Un paquebot de croisière britannique a été confiné au port de Bordeaux après l’apparition de symptômes digestifs chez plusieurs dizaines de passagers. Les analyses ont confirmé qu’il s’agissait d’un épisode de gastro-entérite d’origine virale, lié au norovirus.
Le navire Ambition, à bord duquel se trouvaient plus de 1 700 personnes, a finalement prolongé son escale à Bordeaux d’une nuit. La compagnie Ambassador Cruise Line a expliqué avoir reporté le départ pour « le confort des passagers et le bien-être de l’équipage », tout en évitant des « conditions météorologiques perturbées » dans le golfe de Gascogne.

Une journée de confinement à bord du navire
Un paquebot britannique parti de Belfast le 8 mai et qui doit effectuer une croisière d’exploration de quatorze nuits dans l’Ouest de la France et en Espagne est confiné au port de Bordeaux depuis ce mercredi 13 mai 2026, à cause d’une épidémie de gastro-entérite à bord.
Selon l’Agence France-Presse, 1 233 passagers se trouvent actuellement à bord du paquebot « Ambition », de nationalité principalement britannique et irlandaise. Ils sont accompagnés par 514 membres d’équipage, d’origine indienne.
Le bateau de croisière à bord duquel plus de 1 700 personnes ont été confinées durant une journée d’escale, mercredi, à Bordeaux, en raison d’une épidémie de gastro-entérite, va finalement rester une nuit de plus à quai, pour le « confort des passagers », a annoncé, jeudi 14 mai dans l’après-midi, la compagnie britannique propriétaire du navire.
Les passagers n'ont pas pu débarquer. Dans la nuit, plusieurs dizaines de personnes, arrivées à Bordeaux à bord du navire de croisière « Ambition », ont ressenti un épisode gastro-intestinal.
Le préfet de Gironde, en lien avec l’ARS Nouvelle-Aquitaine, a été amené à déclencher un dispositif de gestion sanitaire renforcé, suspendant le débarquement et limitant les interactions avec le port.
Pendant que les 1700 membres d'équipage et croisiéristes, en majorité des Britanniques et des Irlandais, étaient confinés sur le navire, des prélèvements ont été effectués par le service d’infectiologie du CHU de Bordeaux.
Des symptômes digestifs chez plusieurs dizaines de personnes
Jusqu’à une cinquantaine de passagers du paquebot « Ambition » ont été touchés, au cours de la nuit, par des symptômes compatibles avec une infection digestive aiguë.
Le bateau de croisière anglais « Ambition », qui a quitté le 6 mai dernier les côtes des îles Shetland, en Écosse, avec à bord 1 233 passagers et 524 membres d’équipage, a connu un épisode épidémique avec des symptômes compatibles avec une infection digestive aiguë.
Parti des îles Shetland, au nord de l’Ecosse, le 6 mai, le bateau avait précédemment fait escale à Belfast, Liverpool et Brest, où des « symptômes digestifs » avaient été signalés en début de semaine parmi les 1 233 passagers, en majorité des Britanniques et des Irlandais âgés.
Les symptômes dont ont souffert les personnes malades à bord étaient classiquement ceux d’une gastro-entérite, des vomissements, des diarrhées, un peu de fièvre.
Le nombre de personnes touchées a évolué au cours de la journée. « Parmi les 50 personnes malades, certaines sont totalement guéries », indiquait le médecin de veille sanitaire de l’ARS, Karim Tararbit. Le nombre de personnes présentant des symptômes a ensuite été porté à 80 mercredi soir.
À ce stade, aucun cas grave n’a été signalé, selon les autorités.
Le norovirus confirmé par les analyses
Les résultats de l’analyse épidémiologique et des prélèvements biologiques réalisés confirment ce mercredi en début de soirée, qu’il s’agit bien d’un épisode de gastro-entérite d’origine virale (norovirus).
Ce mercredi soir, les résultats des analyses épidémiologiques sont tombés. L’analyse épidémiologique et des prélèvements biologiques confirme qu’il s’agit bien « d’un épisode de gastro-entérite d’origine virale (norovirus), avec transmission de personne à personne ou par l’environnement », indiquent l'ARS Nouvelle-Aquitaine et la préfecture de Gironde.
Les autorités avaient d’abord cherché à identifier précisément l’agent pathogène. « Ces analyses permettront d’identifier l’agent pathogène en cause, de trouver un norovirus par exemple », indiquait Karim Tararbit. « Il est possible que les analyses ne révèlent pas la présence de norovirus, ce qui ne serait pas inquiétant. »
Les autorités ont écarté l’hypothèse d’une intoxication alimentaire. « Nous écartons l’hypothèse d’une intoxication alimentaire parce que, sur 1 800 passagers et membres d’équipage, seules 50 personnes ont présenté des symptômes [leur nombre a été porté à 80 ce mercredi soir, NDLR]. »
« Ce type d’épidémie dans un lieu clos n’est pas rare, les croisiéristes le savent. »
Le principe de précaution appliqué à Bordeaux
Sur fond d’inquiétude internationale autour d’un hantavirus, dont un foyer d’infection a été détecté sur un navire de croisière en Argentine, et face aux « manques d’informations » initiales sur la situation médicale à bord, le bateau a été placé en quarantaine à son arrivée à Bordeaux, mercredi matin, par la préfecture de Gironde.
