Semaphore route touristique de Ploudalmézeau : itinéraire, paysages et histoire des sémaphores

Avez-vous déjà entendu parler de la route touristique de Landunvez ? Si vous êtes un habitué du Finistère Nord, je suis sûre que oui ! Et c’est bien normal car cette route est une véritable pépite ! Pour ceux qui ne la connaissent pas encore et qui souhaitent parcourir le Finistère Nord en voiture, lisez-donc cet article qui va vous intéresser.

Si on veut être précis, la route touristique de Landunvez relie Penfoul à Portsall. Mais pour vous faire découvrir d’autres coins qui valent également le détour, je vais étendre un peu le chemin au Sud et au Nord. Notre périple commence donc sur la commune voisine de Porspoder. Pour ceux qui ont suivi mes précédents articles, nous sommes au deuxième jour de notre périple en Finistère Nord. Et après les phares et autres merveilles du pays d’Iroise découverts la veille, nous continuons la route au Nord en direction du pays des Abers.

Carte de la route touristique côtière

Mais revenons au coeur de cet article. La journée débute donc au niveau de l’île Melon. Cette petite île renferme des vestiges mégalithiques avec de nombreux menhirs et un dolmen. Après ce premier arrêt, nous avons filé vers la presqu’île Saint-Laurent. L’ambiance y était très étrange avec la brume qui régnait ce matin-là dans le ciel de Porspoder. La visibilité au loin était assez réduite mais les couleurs très sympa. Ça doit être complètement différent de faire la balade sous un grand soleil. Une fois garés sur le parking, vous pouvez facilement faire le tour de la presqu’île.

Reprenez ensuite la D27 vers le Nord. Au niveau de Penfoul, prenez à gauche sur la D127. Plusieurs parkings sont à disposition des automobilistes tout le long de la route. Cela vous permet de faire autant d’arrêts que vous le souhaitez pour admirer cette côte sauvage absolument magnifique ! J’avoue, j’avais envie de m’arrêter partout.

Au delà du paysage magnifique, il y a selon moi deux arrêts à ne pas manquer. Le premier c’est la petite chapelle Saint-Samson. Située en bordure de la route, elle surplombe un paysage divin. Trémazan est selon moi le second arrêt à ne pas manquer sur cet itinéraire. Et pour plusieurs raisons. Si vous aimez les chevaux, vous serez ravis de pouvoir approcher ces magnifiques chevaux de trait bretons qui profitent de la vue incroyable en bord de mer. Et la magnifique plage de Trémazan tout comme la pointe Beg ar Galéti sont un très bon choix pour un arrêt bronzette.

Et c’est justement à Portsall que nous nous arrêtons ensuite. La Balade sur le port vous évoquera forcément la catastrophe de l’Amoco Cadiz. Le naufrage de ce gros pétrolier en mars 1978 au large de Portsall est aujourd’hui encore considéré comme l’une des pires catastrophes écologiques de l’Histoire. Et il a bien sûr beaucoup marqué les esprits dans cette région.

Si vous voulez prendre de la hauteur et admirer Portsall et ses eaux turquoises différemment, je vous conseille le point de vue de la pointe du Gilliguy. Vous pourrez d’ailleurs y observer un ensemble mégalithique ainsi que la grande croix du Guilliguy. Pour terminer la matinée riche en découvertes, on part pique-niquer à l’ombre des arbres, à côté de la plage de l’ile Carn, à Porsguen. Un super spot que nous avons aménagé de façon sommaire. Après le repas, on est descendus sur la plage pour admirer l’île Carn. Dernier arrêt avant de partir à la découverte du pays des Abers, les plages dunaires de Lampaul-Ploudalmézeau et l’allée couverte du Ribl.

Voilà pour cette nouvelle demi-journée d’excursion sur les magnifiques côtes du Finistère Nord. À découvrir bientôt : la suite du voyage au Pays des Abers et sur la côte des Légendes.

Accès à la route touristique de Landunvez

Sortir de St-Renan par la route de Ploudalmézeau (D68) et la continuer tout droit jusqu'à Argenton. Face à la mer, tourner à droite sur la D27. Au carrefour de Penfoul situé 1,5 km plus loin, prendre à gauche la D127 fléchée «KERSAINT par la route touristique». Longer alors sur 5 km le littoral magnifique de Landunvez.

Cette route touristique n'a pas usurpé son appellation. Le temps plus clément en été rend cette côte tout autant attractive. Les jours de tempête, le spectacle qu'offrent les lames au pied des ruines de l'ancien sémaphore est saisissant. Plus loin, la petite chapelle St-Samson constitue pour le promeneur un arrêt obligatoire. A l'horizon se profile la pointe nord de l'île d'Ouessant avec le phare du Stiff.

En parvenant au grand parking qui achève cet impressionnant parcours de bord de mer, on aperçoit tout à fait à droite le port de Portsall devant lequel s'était échoué en 1978 le pétrolier Amoco Cadiz. On peut descendre par la petite route située à l'extrémité du parking jusqu'à la pointe de Beg ar Galeti d'où la vue sur Portsall est meilleure et où trônent encore deux menhirs ainsi qu'une guérite des gardes-côte.

