Le parc naturel du Marguareis se situe dans les Alpes ligures, à cheval entre la France et l’Italie. Son cœur et son symbole sont le massif calcaire du Marguareis, tronçon des Alpes ligures.
La question de l’altitude est essentielle pour comprendre la diversité des paysages du parc : le site s’étend des vallées et des gorges situées à quelques centaines de mètres jusqu’à la pointe du Marguareis, qui atteint environ 2 651 à 2 652 mètres d’altitude selon les indications utilisées.

Quelle est l’altitude du parc naturel du Marguareis ?
Le vaste site Natura 2000 côté français s’étend du canyon de la Bendola, situé à 447 m, jusqu’au sommet de la pointe du Marguareïs, à 2 651 m, sur une surface de 6 314 hectares.
La pointe du Marguareis est également donnée à 2 652 mètres d'altitude. Cette différence d’un mètre s’explique par les indications altimétriques utilisées selon les documents et les itinéraires.
| Élément | Altitude ou superficie |
|---|---|
| Canyon de la Bendola | 447 m |
| Passo delle Saline | 2 174 m |
| Col de la Galine | 2 360 m |
| Colle dei Signori | 2 000 m environ |
| Refuge Don Barbera | 2 070 m |
| Pointe du Marguareis | 2 651 à 2 652 m |
| Site Natura 2000 français | 6 314 hectares |
| Parc du Marguareis côté italien | 7 900 hectares |
La pointe du Marguareis, sommet des Alpes ligures
La Punta Marguareis, ou pointe du Marguareis, est la montagne la plus célèbre des Alpes Ligures et leur point culminant.
De la pointe du Marguareis, à 2 652 mètres d'altitude, comme de la plupart des reliefs voisins, la vue s'étend de la Corse au Mont Rose.
Ce sommet dispose l’un des panoramas les plus étendus des Alpes ! La Corse est également visible par temps clair.
L’ascension se déroule dans un environnement calcaire fortement marqué par l’érosion. L’itinéraire est cairné et balisé, mais certains passages demandent une attention particulière en raison du relief rocheux et des variations de terrain.
Itinéraires vers les secteurs élevés
Prendre à main droite plein nord. Suivre le sentier qui s’élève maintenant vers le Col de la Galine (2360m).
Soit partir à droite et contourner l’arête sud pour finir l’ascension par le Versant E, l’option la plus facile mais plus longue.
Dans les deux cas, l’itinéraire est cairné et balisé.
La descente peut s’effectuer par le même itinéraire.
Une autre possibilité consiste à parcourir une boucle par le Passo Palu et le Vallon du Pas : du sommet suivre la crête jusqu’à arriver au niveau d’une combe séparée par deux cols.
Aller à celui de droite et suivre à main gauche le sentier remontant une cinquantaine de mètres.
Partir ensuite à droite et effectuer une traversée de niveau jusqu’au Passo Palu (2520m).
De là on descend dans le Vallon du Pas.
Quelques passages câblés permettent de surpasser les petits ressats rocheux du versant E du Col !
Depuis le Vallon du Pas on prend la direction du Passo Delle Mastrette (2023m), que l’on a laissé à la montée.

Un massif calcaire au relief karstique exceptionnel
C’est le seul massif calcaire des Alpes ligures qui présente un modelé karstique superficiel très évolué avec un criblage dense de lapiaz, de dolines et de gouffres donnant à sa surface un fascinant aspect lunaire caractéristique.
L’incroyable site naturel d’âge Crétacé-Jurassique, de sa Pointe Marguareis et de ses contreforts, verrouille l’amont de la vallée du Réfrei, sur la commune de Tende et l'enclave de la commune de La Brigue.
Le parc est dominé par un plateau spectaculaire qui s’élève à 2 000 mètres d’altitude et offre des prairies verdoyantes.
Immergés dans cette générosité de la nature de haute montagne, on peut voir alterner des reliefs doux et des rochers vertigineux et lunaires.
La Conca delle Càrsene
La Conca delle Càrsene est un vaste plateau composé de roches calcaires, caractérisées par des étendues de roches blanches et nues alternant avec un couvert herbeux.
Il manifeste les aspects typiques des zones karstiques avec des fissures, des dolines, des gouffres.
Un réseau hydrographique superficiel est complètement absent : les eaux météoriques ou de fusion sont immédiatement absorbées et donnent lieu à la résurgence du Pis del Pesio, situé à plusieurs centaines de mètres plus bas.
Curieusement, les zones situées au-delà de la ligne de partage alpin, telles que Plan Ambreuge, font partie du bassin versant, de sorte que les eaux tombées sur le versant sud des Alpes, après un voyage souterrain, coulent du côté italien de la chaîne.
