Le sanctuaire de Notre-Dame de La Salette est situé dans le Pays de Corps, sur les hauteurs de la commune de La Salette-Fallavaux, à près de 1800 m. d’altitude.
Chaque année des dizaines ou même des centaines de milliers de pèlerins et de visiteurs gravissent la montagne pour se rendre en ce haut lieu de spiritualité.
Avant l’arrivée des autocars modernes, cette ascension constituait pourtant une véritable aventure. L’histoire de La Salette est donc aussi celle d’une route de montagne progressivement aménagée, de véhicules spécialement essayés pour franchir les pentes et des premiers autocars de pèlerinage ayant transporté les visiteurs jusqu’au sanctuaire.

Notre-Dame de La Salette, un sanctuaire perché dans la montagne
Le 19 septembre 1846, dans les alpages au dessus du village de La Salette en Isère, deux enfants bergers, Maximin Giraud et Mélanie Calvat, disent avoir rencontré une « Belle Dame » en pleurs, toute de lumière.
Elle leur confie un message de conversion, pour « tout son peuple ».
Notre dame de la Salette est lieu du second grand pèlerinage en France après Lourdes, cette basilique reste un monument marquant de l’architecture religieuse en Isère.
Au-delà des rassemblements du 15 Août et du 19 Septembre, le site, perché à plus de 1800 mètres, mérite le détour.
Le Sanctuaire de Notre-Dame de La Salette jouit d’une renommée mondiale.
Des pèlerins et des visiteurs s’y rendent toujours, en voiture, en car, à vélo ou à pied.
Là-haut personne ne reste indifférent : la beauté du paysage, le panorama impressionnant, l’immensité époustouflante de la montagne à côté d’une variété extraordinaire de faune et de flore, le calme, la quiétude, le silence - autant d’invitations à s’arrêter, à se recueillir, à faire le vide, à se laisser imprégner par cette atmosphère particulière qui y règne.
Avant les autocars : une montagne accessible par les sentiers
Et pourtant jusqu’à la moitié du XIXe siècle le site était sauvage et méconnu.
Seuls quelques bergers avec leurs troupeaux s’aventuraient sur les pentes du mont Gargas pour profiter des alpages...
Le sort de ce lieu grandiose et austère a basculé le 19 septembre 1846, le jour où deux petits bergers, pauvres et incultes, Maximin Giraud (11 ans) et Mélanie Calvat (15 ans), tous deux originaires de Corps, ont vu une « Belle Dame ».
La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre et La Salette a aussitôt commencé à attirer de nombreux pèlerins et curieux.
En 1846 à l'époque de l'apparition, il faut 8 heures en diligence, pour se rendre de Grenoble à Corps (65kms).
La montagne de la Salette est ensuite accessible seulement par des sentiers que les premiers pèlerins doivent gravir à pied ou sur une mule.

La création du pèlerinage et l’aménagement de la route
En 1851, le jour anniversaire de l’Apparition, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble et ordinaire du lieu, après une longue enquête, a publié son « mandement doctrinal », dans lequel il a reconnu officiellement au nom de l’Église que c’est bien la Sainte Vierge qui était apparue aux deux enfants sur les hauteurs de La Salette.
Ce jugement a permis un essor encore plus rapide du Pèlerinage : construction et consécration de la Basilique (1852-1879), création de la congrégation des Missionnaires de La Salette (1852), installation des statues sur le lieu de l’Apparition (1864), construction et agrandissement des bâtiments (1851 et jusqu’à nos jours) etc. ; et une multitude de signes de dévotion en France et à l’étranger : vitraux, statues, fac-similés, chapelles, églises.
C’est ainsi que le Sanctuaire de Notre Dame de La Salette est devenu un lieu de référence dans le Dauphiné.
Son cadre naturel unique, son passé très riche, son patrimoine culturel et religieux en font un site d’exception.
La nouvelle fréquentation du sanctuaire rend rapidement nécessaire l’amélioration des itinéraires d’accès.
La rampe taillée dans le roc
En 1863, il est signalé "qu'une rampe taillée dans le roc serpente sur le flanc de la montagne, laissant apercevoir à chaque pas, sur le mur de granit, la trace non effacée de la mine qui seule a pu vaincre les rochers taillés comme avec une hache. »
La route de 1867 et le passage du Grippet
En 1867, une route est ouverte, c'est plutôt une piste qui comporte des rampes de plus de 15 %, notamment le passage du Grippet avec une rampe de 30 %, sans protection contre les précipices.
Les attelages à chevaux montent à grand-peine.
Ces caractéristiques expliquent les difficultés rencontrées par les véhicules de transport et la nécessité d’expérimenter des matériels adaptés à la pente, aux virages et au sol rocheux.
Les premiers essais de véhicules pour rejoindre La Salette
Les essais de 1920 avec des cars étroits
En 1920 on fait des essais avec des cars très étroits d'une dizaine de places.
La faible largeur de ces véhicules répond aux contraintes de la piste et des passages difficiles, mais elle limite évidemment le nombre de voyageurs transportés à chaque montée.
Les véhicules à chenilles
On teste du matériel à chenilles, celles-ci ne résistent pas à la pente et au sol rocheux.
Cette tentative montre la rudesse de l’itinéraire : même un matériel conçu pour progresser sur des terrains difficiles ne parvient pas à supporter durablement les conditions du parcours.

