Connaissez-vous les moyens « acceptables » d’arriver à Santiago et d’obtenir la Compostela? A pied, à cheval, en vélo. Bravo! Il est aujourd’hui possible de faire son pèlerinage par des moyens surprenants!
Le pèlerinage à Santiago ne se limite pas aux itinéraires terrestres classiques. Il peut aussi se parcourir depuis l’Irlande, en bateau, à la rame, en kayak, sous l’eau, à bord d’un train ou même par procuration.
Les conditions générales pour obtenir la Compostela
Le côté social tient une part très importante pour les pèlerins sur le chemin de Compostelle ! C’est le premier point à définir avant toutes choses! Vous pouvez effectuer votre pèlerinage à pied, à vélo, à cheval ou encore avec un âne.
Indispensable pour accéder aux hébergements réservés et recevoir la Compostela, le certificat officiel remis à votre arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Avec l’obligation moderne de parcourir au moins 100km pour obtenir la Compostela, les pèlerins sont bien obligés de partir de Ferrol, bien que ce port n’était pas le plus emprunté autrefois…
Les conditions varient toutefois selon le moyen de transport et l’itinéraire choisi. Pour les parcours maritimes, il faut effectuer au moins 100 milles nautiques et terminer par une dernière étape à pied. D’autres chemins disposent d’un certificat de complétion différent, tandis que le pèlerinage par procuration obéit à des règles particulières.
1. Le Celtic Camino : commencer le pèlerinage en Irlande
Commençons doucement, avec de l’insolite ancré dans l’Histoire. Petite escale préalable sur un petit Camino galicien…
Le Camino Inglés s’inspire de l’itinéraire que les pèlerins des îles Britanniques et des pays du Nord de l’Europe empruntaient pour se rendre à Santiago.
Après avoir traversée les mers, ils débarquaient en Galice pour poursuivre et achever leur pèlerinage par les terres.
Ce constat a conduit les pèlerins Irlandais et Britanniques à demander une exception à cette règle contemporaine.
Ainsi nait en Irlande le Celtic Camino!
Comment fonctionne le Celtic Camino?
Le principe est simple: les pèlerins effectuent au moins 25km sur des itinéraires irlandais.
Ils peuvent choisir de partir sur une voie de pèlerinage ou un simple chemin de randonnée.
Dans tous les cas, les pèlerins s’en vont munis de leur crédentiale de Compostelle, qu’ils tamponnent jour après jour.
A la fin de leur parcours, ils prennent contact avec l’association jacquaire irlandaise, qui valide le début de leur pèlerinage et qui leur délivre un certificat de complétion, la Celtic Camino Compostela.
La suite est plus classique. Les pèlerins reprennent leur pèlerinage à La Corogne et empruntent le Camino Inglés jusqu’à Santiago.
Ils ne leur restent plus qu’à présenter leur Celtic Compostela avec leur crédentiale pour obtenir la Compostela!
Le principe s’applique également dans d’autres pays, comme au Royaume-Uni par exemple.
2. Le Camino de Santiago do Mar : rejoindre Santiago par la mer
Un pèlerinage au gré des flots… Idyllique? Étrange?
Comme évoqué dans à l’instant, le pèlerinage à Santiago ne se faisaient pas nécessairement par voie terrestre.
Fort de ce constat, l’Association des Ports de Plaisance du Nord de l’Espagne North Marina travaille à faire revivre une voie de Compostelle maritime.
C’est ainsi qu’en 2016, le Camino de Santiago do Mar voit le jour.
L’initiative est soutenue par la Galice et la cathédrale de Santiago: les « pèlerins de mer » sont considérés et accueillis à l’égal des « pèlerins de terre ».

Les règles du pèlerinage maritime
Tout pèlerin peut ainsi effectuer son pèlerinage au départ d’un des vingts ports le long de la côte espagnole, ou même de celui de La Rochelle en France.
Tout comme les pèlerins terrestres, ils se munissent d’une crédentiale, qu’ils font tamponner aux ports où ils font escale.