Les champs sillonnés
Les « champs sillonnés », aussi appelés « chaussées » pour les formes qui rappellent vaguement les sillons laissés par les roues des wagons dans la boue, sont des phénomènes érosifs typiques des roches calcaires, dus au ruissellement des eaux pluviales.
Les traces de phénomènes karstiques, de l'érosion causée par les eaux de ruissellement aux dolines et aux bétoires, sont évidentes.
Un parc qui couvre plusieurs étages d’altitude
Le Parc du Marguareis, créé en 1978, préserve 7 900 hectares de milieu alpin, répartis entre les hautes vallées de Pesio et du Tanaro, sur les communes de Chiusa Pesio, Briga Alta et Ormea.
Comme le Parco Naturale delle Alpi Marittime, il est rattaché depuis 2016 à l’Ente di Gestione delle Aree protette delle Alpi Marittime.
Le plateau du Marguareïs fait partie d’un vaste site Natura 2000 côté français, qui s’étend du canyon de la Bendola (447 m) jusqu’au sommet de la pointe du Marguareïs (2 651 m), sur une surface de 6 314 hectares.
Cette amplitude altitudinale explique la succession de milieux très différents : vallées boisées, pâturages, prairies alpines, tourbières, falaises calcaires, lapiaz et sommets dépassant 2 000 mètres.
Des vallées aux plateaux d’altitude
Les sentiers du parc traversent des forêts de sapins blancs, de hêtres et de mélèzes dans les vallées de Pesio et du Tanaro.
Après avoir traversé des pâturages et des sapinières, au-delà de la Gorge de la Chiusetta on rentre dans un environnement d'altitude, avec les panoramas typiques d'un milieu karstique : pentes arides, anciens lacs devenus tourbières et prés.
Un parcours se déroule pour la plupart entre pâturages et prairies alpines.
La partie finale traverse une belle pinède et les pâturages de Pian Rosso.
Randonnée et dénivelé dans le parc
Le Marguareis est un site très prisé des randonneurs, ainsi que des pratiquants de 4×4, de motos et de VTT.
Il existe plus de 80 sentiers de randonnée dans le Parco Naturale del Marguareis, adaptés à différents niveaux.
On compte 13 itinéraires faciles, 28 itinéraires modérés et 44 itinéraires difficiles.
Le réseau de sentiers permet aussi bien les promenades familiales que les traversées alpines et les itinérances de plusieurs jours.
Sentiers faciles et promenades familiales
La vallée Pesio offre d’agréables promenades dans les forêts et près de structures historiques.
Le « Sentiero naturalistico della Certosa di Pesio » est spécifiquement mentionné comme une promenade relaxante adaptée aux familles.
De nombreux itinéraires faciles sont adaptés à une sortie familiale.
Le Tour del Marguareis
Le Tour del Marguareis, que l’on peut parcourir en cinq ou six étapes, est particulièrement fréquenté.
De part et d'autre du massif du Marguareis, un excellent réseau de sentiers et d’accueillants refuges permettent aux randonneurs de découvrir l'espace protégé tout en prenant le temps de profiter de ses panoramas lumineux et dégagés.
Ce parcours en boucle autour de la montagne la plus célèbre des Alpes Ligures, la Punta Marguareis (2651 m), se déroule sur un extraordinaire terrain karstique, avec une grande variété de milieux et d'ambiances.
Surnommé « I piccoli Dolomiti », les petites Dolomites, le Marguareis est un territoire protégé extrêmement sauvage.
La vue, dégagée, peut vous offrir de beaux panoramas jusqu’à la Méditerranée.
Tour du Marguareis
Exemple d’étape entre le Tanaro et les refuges
Les étapes du Tour du parc naturel du Marguareis empruntent des sentiers d’altitude, des cols et des vallons où le dénivelé s’accompagne de changements rapides de paysage.
De Briga Alta au refuge Don Barbera
Des sentiers sans difficultés pour la traversée du col, avec toutefois des traces pas toujours évidentes.
Le passage sur le pont suspendu des Vene est passionnant.
Du refuge Havis De Giorgio-Mondovì on remonte la vallée Ellero la piste jusqu'à l'alpage Gias Gruppetti (1 890 m).
De là, on prend le sentier qui se détache sur la droite et mène au Passo delle Saline (2 174 m).
On descend en pente raide dans la Gola delle Saline qui, après un gias, devient étroite et très incisée et, après avoir dépassé le refuge Ciarli-Bossi, à la bifurcation suivante on tourne à gauche.