La Renault tous terrains à six roues
Une voiture Renault tous terrains ( 3 ponts et 6 roues) est utilisée entre 1920 et 1923.
Ce type de véhicule illustre les recherches menées pour trouver une solution de transport capable de franchir les rampes et les zones rocheuses de la montée.
Les travaux réalisés sur la route de La Salette
On améliore la route : pose de gabions, élargissement des tournants, gares de rencontre des cars.
Le secteur du Grippet est élargi, avec les déblais on fait un mur sur le bord du précipice, en 1932 on prend le tournant en une fois.
Ces travaux répondent à plusieurs difficultés : stabiliser les bords de la piste, permettre aux véhicules de se croiser, élargir les virages et réduire les manœuvres dans les secteurs les plus exposés.
Les améliorations sont arrêtées pendant la guerre.
La progression de la route est ainsi interrompue, alors que l’essor des pèlerinages nécessite toujours des conditions d’accès plus sûres et plus régulières.
L’autocar Unic dans la montée du Grippet
Un autocar Unic est photographié dans la montée du Grippet en 1927/28.
Cette image témoigne de l’utilisation effective d’autocars sur une route encore difficile, marquée par une rampe pouvant atteindre 30 % et par l’absence initiale de protections contre les précipices.

Le passage du Grippet représente alors l’un des points les plus impressionnants de l’itinéraire.
Le véhicule doit franchir une pente sévère et négocier un secteur où l’élargissement de la route et la sécurisation des bords sont encore en cours d’amélioration.
L’autocar Delaye utilisé de 1946 à 1960
Un autocar Delaye est utilisé de 1946 à 1960.
Cette période correspond à une phase importante de l’histoire du transport des pèlerins vers La Salette.
Après les années de guerre, les autocars reprennent leur place dans l’organisation des voyages collectifs vers le sanctuaire.
Le transport en autocar permet alors de conduire des groupes de pèlerins plus nombreux que les premières voitures tous terrains ou les cars étroits expérimentés au début du XXe siècle.

L’autocar devient ainsi un élément du paysage des pèlerinages, au même titre que les chemins, les rampes et les bâtiments du sanctuaire.
La route actuelle et la fin des derniers passages de cars
En 1959-1960, on construit la route actuelle passant par Saint-Julien, elle sera complètement terminée en 1968.
On monte maintenant en voiture ou en car, les sentiers jusque là très pratiqués sont moins utilisés par les pèlerins que par les randonneurs.
La modernisation de l’accès transforme durablement la relation entre le sanctuaire et la montagne.
Les véhicules peuvent rejoindre le site par une route mieux adaptée, tandis que les anciens itinéraires conservent une valeur historique et deviennent progressivement des parcours de randonnée.
Depuis les derniers passages de cars de pélerins, la piste est devenue un agréable sentier de randonnée bien végétalisé, elle a perdu son aspect minéral et dangereux.

