La Vallée des Merveilles ne se découvre pas comme une randonnée classique. Ici, la magie du site oblige à entrer en communion avec une Histoire vieille de quelques 5 000 ans.
Situé au cœur du Parc national du Mercantour, ce joyau caché des Alpes françaises est un paradis pour les randonneurs et les amateurs d’histoire, avec ses paysages alpins et ses mystérieuses gravures rupestres vieilles de plusieurs millénaires.
Ce voyage est une invitation à marcher dans le temps, à lire la montagne autant qu’à la parcourir. Il s’adresse aux randonneurs curieux, amateurs d’itinérance accessible, sensibles aux paysages minéraux et aux récits humains inscrits dans la pierre.
Un musée à ciel ouvert au cœur du Mercantour
Ce qui est communément appelé la vallée des Merveilles est une vallée qui tient son nom de la présence de nombreuses gravures rupestres, préhistoriques pour certaines.
Elle est située dans la partie sud-est du parc national du Mercantour, dans le département des Alpes-Maritimes, entre la vallée de la Gordolasque et celle de la Roya.
La Vallée des Merveilles est située à l’Ouest de Tende dans le Département des Alpes-Maritimes et non loin de la frontière italienne.
La Vallée des Merveilles est une vallée affluente de la Vallée de la Roya, non loin de Tende.
La Vallée des Merveilles est située au cœur du Parc National du Mercantour sur la commune de Tende, à 80 kilomètres au nord-est de Nice.
En tout, ce sont plus de 40 500 gravures à même la roche qui se dévoilent à ciel ouvert.
Dans la neige, l’éclat abolit la conscience. Avancer importe seul.

Vallée des Merveilles et Fontanalba
Deux sites distincts, situés de part et d’autre du Mont Bégo, abritent des gravures de toute beauté : la Vallée des Merveilles et le site de Fontanalba.
Les deux valent la peine d’être parcourus et forment à eux deux le magnifique site archéologique des Merveilles.
Le Mont Bégo culmine à 2872 mètres et constitue le centre de cette vaste zone archéologique.
La Vallée des Merveilles, située à l’ouest du Mont Bégo, à plus de 2000 mètres d’altitude, se présente comme un vaste cirque glaciaire.
Son paysage est minéral, austère et chaotique, parsemé de nombreux lacs.
Ensuite, sur le versant oriental du Mont Bégo, la Vallée de Fontanalba se distingue par un environnement plus boisé, ouvert et accueillant.
La Vallée des Merveilles
La gravure du Sorcier et d’autres sont à découvrir sur ce site.
Les gravures de la Vallée des Merveilles ont été découvertes à la fin du XIXe siècle.
Depuis, elles ont fait l’objet de nombreuses études archéologiques.
Les gravures les plus anciennes remontent à plus de 5000 ans et leur signification reste encore aujourd’hui un mystère.
La Vallée des Merveilles est un territoire particulièrement intéressant pour faire de la randonnée dans le Mercantour.
Protégé et réglementé, le site est accessible par le GR52, chemin privilégié pour faire de la randonnée dans le Mercantour, depuis lequel on peut apercevoir certaines gravures.
Le site de Fontanalba
La voie sacrée, vaste dalle rougeâtre, est à découvrir.
Fontanalba est un site archéologique majeur, abritant lui aussi de nombreuses gravures rupestres.
La voie Sacrée est déserte et nous prenons le temps d’admirer les nombreuses gravures représentant des figures humaines, des animaux et des symboles géométriques.
Certaines gravures sont particulièrement bien conservées et offrent un aperçu fascinant de la vie à l’âge du Bronze, avec des représentations de charrues pour les labours.
Ensuite 2h sont nécessaires pour découvrir les gravures sur les fameuses “ciappe” de Fontanalba.

Une histoire gravée dans la pierre
Sur cette terre où des hommes de l’âge du Bronze ont laissé leur empreinte, le visiteur est comme happé par la découverte de gravures rendant grâce aux divinités de la montagne et du ciel qui siégeaient au sommet du Bégo.
D’ailleurs, la majorité de ces pétroglyphes remonte à plus de 5000 ans avant J.-C., marquant la fin du Néolithique et l’Âge de Bronze.
