Le Parc national de Maiko, situé à l’Est de la République démocratique du Congo, est sous la menace de l’exploitation minière illégale. Il abrite des espèces emblématiques à l’instar de l’Okapi, du chimpanzé et du Gorille de Grauer, également menacées par cette activité.
Le service de la conservation du parc se déploie, dans la limite de ses moyens, pour combattre cette activité et les autres facteurs menaçant l’intégrité de ce parc créé en 1970.
Localisation et statut du parc
Le Parc National de Maiko (PNM) a été créé en 1970 par l’ordonnance N°70-312 du 20 Novembre 1970 avec une superficie de 10529 Km².
Il est situé à cheval entre les provinces de la Tshopo, du Maniema et du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo.
Maiko National Park, located in the heart of the DRC, is a remote sanctuary home to iconic species such as the eastern lowland gorilla, okapi, and Congo peacock.
Le site appartient à l'une des régions forestières les plus isolées du pays et abrite trois des plus spectaculaires espèces animales endémiques du pays : le gorille des plaines de l'est (Gorilla beringei graueri), l'okapi (Okapia johnstoni), et le paon du Congo (Afropavo congoensis).
| Caractéristique | Information |
|---|---|
| Nom national | Parc Nationa de Maiko |
| Année de création | 1970 |
| Superficie | 10529 Km² |
| Coordonnées centrales | Latitude: -0.4060, Longitude: 27.6330 |
| Altitude | 700 à 1300 m |
| Provinces concernées | Tshopo, Maniema et Nord-Kivu |
| Catégorie de gestion | Catégorie II de l’UICN |
| Statut KBA | Confirmé |
| Année de la dernière évaluation | 2023 |
| Superficie de la KBA | 10528.67088 km2 |
| Couverture de l’aire protégée | 94.04% |

Un site clé pour la biodiversité
Le Parc National de Maiko figure parmis les signes relativement moins étudié dans tous ses taxa.
Seuls les grands mammifères ont fait objet de quelques inventaires sporadiques qui d'ailleurs n'ont jamais réussi à couvrir toute son étendue.
La récente expédition test effectuée en 2021 a couvert une partie du secteur Sud et était focalisée sur les grands singes.
Des études exhaustives sont nécessaires.
C'est pourquoi, les données disponibles à ce jour concernent uniquement le domaine des grands mammifères.
Le statut KBA est déclenché par les critères A1a, A1b, A1c, A1d et B1.
Au total, 10 mammifères sont concernés.
L’Okapi (Okapia johnstoni, EN) et le gorille de grauer (Gorilla beringei, CR) déclenchent A1a et A1c.
Le cercopithèque de l’Hoest (Allochrocebus lhoesti, VU) remplit les A1b et A1d alors que Piliocolobus semlikiensis, espèce Vulnérable, déclenche A1b, A1d, B1.
Trois espèces déclenchent A1c.
Il s’agit de Loxodonta cyclotis (CR), Smutsia gigantea (EN) et Pan troglodytes (EN).
Enfin, trois autres espèces de mammifères vulnérables déclenchent à leur tour le critère A1d.
Il est cependant très peu étudié en raison du manque de financement mais reste un site très diversifié avec des espèces non déclencheuses du statut KBA telles que Cephalophus dorsalis, Cephalophus nigrifrons, Philotomba monticola, Cephalophus sylvicultor, Potamochoerus porcus, Cercopithecus ascanius, Baeopogon indicator, Apalis goslingi, Afropavo congensis, etc.
Les espèces emblématiques de Maiko
Le gorille de Grauer
Le gorille des plaines de l'est (Gorilla beringei graueri) constitue l’une des espèces les plus remarquables du parc.
L’existence de ces mammifères est menacée, ces dernières années, par l’exploitation minière exercée illégalement par des sociétés chinoises, dans l’enceinte de ce parc.
Ceci alors même que l’activité minière est strictement interdite dans les aires protégées par la législation congolaise, en conformité avec les accords internationaux ratifiés par le pays.
L’okapi
L’okapi (Okapia johnstoni) est une espèce emblématique de la forêt congolaise et l’un des principaux éléments qui justifient l’importance internationale de Maiko.
Il abrite des espèces emblématiques à l’instar de l’Okapi, du chimpanzé et du Gorille de Grauer, également menacées par cette activité.
Les principales espèces visées sont les bébés gorilles, chimpanzés et autres primates, les oiseaux et l’okapi.

Le paon du Congo et les autres espèces
Le paon du Congo (Afropavo congoensis) fait partie des trois espèces animales endémiques les plus spectaculaires du pays présentes dans le parc.
