La France possède une situation horaire particulièrement étendue. En comptant les territoires d’outre-mer, elle s’étend sur 12 fuseaux horaires, ou 13 si l’on inclut la Terre Adélie.
Le territoire français, outre-mer compris, couvre 13 fuseaux horaires en hiver, ou 12 si on exclut la Terre-Adélie. En été, il couvre dans tous les cas un fuseau horaire de plus, donc respectivement 14 ou 13.
L’heure en France métropolitaine
L’heure légale en France métropolitaine est, l’hiver, l’heure normale d’Europe centrale (HNEC), c’est-à-dire celle du fuseau horaire UTC+01:00.
L’été, la France métropolitaine utilise l’heure avancée d’Europe centrale (HAEC), c’est-à-dire celle du fuseau horaire UTC+02:00.
| Période | Heure légale en France métropolitaine | Décalage par rapport à UTC |
|---|---|---|
| Hiver | Heure normale d’Europe centrale (HNEC) | UTC+01:00 |
| Été | Heure avancée d’Europe centrale (HAEC) | UTC+02:00 |
La France métropolitaine applique donc un changement saisonnier de l’heure. Ce changement ne doit pas être confondu avec la diversité des fuseaux horaires français : les fuseaux correspondent à la position géographique des territoires, tandis que l’heure d’été ajoute une heure à l’heure légale pendant la période concernée.

Pourquoi le décalage horaire est-il important en France ?
La France métropolitaine se trouve dans un seul fuseau horaire officiel, mais la France dans son ensemble couvre une vaste zone géographique grâce à ses territoires ultramarins.
L’heure en France s’étend sur 12 fuseaux horaires, 13 si on inclut la Terre Adélie.
Cette situation explique pourquoi la France peut présenter plusieurs heures locales différentes au même moment entre la métropole, les Antilles, la Guyane, l’océan Indien, la Polynésie française et les autres territoires concernés.
L’évolution historique de l’heure en France
Des heures canoniales aux heures égales
Dans l’Antiquité, la Gaule comprenant la France actuelle est une province romaine qui vit sous l’influence de Rome.
Dans la période médiévale, l’Église met en place des heures temporaires simplifiées et grossières, les heures canoniales.
Avec l’apparition de l’horloge mécanique, elles sont remplacées progressivement par les heures équinoxiales ou égales, données par le cadran solaire classique qui sert de référence pour l’horloge.
Au début du XVIIIe siècle, le temps du cadran solaire et celui de l’horloge vont se différencier : le cadran classique donnant le temps vrai et l’horloge le temps moyen.
Ce dernier peut être lu sur des méridiennes de temps moyen qui deviennent référence pour montres et horloges.
L’heure de Paris et le développement du chemin de fer
Au XIXe siècle, le besoin d’unifier l’heure sur tout le territoire se fait sentir, notamment avec l’essor du chemin de fer et l’impossibilité de régler les horaires des trains sur des heures locales variant d’un point géographique à un autre.
Pour la régularité du service des trains, les chemins de fer prennent l’heure d’origine des réseaux français, c’est-à-dire celle de Paris.
Pour favoriser les voyageurs non ponctuels, on décide que l’heure du chemin de fer serait en retard de cinq minutes sur l’heure de Paris.
Progressivement, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les villes françaises adoptent le double affichage horaire ou l’heure de Paris.
À Rennes, par exemple, desservie par le train depuis 1857, l’horloge de l’hôtel de ville indique l’heure locale et celle de la capitale à l’aide de deux aiguilles des minutes : l’une dorée, correspondant à l’heure locale, c’est-à-dire l’heure solaire vraie, l’autre noire.
L’unification de l’heure légale
L’uniformisation de l’heure sur l’ensemble du territoire national est imposée par la loi du 14 mars 1891 qui fixe l’heure légale en France métropolitaine et en Algérie à l’heure du temps moyen de Paris.
