La région des Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion coïncide avec la zone centrale du Parc national de La Réunion.
Depuis 2010, le Parc National de La Réunion figure sur la liste des biens naturels inscrite au Patrimoine Mondial par l’Unesco… Et à juste titre !

Carte UNESCO des Pitons, cirques et remparts
Le bien couvre plus de 100 000 ha, soit 40% de La Réunion, une île composée de deux massifs volcaniques adjacents et située dans le sud ouest de l’océan Indien.
Il s’agit en réalité du coeur du parc national, du piton d’Anchaing situé dans le cirque de Salazie, du piton de Sucre, de la Chapelle du cirque de Cilaos, de la Grande Chaloupe au Nord et de Mare Longue dans le Sud.
Le Parc National de La Réunion est composé de 24 communes.
L’Unesco reconnaît ainsi que l’ensemble des “Pitons, cirques et remparts” de La Réunion créent un paysage spectaculaire et contribue à la conservation de la biodiversité terrestre des Mascareignes.
Un territoire volcanique aux paysages spectaculaires
Apparue il y a seulement trois millions d’années, l’île de La Réunion abrite deux massifs volcaniques, dont l’un des volcans les plus actifs de la planète : le Piton de la Fournaise.
Dominé par deux pics volcaniques imposants, des murailles massives et trois cirques bordés de falaises, le bien présente une grande diversité de terrains accidentés et d’escarpements impressionnants, de gorges et de bassins boisés qui, ensemble, créent un paysage spectaculaire.
Le coeur du Parc national offre une mosaïque de paysages naturels grandioses, construits par les éruptions volcaniques successives et façonnés par les effondrements et l’érosion.
Les deux volcans majeurs
Critère (vii) : L’association du volcanisme, des glissements de terrain d’origine tectonique, et de l’érosion par les fortes pluies et les cours d’eau a donné un paysage accidenté et spectaculaire d’une beauté saisissante, dominé par deux volcans, le Piton des Neiges qui est endormi et le Piton de la Fournaise qui est extrêmement actif.
Parmi les autres caractéristiques principales du paysage, il y a les « remparts » - des murailles rocheuses escarpées d’âge et de nature géologiques variables et les « cirques » que l’on peut décrire comme des amphithéâtres naturels massifs dont la hauteur et la verticalité sont vertigineuses.
Les cirques, remparts et sites remarquables
Le territoire inscrit comprend notamment le piton d’Anchaing dans le cirque de Salazie, le piton de Sucre, la Chapelle du cirque de Cilaos, la Grande Chaloupe au Nord et Mare Longue dans le Sud.
Le bien comprend les habitats naturels avec leurs assemblages d’espèces les plus précieux de l’archipel des Mascareignes.
Un haut lieu mondial de la biodiversité
Le Parc National de La Réunion figure parmi les 34 hauts lieux de la biodiversité mondiale.
Critère (x) : Le bien est un centre mondial de diversité des plantes avec un degré d’endémisme élevé.
Il contient les derniers habitats naturels les plus importants pour la conservation de la biodiversité terrestre des Mascareignes, y compris une gamme de types forestiers rares.
Il protège des secteurs-clés d’un centre mondial reconnu de diversité des plantes et présente un taux d’endémisme remarquablement élevé pour de nombreux taxons.
La flore
Flore : environ 1 600 espèces indigènes recensées sur toute l’île, dont 600 plantes à graines, 240 fougères et plantes alliées et 756 bryophytes.
Le cœur du parc national abrite 94 % de la biodiversité de l’île, soit plus des 4/5 de celle des Mascareignes.
A titre de comparaison, le nombre d’espèces endémiques par unité de surface est trois fois plus élevé à La Réunion qu’à Hawaii et cinq fois plus qu’aux îles Galápagos.
La faune
Côté faune, ce sont les oiseaux les plus visibles : une centaine d’espèces dont certains endémiques et uniques au monde (le tuit-tuit, l’oiseau la Vierge ou « zoizo » la Vierge…).
S’ajoutent quelques espèces remarquables de reptiles et plus de 2 000 espèces d’insectes.
Faune : 43 vertébrés, dont 13 endémiques, et au moins 2 000 espèces d’invertébrés avec un taux d’endémisme important (40% pour certains groupes).
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Superficie du bien UNESCO | plus de 100 000 ha |
| Part de la superficie de l’île | 40% |
| Communes du Parc national | 24 |
| Espèces indigènes de la flore | environ 1 600 |
| Vertébrés | 43 |
| Espèces d’invertébrés | au moins 2 000 |
| Espèces de vertébrés endémiques | 13 |
Création et évolution du Parc national
La prise de conscience de la valeur unique du patrimoine naturel de l’île de la Réunion, et donc la nécessité de le protéger, est finalement assez récente.
Les premières réflexions ont débuté en 1985 dans le cadre du schéma d’aménagement régional et de la charte réunionnaise de l’environnement, pour aboutir à la demande de création du Parc National auprès du ministère de tutelle en l’an 2000.
Après une phase de consultation préalable qui s’est déroulée sur la période 2001 - 2003 et intégrant tous les acteurs concernés, la phase de création du Parc National débute en 2004, afin notamment de préciser le territoire ou les missions du Parc National, et aboutit en août 2006 à une enquête publique qui conclut favorablement sur le projet.
Le 5 mars 2007, le décret de création du Parc National de La Réunion est publié.
Il contient également environ 10 850 ha de propriétés privées réparties entre environ 725 propriétaires.
Crée en 2007, le Parc National de La Réunion couvre 42% de la surface de l’île, et a pour principaux objectifs la protection de la biodiversité et de l’endémisme de La Réunion, et la valorisation des hauts de l’île.
