Le virus Zika est une maladie virale transmise principalement par les moustiques, mais aussi par voie sexuelle. Initialement isolé en Afrique (Ouganda, 1947), le virus Zika est potentiellement présent dans toute la zone intertropicale, sous forme d’épidémies ou de cas sporadiques.
Depuis la grande vague épidémique de 2013-2016 qui a atteint l’océan Pacifique puis l’Amérique latine, le nombre de cas a considérablement diminué mais des cas restent identifiés dans plusieurs pays. En Amérique Latine la PAHO continue d’assurer un suivi régulier des cas.
Présence du Zika en République dominicaine
Le virus Zika est principalement transmis par les moustiques infectés du genre Aedes (Stegomyia), le plus souvent de l’espèce Aedes aegypti, mais aussi Aedes albopictus. Ces espèces transmettent aussi la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune urbaine.
Ces moustiques sont majoritairement présents dans les régions tropicales et subtropicales, mais leur aire de répartition géographique s’élargit. Les moustiques Aedes piquent en général pendant la journée et principalement à l’extérieur, mais le font également à l’intérieur.
En République dominicaine, la présence du Zika figure parmi les risques liés aux arthropodes. La prévention contre les piqûres de moustique est donc essentielle pour les voyageurs, notamment pour les femmes enceintes, les femmes en âge de procréer et les jeunes enfants.

Comment le virus Zika se transmet-il ?
Transmission par les moustiques
Le virus Zika est principalement transmis par les moustiques du genre Aedes, dont les piqûres surviennent surtout pendant la journée.
Les moustiques Aedes se reproduisent dans les réceptacles d’eau que l’on trouve aux alentours des maisons, des écoles et des lieux de travail. Il est par conséquent important d’éliminer tous les gîtes larvaires (sites de ponte) potentiels des moustiques par des moyens appropriés : en couvrant les récipients de stockage de l’eau, en retirant l’eau stagnante des pots de fleurs, et en évacuant les déchets et les pneus usagés.
Autres voies de transmission
Il se transmet également de la mère au fœtus, ainsi que lors de rapports sexuels, d’une exposition en laboratoire, d’une transfusion de sang ou de produits sanguins, et potentiellement lors d’une transplantation d’organes.
Dans les régions de transmission active du virus Zika, toutes les personnes infectées par le virus et leurs partenaires sexuels (en particulier les femmes enceintes) doivent être informés des risques de transmission sexuelle du virus Zika.
Symptômes du virus Zika
La plupart des personnes infectées par le virus Zika ne développent pas de symptômes.
Chez les personnes qui en présentent, les symptômes apparaissent généralement 3 à 14 jours après l’infection. Ils sont généralement bénins, pouvant inclure une éruption cutanée, un accès de fièvre, une conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires, un état de malaise et des céphalées, et durant habituellement de 2 à 7 jours.
| Élément | Informations |
|---|---|
| Apparition des symptômes | Généralement 3 à 14 jours après l’infection |
| Durée habituelle | 2 à 7 jours |
| Symptômes possibles | Éruption cutanée, fièvre, conjonctivite, douleurs musculaires et articulaires, malaise et céphalées |
| Évolution | La plupart des personnes infectées ne développent pas de symptômes |
Ces symptômes sont communs à d’autres maladies, provoquées ou non par des arbovirus. Pour cette raison, le diagnostic de l’infection à virus Zika nécessite la confirmation en laboratoire.
Risques et complications pendant la grossesse
L’infection à virus Zika pendant la grossesse peut entraîner une microcéphalie (tête de petite taille par rapport à la normale) t d’autres malformations congénitales du nourrisson, ainsi qu’une naissance prématurée ou une fausse couche.
L’infection à virus Zika pendant la grossesse est à l’origine de cas de microcéphalie et d’autres malformations congénitales du nourrisson, notamment de contractures des membres, de tonus musculaire élevé, d’anomalies oculaires et de perte auditive. Ce tableau clinique est désigné sous le terme de syndrome de Zika congénital.
Le risque de malformations congénitales suite à une infection pendant la grossesse demeure inconnu. Selon les estimations, entre 5 et 15 % des nourrissons nés de mères infectées par le virus Zika pendant la grossesse présentent des signes de complications liées à la maladie à virus Zika (3).
Les malformations congénitales surviennent après une infection symptomatique ou asymptomatique. L’infection à Zika pendant la grossesse peut également entraîner des complications telles que la perte fœtale, la mortinaissance et la naissance prématurée.
Les femmes enceintes qui vivent dans des zones de transmission du virus Zika ou qui présentent des symptômes d’infection par ce virus doivent consulter un médecin afin de se faire dépister et d’obtenir des informations, des conseils et d’autres soins cliniques.
Les partenaires sexuels des femmes enceintes qui vivent ou se sont rendus dans des zones où le virus Zika se transmet localement doivent avoir des rapports protégés ou s’abstenir de tout rapport pendant toute la grossesse.