Par la loi du 9 mars 1911, la France adopte l’heure du méridien de Greenwich, abrégé GMT en anglais, ainsi que le découpage de la journée en 24 heures au lieu de deux fois 12 heures.
Notons que le texte de loi ne mentionne pas explicitement la ville anglaise de Greenwich.
Le méridien de Paris étant à 2°20'13,82" à l’est de celui de Greenwich, le décalage horaire entre le méridien de Paris et celui de Greenwich est en réalité de 9 minutes et 20,921 secondes, arrondies à 21 secondes, à raison d’une variation de l’angle horaire du Soleil moyen de 15° par heure.
L’instauration de l’heure d’été
L’heure dite « d’été » est légalisée par la « loi ayant pour objet d’avancer l’heure légale » du 9 juin 1916.
Celle-ci fixe dans son article unique que « jusqu’au 1er octobre 1916, et à partir d’une date qui sera déterminée par décret, l’heure légale, telle qu’elle a été fixée par la loi du 9 mars 1911, sera avancée de soixante minutes ».
La loi du 24 mai 1923 aménage le changement d’heure saisonnier.
Désormais la France métropolitaine vit à l’heure moyenne de Greenwich avancée d’une heure l’été, en coordination avec les nations alliées voisines.
Le décalage horaire pendant la Seconde Guerre mondiale
À partir du printemps 1940, l’occupant allemand fait passer la zone occupée de la France à l’heure allemande pour des raisons pratiques.
Au fur et à mesure que l’armée d’occupation avance, les horloges, elles, sont avancées d’une heure.
La zone occupée passe donc à l’heure d’Europe centrale, pendant que la zone libre reste à l’heure de Greenwich.
En novembre 1940, aucune des deux zones ne repasse à l’heure d’hiver.
La France métropolitaine est ainsi divisée entre deux fuseaux horaires.
Cela engendre d’importantes difficultés pour les transports ferroviaires, civils et militaires.
Pour les régler, le gouvernement à Vichy décide de synchroniser à partir du 5 mai 1941 l’heure de la zone libre sur celle des autorités d’occupation.
Le 2 octobre 1944 la zone occupée passe à l’heure d’hiver allemande (GMT+1), suivie le 8 octobre par la partie du territoire libérée que dirige le Gouvernement provisoire de la République française.
Après la Libération, le Gouvernement provisoire de Charles de Gaulle décrète le 14 août 1945 que le retour à l’heure légale (GMT) sera effectué en 2 temps, le 16 septembre et le 18 novembre 1945, et l’abandon du changement d’heure saisonnier pour 1946.
Le 16 septembre 1945, l’heure d’été française (GMT+1) est rétablie.
Il prévoit un rétablissement de l’heure d’hiver française (GMT) pour le 18 novembre mais, le 5 novembre 1945, l’article 2 du décret est annulé.
Le retour du changement d’heure en 1976
La plupart des pays d’Europe continentale partagent ainsi l’heure d’Europe centrale, l’heure GMT+1.
Le décret du 19 septembre 1975 rétablit le changement saisonnier de l’heure.
À la suite du premier choc pétrolier, le gouvernement compte par cette mesure réduire la facture énergétique.
Son application est fixée pour la période du 28 mars au 28 septembre 1976.
La mesure est alors présentée comme provisoire.
De 1981 à 1995, le passage à l’heure d’été a lieu le dernier dimanche de mars, et le passage à l’heure d’hiver le dernier dimanche de septembre.
À titre de point de repère, la France et une bonne partie de l’Europe vivent donc en hiver à l’heure de Prague, et en été à l’heure d’Odessa.
Le débat sur la suppression du changement d’heure
Sur les 4,6 millions d’internautes participants, 80 % se prononcent pour la fin du changement d’horaire en gardant plutôt l’horaire d’été sur l’année.
