Vieille ville de Saint-Tropez : histoire, architecture, culture et informations touristiques

Aux confins de la Provence, Saint-Tropez charme par son petit port coloré, sa vieille ville, ses plages de sable fin et ses criques ombragées.

À l’origine simple village de pêcheur, Saint-Tropez s’est fait connaitre dans le monde entier dès les années cinquante. Une clientèle fortunée, dont sportifs et people, vient y amarrer ses yachts et immenses navires et prendre ses quartiers dans de luxueuses villas, attirée par un lieu mythique à la vie nocturne effervescente.

Vieille ville et port de Saint-Tropez

Où se trouve la vieille ville de Saint-Tropez ?

Saint-Tropez est située dans le Sud-Est de la France, sur le littoral sud-est du Var, sur la presqu'île de Saint-Tropez qui ferme le golfe de Saint-Tropez.

La commune est située sur une presqu'île cernée du nord-ouest au sud-est par la mer Méditerranée qui ferme le golfe du même nom.

La commune ne possède de limite terrestre qu'avec Gassin à l'ouest - sud-ouest et Ramatuelle au sud.

Saint-Tropez est une destination touristique mondialement connue. Pourtant, il s’agit d’une commune au territoire bien plus petit que ces voisines, Gassin, Cogolin, Ramatuelle, Grimaud et Sainte-Maxime.

Elle a cependant donné son nom à un golfe aux fonctions militaire et maritime, avec ses chantiers navals et son usine de torpilles, où l’on organise chaque automne les fameuses Voiles de Saint-Tropez, un ensemble de régates, dimension également rappelée par son Musée d’histoire maritime et par les marinas de Port-Grimaud et de Cogolin.

Saint-Tropez est aussi une presqu’île associant un port (Saint-Tropez) et deux villages perchés (Gassin et Ramatuelle).

C’est enfin le nom de la communauté de communes du golfe de Saint-Tropez qui regroupe douze communes.

L’incorporation de la plage de Pampelonne, sur la commune de Ramatuelle, à l’appellation « Saint-Tropez », devenue une marque, révèle le caractère dominateur du toponyme et sa célébrité.

Un territoire maritime et préservé

La commune occupe une superficie de mille cent dix-huit hectares et son territoire est presque totalement occupé par des propriétés bâties sur de grandes parcelles, lui donnant une apparence environnementale relativement préservée.

Toutefois, des concentrations de constructions apparaissent autour du vieux village, sur le littoral, notamment entre les caps Saint-Pierre et de Saint-Tropez et entre le cap Pinet et la longue plage de Pampelonne, sur la commune de Ramatuelle.

Sur ses douze kilomètres de littoral, la commune dispose de six plages, à l'ouest à la limite avec Gassin, la grande plage de la Bouillabaisse, dans le vieux village, les plages de la Ponche et la Fontanette, après le cimetière marin, la plage des Graniers, dans la baie éponyme, la longue plage des Canebiers et à l'extrémité est de la presqu'île, la plage de la Moutte et celle des Salins[3].

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du 3 janvier 1986, dite loi littoral[19].

Histoire de Saint-Tropez : des origines à la ville actuelle

Préhistoire, Antiquité et héritage gréco-romain

Dans la presqu'île de Saint-Tropez, l'absence de grottes ou d'abris ne semble pas avoir été propice à l'installation de populations paléolithiques et n'a laissé que des traces fugaces difficiles à interpréter.

Par contre, le Néolithique et en particulier les Néolithiques moyen et final sont représentés par une quinzaine de sites.

L'Âge du fer est marqué par l'arrivée de populations qui connaissent et pratiquent l'écriture.

Vers 600 av. J.-C., les Phocéens, un peuple grec issu d'Asie mineure, investit le site de Marseille et les sites de mouillage de la côte méditerranéenne tels que Aegitna (Cannes), Antipolis (Antibes) ou Nikaïa (Nice).

La colonie grecque de Massalia rencontra des difficultés avec les peuples autochtones et fit appel par deux fois à l'aide des Romains en 154 et en 125 av. J.-C.

Cette colonisation est à l'origine de la construction de nombreuses villas.

