Le Masque et la Plume : les critiques d’Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu

Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu de Guillaume Canet a été discuté par les critiques cinéma du Masque et la Plume. Autour de Rebecca Manzoni, une tribune de critiques partagent leur subjectivité et passent en revue les dernières productions artistiques et culturelles.

Retrouvez aussi les critiques cinéma et les critiques livres du Masque et la plume. Le dimanche de 10h à 11h, avec une rediffusion de 20h à 21h, l’émission réunit les critiques pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

Le film présenté par Le Masque et la Plume

Avec un budget de 65 millions d'euros, Guillaume Canet signe la toute nouvelle aventure d'Astérix et Obélix, le premier film sur les cinq à ne pas être adapté d’une BD d'Albert Uderzo et de René Goscinny.

Cinquième film en prise de vues réelles de la série de René Goscinny et d'Albert Uderzo, avec Guillaume Canet et Gilles Lellouche dans les rôles-titres, Vincent Cassel en Jules César, Marion Cotillard en Cléopâtre, Pierre Richard en Panoramix, mais aussi Ramzy Bedia, José Garcia, Matthieu Chedid, Philippe Katerine, Jérôme Commandeur, Zlatan Ibrahimovic et Gérard Darmon en narrateur, pour ne citer qu'eux.

L'histoire se passe en Chine, en - 50 av. J.-C. où les inséparables Gaulois viennent en aide, à la demande de sa fille, à l'impératrice qui a été emprisonnée à la suite d'un coup d'État fomenté par un prince félon. Chine vers laquelle vogue aussi Jules César.

50 avant Jésus-Christ, les inséparables Gaulois (Guillaume Canet et Gilles Lellouche) partent pour la Chine et pour venir en aide à l’impératrice qui a été emprisonnée à la suite d’un coup d’État fomenté par un prince félon. La Chine vers laquelle vogue aussi Jules César, toujours en soif de conquêtes.

Victime d'un coup d'état orchestré par le prince Deng Tsin Quin, l'impératrice chinoise croupit derrière les barreaux. Impuissante, la princesse Fu Yi, héritière du trône et fille unique de la régente emprisonnée, choisit de s'adresser à Astérix et Obélix, deux valeureux résistants gaulois, pour tenter de faire libérer sa mère.

Après un long voyage, l'expédition organisée par Fu Yi arrive à bon port dans le village où vivent les légendaires guerriers à la force surhumaine. Ces derniers acceptent immédiatement de relever le défi, d'autant plus que des rumeurs prétendent que les Romains, leurs ennemis préférés, pourraient également être de la partie...

Astérix Obélix voyage Chine impératrice

Une fiche technique et un casting prestigieux

ÉlémentInformation
TitreAstérix et Obélix : L'Empire du Milieu
GenreComédie
RéalisateurGuillaume Canet
Sortie2023
Durée1h51
Musique-M-
ScénaristesGuillaume Canet, Julien Hervé, Philippe Mechelen
PaysFrance - Belgique - Etats-Unis

Guillaume Canet interprète Astérix et Gilles Lellouche joue Obélix. Marion Cotillard incarne Bibine, Vincent Cassel interprète Jules César et Pierre Richard joue Panoramix.

Le film réunit également Julie Chen et Jonathan Cohen.

Chacun a son album d’Astérix préféré mais tous les fans de la bande dessinée s’accordent sur une chose : la meilleure adaptation au cinéma reste, de très loin, celle d’Alain Chabat, qui a su insuffler l’esprit « Canal historique » dans un univers déjà très référencé.

Depuis vingt ans, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) est le mètre étalon auprès duquel la concurrence vient, bon gré, mal gré, mesurer ses forces et ses faiblesses.

Charlotte Lipinska : un scénario qui « ne tient pas du tout la route »

Pour Charlotte Lipinska, « Astérix et Obélix : L’empire du milieu » ne tient pas du tout la route.

