TER Alsace–Bâle : travaux ferroviaires et perturbations jusqu’en mai 2029

Trois ans et demi de galère sont à venir pour les 6.000 frontaliers qui vont travailler chaque jour en train depuis l’Alsace. La compagnie de chemin de fer suisse annonce des travaux dans deux tunnels de Bâle jusqu’en mai 2029.

Environ 14% du trafic TER depuis Mulhouse sera impacté chaque semaine. Ces travaux risquent de compliquer durablement les déplacements des Alsaciens qui vont travailler en Suisse par le train.

Pourquoi les tunnels de Bâle doivent-ils être transformés ?

La compagnie ferroviaire suisse, la CFF, lance au mois de novembre de gros travaux dans deux tunnels de Bâle. Il faut, disent les Suisses, creuser le sol de deux tunnels ferroviaires qui traversent Bâle : le Schützenmatt et le Kannenfeld.

L’idée est de rabaisser les voies de 50 cm pour permettre de faire passer des trains de fret transportant des semi-remorques de 4 mètres.

« Il faut abaisser les voies de 50 cm pour avoir le gabarit nécessaire. La vieille norme des remorques sur les trains était de 3,80 mètres. Si on augmente de 20 cm, pour passer à 4 mètres, cela correspond à une augmentation de capacité énorme de 50%. C’est pour cela que l’on est intéressé de faire ce projet », détaille Thomas Staffelbach, coordinateur projets chez Chemins de fer fédéraux suisses infrastructure.

Le projet s’inscrit dans le cadre du développement du corridor fret européen P400 visant à favoriser le transport de marchandises via le fret.

Les chemins de fer Suisses insistent quand même sur le fait que ces travaux estimés à 114 millions de francs suisses sont indispensables parce qu’un tiers des marchandises entrant dans la confédération via Bâle.

ÉlémentDonnée
Tunnels concernésLe Schützenmatt et le Kannenfeld
Abaissement des voies50 cm
Hauteur visée pour les remorques4 mètres
Capacité supplémentaire annoncée50%
Coût estimé114 millions de francs suisses
Durée des travauxJusqu’en mai 2029

Une seule voie maintenue en provenance de France

Il ne restera dans ces tunnels qu’une seule voie de circulation. Durant les travaux, une seule voie ferroviaire en provenance de France restera donc ouverte à Bâle.

Résultat : de nombreux TER venant d’Alsace vont être purement et simplement supprimés. Et cela va durer trois ans et demi, au moins jusqu’en mai 2029.

Il faut dire que 6.000 frontaliers utilisent le train tous les jours pour aller à Bâle depuis l’Alsace. C’est l’une des plus grosses lignes TER du Grand Est.

Les heures de pointe seront ainsi préservées. Les TER supprimés se concentreront surtout entre 9h et midi et entre 18h et 20h.

Il n’y aura alors plus de circulations entre Saint-Louis et Bâle.

Carte TER Alsace Saint-Louis Bâle

14% du trafic TER impacté pendant la première phase

14% du trafic TER venant de France sera donc impacté.

Thibaud Philipps, le vice-président de la région en charge des transports, estime que la situation aurait pu être pire.

« On a réussi à réduire l’impact. Au départ, on devait avoir un impact de 21% sur le trafic, finalement ce sera 14%. Donc on a 88 TER qui vont être impactés sur chaque semaine quand on aurait pu en avoir 52 de plus au départ des discussions. On a réussi à sauver 52 TER. Mais c’est un sujet qui nous inquiète et qui inquiète les usagers, cela va avoir de forts impacts », dit-il.

Phase des travauxImpact annoncé
Jusqu’en juin 202714% du trafic
Après juin 2027 et jusqu’à la fin des travaux7.5% du trafic

Les opérations commenceront donc en novembre, pour s’achever en mai 2029. Il y aura deux phases : jusqu’en juin 2027, 14% du trafic sera impacté. Ce sera ensuite 7.5% du trafic jusqu’à la fin des travaux.

Des suppressions concentrées en dehors des heures de pointe

Selon les prévisions présentées par la SNCF, les suppressions de TER se concentreront principalement sur deux périodes de la journée : entre 9h et midi, puis entre 18h et 20h.

Les heures de pointe seront ainsi préservées, mais les voyageurs subiront des interruptions importantes en dehors de ces créneaux.

Le train omnibus Mulhouse/Bâle continuera à circuler normalement. La crainte, côté région Grand Est, est toutefois une sur-fréquentation de cette petite ligne d’appoint par report massif de passagers.

La région n’a pas eu le temps, dit-elle, de la renforcer.

Des week-ends de coupure complète

Les perturbations ne se limiteront pas aux suppressions de trains en semaine. Plusieurs week-ends de fermeture complète de la circulation sont prévus en 2026, mais aussi dès cette année.

