Action des Gilets jaunes à Disneyland Paris le 22 mai : ce que l’on sait

La mobilisation des « gilets jaunes se poursuit dans toute la France de dimanche. Et certains d’entre eux ont décidé de s’inviter chez Mickey et Minnie. Pile le jour où les célèbres souris fêtent leurs 90 ans.

En Seine-et-Marne, une quarantaine d’entre eux, ont débarqué ce matin au péage du parking de Disneyland-Paris, rapporte Le Parisien.

Une action menée à l’entrée du parking

Les manifestants ont bloqué sept des neuf accès et font entrer gratuitement les visiteurs des parcs par les deux guichets restés ouverts.

En ce jour des 90 ans de Mickey Mouse, les gilets jaunes sont arrivés à Disneyland Paris (Seine-et-Marne) ce dimanche matin, au lendemain de la journée de mobilisation contre les hausses des carburants.

Ils font entrer gratuitement les voitures des visiteurs depuis 10h du matin.

La préfecture de Seine-et-Marne appelle les automobilistes à la plus grande vigilance.

Gilets jaunes devant Disneyland Paris

Un parking rendu gratuit pour les visiteurs

Une bonne affaire pour eux puisque le coût des parkings se monte à 30 euros pour la journée.

Mais surtout, les manifestants ont fait entrer gratuitement des dizaines de visiteurs dans le parking du parc, sans qu’ils aient besoin de s’acquitter des 30 euros que coûte normalement une journée.

Les voitures des gilets jaunes ont été disposées de telle façon que les visiteurs du parc pouvaient entrer par seulement deux - puis trois- barrières sur neuf, qui ont rapidement été levées, rendant ainsi le stationnement gratuit durant toute la matinée.

« Nous avons levé les barrières pour fluidifier la circulation », indique-t-on chez Disneyland Paris.

Les visiteurs klaxonnaient en guise de solidarité avec les manifestants.

ÉlémentInformation
LieuEntrée du parking de Disneyland Paris, à Chessy
Début de l’actionDepuis 10h du matin
Accès concernésSept des neuf accès bloqués
Accès restés ouvertsDeux guichets, puis trois barrières
Prix habituel du parking30 euros pour la journée
Durée annoncée de l’ouvertureJusqu’à 12h30

Une mobilisation surprise en Seine-et-Marne

Des dizaines de manifestants se sont réunis ce dimanche matin devant l’entrée du parking du parc d’attractions en région parisienne.

Les gilets jaunes aux portes de Disneyland Paris.

Au lendemain de la mobilisation qui a rassemblé près de 288.000 personnes dans toute la France, une cinquantaine de manifestants bien décidés à poursuivre la lutte se sont invités ce dimanche matin aux alentours de 10 heures devant l’entrée du parc d’attractions situé à Chessy, en Seine-et-Marne, selon une information du Parisien confirmée par nos soins.

Après une très longue et intense journée de mobilisation samedi en Seine-et-Marne, les Gilets jaunes du 77 ont repris la route ce dimanche matin.

Une cinquantaine d’entre eux s’était donné rendez-vous à Meaux tôt le matin, avant de débarquer par surprise devant la barrière de péage du parking de Disneyland Paris, à Chessy, alors que les visiteurs arrivaient en masse.

Des gilets jaunes motivés et très remontés.

« Les chiffres de la mobilisation de samedi ont été minimisés », s’emporte l’un d’eux.

« Nous n’en pouvons plus de toutes ces taxes, toutes ces charges, ce n’est pas que l’essence le problème », renchérit David, artisan dans l’Essonne.

Certains d’entre eux avaient passé la nuit dans leur voiture, à Monthyon, à quelques kilomètres de Meaux.

Carte de Chessy et Disneyland Paris

Des barrages filtrants et des voies réduites

Dimanche 18 novembre, depuis 10h30 environ, le mouvement des Gilets jaunes s’est positionné à l’entrée du parc Disneyland Paris.

Voitures en travers de la route, banderoles criant leur ras-le-bol, les manifestants ont décidé de retarder les clients qui souhaitent entrer dans le parc d’attractions aujourd’hui.

Un barrage filtrant a été mis en place.

Seules trois voies de circulation sont disponibles sur les dix habituelles.

Les manifestants ont bloqué les guichets du péage avec leurs voitures et ont déployé de grandes banderoles.

Sous les yeux des policiers dépêchés sur les lieux, ils ont stationné leurs véhicules devant l’entrée du parking, au beau milieu des visiteurs venus passer leur dimanche dans le parc.

Certains ont déroulé des banderoles affichant des messages à destination d’Emmanuel Macron, d’autres arboraient de sobres drapeaux français.

Les messages portés par les manifestants

Thomas, jardinier de 29 ans, de Meaux, tenait une banderole « Ni haine, ni violence, citoyens solidaires » : « J’en ai ras le bol. L’autre jour, j’ai fait un plein de 85 € pour faire 804 km ! »

À ses côtés, Laëtitia, 36 ans, et Guillaume, 41 ans, bonnet en laine d’Astérix sur la tête, sont venus de La Ferté-Gaucher.