À Saint-Tropez, celle dite « Les Platanes » en est l'illustration[41].

La légende de saint Tropez

Selon la légende, Saint-Tropez doit son nom à un grand officier de la cour de Néron, Caïus Silvius Torpetius (saint Tropez de Pise) né à Pise[32].

Converti par saint Paul, il engendre la colère de l'empereur Néron qui le fait décapiter le 29 avril 68 sur la place de Pise.

Le corps est jeté dans une vieille barque avec un coq et un chien chargés de le dépecer (selon un châtiment réservé habituellement aux parricides dont ces deux animaux sont les symboles), l'embarcation étant livrée au fleuve Arno sous le vent d'est puis aux caprices de la mer.

La légende raconte que la ville tire son nom de Caius Silvius Torpetius, un centurion romain.

Au Ier siècle après JC, il se convertit au christianisme, provoquant la colère de l’empereur Néron, qui le fait décapiter.

Son corps est placé dans une barque aux côtés d’un coq et d’un chien, sur la rivière Arno.

Quelques jours plus tard, l’embarcation à la dérive atteint le littoral tropézien.

Cette légende que la fantaisie populaire a plus ou moins façonnée contient probablement un fond de vérité : le nom d'Heraclea vient probablement d'un petit temple romain dédié à Hercule érigé au pied du village.

Les chrétiens ont sans doute détruit ce temple païen et rebaptisé le lieu du nom de leur saint fondateur légendaire, y élevant le castrum de Sant-Tropé.

Ce procédé de substitution toponymique reflète bien souvent la consolidation du christianisme dans une région.

Le Moyen Âge et le repeuplement génois

Au Xe siècle, une troupe de corsaires arabes dépendant du califat de Cordoue s'implante dans la presqu'île de Saint-Tropez.

Leur territoire est désigné sous le nom de Fraxinet.

Les musulmans seront chassés par Guillaume Ier comte de Provence, seigneur de Grimaud en 976.

Les premières mentions écrites de Saint-Tropez datent du milieu du XIe siècle.

Trois chartes de 1055 et 1056 relatent la donation d'une église de ce nom à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille par les vicomtes de Marseille[43], détachant de ce fait Saint-Tropez du domaine de Gassin.

Les chartes du XIe siècle attribuent à Saint-Tropez un territoire correspondant aux limites actuelles de la commune.

Une charte datant de 1234 identifie 57 chefs de famille, ce qui représente environ 250 habitants.

Au XIVe siècle, le village est abandonné, comme de nombreux autres villages provençaux.

À partir de 1436, le comte René Ier (le « bon roi René ») tente de repeupler la Provence.

Il crée la baronnie de Grimaud et fait appel au Génois Raphaël de Garezzio, gentilhomme, qui aborde la presqu'île avec une flotte de caravelles accompagné d'une soixantaine de familles génoises.

En contrepartie, les Tropéziens seront francs, libres, et exempts de tout impôt.

Cette charte confère une autonomie qui marque durablement l’identité de la ville.

Du XVe au XVIIe siècle, Saint-Tropez devient une république peuplée de familles génoises qui ont pour mission de défendre la ville.

Cette convention perdure jusqu’au règne de Louis XIV.

Les fortifications et l’architecture historique

Le 14 février 1470[45], un accord est passé entre Jean Cossa, baron de Grimaud, grand sénéchal de Provence et Raphaël de Garezzio.

Dans Saint-Tropez détruit par la guerre de la fin du XIVe siècle, Raphaël de Garezzio fait construire des murs d'enceintes dont deux larges tours sont encore debout : l'une à l'extrémité du grand môle et l'autre à l'entrée de la « Ponche »[46].

En 1558 la création de la charge de capitaine de ville, Honorat Coste, renforce l'autonomie de la ville.

Le capitaine élu, tous les ans, dirige les capitaines de quartiers, un bombardier, une milice et des mercenaires.

Saint-Tropez est devenue une place défensive importante sur la côte provençale.

La citadelle et le paysage urbain

La commune est constituée de différentes zones d'urbanisme.