Pour valider leur pèlerinage, 2 obligations: effectuer au moins 100 milles nautiques (~185km) et la dernière étape à pied.
| Élément | Condition |
|---|---|
| Départ | Un des vingts ports le long de la côte espagnole, ou même celui de La Rochelle en France |
| Distance maritime | Au moins 100 milles nautiques (~185km) |
| Document | Une crédentiale tamponnée aux ports d’escale |
| Dernière étape | À pied |
Sail the Way - Navega el Camino
Envie de naviguer en groupe?
Chaque année, North Marina organise l’événement Sail the Way - Navega el Camino (Saint Jacques de Compostelle à la voile).
Le pèlerinage s’étale sur 15 jours et réunit une trentaine de navires.
Les pèlerins intéressés s’inscrivent pour joindre la flotte.
Pas de bateau? Pas de souci!
2011 Pèlerinage sur la Recouvrance (part 1)
3. Ramer vers Compostelle : le Camino Voyage et le kayak
Certains vont me dire qu’un Chemin confortablement installé sur son bateau, ça manque d’effort physique.
De courbatures, d’ampoules!
Pour ces pèlerins, la solution existe.
Comment allier pèlerinage maritime et effort physique?
Partir du port le plus proche et ramer jusqu’à Saint Jacques, bonne idée non?
The Camino Voyage
Comme ces 5 artistes qui on fait leur pèlerinage en bateau traditionnel irlandais, de Dublin à Compostelle.
L’équipage se compose d’un écrivain, deux musiciens, un artiste et un tailleur de pierre.
Après avoir construit leur embarcation, ils lancent en 2014 pour un périple de 2.500km vers la France, puis le long des côtes françaises et espagnoles jusqu’à La Corogne, pour arriver en 2016 à Compostelle.
De leur aventure naîtra The Camino Voyage, un documentaire acclamé par la critique et primé à de multiples festivals de cinéma.
Alors certes, une telle expédition n’est pas à la portée de tout le monde (quoique…!).
2011 Pèlerinage sur la Recouvrance (part 1)
Le Camino en kayak
Pour une aventure du même goût mais plus tranquille, pourquoi pas un pèlerinage en kayak?
Farfelu?
L’idée prend ses racines dans la tradition jacquaire et en particulier l’épisode de la Translation de l’apôtre.
En effet, la légende raconte que le corps de saint Jacques serait arrivé en Espagne en bateau depuis la Palestine.
Il aurait remonté les ríos Arousa et Ulla et accosté à Padrón avant d’être inhumé par ses disciples.
La translation a toujours une grande importance dans l’estuaire, où une procession maritime a lieu chaque été pour célébrer l’événement.
Le Camino en kayak propose donc un itinéraire similaire sur le Camino del Mar.
Le pèlerins-kayakistes remontent l’estuaire jusqu’à Padrón et marchent jusqu’à Santiago.
6 jours pour près de 80km en kayak et 25km à pied.
Le certificat de complétion obtenu est un peu différent de la Compostela: il s’agit de la Translatio Xacobea.
| Parcours en kayak | Distance |
|---|---|
| Navigation | Près de 80km en kayak |
| Marche finale | 25km à pied |
| Durée | 6 jours |
| Certificat | Translatio Xacobea |
4. Le Camino sous l’eau : plonger le long des côtes espagnoles
Bateau, barque, kayak… Certains pèlerins trouvent que tout cela manque d’eau!
Difficile de faire mieux, pensez-vous.
Erreur!
L’idée vient d’un pèlerin passionné de la mer et des fonds marins.
L’itinéraire se composte de 21 étapes le long de la côte espagnole, entre Hondarribia (Irun) et La Corogne.
Chaque étape est composée d’un tronçon en mer, avec sites de plongée, et d’un tronçon sur terre, à faire à pied.
Une série de bornes dédiées marque le passage de cette nouvelle route, à la fois sous l’eau et sur terre.
En 2019, une palanquée de 4 plongeurs inaugure l’itinéraire en effectuant l’ensemble du parcours.
Partis le 25 juillet, ils auront fait 34 immersions pour 246 milles nautiques (455km) et 180km à pied.

Conditions d’accès au parcours sous-marin
Cette nouvelle voie sous-marine est encore en cours de développement.
Pour l’heure, les peregrinosubs intéressés doivent passer par l’équipe de Santiagua!