Le 14 septembre 2018, la Commission européenne propose une directive aux termes de laquelle « Le dernier passage obligatoire à l’heure d’été aura lieu le dimanche 31 mars 2019. Les États membres qui souhaitent revenir de façon permanente à l’heure d’hiver auront la possibilité de procéder à un dernier changement d’heure saisonnier le dimanche 27 octobre 2019. À compter de cette date, les changements d’heure saisonniers ne seront plus possibles. »
Réunis en conseil des ministres, les États membres ont reporté la suppression du changement d’heure à 2021, craignant qu’une mise en œuvre trop rapide ne transforme l’espace européen en patchwork et ne déstabilise le transport aérien et le marché unique.
Conséquences d’un choix permanent d’heure d’hiver ou d’été
En restant toute l’année à l’heure d’hiver, avec les fuseaux horaires existants, le 20 juin, journée la plus longue, le soleil se lèvera à 5 h 16 à Brest et à 4 h 26 à Strasbourg, au lieu de 6 h 16 et 5 h 26 à l’heure d’été.
Il se couchera à 21 h 21 à Brest et à 20 h 23 à Strasbourg, au lieu de 22 h 21 et 21 h 23 à l’heure d’été.
En restant toute l’année à l’heure d’été, avec les fuseaux horaires existants, le soleil se lèvera le 20 décembre, journée la plus courte, à 10 h 6 à Brest et à 9 h 18 à Strasbourg, au lieu de 9 h 6 et 8 h 18 à l’heure d’hiver.
| Scénario | Lieu et date | Lever du soleil | Coucher du soleil |
|---|---|---|---|
| Heure d’hiver toute l’année | Brest, 20 juin | 5 h 16 | 21 h 21 |
| Heure d’hiver toute l’année | Strasbourg, 20 juin | 4 h 26 | 20 h 23 |
| Heure d’été toute l’année | Brest, 20 décembre | 10 h 6 | - |
| Heure d’été toute l’année | Strasbourg, 20 décembre | 9 h 18 | - |
Décalage horaire entre la France et le Royaume-Uni
Les changements d’heure ont lieu en même temps à Paris et à Londres, le décalage reste donc constant tout au long de l’année : une heure de retard.
En 2026, Londres applique un passage à l’heure d’été :
- Jusqu’au 28/03 : heure d’hiver (GMT).
- Du 29/03 au 24/10 : heure d’été (GMT+1h).
- À partir du 25/10 : heure d’hiver (GMT).
Le même décalage d’une heure de retard par rapport à Paris est indiqué pour Belfast, Birmingham, Blackpool, Brighton, Cardiff, Leeds, Liverpool, Manchester, Newcastle, Plymouth et York.
| Ville | Décalage par rapport à Paris | Heure d’hiver | Heure d’été |
|---|---|---|---|
| Londres | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Belfast | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Birmingham | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Blackpool | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Brighton | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Cardiff | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Leeds | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Liverpool | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Manchester | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Newcastle | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| Plymouth | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
| York | Une heure de retard | GMT | GMT+1h |
L'étrange découpage des fuseaux horaires expliqué en 5 minute
À Londres, le soleil se lève à 6:03 et se couche à 20:01.
À Belfast, le soleil se lève à 6:19 et se couche à 20:31.
À Birmingham, le soleil se lève à 6:08 et se couche à 20:10.
À Blackpool, le soleil se lève à 6:10 et se couche à 20:18.
À Brighton, le soleil se lève à 6:04 et se couche à 20:00.
À Cardiff, le soleil se lève à 6:15 et se couche à 20:13.
À Leeds, le soleil se lève à 6:04 et se couche à 20:12.
À Liverpool, le soleil se lève à 6:10 et se couche à 20:17.
À Manchester, le soleil se lève à 6:07 et se couche à 20:14.
À Newcastle, le soleil se lève à 6:01 et se couche à 20:15.
À Plymouth, le soleil se lève à 6:21 et se couche à 20:15.
À York, le soleil se lève à 6:01 et se couche à 20:11.