Les ruines de cet ancien sémaphore sont visibles depuis la route touristique de Landunvez (D137). Sortir de St-Renan par la route de Ploudalmézeau (D68) et la continuer tout droit jusqu'à la mer à Argenton. Puis tourner à droite sur la D27. A un carrefour situé 1,5 km plus loin, prendre à gauche la D137 fléchée «KERSAINT par la route touristique». Longer alors le littoral. En haut d'une côte, un magnifique panorama maritime se découvre. Stationner là. Les ruines sont à droite dans la lande, derrière un amer dont la base a été taguée.

Ruines du sémaphore face à la mer

Le sémaphore de Kerhoazoc et l’invention de Claude Chappe

Quand on parle de sémaphore, on pense évidemment à l'invention de Claude Chappe, pendant la Révolution. Ce jeune ingénieur mit au point avec ses frères un système qu'il appela « télégraphe » permettant de transmettre par signes d'un point à un autre 92 nombres se référant à un lexique de 92 pages comportant chacune 92 mots numérotés. A l'aide de signaux exercés sur un mât muni de bras articulés et lus à l'aide d'une lunette, il suffisait de transmettre deux nombres, le premier pour la page, le second pour le numéro du mot. On composait ainsi des phrases.

Décidée en 1793, une première ligne de ces sémaphores fut installée entre Lille et Paris. Chaque poste recopiant les signaux du poste précédent situé à 7 km environ, ce système permit à la Convention, en 1794, d'apprendre en moins d'une heure la victoire de Condé-sur-Escaut sur l'armée autrichienne. Dans l'autre sens, des ordres pouvaient être transmis aux armées beaucoup plus rapidement qu'à cheval.

L'invention de Claude Chappe fut rapidement perfectionnée par Charles Pillon ( ou Dupillon 1) puis appliquée à la Marine par Louis Jacob afin d'installer le long du littoral français toute une série de sémaphores munis de 4 bras articulés. Les nombres affichés correspondaient à des phrases entières figurant sur des lexiques. Dans le Pays d'Iroise, celui de Kerhoazoc à Landunvez était le plus au nord. Via Le Minou et Portzic, ils communiquaient avec la Préfecture maritime de Brest.

C'est en 1845 que l'Américain Samuel Morse inventa à la fois son alphabet formé de points et de traits et son manipulateur à main capable d'envoyer des signaux électriques brefs et longs. En peu de temps le «télégraphe électrique», grâce à un câble, remplaça l'aérien.

C'est Napoléon qui, en 1806, décida la construction des chapelets de sémaphores. La plupart de ceux implantés sur la côte remplacèrent d'anciens corps de garde datant de Louis XIV. En 1860, l'Amirauté de Brest décida que chaque sémaphore serait conçu sur un plan en T pour abriter à la fois le personnel et le matériel de fonction : pavillons et flammes du code international, matériel météo, télégraphe, drisses et poulies de rechange, munitions pour le canon, et équipements divers pour 20 hommes en cas de mobilisation.

La salle de veille, la plus grande, était pourvue de cinq fenêtres donnant sur le large. Deux logements étaient prévus pour un guetteur, son adjoint et toute leur famille car la veille devait être assurée 24 h sur 24 et il arrivait même que les épouses participent au service. Le personnel disposait aussi d'un cellier et d'un petit jardin potager.

La guerre de 1914-1918 montra le danger que constituaient les sous-marins. Lors de la mobilisation générale de 1939, il a fallu loger sous les toits les 20 réservistes venus renforcer les guetteurs. En 1940, à l'arrivée des Allemands, du matériel fut caché parmi la population de Landunvez afin qu'il ne tombe pas aux mains de l'occupant. En août 1944, les Allemands quittèrent le sémaphore afin de fuir les Osttruppen ( soldats russes enrôlés de force parmi eux ) qui s'étaient révoltés.

Depuis, le sémaphore de Kerhoazoc n'a pas été reconstruit, mais ses ruines ont été consolidées. Elles s'étalent dans une lande déserte au pied d'un grand amer qui reste seul à regarder le large. Un superbe tag attire les regards.

Repère reconstitué et exemple de mât Dupillon

Ci-dessous, à la pointe St-Gildas, sur la commune de Préfailles, en Loire-Atlantique, un mât Dupillon a été reconstitué par les soins de la Communauté de communes de Pornic. Chacun des bras comporte une partie pleine et une autre vide. Le guetteur doit reproduire la position de la partie pleine. Les trois roues commandent à l'aide de cordes la position des bras. Des chiffres de 0 à 6 y sont inscrits. C'est celui situé à midi qu'il faut lire.

Élément Information
Route touristique Landunvez
Départ précis Penfoul
Arrivée mentionnée Portsall
Distance indiquée 5 km
Distance avant le carrefour 1,5 km
Sémaphore le plus au nord Kerhoazoc à Landunvez
Bras du mât reconstitué 4 bras articulés

Ce que l’on peut retenir du parcours côtier

  • L’île Melon renferme des vestiges mégalithiques avec de nombreux menhirs et un dolmen.
  • La presqu’île Saint-Laurent offre une ambiance marquée par la brume et les couleurs du littoral.
  • La chapelle Saint-Samson surplombe un paysage divin.
  • Trémazan permet d’approcher des chevaux de trait bretons et de profiter de la plage.
  • Portsall rappelle la catastrophe de l’Amoco Cadiz.
  • La pointe du Gilliguy permet d’admirer Portsall et ses eaux turquoises différemment.
  • Les plages dunaires de Lampaul-Ploudalmézeau et l’allée couverte du Ribl complètent l’itinéraire.

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