Maiko National Park, located in the heart of the DRC, is a remote sanctuary home to iconic species such as the eastern lowland gorilla, okapi, and Congo peacock.
Maiko also harbors chimpanzees and forest elephants.
Il reste un site très diversifié avec des espèces non déclencheuses du statut KBA telles que Cephalophus dorsalis, Cephalophus nigrifrons, Philotomba monticola, Cephalophus sylvicultor, Potamochoerus porcus, Cercopithecus ascanius, Baeopogon indicator, Apalis goslingi, Afropavo congensis, etc.
Habitats et végétation
La KBA est couverte de forêts denses de terre ferme dont la composition et la structure varient suivant l’altitude.
Jusqu’à 1.000 m d’altitude, s’étend la forêt planitiaire avec des formations mixtes à Strombosia et Parinari et des formations à monodominance de Gilbertiodendron dewevrei ou de Michelsonia microphylla.
Entre 1.000 et 1.650 m, s’étend la forêt submontagnarde ou forêt de transition, caractérisée par la présence notamment des genres Pentadesma, Lebrunia, Cynometra, Julbernardia, Pouteri et Staudtia ou par la dominance locale de Ocotea michelsonii.
Au-dessus de 1.650 m, s’étendent les forêts afromontagnardes caractérisées par les genres Diospyros, Entandrophragma, Ficalhoa, Olea, Parinari, Podocarpus, Prunus et Syzygium.
La flore est riche et comprend de nombreuses espèces endémiques de la région bien que très peu étudiées sur le site.
| Habitat | Information disponible |
|---|---|
| Savanna | 22.7% |
| Forêt | Forest - Subtropical/tropical moist montane |
| Forêt planitiaire | Jusqu’à 1.000 m d’altitude |
| Forêt submontagnarde | Entre 1.000 et 1.650 m |
| Forêt afromontagnarde | Au-dessus de 1.650 m |
Sur l’année, la température moyenne à Maiko est de 24.5°C et les précipitations sont en moyenne de 312.9 mm.
Protection légale et gestion du territoire
Le Parc National de Maiko est une Aire protégé de catégorie II de l'UICN; elle jouie légalement d'une protection intégrale.
L'institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), un organe public en charge de gestion des aires protégées, est présent sur ce site subdivisé administrativement en trois secteurs pour faciliter la gestion.
Les écogardes qui sont présent sur le site assurent le suivi de l'application de la loi à travers la surveillance des activités illicites dans le site.
Les patrouilles y sont régulièrement organisées avec parfois l'appui des partenaires techniques et financiers.
La KBA couvre une aire protégée de catégorie II.
Il s'agit donc d'une réserve intégrale où les activités d'exploitation des ressources par les communautés sont prohibées conformément à la loi.
Un plan d'aménagement mis en place permet de définir cependant le régime d'accès conditionné à certains services écosystémiques comme la collecte contrôlée et règlementée de quelques produits forestiers non ligneux.
En tant qu'aire protégée, le site n'est pas supposé abrité des installations humaines malgré la présence des camps des milices et autres exploitants miniers.
Pression de l’exploitation minière
La principale menace qui pèse actuellement sur le parc est l’exploitation minière illégale.
L’existence de ces mammifères est menacée, ces dernières années, par l’exploitation minière exercée illégalement par des sociétés chinoises, dans l’enceinte de ce parc.
On dénombre à ce jour plus de 17 carrières opérationnelles (or, coltan, diamant, etc.) dont 9 dans le secteur nord, 3 au centre et 5 au sud.
Dans les milieux reculés, ce sont les groupes armés qui vendent des portions de terre, non seulement aux Chinois, mais aussi à tous ceux qui en ont besoin, en contrepartie d’une somme d’argent ou d’un don y équivalent.
Dans un cadre légal, c’est le Cadastre minier qui octroie les titres miniers aux exploitants ; mais les « colliniers » (propriétaires terriens), aussi le font d’une manière officieuse et par convention.
Cette activité est à la base du changement de la mosaïque d’habitats, la pollution sonore, la migration faunique, l’extinction, et même la disparition des espèces, les zoonoses, les conflits homme-faune, le réchauffement climatique en ce qui concerne la déforestation.
Pollution des cours d’eau et destruction des habitats
Les espèces les plus menacées sont celles qui vivent dans l’eau (halieutiques), suite aux produits chimiques toxiques utilisés dans le nettoyage des minerais.
Les autres espèces telles que les éléphants, les Okapis, les pangolins géants, les grands singes (Gorilles de Grauer, les chimpanzés), et même les oiseaux, les reptiles… ne sont pas épargnés par cette pratique incompatible avec la conservation, car elle détruit la forêt qui est leur habitat propice.