Le centre-ville est constitué de petit habitat collectif ancien.

À l'est de cette zone, la citadelle constitue un espace boisé classé, prolongé au sud du cimetière marin et sur tout le centre de la presqu'île jusqu'à la pointe de Capon.

Au sud du centre-ville se trouve une zone de petit habitat collectif et individuel, prolongée, vers Ramatuelle et aussi sur la pointe de la presqu'île entre le cap saint-Pierre et le cap des Salins par un habitat individuel haut de gamme.

Des zones agricoles préservées au sud-ouest de la commune et au centre est de la presqu'île[23].

Citadelle et toits de la vieille ville

Les ruelles et le quartier de la Ponche

Le vieux village concentre une grande partie des constructions et des fonctions historiques de Saint-Tropez.

Les murs d'enceinte, les tours, le port et l'entrée de la « Ponche » témoignent du rôle défensif et maritime de la cité.

La baie de Saint-Tropez a reçu la grâce en héritage.

En surplomb, le célèbre clocher orangé et ocre de l’église.

Les plages de la Ponche et la Fontanette se trouvent dans le vieux village, après le cimetière marin.

Saint-Tropez, port maritime et ville de pêcheurs

Une économie fondée sur la mer

Au XVIIe siècle, l’économie locale repose principalement sur les activités maritimes : pêche, cabotage méditerranéen, commerce régional et construction navale.

En 1615, Saint-Tropez accueille durant quelque temps l'expédition de Hasekura Tsunenaga, qui se rendait à Rome mais est obligée de s'arrêter à cause du mauvais temps.

Le 15 juin 1637, les Tropéziens viennent à bout de 21 galères espagnoles.

Au XVIIIe siècle, Saint-Tropez demeure un port actif, bien que secondaire par rapport aux grands centres maritimes comme Toulon ou Marseille.

Les guerres navales, la centralisation monarchique et la concurrence commerciale limitent son développement.

L’ensablement progressif du port contribue également à un déclin relatif.

Au XIXe siècle, la navigation reste au cœur de la vie locale : de nombreux Tropéziens sont marins, capitaines ou armateurs, pratiquant le cabotage en Méditerranée et parfois la navigation au long cours.

Ensuite, Saint-Tropez subit les effets de profondes transformations économiques tels que développement des ports industriels ou l’essor du chemin de fer, dont la ville est exclue.

Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, nous avions plus à faire à une anti-Côte d’Azur qu’à une marge en voie d’absorption, non que le tourisme n’y existait pas, mais parce que la fréquentation y était modeste (Juillard).

Alors que la Côte d’Azur paraissait encore loin, la presqu’île de Saint-Tropez a contribué à son développement, jusqu’au début du XXe siècle, par les multiples tartanes qui transportaient le sable extrait de ses plages et qui a servi à l’urbanisation de Nice.

Le port et les yachts

Mais c’est la plaisance de luxe qui est le plus remarquable.

Malgré la capacité d’accueil réduite de celui-ci, le nombre de yachts en été est impressionnant autour de la presqu’île.

Les yachts font désormais partie du paysage touristique et de l’image internationale de Saint-Tropez.

On cherche à voir quelques célébrités sur le quai du port au café Sénéquier ou sur la place des Lices.

Yachts dans le port de Saint-Tropez

De la ville maritime au foyer artistique

La lumière de Saint-Tropez

À la fin du XIXe siècle, Saint-Tropez attire des artistes séduits par la qualité de sa lumière, la diversité de ses paysages méditerranéens et son éloignement des grands centres urbains.

En 1887, Guy de Maupassant, atteint de la syphilis, vient s'y reposer dans son yacht.

À la fin du XIXe siècle, Guy de Maupassant fait accoster son yacht, le Bel-Ami, sur les quais du petit port varois.

L’écrivain tombe immédiatement sous son charme.

Un tournant décisif intervient en 1892 avec l’arrivée du peintre Paul Signac.

Figure majeure du néo-impressionnisme, il découvre Saint-Tropez lors d’un voyage en Méditerranée et s’y installe durablement, notamment dans sa maison-atelier La Hune.

