Asterix comment appelle ton le camp

Tout amateur des aventures d’Astérix et d’Obélix s’est déjà posé la question : où se situe le village des Gaulois ?

« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur ». Cette introduction, les fans d’Astérix et d’Obélix la connaissent par cœur, tout comme le nom des quatre camps romains qui entourent le village.

Pourtant, malgré quarante aventures racontées depuis 1961, une question subsiste : où se situe donc le village gaulois ? Bien que René Goscinny et Albert Uderzo se soient toujours refusés à indiquer l’emplacement précis du village, les auteurs ont toutefois laissé quelques indices.

Le premier indice se trouve dès la première page de chaque bande-dessinée d’Astérix et Obélix : une carte de la Gaule entièrement conquise, toute sauf un petit village situé dans le Nord-Ouest, en Bretagne. Les aventures des deux compères prennent place en l’an 50 avant J.C. en Armorique. Si aujourd’hui cette région ne nous évoque pas grand-chose, à l’époque il désignait le territoire situé entre la Loire et la Seine.

Ce choix a d’ailleurs été raconté par les dessinateurs, rapporte Nicolas Rouvière, enseignant-chercheur et spécialiste de la bande-dessinée à Télégramme. En 1959, alors que les deux auteurs réfléchissent aux détails de ce nouveau projet, Albert Uderzo propose que le village soit situé en bord de mer, René Goscinny accepte en disant que cela facilitera les déplacements des héros.

Car de nombreuses villes revendiquent être le village Gaulois décrit dans la bande-dessinée, mais une en particulier cumule plusieurs traits communs. Elle s’appelle Erquy et se situe entre Saint-Malo et Saint-Brieuc, près de trois petits îlets appelés « Trois Pierres », semblables à ceux de la carte des albums. Mieux encore, Erquy est localisée près d’un lieu dénommé « Le camp de César », une cité gallo-romaine qui fait l’objet de fouilles archéologiques régulières.

Mais si cette théorie s’avère une bonne piste, Erquy est trop éloignée pour être une hypothèse crédible. D’ailleurs, le dessinateur avait réfuté cette théorie dans un hors-série de Bretagne Magazine (paru en mars 2001) : « Je ne me suis pas du tout inspiré d’Erquy, sinon je le dirais ! Tout en ayant voulu créer un village imaginaire, j’ai certainement puisé des éléments dans mes souvenirs d’enfance. J’ai rencontré ici des résistants bretons.

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Voici quelques idées sur un sujet qui ne fait pas suffisamment scandale : l’impardonnable incompétence de la hiérarchie militaire romaine pour venir à bout des irréductibles Gaulois.

Dans Le Domaine des Dieux, les légionnaires, fatigués de se faire systématiquement écraser par la poignée de Gaulois qu’ils assiègent, menacent leurs supérieurs de faire grève. Et ils ont raison ! Car il aurait été facile à l’état-major romain de réduire la résistance gauloise… s’il avait seulement appliqué le b.a.-ba de l’art militaire antique.

Rappelons le contexte. Le village gaulois est situé sur un cap surveillé par quatre camps romains, les fameux Petibonum, Laudanum, Babaorum et Aquarium. Les Gaulois n’ont pas de flotte, tout au plus un seul bateau de pêche, comme on le voit dans La Grande Traversée. Ils sont donc bel et bien enfermés sur le petit bout de terre qui leur appartient.

Ainsi qu’il est plusieurs fois rappelé au cours de leurs aventures, les Gaulois ne souhaitent pas d’expansion territoriale : ils ne veulent pas reconquérir la Gaule, ils veulent seulement qu’on les laisse vivre dans leur village. L’objectif des Romains n’est donc pas de les empêcher de sortir, mais bien de conquérir ou détruire le village.

La difficulté évidente, c’est l’existence de la potion magique, qui rend les Gaulois virtuellement imbattables en bataille rangée. Toutefois, notons que si la potion donne une force surhumaine, elle ne garantit pas l’invulnérabilité de son bénéficiaire : à plusieurs reprises, nos héros se font assommer ou blesser tout en étant sous l’effet du breuvage.

Face à cette situation, la conduite romaine est d’une rare médiocrité. D’abord, la chaîne de commandement est déplorablement parcellaire, puisque la situation n’est sous la responsabilité que de quatre officiers subalternes : un centurion par camp retranché. Il ne semble pas qu’une armée entière soit dédiée au siège du village gaulois, il est donc normal qu’on n’y voie ni légat, ni consul (encore que César se déplace souvent en personne pour inspecter les lieux).

Mais il est tout à fait anormal qu’il n’y ait ni tribun, ni préfet, alors que ces deux fonctions, l’une pour commander en chef à des cohortes, l’autre pour coordonner les différentes activités spécialisées, sont indispensables à toute force romaine de ce type. Résultat : l’autorité des officiers est fréquemment remise en cause et les disputes entre centurions des différents camps sont nombreuses.

