La vieille ville de Dujiangyan se découvre comme un ensemble architectural et paysager organisé autour de la rivière Min, des temples commémoratifs, des rues anciennes et d’un système d’irrigation construit vers 256 av. J.-C. À l’ouest des plaines de Chengdu, à la jonction entre le bassin du Sichuan et le plateau du Qinghai-Tibet, la ville associe patrimoine hydraulique, architecture traditionnelle de l’ouest du Sichuan et lieux de promenade.
La ville est particulièrement connue pour son système d’irrigation vieux de 20 000 ans, reconnu comme une grande réalisation technologique de la Chine ancienne. Dujiangyan est apprécié des habitants de Chengdu qui aime s’y reposer le week-end car le temps y est très frais même pendant les étés chauds.

Lire la carte architecturale de Dujiangyan
La carte de Dujiangyan doit être comprise à partir de trois espaces complémentaires : la ville ancienne, le système d’irrigation et les secteurs naturels et religieux qui s’étendent vers le mont Qingcheng.
Aujourd’hui, le système comprend deux parties : les déversoirs, situés à 726 mètres d’altitude - le point culminant de la plaine du Chengdu - et à un kilomètre de la ville de Dujiangyan, et la zone irriguée.
Le système d’irrigation de Dujiangyan, situé dans la partie occidentale des plaines de Chengdu, à la jonction entre le bassin du Sichuan et le plateau du Qinghai-Tibet, représente un exploit en matière d’ingénierie écologique.
| Espace à repérer | Fonction ou intérêt |
|---|---|
| Vieille ville de Dujiangyan | Rues anciennes, maisons de thé et ambiance locale |
| Déversoirs | À 726 mètres d’altitude et à un kilomètre de la ville |
| Yuzui | Endiguement qui divise l’eau en deux cours |
| Feishayan | Écluse qui évacue l’excès d’eau et les sédiments |
| Baopingkou | Canal de diversion creusé dans la montagne Yulei |
| Mont Qingcheng | Montagne taoïste couverte de forêts à feuilles persistantes |
La vieille ville entre ruelles, maisons de thé et patrimoine vivant
Les voyageurs du monde entier viennent à Chengdu pour ses sites touristiques intéressants, surtout pour ses vieux quartiers parsemés de maisons de thé, à l’atmosphère paisible et tranquille, créant une ambiguïté avec le reste du pays au rythme rapide, stressant et soif de tout.
À ne pas oublier aussi une tasse de thé dans ses anciennes ruelles, bordées d’habitants locaux qui jouent au mahjong.
La vieille ville forme ainsi un contrepoint aux infrastructures hydrauliques monumentales. Les ruelles et les espaces de sociabilité permettent d’observer une architecture plus quotidienne, associée aux maisons de thé, aux activités locales et aux promenades urbaines.
Le système d’irrigation : cœur architectural et hydraulique de Dujiangyan
Ce système d’irrigation a été conçu par le gouverneur Li Bing et son fils Er Lang au IIIème siècle av. J.-C. (royaume de Shu), à une époque où la région du Sichuan fut frappée par d’importantes inondations et de fréquentes sécheresses durant plusieurs saisons.
En 250 av. J. -C., l’empereur de la dynastie Qin ordonna au gouverneur Li Bing d’entreprendre une solution qui irriguerait les plaines de Chengdu. Ensemble, avec son fils, Li Bing conçut le système d’irrigation de Dujiangyan, qui continue toujours de réguler les eaux de la rivière Min, tout en les distribuant vers les terres fertiles des plaines de Chengdu.
La construction d’un barrage aurait été la solution la plus simple, mais l’empereur des Qin demanda de garder les voies ouvertes pour laisser passer des vaisseaux militaires et d’approvisionnement.
Il s’agit d’un système sans barrage, qui représente la véritable cristallisation de la sagesse ancienne des Chinois et un événement important dans la civilisation.
Construit vers 256 av. J.-C., modifié et agrandi sous les dynasties Tang, Song, Yuan et Ming, il met à profit les caractéristiques topographiques et hydrologiques naturelles de la région pour résoudre les difficultés posées par le détournement des voies d’eau à des fins d’irrigation ainsi que par l’évacuation du limon, la prévention des inondations et le contrôle des débits fluviaux à l’aide de barrages.
Ce système, permet de récupérer les eaux abondantes en période de mousson afin de les réutiliser en temps utile pendant la période de sécheresse.

Les trois structures principales à localiser
Alors, Li Bing a conçu un système d’irrigation composé de 3 structures principales qui fonctionnent en harmonie les unes avec les autres et surtout avec la nature.
