Me revoici partie en terre scandinave cette semaine ! Et avant toute chose, laissez-moi avouer ma faute: je n’ai, encore une fois, pas su respecter l’ordre des tomes…parce qu’il y avait deux tomes avant celui-ci !
Troisième enquête de Rebecka Martinsson, vous pouvez la lire sans avoir lu les deux premiers. Tout est bien expliqué et résumé, l’état de Rebecka au début, ce qui l’a conduit à ce qu’elle est aujourd’hui. Dans les grandes lignes, certes ! Mais au moins, nous ne sommes pas perdus quand on arrive dans ce troisième opus qui se partage son temps entre diverses villes suédoises, des rendez-vous politiques et une enquête à glacer le sang.

Un meurtre dans le nord de la Suède
Nord de la Suède. Un pêcheur découvre le cadavre torturé d’une femme au bord d’un lac gelé.
Le lac de Torneträsk offre encore au mois de mars une belle épaisseur de neige et Leif Pudas compte bien profiter des quelques moments de tranquillité pour pêcher dans sa cabane, mais les quelques bières ingurgitées l’empêchent de faire face au blizzard qui sévit de plus en plus. Obligé de trouver une cabane plus solide, il se réfugie dans celle des Persson, pour l’instant inoccupée.
Le corps d’une femme, Inna Wattrang, est retrouvé dans une cabane au bord d’un lac.
La belle Inna Wattrang était la porte-parole de Mauri Kallis, un célèbre industriel dont l’ascension et la réussite fascinent le pays. Les indices sont minces : les deux inspecteurs de la police judiciaire de Kiruna font appel à l’ex-avocate Rebecka Martinsson, devenue procureur auxiliaire, pour tenter d’élucider les relations troubles entre Kallis et son employée.
Rebecka Martinsson face à une nouvelle fonction
Rebecka, là-dedans ? Comme l’enquête n’est pas ce qui préoccupe le plus le roman, Rebecka apparaît au final peu de temps. On la suit dans son nouveau travail, ses pensées noires, ses souffrances et sa détermination à aider la police.
Ce troisième opus nous permet de mettre le pied dans un univers que nous ne connaissons pas forcément beaucoup, car c’est un univers assez impitoyable, celui de la finance, de la bourse, celui de l’argent et de la quête du pouvoir.
Celui où des investisseurs s’implantent dans un pays, font leurs petites affaires, parfois au détriment de la population.
Comment vous dire ? Je faisais les yeux ronds et je me creusais la tête pour comprendre cette histoire de bourse.
Ajoutez à cela l’enquête: au fond, c’est très simple à résoudre. Il faut chercher qui a le plus intérêt à la mort d’Inna, et comme nous berçons dans le monde de l’argent et du pouvoir, le coupable est assez…facilement trouvable.
Une enquête en retrait
Ce qui ressort dans quelques commentaires sur La piste noire, c’est que l’enquête n’est pas assez mise au premier plan. Qu’on dérive vers plusieurs personnages, qu’on se pose la questions de la nécessité de certains.
C’est vrai que l’enquête n’est pas le plus important dans ce roman. Presque tout tourne autour des Wattrang et de leurs familles, de leurs histoires.
L’un des points forts de ce roman est que l’enquête est bien documentée, ce qui rend la lecture plaisante.
En revanche, même si les nombreuses anamnèses permettent de mieux comprendre l’histoire de chaque personnage, cela peut paraître un peu long surtout celles concernant Ester qui occupent une partie importante du roman sans que l’on sache trop pourquoi.
En effet, cela freine la lecture et n’apporte pas grand-chose au lecteur.
Les Wattrang, leur entourage et leurs secrets
Presque tout tourne autour des Wattrang et de leurs familles, de leurs histoires.
Au passage, certains parleront d’une relation glauque voire malsaine dans le grand haras qui héberge tout ce beau monde. Je vous laisse découvrir de qui on parle.
C’est certain que ça choquera ou rebutera certains lecteurs.
On se demande si c’est courant, dans le monde-là, celui qui regorge d’argent, de soirées.