Ensuite, la principale stratégie des Romains en Armorique semble être de surveiller passivement les abords du camp, et de tenter, sporadiquement, quelques assauts frontaux, pendant lesquels les légionnaires se font massacrer par les Gaulois imbus de potion magique. Cette approche est, bien sûr, vouée à l’échec.

De temps en temps, et c’est ce qui lance l’intrigue de nombreux albums, un haut personnage à Rome conçoit un nouveau plan parfaitement délirant, qui doit être déjoué par l’astuce d’Astérix et Obélix : construire un mur à la Trump autour du village (Le Tour de Gaule d’Astérix), lancer un défi entre chefs gaulois (Le Combat des chefs), voire chercher à corrompre Obélix (Obélix et Compagnie).

Reconnaissons toutefois les mérites de la guerre psychologique menée dans La Zizanie et Le Domaine des Dieux, d’autant qu’elle renvoie au stratagème classique de la « discorde chez l’ennemi » (« de distringendis hostibus », selon Frontin [1]). De même, l’idée de capturer Panoramix, envisagée dès Astérix le Gaulois et plusieurs fois remise sur la table, n’est pas sans mérite, bien qu’elle n’ait jamais pu être menée à bien.

Qu’auraient donc pu faire les Romains pour venir à bout de cette irréductible opposition ? En réalité, il leur aurait suffi d’appliquer le manuel de base de l’armée antique. On a conservé plusieurs recueils de bonnes pratiques militaires (ce que les Anciens appelaient des « stratagèmes »), comme ceux des stratèges romains Frontin et Végèce, ou celui du grec Enée le Tacticien, sans parler des exemples et des réflexions contenues dans les mémoires et livres d’histoire de Thucydide, Polybe ou Jules César lui-même.

Comme on va le voir, il était facile d’appliquer ces modèles à la situation des irréductibles gaulois pour une victoire rapide et assurée, ce qui révèle l’incurie des commandants de Petibonum, Laudanum, Babaorum et Aquarium.

D’abord, une fois l’ennemi encerclé et assiégé, il fallait naturellement le soumettre à un feu constant de machines de guerre, catapultes, scorpions et balistes. C’est la base de tout siège romain, comme l’illustre le siège de Yodfat en Galilée par Vespasien, en 69 après Jésus-Christ : « Il installa tout autour les pièces d’artillerie, en tout cent soixante engins, et commanda de tirer sur les hommes postés sur le rempart.

Alors, en même temps que les catapultes faisaient siffler leurs traits, les pierriers lançaient de grosses pierres d’un talent, du feu, une grêle de flèches, tous projectiles qui rendaient intenable aux Juifs non seulement le rempart mais encore, à l’intérieur, tout espace à la portée du tir. » [2]

Or, ce n’est que dans le 21e album, Le Cadeau de César, que les Romains d'Armorique pensent enfin à en utiliser : ce n’est pas sérieux. Pourtant, dans ses Commentaires, César décrivait déjà la terrible efficacité de ces machines face aux Gaulois : « Il y avait devant une porte un Gaulois qui jetait vers la tour en feu des boules de suif et de poix qu’on lui passait de main en main ; un trait parti d’un scorpion lui perça le flanc droit et il tomba sans connaissance.

Un de ses voisins, enjambant son corps, le remplaça dans sa besogne ; il tomba de même, frappé à son tour par le scorpion ; un troisième lui succéda, et au troisième un quatrième ; et le poste ne cessa d’être occupé par des combattants jusqu’au moment où, l’incendie ayant été éteint et repoussé sur tout le front de bataille, le combat prit fin. » [3]

Certes, face à une telle puissance de feu, les Gaulois du village organiseraient une sortie ; mais en coordonnant les tirs depuis les quatre camps fortifiés, les Romains seraient capables de réaliser suffisamment de dégâts pour détruire entièrement le village et, peut-être, d’abattre le druide Panoramix, qui ne sort jamais avec les guerriers.

Par ailleurs, pour se défendre d’une sortie gauloise, les Romains pouvaient recourir à des volées de flèches tirées depuis les tours de leurs camps, ce qu’ils ne font jamais dans les albums. C’est pourtant une technique éprouvée par César lui-même, qui avait eu recours à des archers crétois et des frondeurs baléares pour soutenir un siège pendant la Guerre des Gaules. [4]

Dans Astérix chez Rahàzade, Obélix se fait blesser par une flèche au derrière, ce qui prouve bien la vulnérabilité des Gaulois aux tirs des archers, même sous potion magique. Une autre solution serait d'embarquer les machines de siège sur des navires, pratique bien connue de la marine romaine, afin que les tireurs soient hors d’atteinte des Gaulois. Ces derniers auraient alors été dans l’obligation d’abandonner leur village…

Si la guerre à distance ne suffisait pas, les Romains pouvaient recourir à une autre technique classique de la poliorcétique romaine : la construction de pièges. A Alésia, César fit entourer toutes ses fortifications de chausse-trappes (tribuli), de pointes dissimulées dans des trous couverts de broussailles (lilia) ou de véritables pieux (cippi) : si ces dispositifs arrêtaient les Gaulois de Vercingétorix, il n’y a pas de raison qu’ils n’arrêtent pas ceux d’Abraracourcix, potion magique ou pas.