Ces figures, allant des représentations bovines et des armes aux motifs géométriques, puis aux blasons et aux armes à feu plus récents, sont des témoignages précieux des pratiques quotidiennes et des rites sacrés des populations protohistoriques.
Dans le paysage minéral sculpté par la fonte des glaciers il y a plus de 10 000 ans, vous évoluerez au beau milieu d’un trésor archéologique d’environ 40 000 gravures rupestres datées pour la plupart aux environs de 3300 ans avant J.-C.
D’ailleurs, parmi les stèles les plus connues, le Christ ou le chef de tribu sont visibles à proximité du sentier principal.
Une grande paroi de calcaire avait été utilisée pour représenter un navire pendant le Moyen-Âge.
Malheureusement, la gravure a été intégralement recouverte de noms et dates de visiteurs qui se sont sentis obligés de marquer leur passage.
Ces gens ont ainsi détruit un trésor de l’Histoire.
Protection du site et règles à respecter
Le site bénéficie d’une double protection.
Premièrement, il est classé Monument Historique depuis 1989, pour sa valeur patrimoniale exceptionnelle.
Le Parc national du Mercantour est un territoire d’exception dont la beauté et la fragilité nécessitent le respect de règles strictes.
Ces réglementations ne sont pas des contraintes, mais des mesures essentielles pour préserver ce site naturel et archéologique pour les générations futures.
Pour éviter les dégradations, les sites sont en effet surveillés et soumis à des règles de protection spéciales.
La libre circulation n’est autorisée que sur le GR 52 ainsi que sur les sentiers balisés dont il est interdit de s’écarter.
Il est impératif de rester sur les chemins balisés pour contribuer à la conservation des gravures rupestres.
Il est formellement interdit de marcher sur les gravures, de les toucher ou de les dégrader.
À partir du Pas de l’Arpette, et jusqu’au lac des Merveilles, il n’est pas autorisé de marcher avec des bâtons dont la pointe est en fer.
Il faut donc utiliser des bâtons avec embouts caoutchouc pour ne pas abîmer le terrain.
Le bivouac est interdit sur toute la zone des gravures, à l’exception des aires spécifiquement aménagées à côté du Refuge des Merveilles et du Refuge de Fontanalba.
De plus, le lieu du bivouac doit changer tous les jours.
Depuis 2018, le Parc national du Mercantour a mis en place un système de réservation en ligne obligatoire dans les deux vallées.
Pour accéder à l’ensemble du secteur protégé et aux gravures situées à l’écart des sentiers autorisés, vous pouvez être accompagné d’un guide agréé.
Visiter la Vallée des Merveilles avec un guide vous permet d’en percer les mystères.
Si vous souhaitez voir les gravures, n’oubliez pas de leur demander s’ils possèdent l’agrément “Merveilles Gravures et Découvertes”.
Pour profiter pleinement de notre visite, nous avons fait appel à un guide du Parc du Mercantour.
Ces experts passionnés savent conter l’histoire fascinante de ces gravures et nous montrent les plus belles et les plus intrigantes d’entre elles.
Parc du Mercantour : découvrez les peintures rupestres
Quelle période choisir ?
Le circuit est réalisable entre la mi-juin et la mi-septembre.
Les visites guidées des Merveilles ont lieu tous les jours entre mi-juin et mi-septembre.
Votre période de départ peut s’étendre du 15 juin 2026 au 30 septembre.
Les dates sont soumises à la disponibilité des hébergements au moment de la réservation.
En début de saison, nous pouvons être contraints de modifier les itinéraires de la randonnée, compte tenu de passages exposés à la neige.
Le sentier menant à Fontanalba est un peu plus technique que celui de la veille, avec quelques passages rocheux et des traversées de névés.
De l’autre côté, la neige peut être beaucoup plus présente, ce qui ne facilite pas la descente.
La météo peut également modifier profondément le programme.
Nous pensions marcher pendant 4 jours pour faire une grande boucle à travers la vallée des Merveilles et y incorporer les Mont Bégo et Mont Clapier.
C’était sans compter sur la météo automnale qui aura rendu impossible toute ascension.
Les accès pour effectuer une randonnée dans la vallée des Merveilles sont sujets au changement en fonction des conditions du moment.
Pour connaître l’état des accès au moment où vous souhaitez effectuer ce trek, rendez-vous sur le site du refuge des Merveilles.
