Le passage du cap Vert constitue un épisode du voyage qui conduisit Napoléon vers Sainte-Hélène après son départ pour l’exil. Il ne s’agit pas d’une bataille livrée dans l’archipel, mais d’une étape maritime marquée par une tempête, l’impossibilité de faire de l’eau à terre et la poursuite d’une traversée longue et monotone.
Le 1er septembre 1815, le navire qui transportait l’empereur aperçut les îles du cap Vert. Cette apparition ne permit toutefois pas aux voyageurs de s’arrêter dans l’archipel.
Une tempête du S.-E., qui souffla dans la nuit, empêcha qu’on allât faire de l’eau à terre. La traversée se continua avec la même monotonie, le même vide dans l’existence.

L’aperçu des îles du cap Vert
Le cap Vert se trouvait sur la route maritime suivie par le Northumberland, mais les conditions météorologiques empêchèrent toute escale. L’équipage devait normalement pouvoir compléter ses réserves d’eau en rejoignant la terre, mais la tempête rendit cette opération impossible.
Le 1er septembre 1815, on aperçut les îles du cap Vert; mais une tempête du S.-E., qui souffla dans la nuit, empêcha qu’on allât faire de l’eau à terre.
Cette impossibilité prolongea une navigation déjà éprouvante par sa durée et par l’absence d’événements marquants. La traversée se continua avec la même monotonie, le même vide dans l’existence.
Napoléon à bord du Northumberland
À bord du navire, Napoléon vivait dans une atmosphère de surveillance, d’attente et de déplacement continu vers Sainte-Hélène. Malgré les circonstances, son comportement demeurait remarquablement maîtrisé.
A l’égard des étrangers qui l’entouraient son attitude restait la même : jamais une plainte, un désir exprimé; il demeurait toujours impassible et d’humeur égale.
L’empereur avait eu l’idée d’apprendre l’anglais ; mais au bout de quelques jours, il s’en était dégoûté.
Cette tentative rapidement abandonnée ne modifia pas son attitude générale. Il continua à observer les personnes qui l’entouraient et à participer aux conversations, sans manifester de plainte ni de désir particulier.
Les souvenirs de Napoléon et le travail de Las Cases
La traversée offrait à Napoléon de nombreuses occasions de revenir sur son passé. Les conversations avec ses proches portaient sur sa jeunesse, sa famille et les événements de sa carrière.
Dans ses conversations avec ses intimes, il faisait souvent des retours vers le passé; il parlait volontiers de sa jeunesse, de sa famille et, selon la tournure que prenait l’entretien, il était amené à formuler sur les événements, sur les hommes elles choses, des opinions, des faits que Las Cases recueillait soigneusement.
Las Cases prenait donc des notes au fil des entretiens. Napoléon finit cependant par considérer que cette méthode ne permettrait pas d’organiser convenablement ses souvenirs.
L’empereur, s’en étant aperçu, voulut voir les notes déjà écrites, et il jugea qu’un tel travail serait forcément incomplet, sans ordre et sans utilité.
La solution retenue fut alors de faire dicter directement à Napoléon le récit de sa vie et de ses campagnes.
C’est pourquoi il consentit, à la prière de ses amis, à dicter lui-même ses souvenirs.
Le début de la dictée : Toulon et les campagnes d’Italie
Napoléon commença ce travail quelques jours après le passage du cap Vert. Le samedi, 9 septembre, il se mit à l’oeuvre en commençant par le siège de Toulon, comme il était naturel, et en passant ensuite aux campagnes d’Italie.
Le choix du siège de Toulon constituait un point de départ logique pour le récit de sa carrière militaire. Les campagnes d’Italie venaient ensuite prolonger cette évocation des premières étapes de son ascension.
Il y prit goût et bientôt y consacra tout son temps.
La rédaction de ses souvenirs devint ainsi l’une des principales occupations de Napoléon pendant la traversée. Le voyage, jusque-là dominé par la monotonie, fut en partie structuré par ce travail de mémoire et de narration.