Saint-Tropez devient alors un foyer actif du néo-impressionnisme, fondé sur l’étude scientifique de la couleur et de la lumière.

Cette dynamique artistique amorcée à la fin du XIXe siècle prépare l’essor ultérieur de Saint-Tropez comme lieu de création et d’expérimentation artistique.

Saint-Tropez joue un rôle majeur dans l'histoire de l'Art Moderne.

Paul Signac découvre cet endroit baigné de lumière et incite des peintres co...

Il y reste près de vingt ans et fait de cette contrée un foyer du néo-impressionnisme et de l’avant-garde picturale, où passent Pierre Bonnard (1867-1947), Henri-Edmond Cross (1856-1910), Raoul Dufy (1877-1953) ou Henri Matisse (1869-1954).

Henri Matisse y peint « Une vue de Saint-Tropez ».

Les écrivains et les personnalités de l’entre-deux-guerres

Dans les années 1920, la proximité de stations thermales attire des artistes comme Colette.

En 1920, la ville de Saint-Tropez dépose une demande de classement en « station touristique », le conseil municipal refuse de percevoir la taxe de séjour, estimant que « la localité n’est pas encore fréquentée par un assez grand nombre d’étrangers » (Raybaut).

Elle obtiendra ce classement en 1928 quand une nouvelle équipe municipale acceptera de prélever cette taxe.

Beaucoup de ses visiteurs cherchaient à échapper à l’urbanité croissante et à la foule qui se pressait en hiver à Nice, Monaco ou Cannes.

Ce qu’explique Louis Trégaro : « sur la côte des Maures, le touriste n’est pas le même que sur la Riviera : il ne recherche pas la station luxueuse et mondaine, mais bien plutôt le petit coin tranquille ou se reposer dans un paysage admirable ».

De la sorte, on trouvait sur la presqu’île de Saint-Tropez une élite intellectuelle ou économique, à la suite de l’installation du peintre Paul Signac (1863-1935), en 1892, après avoir lu le roman de Maupassant Sur l’Eau (1876).

Simultanément, des personnes fortunées font l’acquisition de grands domaines et bâtissent de belles demeures.

Maurice Bergès fait construire une grande villa de style grec à L’Escalet, sur le territoire ramatuellois, en 1913, suivant les traces d’une aristocrate anglaise qui avait fait édifier, en 1908, un château au cap Camarat.

Celui-ci est racheté en 1926 par Léon Volterra (1888-1949), homme de spectacles qui dirigea le Casino de Paris ou l’Olympia et qui fut maire de Saint-Tropez de 1935 à 1941.

C’est par lui que de nombreuses vedettes de l’époque découvrent avant-guerre Saint-Tropez, tels Mistinguett, Raimu, Jean Cocteau ou Joséphine Baker.

La notoriété du lieu est donc antérieure à Brigitte Bardot (BB).

L’ambiance bohème et « authentique » du lieu attire Colette (1873-1954), qui s’installe à l’année, en 1925, sur la baie des Canebiers dans sa villa la « Treille Muscate », qu’elle quitte en 1938 devant l’affluence croissante due notamment au rôle de Léon Volterra.

La faillite après quelques saisons de l’hôtel Latitude 43, ouvert en 1932 avec ses 460 chambres, démontre toutefois que dans l’entre-deux-guerres, le tourisme de la presqu’île est bien différent de celui de Nice ou de Monaco et que les projets de grande ampleur sont inadaptés.

La Seconde Guerre mondiale et la reconstruction

Le 15 août 1944, la flotte alliée débarque sur les plages voisines et Saint-Tropez est la première ville de Provence libérée, par Henri d'Astier de la Vigerie à la tête des 50 hommes du « Détachement spécial » des Commandos de France[51] avec l'aide des résistants locaux mobilisés la veille par des messages codés à la radio.

Après 1944, le port est en ruines, la chapelle des Pénitents blancs est mutilée, les quais ayant été dynamités par l'armée allemande au matin du débarquement, afin de le rendre inutilisable.

Lors de la reconstruction du port, Philippe Tallien, architecte, remarque des ouvriers qui se préparent à détruire l'arche branlante du marché aux poissons.