Vous pouvez consulter l’état d’ouverture des routes en direct avec le site inforoute06.
Accès à la Vallée des Merveilles
Aucune route goudronnée ne conduit à la Vallée des Merveilles.
Il faut prévoir plusieurs jours de randonnée dans le Parc du Mercantour pour pouvoir admirer les gravures.
En temps normal, les points de départ possibles sont nombreux.
À cause des dégâts causés par la tempête Alex et la destruction de nombreuses routes, le seul accès a été celui de la vallée de la Gordolasque pendant tout l’été.
Les places de parking y sont restreintes et cela a occasionné des problèmes de stationnement importants.
Pour certains itinéraires, il était possible de se garer à proximité du lac des Mèches, qui représente l’itinéraire classique de cette randonnée.
Depuis Tende ou Saint-Dalmas de Tende, rejoignez en voiture les hôtels du hameau de Castérino, ou le gîte d’étape Neige et Merveilles, situé à 40 minutes de marche.
La Vallée des Merveilles est accessible par l’autoroute de Nice jusque Vintimille, puis en remontant la vallée de la Roya ou par Menton, Sospel et la vallée de la Roya.
Une autre possibilité consiste à rejoindre Saint-Dalmas de Tende en TER depuis Nice en empruntant la magnifique ligne du train des Merveilles.
Avant même de commencer cette randonnée, nous en prenons déjà plein les yeux pendant 2 heures de trajet.
Pour atteindre le parking du pont de Countet dans la vallée de la Gordolasque, il faut se rendre au village de Belvédère.
Depuis le nord, en venant du col de la Bonette, vous devrez descendre la vallée de la Tinée puis rejoindre celle de la Vésubie.
Si vous arrivez du sud, de Nice ou du Verdon, vous devrez remonter la Vésubie par la M19.
Une fois au village de Belvédère, vous longerez la rivière Gordolasque jusqu’à arriver au terminus de la route.
Pour atteindre le parking du pont de Countet dans la vallée de Valmasque, vous devrez vous rendre au village de Belvédère.
Itinéraire conseillé sur 3 jours
Il existe une multitude d’itinéraires possibles pour découvrir la vallée des Merveilles.
Nous n’allons pas dévoiler ici tous les itinéraires possibles, mais seulement celui que nous avions prévu d’emprunter.
Vous pouvez également effectuer une ou plusieurs randonnées à la journée si vous n’êtes pas équipés pour le bivouac ou que vous ne vous sentez pas suffisamment en confiance.
La première journée, au départ du parking du pont de Countet dans la vallée de la Gordolasque, mène jusqu’au refuge des Merveilles.
La deuxième journée permet de découvrir les gravures de la Vallée des Merveilles, de franchir la Baisse de Valmasque et d’atteindre le secteur du lac Basto.
La troisième journée traverse la Baisse de Fontanalba ou la Baisse Basto selon la variante choisie, puis rejoint Fontanalba et Castérino, ou le refuge de Nice et la vallée de la Gordolasque.
Jour 1 - Du pont du Countet au refuge des Merveilles
Je laisse ma voiture au parking du Pont du Countet, situé sur la commune de Belvédère, dans les Alpes-Maritimes.
La première journée, au départ du parking du pont de Countet dans la vallée de la Gordolasque, nous mènera jusqu’au refuge des Merveilles pour un bivouac sous la tente.
Je prends la direction du col de l’Arpette et je commence doucement à grimper dans la forêt, en m’habituant au sac à dos de 15 kilos sur le dos.
Le chemin monte gentiment dans la vallée de la Gordolasque, ici plutôt large et verdoyante.
Vous quitterez ensuite la vallée pour vous échapper vers la cascade de l’Estrech, sur un sentier bordé de blocs chaotiques.
La montée s’effectue dans la forêt avec une pente assez raide qui démarre les hostilités de la plus belle des manières.
À la sortie du bois, on croise les premiers chamois de la randonnée.
Le vallon d’Empuonrame offre un faux plat propice à l’observation des bouquetins et des marmottes.
Il reste ensuite environ 300 mètres de dénivelé positif avant d’atteindre le Pas de l’Arpette.
Le Pas de l’Arpette constitue l’entrée du parc national du Mercantour et celle de la fameuse vallée des Merveilles.