Zika : 1% de risque pour les foetus d'une mère atteinte du virus de développer une microcéphalie
Complications neurologiques
L’infection à virus Zika est associée au syndrome de Guillain-Barré, à la neuropathie et à la myélite chez l’adulte et l’enfant.
L’infection à virus Zika peut également provoquer le syndrome de Guillain-Barré, la neuropathie et la myélite, en particulier chez l’adulte et l’enfant.
Des travaux de recherche sont en cours afin de déterminer les risques d’infection à virus Zika et les effets de celle-ci sur l’issue de la grossesse, d’élaborer des stratégies de lutte anti-infectieuse et de déterminer les effets de l’infection sur d’autres troubles neurologiques de l’enfant et de l’adulte.
Diagnostic du Zika
On peut suspecter une infection à virus Zika à partir des symptômes de personnes vivant dans des régions de transmission du virus et/ou de présence de moustiques Aedes vecteurs ou de personnes qui s’y sont rendues.
Le diagnostic de l’infection à virus Zika ne peut être confirmé que par des analyses de laboratoire du sang ou d’autres liquides biologiques pour détecter l’ARN viral par transcription inverse suivie d’une amplification en chaîne par polymérase (RT-PCR), ou par une recherche d’anticorps IgM.
Concernant la recherche des anticorps IgM, il convient de distinguer les résultats positifs des flavivirus présentant des réactions croisées, comme le virus de la dengue, auxquels le patient peut avoir été exposé ou contre lesquels il aurait été vacciné.
Traitement de l’infection à virus Zika
Il n’existe pas de traitement spécifique de l’infection ou de la maladie à virus Zika.
Les sujets présentant des symptômes comme une éruption cutanée, de la fièvre ou des douleurs articulaires doivent beaucoup se reposer, boire suffisamment et prendre des antipyrétiques et/ou des analgésiques pour traiter leurs symptômes.
Si un diagnostic précis ne peut être posé et que la dengue ne peut être exclue, les patients doivent être traités comme s’ils étaient atteints de dengue, selon des lignes directrices cliniques normalisées.
Il s’agit notamment d’éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens jusqu’à ce qu’une infection par le virus de la dengue soit écartée en raison du risque de saignement.
En cas d’aggravation des symptômes, le patient doit consulter un médecin.
Prévention des piqûres de moustiques
Il n’existe pas à ce jour de vaccin permettant de prévenir ou de traiter l’infection à virus Zika. La mise au point d’un tel vaccin continue de faire l’objet de travaux de recherches.
La prévention contre les piqûres de moustique pendant la journée et en début de soirée est une mesure essentielle pour la prévention de l’infection à virus Zika, en particulier pour les femmes enceintes, les femmes en âge de procréer et les jeunes enfants.
- Le port de vêtements, de préférence de couleur claire, couvrant le plus possible le corps.
- L’installation d’obstacles physiques comme des écrans anti-insectes.
- La fermeture des portes et fenêtres.
- L’application sur la peau ou les vêtements de produits répulsifs contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine, en suivant les instructions figurant sur l’étiquetage du produit.
- L’utilisation de moustiquaires pendant les périodes de repos diurne ou en début de soirée.
Les jeunes enfants et les femmes enceintes devraient dormir sous une moustiquaire lorsqu’ils dorment pendant la journée ou en début de soirée.
Les voyageurs et les personnes vivant dans des zones affectées doivent prendre les précautions de base décrites ci-dessus pour se protéger des piqûres de moustique.
Réduire les gîtes larvaires
Les initiatives communautaires sont essentielles pour soutenir les autorités locales et les programmes de santé publique visant à réduire les gîtes larvaires des moustiques.
Les autorités sanitaires peuvent également conseiller l’utilisation de larvicides et d’insecticides pour réduire les populations de moustiques et la propagation des maladies.
Prévention de la transmission sexuelle
L’OMS recommande que les hommes et les femmes sexuellement actifs soient conseillés et que leur soit proposée une gamme complète de méthodes contraceptives pour qu’ils puissent faire un choix éclairé sur l’opportunité de concevoir un enfant et le moment de le faire, afin d’éviter les éventuelles issues de la grossesse ou issues fœtales défavorables.
Les femmes qui ont eu des rapports sexuels non protégés et qui ne souhaitent pas tomber enceintes par crainte de l’infection à virus Zika doivent avoir facilement accès à la contraception d’urgence et aux services de conseil associés.
Les femmes enceintes doivent avoir des rapports protégés, notamment grâce à l’usage correct et systématique du préservatif, ou s’abstenir de tout rapport pendant toute la durée de leur grossesse.
Dans les régions sans transmission active du virus Zika, l’OMS recommande aux personnes qui reviennent de zones de transmission active du virus d’avoir des rapports sexuels protégés ou de pratiquer l’abstinence pendant une période de trois mois pour les hommes et de deux mois pour les femmes, pour éviter de transmettre l’infection à leurs partenaires sexuels.
Conseils sanitaires pour un séjour en République dominicaine
Vérifier que la vaccination de base soit à jour. Pour ce faire, se référer au Protocole d'immunisation du Québec (PIQ).