La critique pour Vogue ne sait même pas par où commencer et par quel bout le prendre entre un scénario dont elle trouve qu'il ne tient pas du tout la route, une mise en scène qui ne lui semble pas tout inspirée, sans oublier un jeu d'acteurs très mal joué qui s'inscrit, selon elle, au-delà de ce que peut représenter la fragilité.

« J'ai eu l'impression que c'était comme une soirée de Marrakech du rire avec des perruques, des comédiens en roue libre totale, avec une succession de sketchs qui ne tient pas la route et qui ne permet pas de faire un bon scénario. Là où, au moins dans les précédents films, ils imposaient un autre rythme, avec un humour plus fin. »

La critique insiste sur le fait qu'il s'agit du premier film qui n'est pas adapté d'un album de BD déjà préexistant.

« D'autant qu'il s'agit du premier film qui n'est pas adapté d'un album de BD déjà préexistant. Si on se dit que dans les 39 albums d'Astérix on ne trouve pas son bonheur et qu'on va signer un scénario original plus intéressant que la trentaine d'histoires préexistantes, il faut au moins penser faire un petit effort et illustrer de bonnes idées, or, là, il n'y en a aucune ! »

Elle déplore également l’absence d’une véritable proposition visuelle et la construction du récit.

« Il n'y a pas d'idée visuelle, il y a un faux rythme pendant tout le film. Certaines séquences sont assez drôles, mais parce que portées par des comédiens qui apportent leur propre univers, comme José Garcia ou Jonathan Cohen, mais sur l'ensemble, ça ne tient pas la route. »

Les scènes d’action et les effets spéciaux font aussi partie de ses réserves.

« Les batailles sont affreusement mal mises en scène, mal filmées, les effets spéciaux sont vraiment très très vilains. Pour les enfants, ça fonctionne, mais au-delà de 12 ans, c'est compliqué. »

Pierre Murat : « un petit film d'aventure fauché »

« Un petit film d'aventure fauché qui n'est pas bon du tout », selon Pierre Murat.

À tel point que le critique ciné pour Télérama l'a trouvé aussi mauvais que « Astérix et Obélix aux Jeux olympiques » de Frédéric Forestier et Thomas Langmann.

« Partez du principe que de la BD en prise de vues réelles, ça n'a jamais donné un très grand film (même Steven Spielberg s'était complètement planté avec "Tintin"). »

Le critique ne conteste pas nécessairement l’importance du budget, mais regrette que celui-ci ne soit pas visible à l’écran.

« Ce n'est pas bon, mais ce qui m'a surtout frappé, c'est le budget. Bien que je n'ai rien contre les films qui coûtent cher, j'aurais simplement voulu voir le fric sur l'écran, or, il n'y est pas. Ça ne se voit pas du tout. J'ai eu l'impression de voir un petit film d'aventures fauché. »

Il relève aussi certains choix concernant le personnage d’Astérix.

« Sans oublier des choses un peu pénibles comme Astérix qui devient végan. »

Nicolas Schaller : un spectacle de kermesse

Nicolas Schaller déplore « un film digne d'un prime time de TF1 un soir de Noël ».

Pour le critique de L'Obs, cette nouvelle adaptation est tellement fragile qu'elle est très loin de refléter le coût faramineux employé par les équipes du film.

« Cet amusant spectacle de kermesse ne mérite ni cet acharnement assez terrible de la part de la critique ni non plus cette promotion assez indigne de Guillaume Canet qui en a appelé à la responsabilité des spectateurs qui, s'ils n'allaient pas voir son film, compromettraient dangereusement l'avenir du cinéma français. »

Le critique évoque également la place occupée par le film dans les salles.

« Il faut bien avoir en tête que pendant deux mois, les salles Pathé réservent la plupart de leur écran à Astérix, ce qui donne très peu de place pendant ce temps-là aux petits films qui ne peuvent pas sortir, ce qui est très gênant. »

Il revient ensuite sur le budget de production.