Un autocar ancien de 1937 conservé comme patrimoine
Cet autocar est un joyau datant de 1937.
« C’est un car de famille », explique Gérard Pellissier, le propriétaire qui en a fait don à Standard 216, Histo bus grenoblois, association de sauvegarde de l’histoire des transports en commun basée au Pont-de-Claix.
Visible au musée, l’autocar a aussi fait le bonheur de ses passagers.
Cette conservation donne une dimension patrimoniale à l’histoire des transports vers les lieux de pèlerinage.
L’ancien véhicule ne constitue pas seulement un moyen de transport disparu : il rappelle les conditions dans lesquelles les voyageurs rejoignaient autrefois les sanctuaires de montagne et les efforts techniques nécessaires pour desservir des sites isolés.
Un véhicule encore associé aux rassemblements d’automobiles anciennes
Mais voilà, l’été dernier, lors de Pétarades, rassemblement de véhicules anciens, le moteur du Rochet-Schneider a rendu l’âme à Vaujany.
L’association a d’ores et déjà trouvé un moteur de remplacement mais elle ne dispose pas des 1 200 euros...
La restauration de cet autocar permettrait de préserver un témoin concret de l’évolution des transports collectifs et de l’accès au sanctuaire de La Salette.
Les véhicules anciens dans la mémoire du pèlerinage
Les photographies de la Renault tous terrains, de l’autochenille Citroën, de l’autocar Unic et de l’autocar Delaye montrent plusieurs étapes de cette histoire.
| Période ou date | Véhicule ou aménagement | Élément historique |
|---|---|---|
| 1846 | Diligence puis marche à pied ou mule | 8 heures de Grenoble à Corps (65kms), puis accès par des sentiers |
| 1863 | Rampe taillée dans le roc | Aménagement du flanc de la montagne |
| 1867 | Piste et attelages à chevaux | Rampes de plus de 15 %, passage du Grippet à 30 % |
| 1920-1923 | Renault tous terrains | 3 ponts et 6 roues |
| 1920 | Cars très étroits | Essais de véhicules d’une dizaine de places |
| 1923 | Autochenille Citroën | Les chenilles ne résistent pas à la pente et au sol rocheux |
| 1927/28 | Autocar Unic | Utilisé dans la montée du Grippet |
| 1932 | Route du Grippet | Le tournant est pris en une fois |
| 1937 | Autocar Rochet-Schneider | Véhicule conservé par Standard 216, Histo bus grenoblois |
| 1946-1960 | Autocar Delaye | Utilisé dans la montée vers le sanctuaire |
| 1959-1968 | Route actuelle par Saint-Julien | Construction entre 1959-1960 et achèvement en 1968 |
Le contexte spirituel de La Salette
La « Belle Dame » a parlé aux deux petits bergers tout en pleurant.
Elle leur a confié sa peine et un message qui n’a rien perdu de son actualité.
« Faites-le bien passer à tout mon peuple » a-t-elle dit à Maximin et Mélanie.
Son message continue de nous interroger.
Peut-être y a-t-il quelque chose d’essentiel à découvrir et à vivre sur les hauteurs de La Salette...?
Les témoins de l’apparition
Pierre-Maximin GIRAUD est né à Corps le 27 Août 1835.
Le 19 septembre 1846, jour de l’apparition, il avait donc onze ans.
Son père était charron à Corps, et sa mère étant décédée, il grandissait sous la tutelle d’une belle-mère.
Il était d’une grande ignorance.
N’ayant jamais fréquenté l’école, il ne parlait que le patois de Corps et ne comprenait que quelques mots de français.
Née à Corps le 7 novembre 1831 de parents pauvres et d’une famille nombreuse, Françoise Mélanie CALVAT-MATHIEU dut quitter jeune la maison paternelle pour garder les troupeaux d’un maître.
En mars 1846, elle entra au service de Jean-Baptiste Pra, propriétaire aux Ablandins.
Au moment de l’Apparition, elle avait près de quinze ans et elle savait à peine faire le signe de croix : elle n’allait que rarement à l’église ; Dotée d’aucune mémoire, elle ne put faire sa première communion que lors de sa dix-septième année.
Le 19 septembre 1846
Les deux jeunes bergers se rendent le matin sur la montagne, conduisant chacun quatre vaches.
Vers deux heures et demie, Mélanie réveille Maximin pour aller voir leurs vaches couchées sur le versant du Gargas.
A peine ont-ils fait quelques pas que Mélanie aperçoit soudain devant elle une clarté éblouissante.
Cette lumière remplit le ravin et semble faire pâlir celle du soleil.
La lumière s’entrouvre alors et laisse voir une « Belle Dame » environnée de gloire, mais dont l’attitude révèle une tristesse profonde.
Alors, la Belle Dame se lève, croise les mains sur sa poitrine, et d’une voix douce dit : « Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. »
Le soir du 19 septembre, les deux bergers ramènent leur troupeau aux Ablandins et racontent à leur maître ce qu’ils ont vu.
La nouvelle se répand dans le hameau.
Certains les croient, d’autres hésitent, mais tous sont frappés de voir ces deux bergers si ignorants répéter en français une partie du discours qu’ils disent avoir entendu.

Un itinéraire aujourd’hui accessible en voiture et en autocar
Le Sanctuaire est situé dans le Pays de Corps, sur les hauteurs de la commune de La Salette - Fallavaux, à près 1800 m. d’altitude.
On monte maintenant en voiture ou en car, les sentiers jusque là très pratiqués sont moins utilisés par les pèlerins que par les randonneurs.
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Au-delà des rassemblements du 15 Août et du 19 Septembre, le site, perché à plus de 1800 mètres, mérite le détour.