Parc naturel régional de l’Aubrac : territoire rural, patrimoines et développement durable

Le Parc naturel régional de l’Aubrac est un territoire rural habité, reconnu pour sa forte valeur patrimoniale et paysagère. Il s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation d’un patrimoine naturel, culturel et humain.

Le parc permet aussi aux habitants de vivre et travailler au pays. Il constitue un espace ouvert dont l’accès est entièrement libre pour le public. Loin d’être une enclave figée, c’est surtout une invitation à la découverte de paysages et de territoires, avec une multitude de passerelles pour les amoureux de nature.

Qu’est-ce qu’un parc naturel régional ?

Les parcs naturels régionaux (PNR) sont des territoires protégés et habités, majoritairement situés dans des zones fragiles à haute valeur environnementale. Ils ont une double vocation : la protection et le développement économique « durable ».

Ce sont des territoires de projet et d’aménagement beaucoup plus que de protection, dotés d’une charte constitutive adoptée par décret, qui en fixe les limites spatiales, en détermine les objectifs, les programmes d’équipements, les mesures à adopter, les règles de fonctionnement et de gestion.

Les PNR peuvent être créés à l’initiative des communes, des départements ou des régions. Leur agrément est valable dix ans, renouvelable mais aussi révocable en cas de non-respect de la charte.

Ils sont régis par décrets (1967, 1988) mais les lois de décentralisation, puis la loi du 8 janvier 1993 sur la protection et la mise en valeur des paysages, leur ont donné une base législative.

Le Parc naturel régional de l’Aubrac dans le réseau français

La France compte aujourd’hui 46 parcs naturels régionaux, soit 13 % de son territoire.

Il y a, en 2024, en France, 58 PNR sur environ 17 % du territoire métropolitain.

Parmi les derniers parcs officialisés, on relève, entre 2015 et 2019 ceux de l’Aubrac, du Médoc et de la Sainte-Baume, en 2020, ceux du Mont Ventoux et de la Baie de Somme - Picardie, et en 2021 ceux des Corbières-Fenouillèdes et du Doubs horloger.

La création du Parc naturel régional de l’Aubrac s’inscrit ainsi dans une dynamique de reconnaissance de territoires où la protection des patrimoines doit aller de pair avec la vie locale et l’activité économique.

Un territoire rural habité et ouvert

Le Parc naturel régional de l’Aubrac s’inscrit dans une conception du parc régional comme territoire vivant. La protection du patrimoine naturel, culturel et humain repose sur un projet partagé par les collectivités, les habitants et les acteurs locaux.

Cette approche distingue le PNR d’un espace entièrement sanctuarisé. La vocation du parc est de préserver les paysages et les milieux tout en permettant la présence humaine, les activités professionnelles, les déplacements, les équipements et la découverte du territoire.

Un espace ouvert dont l’accès est entièrement libre pour le public. Car loin d’être une enclave figée, c’est surtout une invitation à la découverte de paysages et de territoires.

Patrimoines naturels, culturels et paysagers

Le Parc naturel régional de l’Aubrac bénéficie d’un environnement qui lui est propre, ses sols, son climat et sa situation géographique ont permis à des cultures typiques de s’y développer.

Mais le Gâtinais français, c’est aussi une ambiance, créée par ses paysages, ses lumières et ses forêts.

Cette phrase décrit plus largement l’un des principes des parcs naturels régionaux : un territoire ne se résume pas à une liste d’espèces ou de sites protégés. Il comprend également des ambiances paysagères, des pratiques, des savoir-faire, des formes d’habitat et des relations anciennes entre les habitants et leur environnement.

Le patrimoine naturel, culturel et humain constitue donc un ensemble indissociable. Sa valorisation peut s’appuyer sur les paysages, les activités agricoles, les itinéraires de découverte, les équipements d’accueil et les initiatives locales.

Paysages ruraux et montagnes de l’Aubrac

Découvrir le parc par les activités de pleine nature

Le territoire est propice à la découverte d’activités « nature » mais aussi culturelles, touristiques et économiques.

Une multitude de passerelles existe pour les amoureux de nature. Les sorties peuvent s’adresser aux passionnés comme aux néophytes, avec une approche naturaliste ou une découverte plus sensible des paysages et des forêts.

Nous vous proposons de découvrir cette ambiance si particulière grâce aux sorties nature de votre choix : « Naturalistes » pour les passionnés ou les néophytes, « Forêt confidente » pour le plaisir du petit plus qui fera toute la différence, ou encore « Si la forêt m’était contée...

La randonnée et les activités de pleine nature permettent d’explorer le territoire tout en mettant en valeur ses paysages. Elles peuvent également contribuer au développement touristique, à condition de respecter les milieux, les propriétés, les usages locaux et les équilibres définis par la charte du parc.