Yuzui, la digue en forme de bouche de poisson
Tout d’abord, nous avons le Yuzui, qui veut dire la bouche du poisson.
Il s’agit de l’élément clé du Dujiangyan, d’une digue artificielle divisant l’eau en deux cours, soient intérieur et extérieur.
Le courant intérieur est profond et étroit, permettant ainsi le transport du 60% du débit de la rivière au système d’irrigation pendant la saison sèche.
Lors de la saison des inondations, le débit diminue à 40% pour protéger Chengdu.
Tandis que le courant extérieur est plutôt large et peu profond, il est utilisé pour drainer le reste de la rivière et aussi pour évacuer du limon et des sédiments.
Parmi les déversoirs, trois grands éléments contrôlent l’eau provenant de la haute vallée de la rivière Minjiang : l’endiguement de Yuzui, l’écluse de Feishayan et le canal de diversion de Baopingkou.
Feishayan, l’écluse du sable volant
Par la suite, le Feishayan, littéralement ‘seuil du sable volant’ est une vanne contre les inondations qui possède une ouverture de 200 mètres de large reliant les cours d’eau intérieur et extérieur.
Encore plus, le Feishayan permet au flux tourbillonnant naturel de l’eau de drainer l’excès de l’intérieur vers le cours extérieur.
Ce tourbillon draine également du limon et tous autres sédiments qui n’ont pas réussi à atteindre le cours extérieur.
Dans l’ancien temps, les ingénieurs ont utilisé des paniers en bambou lestés, et ceux-ci ont été remplacés par un déversoir moderne en béton.
Baopingkou, le canal du cou de la bouteille
Finalement, le Baopingkou qui veut dire ‘cou de la bouteille’, qui a été creusé à travers la montagne Yulei.
Ce canal distribue l’eau aux terres fertiles de la plaine de Chengdu.
Son nom vient de son entrée étroite, qui fonctionne comme une porte de contrôle, créant le flux tourbillon qui acheminera par la suite l’excès d’eau au Feishayan et prémunissant contre les inondations.
Plus tôt dans le paragraphe, nous avons appris que le Mont Yulei est extrêmement solide.
Les historiens et les ingénieurs estiment que les travailleurs ont utilisé du feu et de la chaleur pour faire cracker les rochers afin de les creuser.
La rivière Min et la naissance du paysage urbain
Se trouvant au pied du plateau tibétain et dans la partie de l’ouest de la dépression du bassin rouge, Chengdu a été longtemps ravagé par les inondations de la rivière Min, un affluent du cours supérieur du Yangzi avec le débit le plus élevé de 2 850 m3/s.
Chaque été, la fonte des glaciers du Tibet renverse de l’eau en masse aux plaines de Chengdu par la rivière Min.
Heureusement, une montagne Yulei se trouve sur le bord de Min, empêchant ainsi l’eau d’envahir la ville de Chengdu en créant un virage.
Cette montagne est extrêmement solide, d’où vient son nom qui signifie ‘bâti en jade’ en chinois, mais malheureusement, elle n’est pas très élevée en altitude, ce qui la rend impuissante face aux tonnes d’eau versante.
Un problème plus sérieux s’était fait remarqué : lorsque le niveau d’eau est bas, Chengdu souffrait de sécheresse et lorsque le niveau augmente, Chengdu s’inondait.
L’ensemble des components du Dujiangyan porte une valeur universelle exceptionnelle, qui met à profit les caractéristiques topographiques et hydrologiques de la région tout en gardant la voie navigable.
Une architecture conçue pour fonctionner avec la nature
Le système a engendré d’énormes bénéfices en termes de contrôle des crues, d’irrigation, de transport fluvial et de consommation d’eau.
Ajoutées à des ouvrages et des voies d’eau annexes, dont le barrage de Baizhang, le cours d’eau du temple d’Erwang et le barrage en V, ces structures assurent un approvisionnement régulier en eau aux plaines du Chengdu.
Deux siècles avant notre ère, les gens ont réussi à franchir cette étape majeure du développement de la gestion et de la technologie de l’eau.
Le système d’irrigation de Dujiangyan n’est pas seulement l’héritage vivant de solutions d’ingénierie et d’idées conceptuelles vieilles de 2 000 ans.
Il fonctionne toujours aujourd’hui.
Comme on le sait déjà, Dujiangyan est un système toujours fonctionnel, même aujourd’hui.
Les 18 millions d’habitants dépendent du Dujiangyan quotidiennement.
< h2>Entretien du système et gestion des sédimentsVous devez certainement être curieux quant à son entretient.
En ancien chinois, le manuel d’entretien du Dujiangyan ne prenait que six caractères : ‘深淘滩, 低作堰’.