« Ensuite les 65 millions de moyens de production, on ne les voit pas. Il y a 30 millions de salaires resrvé aux acteurs dans le lot. Le projet est assez aberrant. »

Selon lui, le rachat du film par Netflix modifie également l’équilibre économique du projet.

« D'autant que Netflix a racheté le film pour des millions, ce qui leur permet très certainement de rentrer dans leurs frais grâce à la célèbre plateforme streaming. »

Sur le plan du ton, Nicolas Schaller rapproche le film d’un programme télévisuel familial.

« C'est digne d'un prime time de TF1 le soir de Noël, ils sont tous déguisés et on ne peut pas chercher une forme de crédibilité ou de réalisme à travers tout ça. »

Il reconnaît toutefois quelques réussites ponctuelles.

« Il y a des petites vannes de temps en temps qui sont un peu amusantes, il faut avouer que Gilles Lellouche s'en sort vraiment pas mal en retrouvant ce côté un peu naïf d'Obélix. Vincent Cassel est lui aussi incroyable tant il colle vraiment au physique du César qu'avait dessiné Goscinny, et puis son duo avec José Garcia fonctionne plutôt bien. »

La comparaison avec le film d’Alain Chabat revient dans son analyse.

« Là où Alain Chabat avait trouvé un fil conducteur avec des trouvailles visuelles et une cohérence d'humour, de ton là, Guillaume Canet lui est toujours dans une espèce d'autodépréciation avec ce petit Astérix qui veut être végan, mais qui ne marche pas. »

Xavier Leherpeur : un problème de rythme

Xavier Leherpeur n'en pense malheureusement pas moins.

Ce n'est pas infamant, mais ce n'est malheureusement pas réussi non plus selon le critique et chroniqueur de France Inter.

« Là où Alain Chabat avait un certain sens du rythme, c'est très très loin d'être le cas pour Guillaume Canet. Il ne sait pas très bien à quel moment il faut donner le bon coup de ciseaux pour que les gags soient efficaces et ne s'épuisent pas prématurément. »

Le critique admet cependant que la présence de nombreuses vedettes n’est pas étrangère à l’univers d’Astérix.

« Après, il faut admettre qu'il y avait aussi chez René Goscinny pléthore de vedettes, sauf que dans ce film, il n'y en a seulement que quelques-uns qui collent naturellement bien avec l'ADN de l'œuvre originelle, comme Patrick Cohen ou Ramzy Bedia. »

Les principaux reproches formulés par les critiques

  • Un scénario original qui, selon Charlotte Lipinska, ne tient pas suffisamment la route.
  • Une mise en scène jugée peu inspirée et un faux rythme qui traverse le film.
  • Des batailles mal mises en scène et mal filmées.
  • Des effets spéciaux considérés comme particulièrement décevants.
  • Un budget important qui ne se verrait pas suffisamment à l’écran.
  • Une comparaison défavorable avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat.
  • Des gags qui s’épuiseraient prématurément faute d’un rythme suffisamment maîtrisé.
  • Un ensemble rapproché par Nicolas Schaller d’un prime time de TF1 un soir de Noël.

Les qualités reconnues dans le film

Malgré ces critiques largement défavorables, plusieurs éléments positifs sont relevés.

  • Certaines séquences sont assez drôles.
  • José Garcia et Jonathan Cohen apportent leur propre univers à certaines scènes.
  • Gilles Lellouche s'en sort vraiment pas mal en retrouvant ce côté un peu naïf d'Obélix.
  • Vincent Cassel colle vraiment au physique du César qu'avait dessiné Goscinny.
  • Le duo entre Vincent Cassel et José Garcia fonctionne plutôt bien.
  • Quelques petites vannes sont un peu amusantes.

Écouter les critiques du Masque et la Plume

Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume : « Astérix et Obélix : l’empire du milieu » de Guillaume Canet.

ASTERIX L'EMPIRE DU MILIEU c'est DE LA MERDE ?

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

Toutes les autres critiques de films du Masque et la Plume sont à retrouver ici.

tags: #le #masque #et #la #plume #asterix