Ce col pointe à 2511 mètres d’altitude et permet de rejoindre le refuge des Merveilles.
La montée finale pour accéder au col est courte et intense.
Après avoir passé le col, les premiers lacs apparaissent et le sentier descend tranquillement sur un chemin agréable.
Le Pas de l’Arpette marque également l’entrée dans une zone sensible du parc national du Mercantour.
Il faut ensuite descendre vers le refuge des Merveilles.
Après 2h30 de marche, le sentier devient moins raide et traverse les prairies alpines.
Enfin, nous arrivons au refuge des Merveilles, situé à 2111 mètres d’altitude.
Il est environ 17h30 quand nous arrivons au refuge des Merveilles.
La bâtisse est encaissée au milieu de plusieurs lacs : les lacs Long inférieur et supérieur, le lac Fourca et le lac Saorgine.
Le refuge surplombe le lac de Fourca et le lac Long Supérieur ainsi que leur barrage.
Le refuge des Merveilles est également un point de départ pratique pour visiter les gravures et poursuivre vers le Mont Bégo ou la Baisse de Valmasque.
Comme nous sommes dans le parc national, il n’est pas possible de bivouaquer partout.
La zone de bivouac de ce secteur se situe à proximité du refuge.
Dans la Vallée des Merveilles, il est interdit de camper, et il faut donc dormir à côté du refuge, dans l’aire autorisée.
Le lieu du bivouac doit changer tous les jours.
Une fois notre abri monté, il est l’heure de passer à table.
Avant d’aller dormir, impossible de ne pas admirer le ciel étoilé du Mercantour.
Quand le froid et le vent deviennent insupportables, on va se blottir dans nos duvets jusqu’au matin.
Jour 2 - Gravures de la Vallée des Merveilles et Baisse de Valmasque
Après une bonne nuit de sommeil, le réveil sonne sur les coups de 7h.
Après un petit déjeuner rapide et un pliage de tente express, nous prenons la route en direction de la vallée des Merveilles.
Depuis le refuge, il faut remonter vers le Pas de l’Arpette franchi la veille et bifurquer à droite à la première intersection.
Des panneaux indiquent la vallée des Merveilles et le règlement de la zone cœur du parc national du Mercantour.
Les premières gravures sont au niveau de la roche de l’Éclat.
On enchaîne les différentes zones de vestiges.
Sur les itinéraires autorisés uniquement, deux circuits de découverte permettent d’apprécier les nombreuses roches gravées, commentées pour certaines par des panneaux pédagogiques.
Il n’y a finalement que quatre sites contenant des gravures accessibles au grand public sans guide.
Un guide agréé permet d’accéder à l’ensemble du secteur protégé et aux gravures situées à l’écart des sentiers autorisés.
La gravure du Sorcier et d’autres figures sont à découvrir sur ce site.
Après cette extraordinaire visite qui nous a transportés dans un autre temps, nous continuons de grimper dans ces paysages lunaires.
Le lac des Merveilles se situe à mi-distance entre le refuge éponyme et la Baisse de Valmasque.
C’est un joli petit lac de montagne naturel.
Lorsque nous passons au bord du lac, nous sommes surpris par le décollage d’un grand rapace.
Il s’agit bien d’un aigle royal subadulte.
Une observation magnifique, assez rare, qui démontre que les efforts de conservation du parc national sont payants.
En montant vers la Baisse de Valmasque, le sentier franchit les derniers lacs de la vallée des Merveilles.
Un dernier raidillon avec quelques lacets permet de franchir la Baisse de Valmasque à 2551 mètres d’altitude.
Nous redescendons ensuite vers le bivouac du lac du Basto à 2390 mètres, au pied d’un grand bloc.
La soirée est courte et la nuit glaciale en cette fin juin, tout au plus 6 degrés.
Une autre variante consiste à poursuivre vers la Baisse du Basto, puis à rejoindre le refuge de Nice.
Dans ce secteur, le sentier traverse des pierriers et peut comporter des passages enneigés.
La descente vers le lac du Basto est raide, tandis que la Baisse du Basto atteint environ 2693 mètres d’altitude.
Cette portion demande de la concentration et une bonne maîtrise de la marche en terrain rocheux.
