Jeanne et le garçon formidable : ressortie d’une comédie musicale sur l’amour et le sida

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Jeanne et le garçon formidable est une comédie musicale française réalisée par Olivier Ducastel et Jacques Martineau. À la fois légère et tragique, fantaisiste et réaliste, elle raconte la rencontre amoureuse de Jeanne et d’Olivier, puis la disparition d’un homme atteint du sida.

Le film suit une jeune femme qui avance rapidement dans la vie, collectionne les amants et recherche l’homme idéal. Lorsqu’elle rencontre Olivier dans le métro, l’amour lui tombe dessus. Mais cette histoire d’amour se trouve immédiatement confrontée à la maladie, à la peur de la souffrance et à la mort.

Jeanne et Olivier dans le métro

Une histoire d’amour bouleversée par la maladie

Jeanne est réceptionniste dans une agence de voyages. Sa famille aimerait bien la voir mariée. Mais Jeanne court après l’impossible grand amour.

Hôtesse d'accueil dans une agence de voyages à Paris, Jeanne collectionne les amants en attendant de trouver l'homme idéal. Allant au cinéma, Jeanne tombe par hasard sur François, un ami qu'elle n'a pas revu depuis des années. Elle apprend que celui-ci a perdu son compagnon, mort du sida, et qu'il milite actuellement chez Act Up.

Un jour, dans le métro, elle rencontre Olivier et l'amour lui tombe dessus : c'est le coup de foudre. Jeanne sent grandir en elle un sentiment nouveau qui l'amène à prendre de la distance avec Jean-Baptiste.

Jeanne, réceptionniste dans une agence de voyage, est à la recherche de l'homme de sa vie. Elle pense l'avoir enfin trouvé en la personne d'Olivier. Mais ce dernier disparaît dès qu'il apprend qu'il est atteint du sida. Jeanne tente alors de retrouver sa trace.

Mais Olivier est malade. Ancien drogué, il est séropositif et son état de santé se dégrade. Mal à l'aise avec Jean-Baptiste, Jeanne lui annonce sa volonté de mettre un terme à leur relation.

L'état de santé d'Olivier empire brusquement. Hospitalisé, il reçoit tour à tour François et Jeanne, mais choisit de disparaître chez ses parents sans laisser d'adresse ou d'explications.

Six mois plus tard, Jeanne a tenté d'oublier Olivier en entamant une nouvelle relation. Elle apprend au hasard d'une rencontre qu'Olivier vient de mourir.

Jeanne est une belle jeune femme toujours pressée qui a beaucoup d'amants. Par hasard, elle rencontre Olivier : c'est le grand Amour qu'elle recherchait. Olivier, séropositif, disparaît volontairement de la vie de Jeanne au moment où sa maladie se déclare. Elle tente en vain de retrouver sa trace. Un jour, Jeanne apprend qu'Olivier est mort, mais la vie continue.

Une comédie musicale inattendue

Passé la première séquence du film, le spectateur dispose d’une certitude et d’une interrogation (…). La certitude est qu’on vient d’assister au début d’une comédie musicale enjouée et coquine, ce qui, dans le paysage du cinéma contemporain, n’est pas banal.

L’interrogation porte sur la capacité du film à tenir semblable pari. La deuxième séquence est elle aussi chantée, par Jacques Bonnafé à Virginie Ledoyen ; il lui parle de l'amour, et du sida.

Là on se dit que ces Ducastel et Martineau, (…) poussent un peu loin le bouchon. Et en même temps on ne peut pas ne pas être saisi par l’émotion précise et simple qui émane de la scène, grâce à la justesse des mots employés, à l’attention avec laquelle les cadres et les distances sont choisies, les gestes mesurés - ou démesurés -, les couleurs, les décors, les éléments de costumes assemblés.

Pour tenir, vaille que vaille, cette gageure d’une comédie musicale « sur » le sida. Mais d'abord, et enfin, une splendide histoire d’amour.

Un genre de comédie musicale sur la trame du SIDA, ça peut paraître osé ! Et bien ce film inclassable est une jolie merveille, grave et léger, dramatique et frais, réaliste et cru puis surréaliste et romantique… inclassable, je vous dis !

Un très beau film musical, tour à tour euphorisant et tragique, on en redemande ! Un film surtout porté par ses chansons entrainantes et ses deux acteurs principaux assez convaincants !

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Du quotidien à l’amour, de l’amour à la mort

Une histoire qui se construit en allant du simple au compliqué, du petit au grand, en commençant par les détails, pour toucher à l’amour, la mort, les garçons et les filles (…) en douceur, sans pathos ni prêche.

Cette musique est à l’image de Jeanne, jeune femme qui puise partout où elle peut l’énergie de se construire et de trouver la force d’aller de l’avant, faisant fi de ce qui pourrait l’arrêter dans son élan : la maladie d’Olivier, le bouquet de fleurs d’un garçon dont elle n’est pas amoureuse, un vieux grognon qui lui reproche de l’avoir bousculé en pénétrant trop brusquement dans la rame du métro où elle va apprendre la mort d’Olivier.

Cette même rapidité de mouvement l’avait fait percuter le grand Amour en la faisant atterrir sur les genoux d’Olivier.

C’est que l’histoire de Jeanne est aussi celle de l’acceptation de l’ambivalence de l’existence, qui, d’un même mouvement, lui fait découvrir l’amour et sa perte.

