En République dominicaine, c’est le ministère de la Défense, anciennement connu sous le nom de ministère des Forces armées, qui joue le rôle de l’autorité de tutelle de l’armée, de la marine et des forces aériennes.
Les forces armées dominicaines constituent un instrument essentiel de la défense du territoire, de la surveillance des espaces maritime et aérien ainsi que de la coopération régionale dans la Caraïbe. Leur évolution récente est notamment marquée par la modernisation de l’aviation militaire et par le renforcement des échanges avec les Forces armées françaises aux Antilles.
Composition des forces armées dominicaines
Des statistiques disponibles sur le site web du ministère dominicain de la Défense rapportent qu’en décembre 2017, l’armée de terre dominicaine comptait 28 150 militaires en service actif, la marine 11 611 et les forces aériennes 17 175.
| Composante | Militaires en service actif |
|---|---|
| Armée de terre dominicaine | 28 150 |
| Marine | 11 611 |
| Forces aériennes | 17 175 |
| Total | 56 936 |
Pour un total de 56 936 militaires en service actif, dont 85% sont des hommes et 15% des femmes.
Les forces armées dominicaines comprennent donc trois composantes principales : l’armée de terre, la marine et les forces aériennes. Chacune contribue à la protection du territoire national et à la surveillance des espaces relevant de la souveraineté dominicaine.
Une force aérienne marquée par une longue évolution
Reformée comme force indépendante en 1948, après une première création dans les années 1930, mais sous la houlette des forces terrestres, la FAD bénéficia de l’attention du dictateur dominicain Trujillo.
Celui-ci lui attribua des moyens financiers importants, permettant notamment d’en faire la première force aérienne des Caraïbes à disposer de chasseurs à réaction.
À la mort de Trujillo, la situation se dégrada lentement, et la FAD ne disposa bientôt plus que d’appareils à hélice dépassés.
Les violations répétées de l’espace aérien national par les MiG cubains permirent cependant au pays d’acquérir un escadron de A-37B dans les années 1980.
Actuellement, la République Dominicaine ne dispose plus d’appareils à réaction.
Sa force de frappe se compose de Super Tucano de fabrication brésilienne, assistés par des hélicoptères et quelques avions légers.
Le projet de modernisation de l’aviation militaire
Afin de parvenir à la modernisation de son aviation, le gouvernement explore les marchés internationaux depuis près de deux ans.
En octobre 2022, le ministre de la Défense, le lieutenant-général Carlos Luciano Díaz Morfa, et le commandant général de l’armée de l’air, le général de division Carlos Febrillet Rodríguez, ont visité plusieurs pays à la recherche d’options d’achat.
À la suite de la visite du général Febrillet Rodriguez en Corée du Sud, où il a rencontré le haut commandement militaire de ce pays, ainsi qu’avec des dirigeants d’entreprises aéronautiques et financières, l’option du FA-50 semble avoir été retenue comme prioritaire à ce jour.
Si l’achat d’avions à la compagnie coréenne est réalisé, le nouvel avion s’ajouterait aux 28 avions déjà acquis par la Force Aérienne Dominicaine au cours des deux dernières années.
Pour l’instant, aucun budget n’a encore été divulgué, ni le nombre d’aéronefs souhaités.
Une décision pourrait être prise avant la fin de l’année.
Toutefois, le Parlement devra donner son aval pour une telle acquisition, qui comprendra également une refonte en profondeur des infrastructures au sol.

Le cadre juridique des acquisitions militaires
Les acquisitions d’avions par les FARD sont soutenues par le décret 46-24, qui permet aux Forces armées et à la Police nationale d’effectuer des achats directs d’avions, de véhicules de combat, d’armes de tous types, de drones, ainsi que d’équipements maritimes et d’autres fournitures, sans processus d’appel d’offres public.
Ce cadre concerne donc plusieurs catégories de matériels : les aéronefs, les véhicules de combat, les armes, les drones et les équipements maritimes.
La procédure ne dispense toutefois pas de l’autorisation parlementaire prévue pour une acquisition d’une telle importance.
Le KAI T-50 et le FA-50 « Golden Eagle »
Le T-50 est un appareil d’école non armé, alors que le modèle FA-50 dispose d’un radar de tir israélien Elta EL/M2032, mais fabriqué sous licence en Corée du Sud par Lignex.