Le Camino est ainsi ouvert de juillet à septembre aux plongeurs initiés, sur inscription.
L’itinéraire est divisé en 2 « packs » pour faciliter l’aventure: un séjour Pays-Basque/Cantabrie et un séjour Asturies/Galice.
Des informations plus détaillées sont disponibles sur le site et sur demande.
Pour obtenir la Compostela, attention!
5. Le Tren del Peregrino : un Camino sur rails
On a beaucoup parlé d’eau jusqu’à présent… Changeons donc un peu de paysage!
Que dites-vous d’un pèlerinage en train à travers l’Espagne?
Les voyages en train, toute un philosophie!
Le concept est né du programme Galicia a todo tren porté par la Xunta de Galice et la RENFE.
Celui-ci a pour objectif d’allier tourisme en Galice et voyage « de luxe » en train.
Plusieurs types de séjours sont proposés, autour d’une destination ou de thématiques.
En 2015, le premier Tren del Peregrino est lancé.
Il fonctionne comme un séjour dans un hôtel… mobile.
Les voyageurs bénéficient d’une cabine avec salle de bain privée, du petit déjeuner et de journées sont passées en excursions.
Parmi les activités proposées, des étapes de Compostelle.
L’itinéraire du train et les Caminos proposés varient selon les années.
Les premières éditions sont ainsi parties de Madrid, avec journées sur les Caminos Francés et Portugués.
Les départs plus récent se font d’Oviedo et offrent de parcourir le Camino Inglés.
Par ailleurs, à l’origine, les étapes ne permettaient d’obtenir qu’un certificat de visite du sanctuaire.
Bien que mis à mal avec le Covid, le Tren del Peregrino existe toujours!
Une drôle de manière de faire le Chemin… mais une manière quand même!
6. Le Camino de Gran Canaria : un chemin sans Compostelle
Pour finir, voilà un Chemin de Compostelle… qui ne va même pas à Compostelle!
Hé bien oui, je vous avais promis de l’insolite non?
La première fois que j’ai entendu parler d’un Camino de Santiago aux Canaries, j’ai trouvé ça ridicule.
On invente des nouveaux tronçons de Saint Jacques tout le temps, mouais, bon…
Mais sur une île si loin de Compostelle, où va-t-on! (Me suis-je dit)
Et puis, curieuse que je suis, j’ai fait quelques recherches.
Une tradition jacquaire aux Canaries
Bien sûr, devinez quoi?
La présence d’un culte à saint Jacques aux Canaries remonte au Moyen-Âge.
La légende décrit un navire espagnol pris dans une tempête et de son équipage sauvé grâce à la miséricorde de Santiago.
Histoire vraie ou pas, le culte à saint Jacques s’installe en tout cas avec l’arrivée des espagnols dans l’archipel et s’y développe à travers les siècles.
Au XXe siècle, la renaissance de Compostelle en Europe gagne également les Canaries.
Le Camino de Gran Canaria est ainsi le fruit de toute cette Histoire…
Itinéraire et organisation
Reconnu officiellement comme un « Camino de Santiago », il traverse l’île du sud au nord.
L’itinéraire fait jusqu’à ~75 km avec un dénivelé important.
Il est souvent proposé de le parcourir en 3 étapes, mais il est possible de découper son parcours autrement!
Le tracé officiel ayant été déterminé en 2020, ce Camino étant toujours en cours d’aménagement.
Le balisage n’est pas encore finalisé et peut être absent sur certaines sections.
Par ailleurs, il n’existe pas (encore) d’albergue de pèlerin.
Pas d’inquiétude pourtant!
Il existe de bonnes cartes et traces GPX et un certain nombre d’hébergements touristiques sont accessible aux pèlerins.
Tout comme pour les Chemins en Europe, les pèlerins de Gran Canaria peuvent se munir d’une crédentiale et la tamponner durant leur parcours pour obtenir un certificat de complétion.

7. Le pèlerinage par procuration : marcher pour quelqu’un d’autre
Hé hé, bravo!
Après avoir le Camino qui n’allait pas à Compostelle, nous voilà à faire le Camino sans faire le Camino!