Et, là, le contexte de l’hantavirus étant particulièrement d’actualité, c’est le branle-bas de combat. La capitainerie alerte la préfecture de Gironde puis l’Agence régionale de santé (ARS), et le préfet se rapproche du préfet maritime de Bordeaux.
Après échange entre le médecin de bord et le médecin d’astreinte de l’ARS, pour lever tout doute, la préfecture maritime et l’ARS décident d’envoyer par les airs une équipe sanitaire du CHU de Bordeaux à bord du navire.
« Très vite, l’hypothèse de l’hantavirus qui nous préoccupe tous a été écartée », a déclaré Grégory Lecru, directeur adjoint du cabinet du préfet de Gironde.
« À ce moment, le principe de précaution s’est imposé et il a été décidé de maintenir à bord tous les passagers et les membres d’équipage. »
Un arrêté a été publié à 11 heures ce mercredi matin, imposant de ne pas sortir la passerelle du bateau sur le quai. Les croisiéristes sont donc condamnés à ne pas quitter le navire jusqu’à nouvel ordre.
Les lourdes tâches d'un commandant de bateau de croisière
Une équipe médicale envoyée à bord
« L’équipe a été hélitreuillée à 2 heures du matin entre Cordouan et Pauillac, à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, précise Renaud Picard, directeur adjoint du Grand Port maritime de Bordeaux. »
Sur place, les professionnels de santé ont étudié auprès du médecin de bord les dossiers de la cinquantaine de passagers présentant des symptômes gastro-intestinaux.
Le premier constat a été plutôt rassurant, tout laissant penser à une épidémie de gastro-entérite.
L’ARS, la préfecture et le port de Bordeaux, pour lever le doute jusqu’au bout, ont sollicité une équipe de soignants et de virologues du CHU, qui est montée à bord du navire vers 8 heures du matin au port afin de procéder à un examen clinique des personnes présentant encore des symptômes et d’assurer des prélèvements de selles, partis pour analyse au laboratoire de virologie du CHU de Bordeaux.
Lorsque l’équipe médicale était à bord, une voyageuse a présenté des signes d’AVC, elle a été prise en charge immédiatement au CHU de Bordeaux. Mais cela n’a aucun lien avec l’épidémie.
Isolement des malades et règles d’hygiène renforcées
Après la confirmation par des analyses d’« un épisode de gastro-entérite d’origine virale » à bord, l’interdiction de débarquer a été levée mercredi soir par les autorités.
Les consignes d’isolement des malades vont toutefois se poursuivre, accompagnées d’un renforcement des gestes barrières et des règles d’hygiène à bord, dont le nettoyage renforcé des surfaces.
Les malades sont pris en charge à bord par l’équipe médicale du bateau de croisière, indiquent les autorités.
Les personnes non symptomatiques autorisées à débarquer.
En Gironde, les passagers, originaires d’Irlande et d’Écosse, avertis tôt du confinement à bord, auraient pris la situation placidement, selon les autorités. Ils avaient envisagé une excursion en ville pour la journée, avant de reprendre la mer jeudi pour finir leur périple à Ferrol, en Espagne.
Un départ reporté en raison de la météo
Dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, la compagnie Ambassador Cruise Line explique avoir reporté le départ, initialement prévu le jeudi soir, au vendredi matin, pour « le confort des passagers et le bien-être de l’équipage » en évitant ainsi des « conditions météorologiques perturbées » dans le golfe de Gascogne prévues dans la soirée.
Selon la capitainerie du port, le paquebot Ambition quittera Bordeaux à 6 h 30 vendredi, lorsque la Garonne est à marée haute, ce qui facilite la circulation des gros navires.
| Élément | Information |
|---|---|
| Navire | Ambition |
| Compagnie | Ambassador Cruise Line |
| Passagers | 1 233 |
| Membres d’équipage | 514 ou 524 selon les décomptes communiqués |
| Port concerné | Bordeaux |
| Agent identifié | Norovirus |
| Départ prévu | Vendredi à 6 h 30 |
| Prochaine escale | Ferrol, dans le nord-ouest de l’Espagne |
La suite de l’itinéraire du paquebot
Le navire doit se diriger samedi vers le port de Ferrol, dans le nord-ouest de l’Espagne, conformément à son itinéraire initial, avant de rentrer à Liverpool, le 22 mai, a ajouté la compagnie.
La compagnie anglaise Ambassador Cruise Line est une habituée de Bordeaux, puisqu’elle vient amarrer un de ses paquebots trois à quatre fois par an depuis dix ans.
Les passagers avaient prévu de reprendre la mer jeudi pour finir leur périple à Ferrol, en Espagne. Le départ a finalement été reporté au vendredi matin, tandis que l’itinéraire vers Ferrol puis Liverpool a été maintenu.
Un passager âgé de 92 ans est par ailleurs mort lundi d’un arrêt cardiaque, sans lien avec l’épidémie de gastro-entérite, selon les autorités.