Au Cap-Vert, la musique n’est pas qu’un divertissement. C’est une langue vivante, un héritage, un cri de liberté et un art de vivre.
Au large du Sénégal, le Cap-Vert est un archipel façonné par les rencontres entre continents. Inhabité jusqu’à sa colonisation par les Portugais au XVe siècle, il est vite devenu un carrefour maritime stratégique dans le commerce triangulaire. Ce métissage a façonné une identité musicale unique.
L’histoire du Cap-Vert se lit dans ses sons : le fado portugais côtoie le lundum angolais, la samba brésilienne flirte avec le merengue caribéen. Lors d’un voyage au Cap-Vert, on comprend vite que la musique est plus qu’un art : c’est un ciment social et culturel.

Un patrimoine musical pour les enfants
Du Cap-Vert on connaît les refrains chaloupés de Cesaria Evora. Mais il existe aussi un riche patrimoine musical pour les enfants que la chanteuse Mariana Ramos nous fait découvrir avec beaucoup de gaieté et d’entrain, alternant rondes enlevées, joyeuses comptines aux rythmes chaloupés, douces berceuses et mornas, musique typique de l’archipel dont la chanteuse s’est fait une spécialité.
Mariana Ramos chante pour les tout-petits. 18 comptines, bilingues créole/français, aux rythmes de samba, carnaval, batucu et aux mélodies tendres.
Elles sont interprétées par Mariana Ramos, née à Dakar et originaire du Cap-Vert. La chanteuse lauréate de morna 2016, endosse cette mission de partager ce patrimoine en chanson avec vos enfants.
La chanteuse, dont le timbre rappelle l’inoubliable Césaria Evora, partage avec l’auditeur un patrimoine haut en couleurs.
De la douceur à l’état pur ! C’est ce que propose Mariana Ramos, avec sa voix douce et chaude, d’une grande expressivité. Elle peut passer de la berceuse à la chanson de Carnaval avec la même facilité, laissant l’auditeur sous son charme.
« Cap-Vert : rondes, comptines et berceuses »
Envol pour le Cap-Vert. Question voyage, embarquement immédiat pour le Cap-Vert ! Plus exactement, Sao Vicente. Une île où de nombreux navires firent escales dans son histoire.
Avec Cap-Vert Rondes, comptines et berceuses, Mariana Ramos nous invite ainsi à la découverte de son île, que l’on nomme aussi l’île des musiciens.
Mariana Ramos offre aux enfants 18 chansons venues de son île célèbre comme autant de petites douceurs à déguster. Un CD qui ravira petits et grands par sa qualité musicale.
Entre berceuses, chansons de carnaval et deux instrumentaux, on prend beaucoup de plaisir à redécouvrir L’île des musiciens. Un disque plein de charme.
| Éléments de l’album | Caractéristiques |
|---|---|
| Public | Les tout-petits, les enfants et les adultes |
| Nombre de chansons | 18 comptines |
| Langues | Créole/français |
| Styles et rythmes | Samba, carnaval, batucu, morna |
| Formes musicales | Rondes, comptines, berceuses et deux instrumentaux |
| Origine | São Vicente, l’île des musiciens |
Une création fondée sur la rencontre
L’album est le fruit de la rencontre de sensibilités hors de l’ordinaire : une vocaliste de haut vol, Mariana Ramos, dépositaire d’un héritage désormais connu dans le monde entier, et le percussionniste congolais Emile Biayenda, fondateur des Tambours de Brazza.
Une équipe gagnante, dans laquelle comptent également Paulo Bouwman au cavaquinho, à la guitare et au chœur, et Jessica Ramos au chœur.
Cette association fait dialoguer la voix, les cordes, les percussions et les chœurs. Elle permet de faire entendre aux enfants une musique à la fois accessible, chaleureuse et profondément enracinée dans la culture cap-verdienne.
Mariana Ramos - Estrela da Marinha [Official Video]
Les rythmes cap-verdiens dans les comptines
La morna, entre douceur et nostalgie
C’est le style musical le plus emblématique du Cap-Vert. Inscrite depuis 2019 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, la morna est un hymne à l’âme cap-verdienne.
Ses paroles, chantées en créole ou en portugais, parlent d’amour perdu, d’exil, de la vie insulaire et de ses épreuves, mais aussi de l’espoir de jours meilleurs.
La morna est née sur l’île de Brava au début du XXe siècle, notamment grâce au compositeur Eugénio Tavares, figure importante de la culture créole.
Dans les comptines et les berceuses, la morna apporte des mélodies tendres et une atmosphère intime. Elle rejoint naturellement l’univers des tout-petits par sa douceur et son expressivité.
La coladeira, une énergie plus joyeuse
Née dans les années 1930 à São Vicente, la coladeira est la version plus rythmée et joyeuse de la morna.
Elle garde les instruments à cordes mais y ajoute percussions, cuivres et parfois accordéon. La danse qui l’accompagne, la passada, vient d’Angola. Sensuelle et fluide, elle se pratique en couple.