En hiver, lors que le niveau d’eau est bas, il est le temps de ramasser le dépôt du limon et des sédiments du cours intérieur et ensuite les remettre au Feishayan, dont le contenu est constamment emporté par l’eau et qui a besoin d’être remplir de temps en temps.
Lorsque la société est stable, l’entretien du Dujiangyan se fait une fois par an, avant la fête de Qingmin.
En temps de guerre, une dizaine d’année peut s’écouler sans que Dujiangyan y rencontre des problèmes techniques.
Temples commémoratifs et architecture traditionnelle
Afin de commémorer les exploits de LI Bing et son fils Er Lang, ces deux innovateurs chinois, les peuples locaux soutenus par l’administration locale ont construit de magnifiques temples traditionnels aux alentours du site.
Le cours d’eau du temple d’Erwang fait partie des ouvrages et des voies d’eau annexes associés au système.
Les temples donnent au paysage hydraulique une dimension religieuse et mémorielle. Ils rappellent que l’organisation de la rivière ne relève pas uniquement d’une prouesse technique, mais qu’elle est également liée à la mémoire locale et à la vénération des personnes considérées comme les fondateurs du système.
Le mont Qingcheng et l’architecture taoïste
Le mont Qingcheng, qui domine les plaines du Chengdu au sud du système d’irrigation de Dujiangyan, est célèbre dans l’histoire de la Chine car c’est là, en 42 après J.-C., que le philosophe Zhang Ling fonda la doctrine du taoïsme chinois.
Le mont Qingcheng est l’un des berceaux du taoïsme en Chine.
Il est célèbre pour ses paysages tranquilles et magnifiques, ces monuments Taoistes, son air pur et son environnement sans bruit.
La montagne entière est couverte de forêts à feuilles persistantes toute l’année, et ainsi elle obtient ce nom de montagne « Qingcheng », qui se traduit littéralement par « montagne de verte ».
La plupart des éléments essentiels de la culture taoïste s’incarnent dans les enseignements religieux qui émanèrent des temples construits sur la montagne durant les dynasties Jin et Tang.
Le mont Qingcheng a retrouvé sa place de centre intellectuel et spirituel du taoïsme au XVIIe siècle.
Les onze grands temples taoïstes de la montagne reflètent l’architecture traditionnelle de l’ouest du Sichuan.
L’ensemble du site peut être divisé en deux parties.
Une partie couvre une superficie de 15 kilomètres carrés et c’est la principale attraction du mont Qingcheng.
La plupart des reliques historiques et culturelles sont situées ici, comme le palais Jianfu, la grotte céleste de Tianshi et le palais de Shangqing.

Dujiangyan et Chengdu dans un même itinéraire
Avant de nous lancer dans ce légendaire système d’irrigation appelé ‘Dujiangyan’, faisons-nous connaissance de la ville de Chengdu.
Aussi connu comme étant la ville des hibiscus, Chengdu est la capitale de la province du Sichuan, se trouvant près de la limite avec la région du Tibet.
Les archives ont prouvé l’existence officielle de Chengdu à partir de la Période des Printemps et des Automnes (770 - 221 av. J.-C.), mais une mystérieuse culture de bronze est remarquablement visible sur son site archéologique situé dans sa banlieue, datant encore plus longtemps, ce sera l’histoire d’une future infolettre pour vous la raconter.
De nos jours, Chengdu se classe parmi les villes les plus peuplées de la Chine, avec une population plus de 18 millions d’habitants.
La façon la plus simple de vous donner une impression profonde sur Chengdu est peut-être d’évoquer les pandas géants, animaux adorés de l’univers qui se rassemblent dans le Centre de recherche sur le Panda géant de Chengdu, un organisme à but non lucratif consacré à la protection et reproduction des ces mignonnes créatures.
Le système d’irrigation de Dujiangyan est un véritable héritage de l’intelligence des ancêtres chinois qui veillent sur leurs descendants jusqu’à nos jours.
Il s’agit d’un site historique, mais toujours à l’usage moderne, à visite absolument si vous vous rendriez à Chengdu.
La réserve de pandas géants
La réserve de panda géants de Dujiangyan est située dans le bourg de Qingchengshan à 18 kilomètres du centre-ville de Dujiangyan.
Le centre propose des programmes de bénévolat qui donnent aux visiteurs l’occasion de se rapprocher des adorables pandas géants et de comprendre leur programme de formation en milieu sauvage.

Préservation, reconnaissance et protections
Le mont Qingcheng et le système d’irrigation de Dujiangyan ont été entièrement préservés avec tous les attributs nécessaires démontrant la valeur universelle exceptionnelle du bien, y compris dans la région occupée par celui-ci et dans la zone tampon.