Dans certains cas, rien d’amusant…
Il est possible pour un pèlerin de faire le Chemin au nom de quelqu’un d’autre, si la personne est décédée ou malade par exemple.
Cette démarche est officiellement reconnue par la cathédrale de Santiago.
Contrairement à ce qu’on voit dans le film The Way, la Compostela ne peut pas être délivrée au nom d’une personne absente.
Le nom inscrit est celui du pèlerin qui a effectué le pèlerinage.
Dans le cas d’un Chemin par procuration, une mention spéciale est ajoutée: « Vicarie pro + le nom de la personne ».
Vicarie pro est tout simplement le latin pour « au non de » ou « pour le compte de »
Une pratique ancienne
Certains pèlerins font également cette démarche pour des institution ou des associations.
Une touche moins lugubre pour terminer!
Savez-vous que le pèlerinage par procuration était très courant autrefois?
Depuis le Moyen-Âge, certains décidaient d’envoyer quelqu’un pour réaliser le pèlerinage à leur place.
Beaucoup de pèlerins ont ainsi été payés pour aller à Compostelle à la place de quelqu’un d’autre.
L’emploi de rêve, non?
Gagner sa vie en faisant le Chemin!
Hé bien, de manière assez surprenant, cela existe encore aujourd’hui.
Préparer un pèlerinage de Compostelle
Les itinéraires insolites ne dispensent pas de préparer son corps, son équipement et son organisation. Les recommandations suivantes concernent surtout les parcours terrestres, mais plusieurs principes restent utiles pour les autres formes de pèlerinage.
Choisir la période
Les 2 meilleures périodes pour effectuer son pèlerinage sont en mai et en septembre.
En mai, il ne fait pas encore trop chaud et il n’y a pas la foule que l’on peut rencontrer en été.
Depuis le Puy, partir courant mai vous permettra peut-être d’arriver à Santiago de Compostela pour la St-Jacques, le 25 juillet.
Une grande célébration y est donnée chaque année.
En septembre, la météo est généralement encore bonne et il y a encore moins de monde!
Préparer son corps
Vous pouvez commencer à vous entraîner plusieurs semaines avant le départ, même si ce n’est pas obligatoire, tout dépend de votre forme physique.
Marchez régulièrement, en augmentant progressivement la distance si vous n’avez pas l’habitude de la randonnée au long cours.
Portez votre sac à dos pour habituer votre corps à la charge supplémentaire.
Mais le plus important reste surtout de préparer vos pieds, qui vous porteront chaque jour jusqu’à Santiago!
Beaucoup de pèlerins se badigeonnent les pieds de crème Nok pendant une semaine avant le départ, puis chaque soir après leur journée de marche.
Ce produit permet d’éviter les frottements et prévient donc des ampoules.
L’application permet au passage de se prodiguer un massage de la voute plantaire, qui ne saurait que lui faire du bien après l’effort.
Il est préférable de faire un peu de sport avant de partir faire le Chemin.
Il n’est pas indispensable de se préparer physiquement, mais plutôt conseillé.
Vous aurez une meilleure endurance et surtout une meilleure récupération.
De cette façon, vous éviterez également les blessures musculaires, courantes les premiers jours.
Cependant, en dehors de l’aspect physique, il est très important de faire des sorties de test avec l’ensemble de votre matériel, en conditions réelles.
Choisir un sac à dos léger
L’un des 2 matériels les plus importants lors d’un pèlerinage, c’est le sac à dos.
Il sera votre maison pendant plusieurs semaines et vous le porterez tous les jours pendant plusieurs heures.
Il est donc indispensable de partir avec un sac léger!
Un sac trop lourd nous ralenti, peut être dangereux lors de certains passages à fort relief et n’est vraiment pas l’ami des articulations.
Certains sites conseillent de partir avec un maxium de 12kg pour les hommes et 10kg pour les femmes.
C’est bien trop!
Ce que je vous conseille, c’est de partir avec le sac le plus léger possible, avec un maximum de 6kg à ne pas dépasser.
Si vous parcourez le chemin en été, une bonne solution est d’opter pour un sac à dos à filet tendu.
Votre dos n’est donc pas en contact direct avec le sac, ce qui permet de ventiler votre dos et ne pas trop transpirer.