L’exploitation minière entraîne ainsi la modification des habitats, la pollution sonore, la migration de la faune et la déforestation.
Chasse, commerce de la viande de brousse et trafic d’espèces
La chasse demeure une activité prépondérante autour du Parc National de la Maïko, avec une accentuation du commerce de la viande de brousse pour alimenter les marchés de Lubutu, de Bafwasende et de Manguredjipa.
La chasse et l’abattage des animaux avec des armes de chasse ou de guerre constituent également une menace pour la biodiversité.
Il s’observe également un trafic des spécimens vivants.
Les principales espèces visées sont les bébés gorilles, chimpanzés et autres primates, les oiseaux et l’okapi.
Autres menaces pesant sur la biodiversité
Les menaces recensées comprennent l’exploitation minière et les carrières, la chasse et la collecte d’animaux terrestres, les cultures annuelles et pérennes non ligneuses, ainsi que l’agriculture itinérante.
Les intrusions humaines et les perturbations liées à la guerre, aux troubles civils et aux exercices militaires ont été observées dans le passé, mais sont actuellement suspendues et susceptibles de réapparaître.
La pêche et la récolte des ressources aquatiques de subsistance ou à petite échelle peuvent également produire des effets involontaires sur les espèces évaluées.
Surveillance et actions de conservation
Le parc dispose des éléments de surveillance, en l’occurrence les écogardes, dont l’effectif est encore réduit par rapport à la zone à contrôler.
Le service de la conservation du parc se déploie, dans la limite de ses moyens, pour combattre cette activité et les autres facteurs menaçant l’intégrité de ce parc créé en 1970.
L’application de la loi, l’organisation des dialogues avec les propriétaires terriens et les tenanciers (exploitants) des machines communément appelées dragues, tout en associant les leaders locaux, et même les représentants des groupes armés, sans oublier les autorités politico-administratives de la place, font partie des réponses envisagées.
La sensibilisation à tous les niveaux vise à vulgariser la loi relative à la conservation et d’autres thématiques y afférentes.
Le parc développe la conservation communautaire pour que la population s’approprie sa gestion.
Malheureusement, elle n’est pas encore en mesure d’opérer des arrestations, faute de formation en la matière.
Mais, jusque-là, elle joue un grand rôle dans la dénonciation.
La population s’attèle à la dénonciation.
Elle a une connaissance et le respect vis-à-vis de certaines espèces animales comme végétales, qu’elles considèrent comme interdites par la coutume et la loi du pays.
Coopération pour une conservation inclusive
Cet accord entre l’ICCN et l’ONG Fauna & flora international pour la cogestion du Parc national de la Maïko visant à maintenir les écosystèmes naturels, sa biodiversité unique est importante, et les services environnementaux de cette ONG reconnaissent que la conservation et l’avenir du Parc national de la Maiko doivent être pris en charge et dirigés par les Congolais.
L’ICCN et l’ONG Fauna & flora conviennent de se soutenir mutuellement dans la gestion du Parc national de la Maiko, conformément aux meilleures pratiques et normes internationales, en plaçant fermement les droits humains au centre du travail de conservation, pour favoriser une conservation inclusive et centrée sur la communauté.
L’accord vise également à renforcer l’engagement commun et les contributions en faveur d’une conservation plus exclusive et durable.
Il donne la priorité au développement durable des communautés, au respect des droits et à l’application de la loi.
L’ICCN et l’ONG Fauna & flora veilleront à ce que ces activités de conservation ne désengagent ni n’affaiblissent les populations pauvres, vulnérables ou marginalisées, qui dépendent des ressources naturelles ou qui vivent à proximité de celles-ci et dans la mesure du possible, cherchent à conserver la biodiversité de manière à améliorer le bien-être local et l’équité sociale.
L’ICCN et l’ONG Fauna & flora s’engagent à respecter les droits humains, à promouvoir leur protection et leur réalisation dans le cadre de leurs programmes de conservation et à soutenir les systèmes de gouvernance susceptible de garantir ces droits.
Protection des aires protégées et conflits armés : Expérience du Parc National de la Maiko
Un patrimoine encore largement à documenter
Le Parc National de Maiko figure parmi les sites relativement moins étudiés dans tous ses taxons.
Seuls les grands mammifères ont fait l’objet de quelques inventaires sporadiques qui n’ont d’ailleurs jamais réussi à couvrir toute son étendue.
La récente expédition test effectuée en 2021 a couvert une partie du secteur Sud et était focalisée sur les grands singes.
La flore est riche et comprend de nombreuses espèces endémiques de la région bien que très peu étudiées sur le site.
Des études exhaustives sont nécessaires.