« On aura quatre week-ends coups de poing qui vont se répartir en octobre et novembre où on aura une fermeture totale des voies du vendredi soir au lundi matin. Les 7 week-ends suivants en 2026 ce seront les mêmes contraintes avec des fermetures totales de voies du samedi matin à 1h jusqu’au lundi matin », détaille Anthony Leroux, de SNCF Voyageurs.

En cas de fermeture totale entre Saint-Louis et Bâle, les voyageurs pourront toutefois emprunter le tramway 3, qui relie la gare française à la ville suisse, sur présentation d’un titre SNCF.

En raison de l’important chantier débuté en 2025 sur le réseau ferroviaire suisse, aucun train ne circule certains week-ends entre Saint-Louis et Bâle. Les voyageurs sont invités à prendre le tramway transfrontalier jusqu’à la fin de la perturbation le lundi matin.

Tramway Bombardier Flexity 2 BVB Saint-Louis Basel

Le tramway 3 comme solution pendant les interruptions

Après des travaux sur le ferroviaire suisse, il n’y aura pas de TER entre Saint-Louis et Bâle de samedi 6 juin jusqu’à lundi 8 juin au matin.

Les voyageurs pourront toutefois emprunter le tramway 3, qui relie la gare française à la ville suisse, sur présentation d’un titre SNCF.

Cette solution concerne les périodes de coupure complète de la circulation ferroviaire entre Saint-Louis et Bâle. Elle doit permettre aux voyageurs de poursuivre leur trajet transfrontalier pendant la fermeture des voies.

Une inquiétude forte dans le Grand Est

Côté région Grand Est, une certaine inquiétude monte.

« C’est sûr que c’est un sujet qui nous inquiète. Ce qui nous inquiète, c’est que c’est 6.000 personnes qui passent par le train pour aller à Bâle. Donc cela va quand même avoir de forts impacts », se désole l’élu.

La région regrette également que les autorités suisses aient averti très tardivement de ces travaux.

« C’était tardif, c’est clair. Mais avec un échange très intense et une collaboration étroite qu’il faut mener maintenant, on trouve qu’on a essayé d’avoir une situation optimale aussi pour les clients. C’est vrai qu’il y a des impacts, mais on a essayé de minimiser cela », estime Thomas Staffelbach.

La crainte principale concerne le report massif de passagers vers les trains qui continueront à circuler, notamment la ligne omnibus Mulhouse/Bâle.

La question des compensations financières

La région voudrait des compensations pour les abonnés du TER financées entièrement par la Suisse, responsable des travaux et donc des perturbations.

« Cela va avoir de forts impacts, cela devrait être normal de mettre en place un certain nombre de compensations, on est en train de discuter avec nos partenaires suisses », dit Thibaud Philipps.

Mais pour l’instant, les Suisses n’ont pas vraiment répondu.

La question concerne en particulier les voyageurs qui continueront à payer leur abonnement malgré la suppression de certains trains, les allongements de trajet et les reports vers d’autres moyens de transport.

Les principales conséquences pour les voyageurs

  • De nombreux TER venant d’Alsace seront supprimés.
  • 14% du trafic TER venant de France sera impacté jusqu’en juin 2027.
  • L’impact sera ensuite de 7.5% du trafic jusqu’à la fin des travaux.
  • Les suppressions se concentreront surtout entre 9h et midi et entre 18h et 20h.
  • Il n’y aura alors plus de circulations entre Saint-Louis et Bâle.
  • Plusieurs week-ends connaîtront une fermeture totale des voies.
  • Le train omnibus Mulhouse/Bâle continuera à circuler normalement.
  • Le tramway 3 pourra être emprunté entre Saint-Louis et Bâle pendant certaines coupures, sur présentation d’un titre SNCF.
  • Une sur-fréquentation de la ligne omnibus Mulhouse/Bâle est redoutée.
  • Des compensations financières pour les abonnés du TER sont encore discutées.

Un chantier nécessaire pour le fret ferroviaire

Selon les Chemins de fer fédéraux suisses, il était impossible de réaliser ces travaux de nuit, car cela aurait été trop dangereux.

Le projet est présenté comme fondamental pour le développement du corridor fret européen P400 et pour l’augmentation de la capacité des trains de marchandises.

L’abaissement des voies doit permettre la circulation de trains transportant des semi-remorques de 4 mètres, contre une ancienne norme de 3,80 mètres.

Cette transformation doit faciliter le transport de marchandises via le fret, alors qu’un tiers des marchandises entrant dans la confédération passe par Bâle.

Les travaux entraîneront donc des perturbations importantes pour les voyageurs alsaciens, tandis qu’ils doivent permettre d’adapter durablement l’infrastructure ferroviaire suisse au transport de marchandises.

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