Du mont Lozère au plateau de l'Aubrac | Traditions et Innovations Locales | Trésors du Patrimoine

Protection de la nature et développement économique

Les parcs naturels régionaux ont une double vocation : la protection et le développement économique « durable ».

Cette orientation suppose de rechercher un équilibre entre les objectifs environnementaux et les besoins du territoire. Les activités économiques ne sont pas exclues : elles doivent s’inscrire dans le projet concerté de développement durable et contribuer à la valorisation des patrimoines.

Le parc permet aussi aux habitants de vivre et travailler au pays.

Le maintien des habitants, des services, des emplois et des activités locales participe ainsi à la vitalité du territoire. Les actions du parc peuvent concerner le tourisme durable, les activités de pleine nature, les filières locales, les paysages, l’agriculture, la culture et l’accompagnement des communes.

Une charte pour organiser le projet de territoire

Le Parc naturel régional est doté d’une charte constitutive adoptée par décret, qui en fixe les limites spatiales, en détermine les objectifs, les programmes d’équipements, les mesures à adopter, les règles de fonctionnement et de gestion.

La charte constitue le cadre de référence du projet de territoire. Elle permet de coordonner les interventions des collectivités et des partenaires, de définir les priorités et de préciser les engagements destinés à protéger et valoriser les patrimoines.

Son agrément est valable dix ans, renouvelable mais aussi révocable en cas de non-respect de la charte.

La durée de dix ans implique un suivi régulier des actions et une capacité d’adaptation aux évolutions du territoire. Le renouvellement permet de réexaminer les objectifs et les engagements, tandis que la révocation rappelle que le label est lié au respect de la charte.

La gouvernance et la proximité avec les communes

Les PNR peuvent être créés à l’initiative des communes, des départements ou des régions.

La gouvernance repose donc sur l’association de plusieurs niveaux de collectivités et sur la participation des acteurs locaux. Cette organisation favorise la prise en compte des réalités propres à chaque commune et à chaque secteur du parc.

Dès la fin de l’année 2021, Bernard Scheuer, maire de Saint Côme, a souhaité formaliser une convention avec le Parc pour que la Mairie abrite une antenne, prolongement logique du site de travail à distance dont bénéficiaient déjà les agents depuis fin 2019.

L’antenne est installée dans les locaux du château-mairie. La municipalité a décidé de mettre à la disposition du Parc, au 1er étage, une salle de réunion ainsi que le « salon de la duchesse » situé à côté, dans une des tours ; ce qui offre un espace dédié au travail des agents et un autre pour d’éventuelles réunions.

Elle est identifiée par une plaque apposée à l’extérieur, sur la façade du château, et par un affichage intérieur.

Après Saint Come d’Olt, le Parc ouvre une seconde antenne à Nasbinals au cœur du village, au sein de la Maison Charrier, partageant le bâtiment de l’Office du tourisme et de la bibliothèque.

Le Parc et Saint-Flour Communauté ont signé une convention de mise à disposition de locaux dans la Maison des Services de Chaudes-Aigues. Depuis le 27 juin, certains agents ont la possibilité d’y travailler.

Mylène Gras, chargée de mission Tourisme durable et activités de pleine nature en est la référente.

Des équipes implantées au plus près du territoire

Chaque secteur dispose de locaux abritant les équipes de terrain ainsi que les agents travaillant en étroite collaboration avec les acteurs locaux, notamment dans le cadre du projet de développement du territoire porté par la Charte du parc national.

La présence d’équipes de terrain facilite le dialogue avec les communes, les professionnels, les associations, les habitants et les visiteurs. Elle permet également de suivre les projets, d’accompagner les initiatives et de prendre en compte les particularités de chaque secteur.

Les antennes locales peuvent accueillir des réunions, favoriser le travail des agents et renforcer la proximité entre le parc et les collectivités.

Les équipements et l’intégration paysagère

La collectivité à la responsabilité de préserver les patrimoines et paysages de son territoire.

Cette responsabilité concerne également les projets d’équipement susceptibles de modifier les paysages. L’objectif est de réussir l’intégration de l’antenne dans le paysage, de faire respecter les identités locales sans créer de déséquilibre ou de “point noir” dans le paysage.

«Identifier les sites possibles d’implantation des antennes au regard des enjeux paysagers locaux et stratégies définies.

Il est possible d’ » établir un répertoire des points hauts existants (châteaux d’eau, clochers, pylônes déjà implantés) pour éviter la création de nouveaux pylônes, ou inciter plusieurs opérateurs à cohabiter sur le même support.

Une évaluation des scénario d’implantation est nécessaire au regard du contexte.

Sur des sites patrimoniaux ou plus ordinaires, l’optimisation du patrimoine existant est à privilégier.

