, aux guides et aux chameliers.

Un professionnel des expéditions et des grands espaces
Depuis les années 80, il avait organisé des circuits à pied dans le monde entier, en particulier en Asie et au Sahara, où il fut pionnier sur de nombreux terrains.
De 2001 à 2010, il a été co-repreneur de l’agence Hommes et Montagnes, créée en 1969 par Odette et Jean-Louis Bernezat.
Son parcours était marqué par une connaissance approfondie des environnements désertiques et montagnards, mais aussi par la volonté de construire des voyages exigeants, respectueux des territoires et fondés sur une véritable préparation.
Les concentrations des voyageurs, dans l’espace et dans le temps, au cœur d’un désert chartérisé, l’exaspéraient au plus haut point.
Cette exigence expliquait son attachement à des itinéraires moins fréquentés, à une organisation attentive et à la formation des personnes qui accompagnent les groupes.
La méharée de 2012 : un itinéraire remis sur pied
En 2012, il a proposé une longue méharée inédite.
« Nous sommes fiers d’avoir pu remettre un tel itinéraire sur pied avec des chameliers qui ne l’ont plus faite depuis des décennies. Ils sont eux-mêmes très motivés par le projet, et nous appellent régulièrement pour nous donner des indications, apporter des modifications, etc. »
Ce projet témoignait de son intérêt pour les itinéraires oubliés et pour le travail mené avec les populations locales. Il ne s’agissait pas seulement de proposer une nouvelle expédition, mais aussi de faire revivre un parcours et de s’appuyer sur les connaissances de chameliers expérimentés.
La transmission et la formation des guides
Il avait également créé une méharée de 27 jours en Mongolie, ce dont il était également très fier.
Il voulait avant tout démontrer, en organisant ces expéditions, que la formation de guides et de chameliers pour le tourisme est indispensable.
Cette conviction occupait une place centrale dans sa conception du voyage. Pour Pascal Lluch, la réussite d’une expédition dépendait autant de la qualité de l’itinéraire que de la préparation des personnes chargées d’encadrer les voyageurs.
La formation permet de mieux comprendre les milieux traversés, d’anticiper les difficultés et d’organiser les déplacements avec davantage de responsabilité.
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Un attachement renouvelé au Trièves et au Vercors
Ces derniers temps, il s’était aussi activé pour dynamiser le territoire du Trièves, et s’était lancé dans des sorties raquettes et Pulka dans le Vercors.
Après avoir parcouru de nombreux pays et accompagné des voyageurs sur des terrains lointains, il continuait ainsi à s’investir dans des territoires plus proches.
Les sorties en raquettes et en pulka prolongeaient son approche de l’aventure en pleine nature, fondée sur la découverte, l’endurance et l’attention portée au milieu traversé.
Son engagement dans le Trièves montre également son désir de participer à la vie locale et de contribuer à la mise en valeur d’un territoire de montagne.
Des témoignages marqués par la stupeur et l’affection
Les hommages qui lui sont consacrés traduisent la violence de cette disparition et le vide qu’elle laisse derrière elle.
« Repose-toi bien Pascal ! Tu l’as mérité. »
« Quelle tristesse et quelle émotion. J’avais eu avec lui, tout dernièrement des contacts et des échanges. C’est l’horreur. Lui qui a parcouru le monde dans des conditions souvent beaucoup plus périlleuses, et loin de tout... »
« Cher Pascal, c'est avec effroi et une grande tristesse que j'apprends ta disparition depuis le Mexique. Que Dieu t’accueille au paradis des montagnards et des grands aventuriers pour un repos éternel. »
Ces messages rappellent à quel point Pascal Lluch était présent dans la mémoire de celles et ceux qui l’avaient connu, accompagné ou simplement rencontré au cours de ses nombreuses activités.
« Je viens de lire les échanges. Je suis très touché. Terrible vide en tout cas. »
« C'est une immense tristesse pour nous tous ses collègues et amis. Il restera toujours dans nos pas pour nous éclairer. »
La mémoire d’un aventurier qui continue d’accompagner les autres
Pascal Lluch ne se résumait pas à la liste des pays visités ou des itinéraires créés. Il avait contribué à transmettre une manière de concevoir l’aventure, attentive à la préparation, aux territoires et aux personnes.
Son travail dans les déserts, en Mongolie, dans le Trièves et dans le Vercors témoigne d’une même volonté : permettre la découverte de paysages et de cultures dans des conditions adaptées, tout en développant les compétences de celles et ceux qui rendent ces voyages possibles.
La phrase selon laquelle il « restera toujours dans nos pas pour nous éclairer » résume cette mémoire particulière. Elle évoque à la fois la marche, les itinéraires qu’il a contribué à faire connaître et les conseils qu’il a pu transmettre au fil des années.
La disparition de Pascal Lluch laisse ainsi un profond vide dans le monde de l’aventure, de la randonnée et des expéditions. Elle rappelle le parcours d’un homme qui avait consacré sa vie aux grands espaces et qui continuait, jusqu’à récemment, à faire vivre cette passion dans des régions lointaines comme dans les montagnes françaises.