Il fait tout arrêter, part à Paris, alerte des personnalités influentes qui forment un comité.

La reconstruction préserve ainsi des éléments caractéristiques du paysage urbain et maritime de la vieille ville.

La naissance de la station balnéaire internationale

Les années 1950 et Brigitte Bardot

Dès les années 1950, Saint-Tropez devient une station balnéaire internationalement connue de la Côte d'Azur, notamment grâce à Brigitte Bardot et au tournage de Et Dieu… créa la femme en 1956, et à l'engouement qui s'ensuivit par les artistes de la Nouvelle Vague.

Le tournage du film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme, en 1955, avec Brigitte Bardot, est généralement la date que l’on retient quand on cherche à comprendre le phénomène Saint-Tropez, mais ses bases ont été jetées durant les trois décennies précédentes.

Dans les années soixante, la ville devient un lieu mythique dans la foulée du tournage de Et Dieu créa la femme de Roger Vadim.

Sa femme, Brigitte Bardot, alias BB, y crève littéralement l’écran.

La dynastie des créations Vachon : Claire Vachon s’installe à Saint-Tropez en 1919.

Sa fille Manine a l’esprit créatif et crée une mode méditerranéenne qui enthousiasme la Nouvelle Vague.

Au début des années 1950, le grand public découvre la mode et le mannequin de 16 ans, Brigitte Bardot.

La mode est simple, décontractée, la cravate interdite.

Paul Poiret s’inspira de la tonalité des foulards.

En 1963, après 40 ans de création, Manine se retire.

Tout ce que portait Brigitte Bardot était reproduit.

Après Mme Vachon, se succédèrent bien d'autres maisons de créations comme Choses d'Albert et Vicky Rémy, qui ont ouvert la boutique en 1957 à côté de Sénéquier.

Le cinéma et la culture populaire

Sur fond de battage médiatique[53], plusieurs autres films y sont tournés comme La Collectionneuse et La Piscine, ou des films plus populaires, comme La Cage aux folles, La Scoumoune, L'Année des méduses, la série des « Gendarmes ».

Les plages de la presqu’île, notamment celle de Pampelonne avec ses 4,5 km de long, sont propices à la baignade estivale, pratique touristique désormais la plus désirée.

Le festival de Cannes, dont la première édition se déroule en 1946, n’est qu’à 90 km.

Les corps se dénudent avec le monokini puis le nudisme dans les années 1960, Brigitte Bardot chante « Nue au soleil » (1970).

Dans le célèbre film Les Gendarmes de Saint-Tropez (1964), avec Louis de Funès, on se souvient de la scène où ceux-ci traquent les « culs nus ».

La boîte gay du fameux film La Cage aux Folles (1978) est située sur le port de Saint-Tropez.

Les mœurs s’y libèrent, une certaine jeunesse s’y défoule, à l’image de Françoise Sagan (1935-2004), incarnant parmi d’autres le moment de lieu tropézien, quand ce dernier devient un modèle pour d’autres lieux, faisant basculer Saint-Tropez dans la Côte d’Azur, l’associant au Sea, Sand, Sex and Sun.

Culture, célébrités et identité tropézienne

Toute la presqu’île reste aujourd’hui fortement marquée par les célébrités qui l’ont fréquentée.

Gérard Philippe (1922-1959) a passé ses dernières années à Ramatuelle et y est enterré.

On vient en pèlerinage sur les traces de BB ou sur celles de Johnny Halliday, qui s’est remarié en 1990 à la mairie de Ramatuelle.

On se souvient du mariage de Bianca et Mick Jagger en 1971 ou des soirées blanches d’Eddie Barclay (1921-2005).

Les frasques des uns et des autres tissent la légende du lieu.

Depuis les années 1950, la commune est devenue une station balnéaire plébiscitée par la jet set et les artistes.

Le luxe dans les ruelles

La physionomie du village évolue profondément : d’ancien village de pêcheurs, il se transforme en destination touristique haut de gamme où se multiplient les boutiques de luxe telles que Dior, Louis Vuitton, Fendi, Bulgari, Rimowa...