Le rôle des communes face aux antennes de téléphonie

L’objectif de couvrir le territoire national d’un réseau de téléphonie de qualité pour tous les Français, se traduit dans la signature du New Deal Mobile, un accord entre l’Etat et les opérateurs.

En dehors du New-Deal, l’opérateur peut démarcher des particuliers pour implanter une antenne et assurer une couverture à son initiative. C’est alors qu’une vigilance est particulièrement attendue, au regard des différents impacts potentiels, paysagers et sociaux.

La commune est informée au moment du dépôt du permis de construire (si la construction du local technique l’exige par se superficie).

Pour implanter une antenne, le promoteur s’engage à réaliser une bonne intégration, à sa charge.

La mutualisation des pylônes est répandue, mais pas obligatoire.

Un DIM (dossier d’information en Mairie) doit être déposé en mairie ou à l’intercommunalité, un mois avant la demande d’autorisation d’urbanisme (permis de construire si l’emprise an sol dépasse 20m2, sinon, une déclaration préalable suffit).

Pour un permis de construire, l’instruction dure 1 mois.

La recherche de solutions adaptées permet de concilier les besoins de couverture numérique avec la préservation des paysages et des patrimoines du Parc naturel régional de l’Aubrac.

Le Parc naturel régional et les autres espaces protégés

En France, parcs nationaux et parcs naturels régionaux (PNR) et sont deux types d’espaces protégés, avec des différences de gouvernance, de modalités et de degré de protection entre les deux.

Les parcs nationaux ont été initiés par la loi du 22 juillet 1960. Il s'agit de territoires de protection de la nature, gérés par l'État, inspirés par les préconisations de l'UICN (IUCN, World Conservation Union) qui les décrit ainsi : « territoires relativement étendus, qui présentent un ou plusieurs écosystèmes généralement peu ou pas transformés par l'exploitation et l'occupation humaine, où les espèces végétales et animales offrent un intérêt spécial du point de vue scientifique et récréatif ».

Leur but est la conservation d'espaces naturels fragiles : « la conservation de la faune, de la flore, du sol, du sous-sol, de l'atmosphère, des eaux et en général du milieu naturel ».

Le classement a un caractère réglementaire, il peut conduire à interdire ou réglementer « toute action susceptible de nuire au développement naturel de la faune et de la flore », qu'il convient de soustraire à toute dégradation d'origine anthropique.

Parc naturel régionalParc national
Territoire protégé et habitéTerritoire de protection de la nature géré par l’État
Projet concerté de développement durableConservation d’espaces naturels fragiles
Charte constitutive adoptée par décretClassement à caractère réglementaire
Protection et développement économique « durable »Réglementation stricte dans le cœur
Agrément valable dix ans, renouvelableCœur et aire d’adhésion

Des degrés de protection différents

Un parc national se compose d’un cœur (autrefois appelé « zone centrale »), inhabité ou faiblement peuplé, où une réglementation stricte protège les milieux (faune, flore, paysage) et d'une aire d'adhésion (autrefois « zone périphérique ») à la réglementation plus lâche.

Ces deux composantes sont doublées d’autres mesures de protection, comme les sites inscrits ou classés, les ZNIEFF.

Des réserves naturelles peuvent être associées aux deux « zones », comme forme de transition de l’une vers l’autre ; elles se situent bien souvent sur les pourtours de la zone centrale.

Moins strictes en termes de protection, elles sont plus restrictives en termes d’interdictions que la zone périphérique.

Les parcs nationaux prévoient également la possibilité d'instaurer des réserves intégrales : au nombre de trois en France, elles ne permettent plus aucune activité humaine, dans une logique préservationniste.

La protection de la nature dans les parcs nationaux français se fait bien en prenant en compte les activités humaines : le pastoralisme ou la randonnée, par exemple, restent possibles.

Une évolution vers une implication accrue des populations locales

La loi de 1960 sur les parcs nationaux avait vieilli car leur modèle ne correspondait plus aux enjeux contemporains d'un développement durable des territoires.

En mars 2006 une "loi relative aux Parcs nationaux, aux Parcs naturels marins et aux Parcs naturels régionaux" introduit un nouvel esprit de la conservation de la nature cherchant à protéger les sites mais en impliquant davantage les populations locales.

Cette nouvelle loi renforce la protection juridique des parcs nationaux. Elle modifie les dispositions des articles L. 331-1 du code de l'environnement et suivant relatifs aux parcs naturels nationaux, parcs qui peuvent être crées à partir d'espaces terrestres ou maritimes quand ils comportent un intérêt spécial et qu'il faut en assurer la protection.

Elle crée des instruments spécifiques de protection pour les espaces marins comme « l'Agence des aires marines protégées ».

De plus, elle aménage le régime des parcs naturels régionaux.

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