La Réunion s’inscrit dans la continuité des politiques publiques en faveur de la préservation et de la valorisation des Hauts de l’île.
Les missions du Parc national
La mission principale du Parc National est de protéger la biodiversité, La Réunion faisant partie des 34 « points chauds » identifiés sur la planète, et aussi surtout l’endémisme remarquable de l’île.
Le Parc National a également pour objectif de valoriser le patrimoine et contribuer au développement des hauts de l’île, mais intègre également un objectif important en matière d’informations et de sensibilisation aux richesses uniques de La Réunion, et à la nécessité de les protéger pour les générations futures.
Ce magnifique espace naturel est né d’une volonté commune entre les acteurs locaux, nationaux mais aussi internationaux de préserver la diversité naturelle des Hauts de l’île.
La Charte du Parc national
La Charte du Parc National de la Réunion porte un projet ambitieux pour le territoire des Hauts.
Elle définit les objectifs de protection et de valorisation pour le cœur et les orientations de développement durable pour l’aire ouverte à l’adhésion.
Elle vaut également plan de gestion du bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
La Charte s’articule autour de 4 enjeux majeurs :
- Préserver la diversité des paysages et accompagner leurs évolutions
- Inverser la tendance à la perte de biodiversité
- Valoriser le patrimoine culturel des Hauts et assurer la transmission de ses valeurs
- Impulser une dynamique de développement économique pour les Hauts
Et un enjeu transversal : Education - sensibilisation - communication.
Ces enjeux se déclinent de façon différenciée et complémentaire pour le cœur et pour l’aire ouverte d’adhésion, et en fonction des vocations des territoires identifiées.
Le Saviez-Vous : Et l’histoire continue ! La charte du parc doit être révisée tous les dix ans, ce qui peut entraîner l’élargissement des limites de la zone protégée.
La marque Esprit Parc National
La marque « Esprit Parc National » créée en 2015 et adoptée par tous les parcs nationaux français vise à soutenir les activités économiques, touristiques et agricoles de ces territoires, en s’inscrivant dans le respect et la valorisation des patrimoines locaux des Parcs nationaux.
La marque Esprit Parc National est le garant des bonnes pratiques des producteurs et prestataires bénéficiaires, engagés dans la préservation et la promotion de leur territoire.
Elle garantie un mode de production responsable et écologique, une origine locale et l’authenticité des produits proposés.
Les valeurs principales véhiculées par la marque Esprit Parc National sont :
- L’engagement : pour la préservation de la biodiversité
- L’authenticité : des traditions et des savoir-faire locaux
- Le respect : de la nature exceptionnelle, du patrimoine culturel, des acteurs locaux et des populations
- Le partage : autour d’une marque commune à tous les Parcs nationaux de France
- La vitalité : d’un état d’esprit positif, porteur de dynamisme et d’ouverture
Un patrimoine mondial confronté à des menaces
L’intégrité est menacée par plusieurs facteurs.
Malgré les efforts de gestion permanents, les espèces exotiques envahissantes constituent un défi constant pour la gestion et une menace très réelle pour les valeurs du bien en matière de biodiversité.
En 2017, au moment où le Parc National fête ses 10 ans, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) publie en novembre son grand rapport et classe le « Bien » de La Réunion dans la catégorie des sites suscitant une « préoccupation importante » et « en dégradation ».
Le Parc était classé dans un « bon état avec quelques préoccupations » en 2014.
Dans un rapport datant de novembre 2017, l’IUCN constate une dégradation inquiétante et le place en état de « préoccupation importante ».
Les espèces exotiques envahissantes
Le rapport de l’IUCN relève que malgré les efforts du gestionnaire (Parc National), les menaces des espèces exotiques envahissantes ont continué de s’accroitre, pointant « l’ampleur de la vague d’invasion, l’insuffisance des moyens alloués et les besoins de renforcement de la gouvernance et de la coordination de la lutte contre les espèces invasives ».
Une surveillance continue et l’application d’une stratégie complète pour contrôler et éradiquer les espèces exotiques envahissantes sont indispensables et devront être menées à long terme et de manière ininterrompue ainsi qu’avec un financement continu important.
Incendies, déchets et autres pressions
Le rapport précise également que « les incendies de 2010 et 2011 ont localement causé une détérioration conséquente des valeurs du Bien ».
Les espèces exotiques envahissantes ont été identifiées comme la plus grande menace actuelle pour le bien par l’IUCN, à laquelle s’ajoute d’autres menaces plus localisées comme « le braconnage des palmiers et des orchidées, le bétail divaguant et l’accroissement des déchets qui non seulement gâchent la valeur du paysage du Bien, mais augmentent les populations de rats qui, à leur tour, déciment certaines populations critiques de certaines espèces en voie de disparition » ou à terme « le changement climatique ».
Protection et gestion du site UNESCO
Le bien bénéficie d’une protection juridique effective grâce à son classement en Parc national.
Ce statut offre un cadre juridique adéquat pour garantir la protection du bien dont les limites coïncident avec celles du Parc national.
Pour veiller à la valeur universelle exceptionnelle du bien, il faudra une application efficace et adaptative du plan de gestion en évolution pour le Parc national de La Réunion ainsi que des ressources financières et en personnel suffisantes et à long terme.
La gestion du Parc national dépend de consultations exhaustives avec les acteurs gouvernementaux et de la société civile et bénéficie de structures scientifiques, de recherche, socio-économiques et culturelles.
Des mesures s’imposent également pour répondre à plusieurs menaces spécifiques et pour garantir le maintien et le renforcement de la valeur universelle exceptionnelle.
L’élaboration et l’application efficace d’une stratégie de développement touristique exhaustive tenant compte de la demande élevée sont également nécessaires.