Jour 3 - Fontanalba et retour vers Castérino
Au matin, après un thé chaud, on débute par une montée raide dans les pierriers pour rejoindre la vallée de Fontanalba.
Après une bonne transpirée dans le froid, nous atteignons la Baisse de Fontanalba à 2568 mètres d’altitude.
Nous sommes alors au pied du mythique mont Bégo.
Le sentier menant à Fontanalba est un peu plus technique que celui de la veille, avec quelques passages rocheux et des traversées de névés.
Nous continuons cette longue descente pour rejoindre les moraines de l’ancien glacier.
Nous rejoignons ensuite une piste empierrée qui menait aux anciennes garnisons italiennes de la Seconde Guerre mondiale.
La piste descend à flanc pour rejoindre les premiers mélèzes et les rhododendrons en fleurs.
Par la suite, nous arrivons sur les rives du lac Vert de Fontanalba à 2150 mètres d’altitude.
Nous trouvons quelques rochers à l’ombre et au bord de l’eau pour la pause.
Fontanalba est un site archéologique majeur, abritant lui aussi de nombreuses gravures rupestres.
La voie Sacrée permet de prendre le temps d’admirer les nombreuses gravures représentant des figures humaines, des animaux et des symboles géométriques.
Le chemin longe les anciennes garnisons avant de se transformer en piste empierrée et de descendre au refuge de Fontanalba à 2009 mètres d’altitude.
Nous retrouvons ensuite la piste que nous suivons jusqu’à Castérino à 1714 mètres d’altitude.
Nous arrivons juste avant le départ de la navette qui descend de Castérino au lac des Mesches à 17h10.
Variante en boucle par le refuge de Nice
Comme nous partions pour 3 ou 4 jours, se garer au parking de la Gordolasque était judicieux.
Cela nous permettait de faire une boucle en démarrant vers le Pas de l’Arpette et en rentrant par le refuge de Nice.
La première journée, au départ du parking du pont de Countet, mène jusqu’au refuge des Merveilles.
Ensuite, nous avions en tête d’effectuer l’ascension du Mont Bégo, puis de redescendre et de visiter la fameuse vallée des Merveilles et ses gravures.
Nous aurions poursuivi jusqu’au refuge de Valmasque.
De là, nous nous serions rendus au refuge de Nice, où nous aurions laissé nos sacs à dos pour gravir le Mont Clapier.
Nous aurions bivouaqué au refuge de Nice et serions rentrés au parking du départ le lendemain.
Mais la météo automnale et le violent vent du nord ont rendu impossible toute ascension.
En rajoutant les deux ascensions prévues, il aurait fallu compter 1500 mètres de dénivelé positif et négatif ainsi que 12 kilomètres de marche supplémentaires.
Une variante plus engagée permet de rejoindre la Baisse de Valmasque, le lac Basto, la Baisse Basto, le refuge de Nice et la vallée de la Gordolasque.
Du refuge de Nice, vous rejoindrez le lac de la Fous jusqu’au barrage.
La descente vers le pont du Countet demande encore environ 550 mètres de dénivelé négatif.
Cette boucle est réservée aux randonneurs habitués aux longues étapes, aux éboulis et aux passages enneigés.
Ascension du Mont Bégo : une option exigeante
Le Mont Bégo culmine à 2872 mètres d’altitude.
Depuis le refuge des Merveilles, il faut passer sur le barrage du lac Long Supérieur et prendre la direction du Mont Bégo.
Le sentier, parfois raide, mène rapidement au sommet du Mont Bégo, point culminant de la journée.
Une ascension du Mont Bégo peut s’intégrer dans un trek de trois jours, mais elle ne doit pas être ajoutée sans tenir compte de la météo, du poids du sac et de l’état du terrain.
Une randonnéeuse raconte être arrivée au sommet après deux heures de montée, avant de devoir redescendre par des parties en désescalade de plusieurs mètres.
Cette partie est donc à éviter avec un gros sac de trek.
L’orage approche rapidement dans ce type de situation et peut transformer une descente en terrain exposé en passage délicat.
Le Mont Clapier, qui culmine à 3045 mètres, constitue une autre option majeure du massif, mais son itinéraire est coté T3, très exigeant, et nécessite toute votre attention, notamment dans les pentes.