Après avoir délibérément provoqué une bataille rangée, les Romains auraient pu se disposer en formation habituelle dans le no man’s land, mais en ayant pris soin, la nuit précédente, de disposer les pièges devant leurs troupes. Les Gaulois ayant l’habitude de charger en ligne droite les troupes ennemies, ils se seraient inévitablement jetés sur ces engins.

Des pièges romains retrouvés sur le site d’Alésia.

D’autres tactiques plus pernicieuses encore pouvaient être imaginées, en suivant les exemples traditionnels de la guerre antique. Les Gaulois étant friands de sangliers, il était facile de leur abandonner des sangliers empoisonnés, tout comme le Carthaginois Maharbal avait laissé à ses adversaires du vin mélangé à un narcotique, afin de venir les égorger dans leur sommeil. [5]

Il suffisait, comme lui, de faire croire que le camp romain avait été abandonné de manière précipitée avec ses vivres. Peut-être même, à défaut de poison, pouvait-on les attaquer en pleine digestion, comme le fit Tiberius Gracchus en Espagne : « Informé que l’ennemi, ne pouvant se procurer des vivres, était dans la détresse, il abandonna son camp, où il laissa en abondance des provisions de toute espèce.

Les ennemis s’en emparent, se gorgent de la nourriture qu’ils trouvent ; et, tandis qu’ils souffrent de cet excès, Tiberius revient avec son armée, les surprend et les taille en pièces. » [6] Une stratégie qui semble parfaitement appropriée aux Gaulois d’Astérix, amateurs de banquets.

Le village gaulois étant alimenté par une seule rivière, il était enfin facile de le priver d’eau ; c’est ce qu’avait déjà fait César auparavant pendant la guerre des Gaules. « César, assiégeant Cadurcum, ville des Gaules, qui était entourée d’une rivière, et abondamment pourvue de fontaines, la fit manquer d’eau en détournant les sources par des conduits souterrains, et en plaçant sur le bord de la rivière des archers qui en défendaient l’approche. » [7]

Si les Romains voulaient se montrer encore plus cruels, ils pouvaient empoisonner l’eau en amont avec de l’ellébore, comme Clisthène de Sicyone, qui avait ainsi mis les assiégés hors d’état de combattre. En l’occurrence, la stratégie aurait été d’autant plus efficace que l’eau est l’un des ingrédients de la potion magique.

Comme on le voit, les moyens de réduire à néant l’opposition gauloise en Armorique ne manquaient pas : il suffisait aux officiers romains de relire leurs classiques et de faire preuve d’un peu d'inventivité. Nul doute que César, informé de l’amateurisme de ses centurions, les fit tous jeter aux lions.

En attendant, le lecteur peut se féliciter de cet amateurisme, puisque sans lui, Astérix aurait connu beaucoup moins d'aventures... et on ne peut que remercier Goscinny et Uderzo, qui, eux, connaissaient leurs classiques et ne manquaient pas d'imagination.

Élément Information
Petibonum un des quatre camps romains
Laudanum un des quatre camps romains
Babaorum un des quatre camps romains
Aquarium un des quatre camps romains
Le Pré des Moines à seulement 25 minutes du parc
Ouverture du parc 10h le matin
Fermeture en basse saison 18h ou 19h
Fermeture en été 22h
Billet adulte 51€
Billet enfant 43€

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Situé à Plailly dans le département de l’Oise, le Parc Astérix vous offre une expérience inoubliable en immersion complète dans l’univers du livre du même nom. Surexcités à l’idée de se rendre au Parc Astérix pour la toute première fois, les enfants tiennent difficilement en place et ne se font pas attendre pour s’asseoir dans la voiture.

Après une heure de route, vous voilà arrivée au parking. Les envies de chacun s’expriment dans un débit de parole presque incessant ! Ni une ni deux, ils foncent arpenter cette dernière ! Direction : les premières attractions !

Dans un univers enchanteur, vous aidez un cuisinier à parfaire sa potion en prenant le rôle d’une cuillère géante ! La journée est bel et bien lancée et les attractions s’enchaînent ! Sans crainte, les enfants se sentent prêts à affronter toutes les plus grandes attractions !

Difficile de prendre une décision parmi toutes les options de restauration possibles ! En se baladant, les enfants ont tout de suite repéré les fruits et légumes géants qui bordaient le restaurant du lac. Après un tel repas, il est difficile d’envisager de faire un grand huit !

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Carte de la Gaule d’Astérix

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