Ce type de sac n’est pas confortable lorsque le poids de ce dernier est trop élevé.
Choisir ses chaussures
C’est le second matériel le plus important sur le Chemin, car vous allez marcher des dizaines de kilomètres par jour.
Il est donc important de faire le bon choix si vous ne souhaitez pas souffrir.
Le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle n’étant pas une randonnée dans l’Himalaya ou tout simplement en montagne, il est inutile de partir avec des chaussures hautes.
À moins d’avoir une cheville extrêmement fragile, il sera sans doute préférable de partir avec des chaussures basses.
En effet, une chaussure à tige moyenne bloque en partie le déroulement de votre pied, ce qui fatigue plus rapidement vos pas lorsque le terrain est plat ou sur goudron.
Et le Chemin est principalement plat.
Beaucoup de pèlerins font le choix des chaussures de trail.
Elles sont plus légères, nous fatiguent donc moins vite mais s’usent plus rapidement.
D’autres choisissent de parcourir avec des sandales.
Pas de problèmes d’ampoules ou de séchage.
Mais la cheville n’étant absolument pas maintenue, il est préférable de choisir cette option si l’on a des chevilles bien robustes.
Le meilleur choix est sans doute la chaussure de marche à tige basse.
Gérer l’humidité et la pluie
Quid de l’étanchéité?
Oui, il peut pleuvoir sur le Chemin.
Prendre des chaussures imperméables est-il donc indispensable?
Je ne pense pas.
Bien au contraire!
Les chaussures imperméables, même en Gore-Tex, sont plus lourdes qu’une paire classique, empêcheront vos pieds de respirer correctement ce qui augmentera le risque d’ampoules, et mettront un temps nettement plus important pour sécher puisque l’eau y restera à l’intérieur!
Il faut le savoir, à partir de plusieurs heures de marche, même une chaussure imperméable finira par laisser rentrer l’eau en perdant de son étanchéité.
En revanche, une chaussure classique ou même aérée avec un tissu mesh, permettra à l’eau de s’évacuer rapidement et de sécher rapidement.
De plus, qui dit aéré, dit moins de transpiration donc moins d’ampoules.
Voire aucune!
Un conseil à retenir pour toutes les chaussures fermées : si vos chaussures sont mouillées, pratiquement tous les hébergements mettent à disposition du papier journal afin de le glisser dans les chaussures et le laisser absorber l’humidité pendant la nuit.
Prévoir des vêtements polyvalents
Il est inutile d’emporter des vêtements pour chaque jour de la semaine.
En hébergement, on peut laver ses vêtements tous les soirs et s’ils ne sont pas secs le lendemain matin, ils sècheront dans le courant de la journée au soleil, accrochés sur votre sac à dos.
Seulement 2 jeux de chaque vêtement est largement suffisant.
En coton ou en synthétique?
Le coton est extrêmement long à sécher et retient l’humidité pendant l’effort.
Le synthétique a l’avantage de sécher nettement plus rapidement et d’être très léger!
Toutefois, les vêtements synthétiques (ou techniques) ont la fâcheuse tendance à retenir les odeurs plus que les autres.
Le mieux étant une 3e matière : la laine de mérinos.
Les mérinos, ce sont une race de moutons que l’on retrouve notamment en Nouvelle-Zélande.
Les propriétés de cette laine sont fantastiques!
Cette laine tient chaud quand il fait froid, et frais quand il fait chaud.
Elle est légère, respirante, ne gratte pas, et surtout naturellement anti-odeurs et anti-microbiène!
On peut porter un vêtement en laine de mérinos plusieurs jours sans le laver, et il sentira toujours aussi bon et il sera presque aussi propre qu’au premier jour.
Organiser les étapes et les réservations
Familiarisez-vous avec les différentes étapes du chemin.
Utilisez des guides comme le Miam Miam Dodo pour trouver des hébergements et des points d’intérêt.
Planifiez des étapes raisonnables pour éviter la fatigue, surtout au début de votre parcours, le temps que votre corps s’habitue à ce nouveau rythme.
Vous verrez, au bout de quelques jours, que vous pourrez aisément passer de 15 km par jour à 20 voire 25 km par jour.