Le mont Qingcheng et le système d’irrigation de Dujiangyan ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en 2000.
Le site a également été classé Site placé en priorité sous protection de l’Etat dans la première liste des Sites nationaux présentant un intérêt paysager et historique, et Zone expérimentale d’Etat répondant aux normes ISO 14000.
Le mont Qingcheng et le système d’irrigation de Dujiangyan sont protégés par plusieurs lois nationales, parmi lesquelles la Loi de la République populaire de Chine sur la protection des reliques culturelles, la Loi de la République populaire de Chine sur la protection de l’environnement et les Règlementations relatives aux sites paysagers et historiques.
En plus de la législation nationale, la province du Sichuan a aussi promulgué ses propres lois, dont les Règlementations sur la conservation du patrimoine de la province du Sichuan et les Règlementations relatives à la gestion des sites paysagers et historiques de la province du Sichuan.
A l’heure actuelle, l’état de conservation des deux sites est excellent.
Le tremblement de terre qui a frappé le Sichuan le 12 mai 2008 n’a pour ainsi dire pas endommagé le système d’irrigation de Dujiangyan, mais quelques temples taoïstes ont subi des dégâts plus ou moins importants.
Ces anciennes structures ont été réparées par la suite avec l’aide de l’Administration d’Etat chargée du patrimoine culturel, les autorités municipales de Shanghai et la Fondation Macao.
Hébergements autour de Dujiangyan
Les possibilités d’hébergement autour de Dujiangyan vont de l’hôtel urbain au complexe touristique installé dans un environnement naturel.
- Six Senses Qing Cheng Mountain : séjournez dans ce complexe touristique de luxe à Chengdu. Cet hébergement propose le Wi-Fi gratuit, un parking gratuit et un spa proposant des soins complets.
- Dujiangyan Private Hot Spring Villa : séjournez dans cet hôtel à Chengdu. Cet hébergement propose le petit déjeuner gratuit, le Wi-Fi gratuit et une piscine extérieure.
- Hegu Mountain Retreat : séjournez dans cet hôtel très pratique pour les voyages d'affaires à Chengdu. Cet hébergement propose le Wi-Fi gratuit, une piscine extérieure et des sources chaudes.
- Crowne Plaza Dujiangyan by IHG : séjournez dans cet hôtel à Chengdu. Cet hébergement propose le Wi-Fi gratuit, un parking gratuit et une piscine extérieure.
- Song Hotel Chengdu Qingcheng : séjournez dans cet hôtel proposant le petit déjeuner gratuit, le Wi-Fi gratuit et un parking gratuit.
- Steigenberger Hotel Chengdu : séjournez dans cet hôtel de luxe à Chengdu. Cet hébergement propose le petit déjeuner gratuit, le Wi-Fi gratuit et un spa proposant des soins complets.
Les prix et la disponibilité sont susceptibles de changer.
La légende de Bie Ling et les anciens récits du Sichuan
La brillance derrière tout cela, appartient-elle vraiment à Li Bing et son fils comme l’indiquait dans les textes historiques?
La légende raconte qu’il existait un ancien État chinois à la province de Sichuan, nommé le Royaume de Shu que personne ne connaît la date exacte de sa naissance.
Vers 316 av. J.-C., le Royaume était conquis par les Qin.
Un jour, les habitants locaux ont aperçu un corps flottant sur le fleuve Yangtsé, le corps est resté sur l’eau pendant 7 jours et 7 nuits sans bouger, ni détériorer.
Alors les habitants ont récupéré le corps et l’ont placé dans un temple par respect.
Par miracle, l’homme s’était revenu de la mort et se présentait sous le nom de ‘Bie Ling’.
Il se mit devant le roi de Shu, Du Yu, et lui dit qu’il était capable de régler l’eau de Yangtsé qui causait problème.
Bie Ling se jeta dans le fleuve avec une épée et une corde de paille en main, il tua d’abord quelques monstres aquatiques et perça une montagne mythique appelée Wu, ce qui forma le fameux Gorge Wuxia pittoresque qu’on admire lors d’une croisière sur le Yangtsé.
Bie Ling gagna popularité au sein du Royaume et Du Yu lui céda le trône sous pression, ce dernier devint un coucou qui s’envola.
Mais qui est Bie Ling, d’où vient-il, est-ce que l’ancien Shu existait vraiment et pourquoi il a disparu sans avoir laissé aucune trace?
Pourquoi le peuple Shu vénère le bronze et les figurines de personnages aux yeux géants?
Ce sont tous des mystères qui vous attentent à Chengdu.