Après environ une demi-heure de montée, on arrive à la Colla di Carnino (1 597 m), dont la vue plonge sur la haute vallée du Tanaro, sur les Vene, sur Pian Rosso.
De là, on continue sur un sentier à mi-côte et, sur un pont tibétain, on dépasse la Grotta delle Vene, l'un des nombreux points d’intérêt le long du parcours.
Deux tableaux d'affichage, à l'abri d'un baume, donnent les informations sur les particularités karstiques de la région.
De Carnino au refuge Don Barbera
Du refuge Mongioie on parcourt, dans le sens contraire pour ceux qui n'ont pas choisi la variante des lacs et par le Bocchino delle Scaglie, l'itinéraire vers les Vene.
La Colla di Carnino franchie, on arrive à la bifurcation pour le Passo delle Saline (1 500 m).
De là, on continue sur la gauche et, le long du sentier qui coupe la route, on atteint le village de Carnino Inferiore.
De la petite place, en prenant sur la droite la route en côte au-delà du ruisseau Saline, on côtoie le cimetière et on arrive à Carnino Superiore (1 397 m).
Il vaut la peine de s’arrêter pendant quelques instants dans cet ancien bourg, dont les premières maisons remontent au Xe siècle.
Le toit en paille de seigle est la partie la plus caractéristique de ces anciennes maisons en pierre : les tympans dépassent la couverture en formant deux poutres de bordure en pierre, servant de garde pour la paille et permettant l'accès au toit, en créant ainsi la structure typique du toit renfermé.
De Carnino on monte dans le vallon de la Chiusetta jusqu'à la Sella di Carnino, au-delà de laquelle le vallon, devenu plus ample, prend le nom « dei Maestri ».
On traverse Pian Sottano et Soprano de la Chiusetta, des prés d'alpage pittoresques, jusqu'à atteindre le Colle dei Signori et le refuge Don Barbera (2 070 m), inauguré en 2006.
Refuges, bivouacs et itinérance
Le parc dispose d’un réseau de quatre refuges alpins, de deux refuges de randonnée et de deux bivouacs, qui facilitent les excursions prolongées et les circuits de plusieurs jours comme le Giro del Marguareis.
Parmi les hébergements remarquables figurent le Rifugio Don Barbera et le Rifugio Garelli.
Les possibilités d'hébergement indiquées sont les seules disponibles sur le parcours.
La chapelle de Sant’Erim et le refuge Selle
La chapelle de Sant'Erim, chapelle de Sant'Elmo, a été construite suite aux apparitions du saint dans ce lieu à des groupes de bergers.
La tradition veut qu'une messe y soit célébrée chaque année le jour de l'ascension de l'alpage.
Le Rifugio Selle di Carnino a été construit par la section ligure du CAI à partir d'un abri de bergers.
Il a été utilisé jusqu'à la Seconde Guerre mondiale quand, gravement endommagé, il a été définitivement abandonné.
Le refuge Garelli
Depuis la première construction, l'abri a été dédié à la figure de Pier Mario Garelli, connu à tous comme Piero, avocat, partenaire d'escalade de Sandro Comino.
Président de la CAI de Mondovì, immédiatement après l'entrée de l'armistice dans la Résistance, rejoignant la III Division Alpine opérant dans le Val Casotto.
Arrêté à Mondovì, il a d'abord été enfermé à Turin.
Le 25 mai 1944, il est transféré au camp de concentration de Fossoli, puis à Bolzano et enfin au camp de concentration de Mauthausen.
Il est mort dans le sous-champ de Gusen, juste avant la fin des hostilités.
Biodiversité selon l’altitude
Le parc est un haut lieu de la biodiversité niché entre les Alpes, la Provence et le bassin méditerranéen.
Le Parc abrite une variété exceptionnelle d'espèces florales : les espèces alpines continentales côtoient des plantes caractéristiques de la végétation méditerranéenne.
Le site présente un intérêt remarquable pour la flore vasculaire, grâce à ses caractéristiques géologiques uniques et à l’influence conjointe des climats méditerranéen, alpin et ligure.
Cette diversité fait du Marguareïs un véritable refuge biologique, favorisant un fort endémisme avec des espèces telles que l’ail à fleurs de narcisse ou le carex de Tende.
La station botanique Burnat Bicknell s'étend sur 10 000 mètres carrés et porte le nom d'Emile Burnat et de Clarence Bicknell.
Burnat, botaniste suisse, est l'auteur de l'important ouvrage « Flores des Alpes Maritimes » ; Bicknell, botaniste anglais actif dans Valle Pesio depuis une trentaine d'années, est également connu comme le premier catalogueur des gravures rupestres de Monte Bego.