Mais déjà s’amorce un sourire sur son visage. A l’heure qu’il est, nul doute que Jeanne est repartie dans le tourbillon de la vie, forte de cette rencontre amoureuse qui était un premier pas -de danse- vers l’Autre.

Une mise en scène entre pudeur et émotion

Les conventions de la comédie musicale passent remarquablement là où elles devraient paraître plus artificielles : dans les scènes intimistes.

Grâce à une réalisation fluide et proche, qui accompagne le mouvement des corps, joue en souriant sur la distance aux mots, volontiers lestes, et met en place les voiles de la pudeur envers ce qui est difficile à regarder et à entendre : pas les corps, ni les paroles du désir, mais la douleur et la maladie, l’impuissance et la rage contre l’impuissance.

Le film n’a pas la force noire de Encore/Once More tourné par Paul Vecchiali, sa mise en scène n’en est pas moins affirmation de choix, politiques et artistiques.

Jeanne et le Garçon formidable ne marche pas à la nostalgie du musical comme Tout le monde dit « I Love you », de Woody Allen ni n’en pervertit les codes comme On connaît la chanson, d’Alain Resnais.

Incontestablement, Ducastel et Martineau ne sont pas dans l’ombre de Demy : ils se sont épanouis à sa lumière, y trouvant une vitalité propre qui leur permet de réaliser une comédie musicale passionnante parce qu’elle fait entrer en résonance notre époque, fantaisiste et légère avec ses pas discrètement dansés et ses saynètes volées au temps, foncièrement émouvante parce que travaillée par une profonde mélancolie qui traverse tout le film et finit par faire trébucher Jeanne dans une allée du cimetière.

Toute fois, on ne retrouve pas le grain de folie et de génie que l'on pouvait découvrir dans les films de Jacques Demy. On voit que les réalisateurs se sont beaucoup inspiré de celui-ci pour faire cette histoire musicale.

Le sida au cœur du récit

Sur le sida, c’est le film que l’on n’attendait plus. Sur l’amour, c’est le film que l’on n’attendait pas.

Et c’est une surprise d’autant plus merveilleuse que dans ce film (…) les maux de la mort sont les mots de l’amour.

Jeanne est un film sans papier, sans identité, sans précédent, qui sait faire de toutes ces privations une revendication dangereuse.

Le récit associe ainsi l’intime et le politique. La maladie d’Olivier ne constitue pas seulement un ressort dramatique : elle transforme la rencontre amoureuse, modifie les rapports entre les personnages et inscrit leur histoire dans une époque marquée par le sida et la mobilisation militante.

Le film aborde ces sujets sans pathos ni prêche. Le désir, la maladie, la perte et la colère s’expriment à travers les chansons, les gestes, les déplacements et les silences.

Olivier Ducastel et Jacques Martineau

Olivier Ducastel

Réalisateur, scénariste et monteur français.

Olivier Ducastel intègre l’IDHEC pour la 41e et dernière promotion dont il sort en réalisant un court-métrage comédie musicale, LE GOUT DE PLAIRE, en 1988.

Il travaille ensuite en tant qu’assistant-monteur avec Jacques Demy, monteur-sons avec Brigitte Roüan, Youssef Chahine, René Allio, Edwin Baily, Christine Pascale, Tonie Marshall et Patrick Grandperret puis chef-monteur avec Vitaly Kanevski.

Jacques Martineau

En 1995, il rencontre Jacques Martineau qui a écrit le scénario de JEANNE ET LE GARÇON FORMIDABLE.

Jacques Martineau effectue de longues études à l'École normale supérieure, où il obtient son agrégation de lettres et un doctorat.

Son parcours universitaire l'amène à enseigner à la faculté, maître de conférences à l'université Paris X de Nanterre au département Lettres Langues Philosophie.

Une première réalisation commune

Ils décident de réaliser ensemble ce premier long-métrage.

Ils réalisent ensemble leur premier long métrage JEANNE ET LE GARÇON FORMIDABLE.

Le film constitue ainsi la première collaboration de deux cinéastes aux parcours différents : Olivier Ducastel vient du montage et de la réalisation, tandis que Jacques Martineau apporte son expérience d’auteur et sa formation littéraire.

Interprétation et réception

Virginie Ledoyen est lumineuse et craquante, Mathieu Demy, en demi-teinte, plein d'émotion. Les seconds rôles sont impeccables.

Très jolie comédie et un sujet grave mais traité avec délicatesse et la musique arrange aussi beaucoup les choses.

Seule, la musique est en retrait et n'est pas comparable à celle des ...

Le film apparaît donc comme une œuvre volontairement inclassable, située entre la comédie sentimentale, le musical, le drame amoureux et le film engagé.

Nommé pour les Césars de la Meilleure première œuvre et de la Meilleure musique écrite pour un film en 1999.

La ressortie de Jeanne et le garçon formidable

La ressortie permet de redécouvrir un film qui associe des chansons entraînantes à une histoire marquée par la maladie et le deuil. Son intérêt tient précisément à cette coexistence de tons : l’énergie de Jeanne ne supprime jamais la mélancolie, tandis que la gravité du sujet n’empêche pas la fantaisie.

Le murmure seul convient pour fredonner cette vérité (…) : ça vaut le coup de vivre.

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