Recommander la vaccination contre la COVID-19 aux clientèles ciblées par les indications du PIQ.
Pour plus d’informations sur les différents problèmes de santé en voyage, tels que la diarrhée du voyageur, consultez la section Risques en voyage.
| Maladie ou risque | Recommandations et informations |
|---|---|
| Chikungunya | Présence. Mesures de protection personnelle contre les moustiques. |
| Dengue | Hausse des cas (2025). |
| Fièvre Oropouche | Hausse des cas (2024). |
| Zika | Risque lié aux arthropodes. Mesures de protection contre les moustiques et prévention de la transmission sexuelle. |
| Hépatite A | Prévalence modérée. Immunisation pour tous. |
| Hépatite B | Prévalence modérée. Immunisation pour tous. |
| Rage | Risque élevé de rage. Envisager l’immunisation pour les groupes particuliers de voyageurs susceptibles d’être exposés à des chauves-souris, des animaux sauvages ou des animaux domestiques, en particulier les chiens. |
| Mpox | Risque d’exposition principalement par voie sexuelle. Mesures de protection personnelles. |
Paludisme et protection contre les moustiques
Le paludisme est une maladie transmise par piqûre de moustiques.
La présence du paludisme est signalée dans les zones rurales de tout le pays. Le risque est le plus élevé dans les régions frontalières avec Haïti : Dajabon, Elias Pina et San Juan.
Il existe un risque plus faible dans le district National, les provinces de Santo Domingo, San Cristobal et La Alta gracia, dans le district de Bavaro.
Le risque est faible ou négligeable dans les autres provinces ainsi que dans les autres stations balnéaires. Des cas sporadiques ont été rapportés chez des Canadiens après un court séjour à Punta Cana.
Le risque est plus élevé durant la saison des pluies, de mai à octobre. Il n’y a pas de risque dans les villes de Santiago et de Santo Domingo.
La chloroquine est indiquée pour les séjours en zones rurales, ainsi que pour les provinces à risque, telles que décrites ci-haut.
Des mesures de protection personnelle contre les moustiques sont généralement suffisantes pour les courts séjours dans les stations balnéaires, incluant celles de La Altagracia. Une chimioprophylaxie pourrait être envisagée, après discussion sur les risques-bénéfices.
Précautions alimentaires et autres risques
Il est conseillé de se laver les mains très fréquemment, avec de l’eau et du savon et/ou du gel hydro alcoolique, en particulier avant de préparer ou de consommer des aliments.
Les aliments doivent être suffisamment cuits et servis à une température d’au moins 60 °C pour être considérés sans risques.
Pour être consommés crus, les fruits et les légumes doivent être lavés à l’eau décontaminée et pelés.
Les viandes, poissons et œufs doivent être particulièrement cuits.
Les autres infections sont transmises soit par des insectes, soit par l’alimentation, soit par contamination directe ou sanguine.
Un animal porteur de la rage peut avoir l’air inoffensif.
Les moustiquaires et produits d’imprégnation sont recommandés.
Privilégier des pratiques sexuelles protégées.
Situation mondiale et rôle de l’OMS
En février 2016, l’OMS a déclaré que la microcéphalie liée à la maladie à virus Zika constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Le lien de causalité entre le virus Zika et les malformations congénitales a été confirmé, et la déclaration de la USPPI a été levée en novembre 2016.
Le nombre de cas de maladie à virus Zika diminue depuis 2017 à l’échelle mondiale, toutefois, de faibles niveaux de transmission persistent dans plusieurs pays des Amériques et ainsi que dans certains pays d’Asie et d’Afrique, où des flambées sporadiques ont également été enregistrées.
À ce jour, un total de 92 pays et territoires ont fait état d’éléments de preuve d’infection à virus Zika transmise par des moustiques, cependant la surveillance demeure limitée à l’échelle mondiale.
L’OMS aide les pays à mener des activités de surveillance et de lutte contre les arbovirus par la mise en œuvre de l’Initiative mondiale de lutte contre les arbovirus, qui s’inscrit dans le prolongement des recommandations figurant dans le Plan de riposte stratégique contre le virus Zika.
- aider les pays à confirmer les flambées par l’intermédiaire de son réseau de laboratoires collaborateurs ;
- fournir un soutien technique et des orientations aux pays pour favoriser une gestion efficace des flambées de maladies transmises par les moustiques ;
- examiner les activités menées pour mettre au point de nouveaux outils, dont des produits insecticides et des techniques d’application ;
- aider les pays à formuler des stratégies, des politiques et des plans de gestion des flambées en se fondant sur des données probantes ;
- aider les pays à améliorer leurs systèmes de notification ;
- dispenser une formation à la prise en charge clinique, au diagnostic et à la lutte antivectorielle au niveau régional avec certains de ses centres collaborateurs ;
- publier des lignes directrices et des manuels à l’intention des États Membres, portant sur la surveillance épidémiologique, les analyses de laboratoire, la prise en charge clinique des cas et la lutte antivectorielle.
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