Difficulté et préparation physique
Une randonnée de trois jours avec bivouac demande une bonne condition physique.
Le circuit itinérant nécessite une bonne condition physique.
Préparez-vous en faisant des randonnées d’entraînement avec un sac chargé pour habituer votre corps à l’effort.
Le poids du sac peut modifier considérablement la difficulté du parcours.
Certains itinéraires ont été parcourus avec un sac de 8 kilogrammes, tandis qu’une randonnée en autonomie totale peut nécessiter un sac de 15 à 18 kilogrammes.
Comme le démontrent les données relatives à certains parcours, il ne s’agit pas nécessairement d’un circuit trop exigeant physiquement.
En revanche, les variantes comprenant le Mont Bégo, la Baisse Basto ou le Mont Clapier augmentent fortement le dénivelé, la distance et la technicité.
La progression est parfois rendue difficile par les roches, les éboulis en pentes assez raides, les passages enneigés et le manque d’appuis.
Il faut également savoir gérer les changements rapides de température.
Si le soleil permet parfois de marcher en t-shirt, le vent et les nuages peuvent rapidement imposer plusieurs couches de vêtements.
Le froid est particulièrement sensible aux cols et aux secteurs exposés.
Hébergements et bivouac
Il existe trois refuges de montagne dans ces zones :
- le refuge des Merveilles dans la Vallée des Merveilles ;
- le refuge de Fontanalba dans la Vallée de Fontanalba ;
- le refuge de Valmasque dans la Vallée de la Valmasque.
Vous pouvez aussi dormir dans les auberges de Castérino ou dans le gîte Neige et Merveilles en étudiant bien le temps par parcours.
La région offre une gamme variée d’hébergements, des hôtels de charme aux appartements confortables.
Le Parc national du Mercantour compte de nombreux refuges confortables.
Chaque refuge a ses propres périodes de gardiennage, qui peuvent varier de l’un à l’autre.
Les tarifs et les formules d’hébergement diffèrent également selon les refuges.
Pour obtenir toutes les informations nécessaires, consultez le site du refuge.
Pour chacune des trois nuits, la pension complète peut comprendre la nuit, le dîner, le petit-déjeuner et un pique-nique le lendemain.
Les repas sont toujours bons et copieux et une formule végétarienne est disponible sur demande.
Les pique-niques peuvent être réservés auprès des hébergements.
Vous pourrez également réserver les pique-niques directement auprès des hébergeurs au moins deux jours avant votre arrivée.
Il n’y a pas de pique-nique le premier jour.
Prévoyez de la monnaie ou un chèque au cas où, car il peut arriver qu’un refuge ne prenne pas la carte.
En dortoir ou en chambre collective de 4 à 10 personnes, vous devez prévoir votre drap de sac et votre serviette, car les hébergements ne les fournissent pas.
Quelques rares cas de piqûres de punaises de lit ont été signalés dans le Mercantour.
Laissez vos vêtements bien enfermés dans vos bagages pour ne les sortir qu’au fur et à mesure.
Ne posez pas votre sac sur les lits, mais de préférence en hauteur, accroché à un clou en refuge par exemple.
Équipement à prévoir
Pour partir en randonnée, il est essentiel d’avoir un minimum de matériel adapté, pour tous les temps.
Il n’existe pas de mauvais temps, seulement un équipement inapproprié.
- un sac à dos adapté à la durée du séjour ;
- des chaussures de randonnée déjà rodées ;
- des vêtements chauds et une protection contre le vent et la pluie ;
- un drap de sac et une serviette pour les nuits en refuge ;
- des bâtons avec embouts caoutchouc dans les zones sensibles ;
- des crampons en début de saison lorsque les névés persistent ;
- une lampe frontale ;
- une trousse de premiers secours ;
- une réserve d’eau et un système de filtration ;
- une carte et les documents de randonnée ;
- un téléphone chargé et une batterie externe.
Une mésaventure rappelle l’importance de vérifier le matériel avant le départ : une semelle de chaussure s’est complètement détachée après seulement cinq minutes de marche.
Il a fallu rejoindre Tende pour acheter une nouvelle paire de chaussures, avec une heure trente de retard sur le planning.
Les chaussures doivent donc être contrôlées et suffisamment rodées avant une randonnée itinérante de trois jours.