Si vous partez en petit groupe, il est vivement conseillé de réserver de 48h à 72h à l’avance, surtout si vous cheminez en haute saison.
Il faut garder en tête que le Chemin traverse énormément de petits villages.
Il est donc inutile de se charger en prenant des choses en grand nombre car vous trouverez toujours une épicerie ou des boutiques spécialisées pour le pèlerin pour vous dépanner.
De plus, le Chemin est également un lieu de partage et d’entraide.
Boire suffisamment pendant le Chemin
Tout au long du chemin, il est important de boire de l’eau ou une boisson légèrement sucrée, régulièrement et par petites quantités.
C’est essentiel pour éviter la déshydratation, mais aussi pour limiter le risque de tendinite.
Une bonne hydratation est une des clés de réussite de votre Chemin.
Pensez à remplir régulièrement votre gourde aux nombreuses fontaines que vous trouverez au cours de votre marche.
Cependant, si vous n’êtes pas certain que l’eau y est potable, n’hésitez pas à en demander aux habitants ou dans les cafés.
Buvez régulièrement, même si vous n’avez pas soif.
Emportez une gourde réutilisable et remplissez-la dès que possible.
La déshydratation peut être un véritable danger.
En revanche, ne vous inquiétez pas de trouver un point d’eau sur le chemin : il y en a très régulièrement dans les villages traversés et les habitants du Chemin ne manqueront pas de dépanner un pèlerin dont la gourde serait vide.
Petit conseil bonus : si vous ne voyez pas de fontaine d’eau potable dans un village, dirigez vous toujours vers son cimetière, vous y trouverez un point d’eau potable à coup sûr!
Les rencontres et les gestes d’entraide
Ce témoignage d’Anne a été publié dans Camino n°63.
Cette après-midi là, je devais arriver sur Lectoure.
C’était mon troisième jour de marche, le pire, celui des courbatures quand on ne marche pas beaucoup dans l’année.
Pour tout dire, j’avançais à une allure de tortue avec une démarche de canard.
J’étais pas mécontente, loin de là : ça rafraîchit toujours!
Mais l’averse ne s’arrêtait pas, je ne voyais pas le bout du chemin, et j’avançais encore moins vite.
Finalement, je suis arrivée au presbytère de Lectoure, la cape de pluie dégoulinante, collant aux épaules et au sac, et les pieds « flocfloquant » allègrement.
C’était rien, et pourtant si elle savait combien j’ai été émue par son geste moi qui n’avait rien demandé…
Oui, tous les hospitaliers, par leur travail offert, leur présence à l’autre, sont une partie de l’âme de ce chemin.
À Lectoure, à Saint-Palais, à Saint-Jean-Pied-de-Port, à Roncevaux, à tous les endroits où ils sont présents et où je ne suis pas passée, grand merci à vous tous pour ce partage!
Cet autre jour, il faisait très chaud.
Après le vieux pont d’Artigues, je n’avais déjà plus d’eau…
J’avais bien vu une affiche qui indiquait un accueil pèlerin à trois kilomètres.
J’ai marché plus vite que prévu…
J’ai la gorge sèche, je n’ouvre pas la bouche…
J’aime pas déranger…
Peut-être que là je ne dérangerais pas trop, ils ont écrit « accueil pèlerin »…
Nouvelle pancarte à 500 m…
Je commence vraiment à avoir soif…
Ça y est, je vois des mannequins sur le bord du chemin, c’est sympa!
Je vois aussi indiqué « table et chambres d’hôtes, boissons »…
Je ne veux pas consommer, je voudrais juste remplir ma gourde avant de continuer…
C’est si bien décoré, j’hésite à m’avancer, mais j’ai tellement soif que je me retrouve devant l’entrée d’un hangar avant d’avoir le temps de finir de penser.
- Donnez moi votre gourde, je vais vous chercher de l’eau fraîche.
Mais, ne restez pas là, posez votre sac un moment, avancez vous, voyez là il y a un brumisateur…
Vous avez eu très chaud, il faut vous rafraîchir, la tête aussi n’hésitez pas…
Allez-y, allez-y, je vais remplir votre gourde.
Je me confonds en remerciements.
C’est vrai que j’ai chaud.