En 2025, LVMH y possède 18 adresses, dont des hôtels et restaurants.

Le luxe s’est emparé des ruelles de Saint-Tropez, le groupe LVMH ayant racheté de nombreuses boutiques pour y être présent au travers des marques Céline, Kenzo, Vuitton, Fred, Dior, Fendi, Kenzo…

LVMH y possède également un hôtel et un restaurant.

Chanel investit chaque été le somptueux hôtel particulier La Mistralée.

Saint-Tropez est pleinement intégrée à l’activité de la détaxe touristique azuréenne.

Selon la société suisse Global Blue (février 2024), la Côte d’Azur génèrerait 12 % de l’activité française de la détaxe touristique en 2023, qui ne concerne que les clientèles non-européennes pouvant bénéficier de la détaxe à l’exportation.

Saint-Tropez concentrerait 13 % de la détaxe touristique de la Côte d’Azur, derrière Cannes 32 % et Nice 30 %.

C’est à Monaco qu’il se dépense le plus avec 2 718 € par panier en moyenne contre 1 892 € à Saint-Tropez et 1 640 € à Cannes (montant des achats payés par passage en caisse, donc détaillé par commerçant et non globalisé sur une journée type), mais les clients achètent plus par personne à Saint-Tropez qu’à Cannes ou Nice.

Les spécialités et les savoir-faire locaux

Impossible de se rendre à Saint-Tropez sans croquer dans LA spécialité locale : la célèbre tarte tropézienne, brioche parsemée de généreux morceaux de sucre et fourrée d’un mélange de deux crèmes onctueuses, crée en 1955 par le pâtissier Alexandre Micka.

Autre incontournable : les sandales tropéziennes, reconnaissables à leurs lanières de cuir.

Elles sont notamment fabriquées à l’atelier Rondini, affaire familiale qui a ouvert ses portes en… 1927.

Saint-Tropez est une commune viticole du vignoble de Provence[107].

La synagogue de Saint-Tropez se trouve à l'entrée de la ville, à la hauteur du Pilon.

Fréquenter la vieille ville et la presqu’île

Une destination très visitée

Saint-Tropez est située dans le premier département touristique de France[112].

Avec six millions d’excursionnistes qui viennent visiter à la journée le village et son port, Saint-Tropez est un site touristique quantitativement comparable au Rocher de Monaco et à la place du Casino de Monte-Carlo, mais avec une saisonnalité plus marquée.

Au centre, le village de Saint-Tropez où les touristes hébergés ne représentent pas grand-chose par rapport aux très nombreux visiteurs en vacances venus de toute la région pour la journée en été.

À proximité, on trouve des complexes résidentiels ou hôteliers, fermé comme les Parcs de Saint-Tropez, ouvert comme Port-Grimaud.

Ils proposent des séjours plus relaxants, le premier illustrant une autoségrégation des élites et la tendance à une « réclusion ostentatoire » (Bruno et Salle, 2018).

Au-delà de ce périmètre, le reste de la destination offre un tourisme plus varié.

Plages, nature et mobilités douces

Une autre façon d’éviter les embouteillages et de prendre le bateau.

Les établissements de plage de Pampelonne proposent des liaisons maritimes avec le port de Saint-Tropez, mais c’est la plaisance de luxe qui est le plus remarquable.

Cet espace naturel remarquable a fait l’objet récemment d’une importante opération de réhabilitation avec protection du cordon dunaire, plantations, cheminements pour les piétons en bois, piste cyclable et incitation aux mobilités douces, limitation de l’empiètement des établissements de plage, réorganisation des aires de stationnement, etc., un vrai défi sur un espace aussi convoité et exploité.

Comme dans d'autres communes du Golfe de Saint-Tropez très visitées en saison, le Conservatoire du littoral, propriétaire des espaces remarquables, s'est inquiété d'une forte fréquentation estivale.

Accès à Saint-Tropez et déplacements

Le territoire de Saint-Tropez n'est traversé par aucune route d'importance.

Un démembrement de l'ancienne nationale 98 à partir du célèbre carrefour de La Foux permet de rallier le village et se poursuit vers le sud de la presqu'île par la route départementale 93, dite « route des Plages » en direction des plages de Ramatuelle.