Le roman explore ainsi les liens entre la réussite industrielle, les intérêts financiers, les ambitions politiques et les relations personnelles. Les personnages évoluent dans un milieu où l’argent et le pouvoir influencent profondément les décisions et les rapports humains.

La place d’Ester dans le récit
Autre petite chose qui m’a chagriné. Ester.
Je vous le dis d’emblée, j’aime Ester, parce qu’elle et moi avons des choses en commun, d’une manière ou d’une autre.
J’ai suivi avec intérêt le parcours qu’elle nous raconte, mais j’ai l’impression qu’il y a trop. Trop, tout simplement.
Ce petit côté “magique”, ses capacités, je n’y ai pas beaucoup cru.
Les nombreuses anamnèses concernant Ester occupent une partie importante du roman sans que l’on sache trop pourquoi.
Une intrigue qui laisse des questions ouvertes
Suspense, et d’un coup, la fin.
J’ai la désagréable impression que ça part en queue de poisson.
C’est dommage, il y a des questions qu’on se pose: que deviennent Mauri et Ebba, où vont-ils ? Sachant qu’ils sont en très mauvaise posture.
Ester, que lui arrive-t-il ? Est-elle morte ou bien…et puis, nos deux policiers qui se sont mis dans la mouise, ça se finit comment pour eux, aussi ?
Sachant qu’il y a deux autres tomes après, je pense qu’on pourra peut-être trouver quelques réponses, mais c’est vraiment dommage qu’on ait pas tout en main à la fin.
Les relations de Rebecka
Et une histoire d’amour.
La dernière scène, pinaise, pourquoi elle est là ?! On aurait pu s’en passer, nan ?
Bon, ça, c’est ma réplique de chiante.
Ce qu’il faut savoir, c’est que Rebecka a déjà deux opus à son actif avant La piste noire.
Et son amoureux loin d’elle, en fait, pardon, on ne sait pas vraiment si c’est son amoureux, elle l’a déjà côtoyé dans les tomes précédents.
Elle nous l’explique, nous parle de lui et de sa relation avec Mans.
Je regrette de ne pas avoir lu les deux premiers livres, peut-être aurais-je davantage apprécié cette histoire en ayant toutes les informations en main ?
Mais malheureusement, je ne les ai pas.
Un style direct et une atmosphère glaciale
En revanche, au niveau du style, j’ai vraiment apprécié !
La manière de découper les chapitres, de varier les points de vue pour que l’on comprenne que chaque personnage est humain, qu’il y a des blessures et des désirs, j’ai aimé ce côté-là, et je salue la traductrice qui a fait un très bon travail !
Et la plume franche et directe de l’auteure, une merveille, on saisit l’horreur de la situation, les images collent à la tête pendant un moment.
Les paysages suédois sont décrits comme sur un tableau.
Le froid, la neige, le lac gelé et le blizzard construisent une atmosphère particulièrement marquante autour de l’enquête. Le décor nordique ne sert pas uniquement de toile de fond : il accompagne la solitude des personnages et la dureté des événements.
Pays nordique merveilleux | Les lieux les PLUS INCROYABLES de Suède 🇸🇪
La série Rebecka Martinsson
Ce qu’il faut savoir, c’est que Rebecka a déjà deux opus à son actif avant La piste noire.
Troisième enquête de Rebecka Martinsson, vous pouvez la lire sans avoir lu les deux premiers.
Saviez-vous que Horreur boréale, le premier roman de la série Rebecka Martinsson, avait été adapté ?
Åsa LARSSON a d’abord été avocate avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Est-ce que je lirais les autres livres de l’auteure ? Oui, certainement, si l’occasion se présente à moi.
Est-ce que j’ai vraiment eu du mal avec ce livre ? Pas tant que ça, parce que je suis consciente que j’ai raté des choses (les deux premiers livres, par exemple ! Hm hm…).
Et en dépit de mon avis assez mitigé, je vous incite à lire, ne serait-ce que pour la plume de l’auteure !