Le T-50 « Golden Eagle » est largement dérivé du Lockheed Martin F-16 « Fighting Falcon » et dispose de nombreuses similitudes.
Les ingénieurs de KAI se sont largement inspirés de la production sous licence des F-16 pour la ROKAF.
La gamme T-50 dispose par contre d’une avionique entièrement coréenne, mais couplée à un certain nombre d’éléments d’origine américaine comme le GPS fourni par Honeywell.
En ce qui concerne l’avionique, le FA-50 dispose de deux écrans multifonctions en couleurs, d’un HUD et d’un système de manette HOTAS, d’une centrale inertielle laser/GPS Honeywell H-764G de CDVE à triple redondance et il est doté pour l’instant d’un radar israélien Elbit EL/M-2032 à antenne mécanique.
| Élément | Caractéristique |
|---|---|
| Version d’entraînement | Le T-50 est un appareil d’école non armé |
| Radar du FA-50 | Radar israélien Elbit EL/M-2032 à antenne mécanique |
| Affichage | Deux écrans multifonctions en couleurs |
| Système de pilotage | HUD et manette HOTAS |
| Navigation | Centrale inertielle laser/GPS Honeywell H-764G |
| Commande de vol | CDVE à triple redondance |
| Plafond pratique | 14.600 mètres (48.000ft) |
| Durée de vie prévue | 8000 heures de vol |
Le plafond pratique est de 14.600 mètres (48.000ft) et la cellule est prévue pour une durée de 8000 heures de vol.
Les enjeux de l’acquisition d’un nouvel avion
L’arrivée éventuelle du FA-50 s’inscrirait dans la volonté de la République dominicaine de moderniser une aviation qui ne dispose actuellement plus d’appareils à réaction.
Le projet ne concernerait pas uniquement l’achat des aéronefs.
La décision comprendrait également une refonte en profondeur des infrastructures au sol.
Les infrastructures, les équipements de soutien et l’organisation nécessaire à l’emploi d’un nouvel avion devraient donc accompagner l’acquisition proprement dite.
Pour l’instant, aucun budget n’a encore été divulgué, ni le nombre d’aéronefs souhaités.
Une décision pourrait être prise avant la fin de l’année.
Toutefois, le Parlement devra donner son aval pour une telle acquisition.
La coopération militaire avec la France dans la Caraïbe
Les Forces armées aux Antilles constituent un dispositif interarmées de premier plan dans la Caraïbe.
Basés en Martinique et Guadeloupe, près de 1000 militaires garantissent la protection du territoire national.
Leur présence dote la France d’importantes capacités opérationnelles, projetables sous court préavis, pour répondre à une crise sécuritaire ou mener des opérations d’assistance aux populations affectées par une catastrophe naturelle.
La composante aéromaritime des FAA participe régulièrement aux missions relevant de l’action de l’État en mer, notamment la lutte contre les trafics illicites et la protection de l’environnement marin.
La coopération avec la République dominicaine s’inscrit dans ce cadre régional, en associant entraînement militaire, échanges opérationnels et coopération maritime.
L’exercice DUNAS
Parti de Fort-de-France en ayant chargé le matériel et embarqué le détachement de « marsouins » du 33ème RIMa au début du mois de février, un bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) a mis le cap vers la République dominicaine.
Après avoir fait escale à Carthagène-des-Indes (Colombie), le BSAOM a débarqué son détachement et le matériel sur la base navale de Las Calderas.
Après ces retrouvailles, les troupes ont été réparties en sections mixtes.
Au cours des deux semaines, les sections mixtes franco-dominicaines ont échangé leur expertise mutuelle des différents types de combat comprenant par exemple du corps à corps, des séances de tir ainsi que des parcours nautiques et du combat en zone urbaine, spécialité des « amphibios ».

L’exercice permet ainsi de travailler plusieurs domaines tactiques : le combat rapproché, le tir, les parcours nautiques et les opérations en zone urbaine.
La constitution de sections mixtes franco-dominicaines favorise directement la connaissance mutuelle des procédures et des méthodes d’intervention.