Ses rythmes plus entraînants se prêtent aux rondes, aux mouvements collectifs et aux chansons de carnaval.
Le funaná, symbole de liberté
Le funaná, longtemps interdit par les autorités coloniales portugaises pour ses paroles engagées et son énergie jugée trop subversive, est aujourd’hui un symbole de liberté.
À Praia, près du marché de Sucupira, il n’est pas rare de croiser des groupes improvisant des “battles” de funaná.
Son énergie peut inviter les enfants à bouger, à frapper dans leurs mains et à découvrir une autre facette du patrimoine musical de l’archipel.
Le batuque, une tradition féminine
Le batuque est un art féminin profondément ancré dans l’île de Santiago.
Cette tradition, parfois moquée par les autorités coloniales pour ses mouvements jugés trop suggestifs, a survécu grâce à la force des communautés locales.
Son importance rappelle que les chants et les rythmes transmis aux enfants sont aussi liés à la mémoire des familles et à la continuité des communautés.
La cola sanjon et les fêtes populaires
Probablement l’ancêtre du batuque, la Cola Sanjon se danse surtout le 24 juin, jour de la Saint-Jean.
Si la morna, la coladeira, le funaná, le batuque et la cola sanjon sont les genres les plus connus, le Cap-Vert regorge aussi de styles plus confidentiels.
Chaque île a ses nuances. Certaines danses ne se retrouvent que lors de fêtes religieuses ou populaires, comme les processions où la musique accompagne les statues de saints.
Des chansons transmises par la tradition orale
À l’aube de l’année 2018, sur les îles capverdiennes de São Nicolau, Santo Antão et São Vicente, Jessy Ragey et Adrien Vernay ont glané auprès des habitant.e.s comptines et chansons pour enfants.
Un voyage de couleurs et de sonorités, marqué du métissage local, des accents créoles, et de la tradition orale qui draine ces paroles qu’on fredonne sous le papayer, ces histoires que l’on déclame dans la chaleur du foyer, ces ritournelles de cour d’école.
Partant régulièrement à la rencontre des familles, et dernièrement jusqu’au Cap Vert, Jessy Ragey, musicienne, intervenante et musicothérapeute, et Adrien Vernay, régisseur du spectacle vivant, partent enregistreur en poche pour enregistrer chansons et comptines que l’on chante à la maison, à la crèche, à l’école.
Ces chansons appartiennent ainsi à plusieurs espaces de la vie quotidienne : la maison, la crèche, l’école, la cour de récréation et les rassemblements familiaux.
Un imaginaire nourri par les îles
Alice Pelaudeix s’est inspirée du périple de Jessy et Adrien, pour en retranscrire, en textures et en couleurs, l’incroyable palette d’émotions.
L’imagerie enfantine se mêle aux extraits des photographies de matières, végétaux, textures ramenées du Cap-Vert pour convoquer l’imaginaire.
Après une formation à l’Ecole Emile Cohl, elle devient illustratrice jeunesse.
Les comptines cap-verdiennes associent ainsi la musique, la parole et l’image. Les accents créoles, les rythmes dansants, les récits transmis oralement et les textures inspirées de l’archipel composent un univers particulièrement évocateur pour les enfants.
Le Cap-Vert dans un répertoire plus large
Des côtes occidentales de l'Afrique aux Caraïbes, voici un parcours en 24 chansons entre sonorités roots et caribéennes.
Comptines, berceuses, mais aussi chansons-contes de Cuba, work songs de Jamaïque, rumbas congolaises, chansons vaudoues haïtiennes composent une grande variété de genres joués par des instruments traditionnels : flûte peule, sanza, djembé, kalimba, cavaquinho.
De superbes découvertes pour les petits et les grands !
Parmi les interprètes, on retrouve Teófilo Chantre, Dramane Dembélé, Syrielle Guignard, Lulendo, les jumeaux Masao, Sidó.
Toutes les paroles sont retranscrites dans leur langue d'origine et traduites en français.
Dans cet ensemble consacré aux musiques de plusieurs régions, les comptines et les berceuses cap-verdiennes prennent place au sein d’un patrimoine plus vaste, où les langues, les voix et les instruments traditionnels font découvrir aux enfants la diversité des cultures musicales.
Écouter les comptines cap-verdiennes en famille
La musique est partout : dans les rues animées de Mindelo, sur les plages, dans les cafés-restaurants, au marché ou lors des fêtes familiales. Elle rythme la vie quotidienne.
Lors d’un séjour à Mindelo ou Praia, installez-vous à la terrasse d’une churrasqueira. Entre deux grillades, laissez-vous bercer par une morna jouée en live.
La musique accompagne aussi les moments de transmission. Les comptines peuvent être chantées à la maison, à la crèche ou à l’école, tandis que les rondes et les chansons de carnaval favorisent l’écoute collective et le mouvement.
Si l’ombre de Césaria Évora plane encore sur la scène musicale, la relève est bien là. Le Cap-Vert reste une terre de création intense : on y produit plusieurs albums par mois.
Pour vivre ces moments de partage musical, partez sur un voyage équitable et solidaire au Cap-Vert.