Autonomie, ravitaillement et transport des bagages
Sans transport des bagages, vous portez vos affaires personnelles pour toute la durée du séjour.
Pour profiter et apprécier pleinement votre voyage de randonnée, vous devez être en mesure d’assurer votre autonomie sur le terrain avec les documents fournis.
Comme pour chaque randonnée itinérante, il est possible de partir en autonomie totale, avec les provisions, le matériel de bivouac et le matériel de photographie.
Les sacs peuvent alors atteindre environ 18 kilogrammes pour un randonneur et 15 kilogrammes pour un autre.
Si vous dormez en refuge, la pension complète permet toutefois de réduire la quantité de nourriture transportée.
Les repas sont équilibrés et variés.
La cuisine est copieuse, adaptée aux besoins des randonneurs et souvent issue de produits locaux.
Les courses peuvent être effectuées dans les villages des environs en privilégiant les petits commerces.
Faune et paysages
La randonnée traverse des forêts de pins et de mélèzes, des prairies alpines, des moraines, des pierriers et des vallées glaciaires.
Les panoramas s’élargissent au fil des journées, entre vallons austères et lumières changeantes.
La proximité de la Méditerranée adoucit l’air et donne un tempo idéal à la randonnée.
Le territoire est rythmé par les lacs d’altitude, les crêtes ouvertes et la présence discrète de la faune protégée.
À la sortie de la forêt, les chamois sont peu craintifs, car la zone est située dans un parc national et ils subissent peu de pression de chasse.
Les marmottes jouent à cache-cache entre les rochers et les alpages.
Les bouquetins peuvent être observés dans les secteurs rocheux et près des cols.
Un chamois curieux peut même venir à la rencontre des randonneurs au bord du lac Vert de Fontanalba.
La présence d’un aigle royal subadulte a également été observée près du lac des Merveilles.
Les animaux doivent être observés à distance et ne doivent jamais être nourris ni approchés.

Variantes et randonnées complémentaires
On peut inclure la visite des sites dans une randonnée plus grande dans le Mercantour.
En effet, le GR 52 traverse la vallée des Merveilles.
Le GR52 ou la Grande Traversée du Mercantour permet de découvrir toutes les merveilles que recèle le Parc national du Mercantour.
Vous pouvez également effectuer une randonnée à la journée vers le lac Autier au départ du parking du Pont du Countet à Belvédère.
Le lac Autier est un petit lac glaciaire contenu dans un cirque naturel de roches arides.
Le temps de marche total, pauses comprises, est de 4 heures pour une distance totale de 6,6 kilomètres.
L’altitude de départ est de 1683 mètres et l’altitude la plus haute de 2269 mètres, pour un dénivelé cumulé de 586 mètres.
Cette randonnée permet d’observer de nombreux petits oiseaux, des marmottes et des chamois.
Les itinéraires peuvent aussi être prolongés vers la Madone de Fenestre, le refuge de Nice, les lacs du Vallon du Mont Chamineye ou le Mont Clapier.
Ces variantes relèvent toutefois d’une randonnée de montagne plus exigeante et nécessitent une préparation adaptée.
Conseils pour une randonnée respectueuse
La randonnée dans le Mercantour et plus spécifiquement le bivouac dans la Vallée des Merveilles et à Fontanalba offrent une opportunité de se connecter profondément avec la nature et l’histoire.
Il est impératif de suivre les sentiers balisés et de respecter les secteurs interdits.
Il ne faut pas sortir des sentiers ni toucher les gravures.
Les bâtons ferrés doivent être rangés dans les zones sensibles.
Le bivouac doit être installé uniquement dans les aires autorisées et le lieu doit changer tous les jours.
Les déchets doivent être redescendus et les points d’eau préservés.
La faune protégée doit être observée sans dérangement.
Nous pensons qu’il est important que chaque voyageur soit informé des engagements pris pour un tourisme plus responsable.
Chaque année, les pratiques sociales et environnementales sont auditées et évaluées en collaboration avec les partenaires sur une dizaine de catégories en lien avec les 17 objectifs de développement durable des Nations unies.
La Vallée des Merveilles se découvre ainsi avec lenteur, attention et respect, afin que les paysages et les gravures restent accessibles aux générations futures.