La dame me met dans les mains une coupe décorée de sillons dorés remplie de glaçons, ma gourde pleine est à côté.
Bon chemin!
La fontaine à vin d’Irache
Dans le Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle rédigé au XIIe siècle par Aymeri Picaud, il est fait mention de « Stella, que pane bono et obtimo vino » (« Estella où le pain est bon et le vin excellent »).
Estella est une ancienne cité romaine, « Estella la bella » comme l’appelaient les pèlerins du Moyen Âge, située en Navarre, sur le Camino francés, entre Puente la Reina et Logroño.
Le vin y était excellent au XIIe siècle… et on en parle encore!
Car à trois kilomètres de là se situe l’ancien monastère d’Irache, qui fut le premier hospice de pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques.
Contre un mur qui longe le Camino, les Bodegas Irache ont construit en 1991, en pierres de taille, une fontaine qui offre ou bien de l’eau, ou bien du vin…
Deux inscriptions sur la fontaine disent en espagnol : « À boire sans abus nous vous invitons avec plaisir.
L’étape par laquelle on rejoint Torres del Rio depuis Estella est longue et éprouvante en cas de grosse chaleur.
Quand on arrive à Irache, on a marché seulement une demi heure, et il reste devant soi 27 kilomètres… or le vin d’Irache est fortement alcoolisé, même s’il se laisse boire facilement.
Une webcam filme la fontaine en permanence pendant la saison.
Écouter son corps
Ne forcez pas.
Si vous ressentez une douleur, arrêtez-vous et reposez-vous.
Prenez soin de vos pieds en changeant régulièrement de chaussettes, aérez les.
N’hésitez pas à faire une pause dans votre pèlerinage si vous en ressentez le besoin en vous accordant une journée de plus dans un village étape, sans marche, pour récupérer.
La pire blessure du pèlerin, reste la tendinite, qui en pousse plus d’un à devoir écourter son projet vers Santiago.
Respecter le chemin
Soyez courtois et respectueux.
Gardez les lieux propres et respectez les traditions locales.
Le chemin est un lieu de partage et de solidarité.
Si vous vous rendez en Espagne sur le Camino Francés ou sur un autre itinéraire, connaître quelques mots de base peut grandement faciliter vos interactions avec les habitants et autres pèlerins.
Un petit effort linguistique est souvent très utile et apprécié sur le chemin.
Tenir un carnet de voyage
Ce conseil est loin d’être obligatoire pour réussir son pèlerinage.
Mais tenir un carnet pendant votre pèlerinage peut enrichir votre expérience et vous permettre de réfléchir sur votre voyage.
Notez vos impressions, les rencontres, les paysages et vos pensées quotidiennes.
Ce journal deviendra un précieux souvenir et pourra vous aider à revivre votre aventure des années plus tard.
Rédiger chaque jour, même brièvement, permet de se poser et de faire le point, aidant ainsi à mieux gérer les défis mentaux et émotionnels.
Vous pouvez aussi y ajouter des photos, des dessins ou des souvenirs ramassés en route.
Ce moment de réflexion quotidienne deviendra un rituel apaisant, vous offrant une pause bénéfique après une journée de marche.
Cela vous aidera à apprécier pleinement chaque étape de votre chemin vers Compostelle.
Prévoir le budget et les moyens de paiement
Le budget journaliser varie grandement suivant le type d'hébergement, et si vous préférez la demi-pension ou vous préparez vos repas.
À noter que le budget minimum est plus important en France qu'en Espagne.
Si vous prévoyez de poursuivre votre Chemin en Espagne, vérifiez que votre carte bancaire vous permet de payer et retirer de l’argent à l’étranger, et que le plafond de retrait n’est pas trop faible.
Le tracé de la voie du Puy-en-Velay et son balisage peuvent aussi faciliter la préparation d’un parcours terrestre.
La voie du Puy-en-Velay (Via Podiensis) emprunte l’itinéraire de Grande Randonnée n°65 (GR®65), très bien balisé et géré par la Fédération Française de Randonnée Pédestre.
Et vous? Combien de ces types de pèlerinage connaissiez-vous?
Êtes-vous tenté de partir par l’un de ces moyens?
Racontez-nous dans les commentaires!
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