La coopération navale et l’entraînement PASSEX
Sur mer, un patrouilleur Antilles-Guyane (PAG), lui aussi présent pour cet exercice, a pu mener un entraînement conjoint en mer (PASSEX) avec l’Armada de Republica Dominicana représentée par le patrouilleur Procion.
Cette séquence complète les entraînements terrestres par une activité maritime conduite avec la marine dominicaine.
Le patrouilleur Antilles-Guyane et le patrouilleur Procion ont ainsi participé à un entraînement conjoint en mer.
DUNAS demeure ainsi un rendez-vous annuel majeur entre les Forces armées aux Antilles et les forces armées de la République dominicaine.
Compétitions d'escouade à la base navale de Las Calderas, République dominicaine
Les missions des forces dominicaines dans leur environnement régional
La modernisation des forces armées dominicaines concerne à la fois l’aviation et les équipements maritimes, tandis que la coopération avec les partenaires régionaux renforce les capacités d’entraînement.
Les forces armées doivent pouvoir contribuer à la protection du territoire national, à la surveillance des espaces maritime et aérien et à la réponse aux situations de crise.
Dans la Caraïbe, les activités conjointes permettent également d’améliorer la coordination entre unités de pays différents, notamment dans les domaines du combat en zone urbaine, des opérations nautiques et de l’action maritime.
La composante aéromaritime des FAA participe régulièrement aux missions relevant de l’action de l’État en mer, notamment la lutte contre les trafics illicites et la protection de l’environnement marin.
Une histoire politique et militaire marquée par les interventions de l’armée
Saint-Domingue, 26 septembre (A.F.P., A.P., Reuter). - L’armée dominicaine, qui a pris le pouvoir mercredi à Saint-Domingue, comme le Monde l’a annoncé hier dans sa dernière édition, garde prisonniers dans l’enceinte du Palais national le président destitué, M. Juan Bosch, le vice-président, le Dr Armando Gonzales Tamayo, et la plupart des membres du cabinet déchu.
Les chefs militaires responsables du coup d’État, parmi lesquels se trouvent notamment le ministre de la défense, le général Victor Vinas Roman, le chef de l’état-major, général Renayo Morel, le chef de la police, général Pablo Luna, et les généraux Antonio Imbert et Luis Amiama Tio, anciens membres du Conseil d’État dominicain et seuls survivants du groupe qui participa à l’assassinat du généralissime Rafaël Leonidas Trujillo, en mai 1961, ont publié mercredi un communiqué affirmant que la politique du gouvernement déchu aboutissait au chômage, conduisait le pays à des conflits internationaux, jetait sur lui le discrédit et favorisait « les manœuvres du communisme international ».
« Les militaires ont dû intervenir, soutient le texte, pour combattre le chaos, régler les problèmes intérieurs insolubles par la voie constitutionnelle et maintenir l’ordre indispensable. »
La dissolution des Chambres
En conséquence, poursuit le communiqué, les Chambres sont dissoutes ; les partis favorables au communisme ou au castrisme sont interdits ; les forces armées conserveront le pouvoir jusqu’à ce que la formation d’un gouvernement provisoire d’hommes « respectables » soit approuvée par les partis politiques « nationaux ».
Les chefs militaires assurent enfin que toutes les obligations internationales de la République Dominicaine seront respectées ; ils en appellent à la population pour qu’elle « aide les autorités à maintenir l’ordre ».
La formation d’un gouvernement provisoire
Les dirigeants desdits partis « nationaux », notamment l’Union civique nationale de M. Fiallo, l’Alliance sociale démocrate de M. Jimenez Grullon, le Parti démocrate chrétien de M. Read et le parti nationaliste démocrate de M. Ramirez Alcantara, ont été invités dès cette nuit à former un gouvernement qui « inspirerait la confiance au public et guiderait le pays vers la réalisation d’une véritable révolution démocratique ».
On avance déjà le nom de M. Emilio de Los Santos, homme de loi qui fut président de la commission de contrôle des dernières élections, comme celui de l’éventuel chef de gouvernement.
Cette histoire politique rappelle que les forces armées dominicaines ont également joué, à certaines périodes, un rôle direct dans la vie institutionnelle du pays.
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