Dans les deux stations botaniques sont réunies environ 500 espèces de plantes typiques des Alpes ligures, offrant une opportunité unique pour les passionnés et les curieux.
Faune alpine et espèces protégées
Les espèces alpines animales les plus typiques sont bien représentées dans la faune variée et riche : chevreuils, cerfs, chamois, marmottes, aigles et tétras-lyres.
Le parc abrite également des loups : c’est ici, au milieu des années 1990, que la première meute stable de loups apparue dans les Alpes italiennes s'est installée, en complément de l'écosystème de la Valle Pesio.
Le Parc de Marguareis et toute la région de la Roccarina sont un paradis botanique et un royaume pour une faune d'excellence, notamment pour les chevreuils, les chamois et les loups.
On peut aussi observer les cerfs, les chamois et les chevreuils près de l’observatoire de la faune situé à proximité de Pian delle Gorre.
Le site abrite 24 habitats naturels, dont 7 sont considérés comme prioritaires à l’échelle européenne, tels que les pelouses sèches à orchidées, les éboulis et les forêts anciennes.
On y recense 16 espèces protégées au niveau européen, parmi lesquelles six espèces de chauves-souris et trois espèces végétales : l’Ancolie de Bertoloni, la Buxbaumie verte et la Gentiane de Ligurie.
Le site abrite également d’autres espèces protégées à l’échelle européenne, couvrant les mammifères, les insectes, les amphibiens, les reptiles et une avifaune particulièrement remarquable.
Toutes ces espèces, dites d’intérêt communautaire, sont inscrites à l’annexe II de la directive Habitats, ce qui garantit leur protection dans le cadre du réseau Natura 2000.
Accès au parc et principaux points de départ
Les accès au parc se trouvent généralement dans la Valle Pesio et la Valle Tanaro.
Depuis Chiusa di Pesio, dans la province de Cunéo, prendre la Valle Pesio jusqu’à Certosa, puis suivre l’étroite route asphaltée qui conduit jusqu’au Pian delle Gorre.
En passant par Chiusa di Pesio et le remarquable complexe de sa Chartreuse, vous arrivez dans le Parc du Marguareis, à la frontière entre les Alpes françaises et les Alpes liguriennes.
Le Pian delle Gorre sert de point de départ à plusieurs itinéraires populaires et dispose généralement de possibilités de stationnement.
Les détails du stationnement varient toutefois selon le départ choisi.
La Certosa di Pesio, monastère chartreux fondé en 1173, constitue l’un des principaux sites historiques situés dans le parc.
Quand randonner selon l’enneigement et l’altitude ?
La meilleure période pour la randonnée s’étend généralement de la fin du printemps au début de l’automne, de mai à octobre.
Le printemps offre des cascades particulièrement abondantes et une flore en pleine floraison.
L’été fournit des températures plus favorables aux itinéraires situés en altitude.
L’automne apporte de belles couleurs dans les forêts.
La randonnée hivernale reste possible, mais elle exige un équipement adapté et une expérience suffisante en raison de la neige et du verglas.
Une prudence particulière devra être observée en début de saison car il peut exister des névés persistants.
Cet itinéraire se déroule sur des sentiers alpins de haute vallée.
Avant de partir en randonnée, prenez connaissance des consignes de sécurité.
Le Parc national est un territoire naturel, ouvert à tous, mais soumis à une réglementation qu’il est utile de connaître pour préparer son séjour.
Les chiens sont généralement autorisés sur les sentiers, mais ils doivent être tenus en laisse afin de protéger la faune et d’assurer la sécurité des autres randonneurs.
Il est toujours préférable de consulter la signalisation locale ou les consignes officielles du parc pour connaître les éventuelles restrictions applicables à certains itinéraires ou secteurs protégés.
Routes historiques et activités humaines
Les activités humaines sur le plateau se répartissent en trois grandes catégories : l’élevage, la gestion forestière et les sports de nature.
Nombre des sentiers du parc suivent les anciennes « vie del sale », routes du sel, voies de communication entre la plaine du Pô et la mer.
La plus célèbre est la splendide route militaire Limone-Monesi, également connue sous le nom d’Alta Via del Sale, qui passe à la limite sud du parc.
L’ancienne route militaire 194, également connue sous le nom de Route de l’Invasion, aurait dû relier la Certosa di Pesio au Colle della Boaria.
Commencés en 1940, avec urgence, les travaux furent interrompus en septembre 1941, alors que plusieurs sections restaient inachevées.
Par certains considérée comme d’une utilité stratégique douteuse, voire incapable de faciliter une éventuelle invasion par les Français, elle est considérée par d’autres comme une route construite dans le but d’ouvrir une route d’attaque italienne vers la France.

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