Elle matérialise la limite entre Saint-Tropez et Gassin à l'ouest.

Dès lors, le réseau secondaire revêt une importance pour la commune, avec notamment la route des Salins qui traverse la presqu'île d'ouest en est depuis le centre-ville, le chemin du Pinet qui part vers le sud depuis le complexe sportif et le chemin Sainte-Anne depuis la place des Lices.

La ville est aussi accessible par l'A57 avec la sortie « Le Cannet-des-Maures » puis par la D 558 sur 24 kilomètres jusqu'à Grimaud puis par la D 61 sur 9 kilomètres en passant par le carrefour de La Foux[27].

Commune desservie par le réseau régional de transports en commun Zou !.

L'aéroport international d'envergure le plus proche est l'aéroport de Nice-Côte d'Azur à 91 kilomètres.

Toutefois, le mode de transport utilisé localement est bien plus souvent l’automobile individuelle ou de location que les transports publics.

Seuls 17 % de ses touristes ont utilisé le train ou l’avion pour quitter la région.

Quand les excursionnistes doivent affronter en été des heures d’embouteillage pour accéder à Saint-Tropez, certains y arrivent par les airs.

En jet privé à l’aéroport Saint-Tropez-La Môle, qui a enregistré près de 10 000 passagers en 2023 (soit un trafic à peu près identique à celui de Cannes-Mandelieu), dont plus du tiers sont internationaux, car reconnu comme un point de passage frontalier en été.

En hélicoptère, avec des transferts depuis Cannes, Nice ou Monaco.

Quand il faut trois heures en saison pour venir de l’aéroport Nice-Côte d’Azur, il faut moins de 30 minutes en hélicoptère pour un peu plus de 2 000 euros l’aller simple par passager.

La question du survol des hélicoptères est devenue un sujet sensible.

L’hélistation de Saint-Tropez a fermé en 1998 en raison des nuisances sonores, mais le trafic a continué d’augmenter à cause d’une demande en progression exponentielle.

Près de 19 000 mouvements d’hélicoptères ont été enregistrés en 2019 et faute d’hélistation, excepté celle de Grimaud qui enregistre une soixantaine de mouvements par jour en haute saison, les atterrissages un peu partout se multiplient, y compris sur les yachts équipés d’hélisurface.

Sous la pression des opposants, l’État peine à mettre en place une réglementation stricte.

Tourisme, logement et transformations sociales

En 2004, cinq mille neuf cents logements étaient répartis sur le territoire de la commune, dont 49,3 % de résidences secondaires, à 51,8 % des appartements et 43,4 % des villas.

Saint-Tropez doit gérer une notoriété très lucrative mais qui évince progressivement les Tropéziens, nombreux à avoir vendu leurs terres ou leurs biens immobiliers, ainsi que les actifs qui n’ont plus les moyens de se loger sur place et qui ne trouvent pas les commerces de proximité nécessaires.

La commune a perdu presque la moitié de sa population en 40 ans (6 200 habitants en 1982, environ 3 500 aujourd’hui) ce qui n’est pas le cas de Ramatuelle et Gassin où la population a légèrement augmenté sur la même période.

Dans ces deux dernières, le tourisme et les touristes y sont plus diversifiés.

Le paysage vallonné qu’elles proposent est typiquement provençal, fait de pinèdes et de vignobles, mais les lotissements s’y sont multipliés, spécialement dans les années 1960-1970 dans la partie méridionale et orientale du territoire ramatuellois.

Un tourisme social s’y est développé, écho de ce « Var rouge », qui était une terre de gauche par excellence et dont témoigne encore un maire socialiste à Ramatuelle (à la tête d’une majorité sans étiquette), l’ouverture d’un village de vacances Léo Lagrange en 1979, après celui de La Garde-Freinet (1976), ou les campings à la ferme.

Ces derniers hébergent aujourd’hui beaucoup de travailleurs saisonniers qui ont généralement du mal à se loger.