La route maritime vers Sainte-Hélène
Le Northumberland ne se dirigeait pas directement vers sa destination selon une route unique. Il devait rechercher les vents alizés capables de faciliter la navigation vers Sainte-Hélène.
Mais le Northumberland marchait toujours à la recherche des vents alizés qui devaient le porter à Sainte-Hélène.
Entre les deux routes généralement adoptées pour cela, l’amiral Cockburn avait choisi celle qui rapproche du cap de Bonne-Espérance.
Le passage près du cap Vert s’inscrivait donc dans une navigation de longue distance, déterminée par les conditions de vent et par le choix de l’amiral. L’itinéraire retenu devait rapprocher le navire du cap de Bonne-Espérance avant la poursuite du voyage vers Sainte-Hélène.
| Élément du voyage | Information |
|---|---|
| Date d’observation du cap Vert | 1er septembre 1815 |
| Obstacle rencontré | Une tempête du S.-E. |
| Opération empêchée | Faire de l’eau à terre |
| Navire | Northumberland |
| Destination | Sainte-Hélène |
| Route choisie | Celle qui rapproche du cap de Bonne-Espérance |
Les relations avec l’équipage et le docteur Warden
Napoléon ne se limitait pas à ses souvenirs et à ses conversations historiques. Il s’intéressait également à la vie quotidienne du navire, notamment à la santé des marins.
Chaque jour, Napoléon s’informait de la santé de l’équipage et discutait avec Warden les modes de traitement des maladies.
Le docteur usait beaucoup de sa lancette, et l’empereur plaisantait sur ce qu’il appelait la pratique de Sangrado.
Warden, qui paraît être un fanatique de la saignée, affirme qu’il finit par convaincre Napoléon, et pourtant l’empereur paraissait se porter à merveille.
Ces échanges montrent l’attention que Napoléon portait aux conditions sanitaires à bord. Ils témoignent aussi du ton parfois plaisant de ses conversations avec les personnes qui l’accompagnaient.
Le passage de la Ligne équatoriale
Après le passage du cap Vert, le navire poursuivit sa route vers le sud. Le 23 septembre, on passa la Ligne équatoriale.
La fête traditionnelle fut célébrée joyeusement par l’équipage du Northumberland, avec le cérémonial bien connu.
Le passage de l’équateur donnait lieu à une cérémonie maritime traditionnelle, à laquelle participaient les membres de l’équipage. Le capitaine de vaisseau Ross lui-même fut soumis au rituel.
Le capitaine de vaisseau Ross, lui-même, reçut le baptême; mais l’amiral veilla à ce que la personne de l’empereur fût scrupuleusement respectée et à ce qu’on eût des égards pour ses compagnons.
La présence de Napoléon imposait cependant des précautions particulières. L’amiral Cockburn fit respecter sa personne et demanda que ses compagnons soient également traités avec considération.

Le geste de Napoléon envers les matelots
Napoléon souhaitait participer à la tradition en reconnaissant les égards manifestés par l’équipage. Il voulut donc payer sa contribution à la cérémonie.
Napoléon voulant, selon l’usage, payer son écot et reconnaître les égards des matelots, il ordonna de distribuer au grotesque Neptune et à sa bande une centaine de pièces d’or de 20 francs.
Le don projeté était important et devait être remis aux personnes qui jouaient le rôle de Neptune et de sa suite dans la cérémonie traditionnelle.
Mais l’amiral, très courtoisement, s’y opposa, et cela autant par prudence que par politesse.
Le refus de l’amiral ne fut donc pas présenté comme une offense à Napoléon. Il procédait à la fois de la prudence nécessaire autour d’un personnage aussi important et de la volonté de préserver les convenances à bord.
Une étape sans bataille, mais importante dans la traversée
L’épisode du cap Vert ne correspond pas à une bataille militaire. Il désigne une étape du voyage de Napoléon vers Sainte-Hélène, au cours de laquelle le navire aperçut les îles sans pouvoir y faire escale.
La tempête du S.-E. empêcha qu’on allât faire de l’eau à terre, et le Northumberland dut continuer sa route. Durant cette période, Napoléon abandonna rapidement l’apprentissage de l’anglais, conserva une attitude impassible, dicta ses souvenirs à partir du 9 septembre, s’intéressa à la santé de l’équipage et participa indirectement aux événements traditionnels du passage de la Ligne équatoriale.
Le cap Vert apparaît ainsi comme un repère dans une traversée dominée par la recherche des vents alizés, la route choisie vers le cap de Bonne-Espérance et la progression vers Sainte-Hélène.