Elle est femme de ménage, il est tourneur, ils s’en sortent difficilement, notamment à cause de l’explosion des titres de transport de leurs enfants.

Les Gilets jaunes n’ont pas oublié Mickey, qui fêtait ses 90 ans ce dimanche, et lui ont chanté deux fois « Joyeux anniversaire ».

Ils ont également entonné « La Marseillaise » par deux fois et ont respecté une minute de silence, vers midi, en mémoire de la manifestante décédée samedi sur un barrage et en mémoire aussi de Maggy Biskupski, la policière qui s’est suicidée dans les Yvelines la semaine dernière.

Ils ont également observé une minute de silence en hommage à la manifestante tuée samedi.

Une opération encadrée par les forces de l’ordre

L’opération s’est déroulée dans une bonne ambiance.

Quelques manifestants ont même joué au ballon sur la chaussée, sous l’œil de policiers et d’agents de sécurité du parc.

La préfecture de Seine-et-Marne appelle les automobilistes à la plus grande vigilance.

Les manifestants ont posé un ultimatum à la direction du parc, selon une journaliste de France Télévisions sur place.

Soit ils bloquaient complètement le péage d’accès au parking, soit l’entreprise acceptait la levée des barrières et l’entrée gratuite des voitures.

Disneyland a accepté cette seconde solution, au moins jusqu’à 12h30.

Sous la pression de ces gilets jaunes, les gérants du parking ont fini par céder et ont convenu de laisser les barrières ouvertes jusqu’à 12h30.

Le départ en opération escargot

À 12 h, le cortège a décidé de quitter le monde de Mickey pour retourner vers le nord de la Seine-et-Marne.

C’est peu après que les voitures sont reparties en opération escargot, sur la A4, avant de rejoindre la Francilienne et la N 3.

Un pique-nique pourrait être organisé vers Monthyon, via la Francilienne, puis la RN3.

Les Gilets jaunes du nord Seine-et-Marne envisageaient de se retrouver au péage de Coutevroult, en fin de journée.

Les manifestants annoncent que leur mouvement va se prolonger cette semaine par d’autres opérations escargots.

Selon les Gilets jaunes, un groupe de 200 manifestants se serait joint au mouvement du nord de la Seine-et-Marne, dimanche matin.

Portraits croisés de "Gilets jaunes"

Des actions similaires dans le département

À la barrière de péage de Fleury, sur l’A6, les Gilets jaunes forains ont poursuivi toute la nuit de samedi à dimanche leur action « péage gratuit » en direction de Paris, commencée samedi.

Ils étaient sur place toute la journée de dimanche, où le trafic a fortement repris avec près de 1500 véhicules par heure.

Ils ont prévu de quitter les lieux en début de soirée.

À Mouy-sur-Seine, près de 150 de Gilets jaunes ont provoqué des ralentissements sur le pont de Bray de 9 h 30 à 16 h 30.

Ils ne devraient pas revenir sur place ce lundi, selon nos informations.

À Pontault-Combault, des bouchons sont en cours sur la N104 à cause du blocage par plusieurs Gilets jaunes.

Ils avaient partiellement bloqué la N4 plus tôt dans l’après-midi.

À Fontainebleau, où le carrefour de l’Obélisque avait été totalement congestionné samedi, des Gilets jaunes ont à nouveau filtré la circulation mais de manière bien plus légère car ils étaient moins nombreux.

Une mobilisation distincte des actions salariales du parc

Les syndicats n’ont jamais vu ça.

Depuis une semaine, les employés de Disneyland Paris multiplient les actions pour réclamer des revalorisations de salaire.

Face à l’inflation, les employés du premier parc d’attractions européens sont à bout de nerfs.

Parce que leurs salaires ne suivent pas la hausse des prix, ils tirent la sonnette d’alarme depuis une semaine.

Ainsi, le mardi 23 mai dernier, ils étaient 500 à manifester leur colère sur la Main street de Disneyland Paris, la plupart vêtus d’un gilet jaune.

« C’est historique ce qu’il s’est passé. Les salariés ont même organisé une assemblée générale autonome », souligne Ahmed Masrour, de l’UNSA.

La direction du parc a reçu les syndicats, ce vendredi 26 mai, pour tenter de déminer le terrain.

Mais les mesures présentées pour soutenir leur pouvoir d’achat n’ont pas convaincu.

L’entreprise propose l’avance de la prime du 13e mois, la possibilité de monétiser les congés non pris et les heures supplémentaires ou de les placer sur le compte épargne, ainsi qu’une prime de partage de la valeur de 125 euros net pour « les Cast members éligibles ».

Pas de quoi « éteindre l’incendie », selon les syndicats.

C’est pourquoi l’UNSA et la CGT ont appelé à la grève, ce mardi 30 mai.

« Les salariés sont exaspérés, la colère déborde », estime Fabien Beiersdorff de la CGT.

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