Une destination marquée par les inégalités

Mais cette promiscuité, entre les « suceurs de glace », qualificatif méprisant, et les nantis admirés sur leurs yachts, est de plus en plus une illusion.

En effet, les lieux inaccessibles au commun des mortels se sont multipliés, qu’ils s’agissent des hébergements de plus en plus chers à Saint-Tropez, qui poussent des touristes à dormir dans leur voiture, aux clubs réservés aux VIP (Very Important People), tel le Nikki Beach, très apprécié de la jet-set sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle (Mears), dans lesquels le champagne coule à flot et dont certains clients peuvent dépenser plus d’un million d’euros de consommation en une soirée ou, à Saint-Tropez, le night-club ultra-select Les Caves du Roy du fameux hôtel Byblos.

Ce dernier est un des quatre palaces de la presqu’île, avec le Château de la Messardière et le Cheval-Blanc à Saint-Tropez ainsi que La Réserve à Ramatuelle.

L’entre-soi est aussi de règle dans les « Parcs de Saint-Tropez », domaine de 120 hectares, bâti autour du château Borelli, qui abrite plus de 200 demeures entre les mains des plus grandes fortunes de France, expliquant le surnom « CAC 20 » de cette enclave sécurisée car la moitié des patrons du CAC 40 y résiderait, un lieu de réseautage où l’on séjourne en famille souvent depuis deux ou trois générations (Pinçon et Pinçon-Charlot, Knafou, 2012).

Se côtoient donc sur la presqu’île des espaces de natures de plus en plus différenciées, voire opposées.

La présence grandissante des ultra-riches a eu tendance à accentuer les disparités entre les différents territoires de cette destination.

Hébergements dans la vieille ville et autour du golfe

Les établissements situés dans la vieille ville offrent un accès direct aux ruelles historiques, au port et aux restaurants, tandis que les hôtels installés à l’écart du centre recherchent davantage le calme et les espaces extérieurs.

  • Hôtel Le Yaca Saint-Tropez, 1 Boulevard d'Aumale Saint-Tropez : le prix est de 632 € par nuit du 23 sept. au 24 sept..
  • Hôtel La Ponche, 5 rue des remparts Saint-Tropez Paca : le prix est de 632 € par nuit du 20 sept. au 21 sept..
  • Résidence Saint-Tropez FENIERS, 14 Rue des Feniers Saint-Tropez Var : le prix est de 743 € par nuit du 30 août au 31 août.
  • Hôtel Le Domaine de l'Astragale, Saint-Tropez : le prix est de 508 € par nuit du 6 sept. au 7 sept..
  • Kube Hotel Saint-Tropez, 319 Route du Littoral Gassin Var : le prix est de 591 € par nuit du 22 sept. au 23 sept..
  • Le Suffren Hotel, Golfe de Saint-Tropez, 16 place du marche, 16 Grimaud Provence - Alpes - Cote d'Azur : le prix est de 193 € par nuit du 20 sept. au 23 sept..

Les prix et la disponibilité sont susceptibles de changer.

Climat et environnement

Sur le plan géologique, ce massif est donc essentiellement constitué de roches métamorphiques.

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[7].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 15,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,5 °C.

Le cumul annuel moyen de précipitations est de 859 mm, avec 6,7 jours de précipitations en janvier et 1,3 jours en juillet[7].

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Cogolin_sapc », sur la commune de Cogolin à 9 km à vol d'oiseau[9], est de 15,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 958,0 mm.

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[12].

Chiffres et repères touristiques

RepèreInformation
Superficie communalemille cent dix-huit hectares
Littoraldouze kilomètres
Plagessix plages
Température annuelle moyenne15,6 °C
Précipitations annuelles moyennes, 1971-2000859 mm
Résidences secondaires en 200449,3 %
Excursionnistes à la journéesix millions
Séjours sur le golfe en 20221,8 million
Durée moyenne des séjours en 20228,5 nuits
Part des étrangers dans les nuitées46 %
Trafic de l’aéroport Saint-Tropez-La Môle en 2023près de 10 000 passagers

Saint-Tropez (Sous le soleil) - L’ombre du père S13EP19

tags: #vieille #ville #saint #tropez