Claude-Nicolas Ledoux : hôtels parisiens, plans et architecture néoclassique

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Claude-Nicolas Ledoux, architecte de l’art néoclassique et visionnaire du Siècle des Lumières, par le cubisme, le surréalisme est reconnu de nos jours comme l’un des tout premiers architectes de son temps.

S’inspirant de l’antiquité, il dessine des volumes ayant une géométrie précise et équilibrée.

Son crédo était le bien-être de l’homme dans une organisation saine du travail.

Précurseur du courant utopiste, il est devenu un mythe.

Claude-Nicolas Ledoux naît le 21 mars 1736 à Dormans, bourg de l'actuel département de la Marne.

Il est le fils d'un modeste marchand champenois.

Sa mère, Françoise Dominos, et sa marraine, Françoise Piloy, l'initient au dessin, ainsi qu'il le rapporte lui-même.

La protection de l'abbé de Sassenage lui permet d'obtenir une bourse et d'étudier à Paris au collège de Beauvais (1749-1753), où il découvre les littératures anciennes.

Il est ensuite employé chez un graveur et étudie l'architecture sous la direction de Jacques-François Blondel.

Il fait un stage dans le cabinet de Pierre Contant d'Ivry, et entre également en rapport avec celui de Jean-Michel Chevotet, deux maîtres susceptibles de lui procurer d'utiles relations parmi leurs riches clientèles : grâce à Contant d'Ivry, Ledoux entre en rapport avec le baron Crozat de Thiers qui lui confie l'aménagement d'un appartement dans son hôtel de la place Vendôme.

Avant son mariage, Ledoux avait habité rue Quincampoix.

Le ménage vécut un moment rue f)lâtri'ere (Jean-,Jacques-Rousseau} avant de se transporter rue -d'OfFéans, sur la rive nord du Bouleva7id, au moment où se dessinait l'avenir immobilier du faubourg Poissonnière et de la Chaussée-d'Antin.

Les premières œuvres parisiennes

À Paris, Ledoux se fait connaître en 1766 avec l’Hôtel d'Hallwyll, dans le quartier du Marais.

L'oeuvre qui fit connaître Ledoux à Paris fut l'hôtel d'Hallwyl au Marais, reconstruit pour ûn colonel suisse et sa femme, qui craignirent d'y engloutir leur fortune et s'entourèrent de conseillers (1766).

Ledoux y fit une fontaine, un atrium à l'antique dont il approfondit la perspective par une colonnade peinte en trompe l'oeil sur le mur aveugle d'un couvent voisin.

Cette oeuvre ingénieuse doit encore' beaucoup à Contant d'Ivry.

Aucun expert en sculpture n'a encore indiqué si les deux figures féminines qui ornent le portail de l'hôtel d'Hallwyl sont de Vassé ou de Félix Lecomte, qui fut un peu plus tard, avec Duret, l'un des décorateurs attitrés des oeuvres de Ledoux.

Ce bâtiment relativement modeste lui permet d'obtenir en 1767 la commande beaucoup plus importante du somptueux hôtel d'Uzès, construit pour François Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès, rue Montmartre.

Là aussi, Ledoux conserve les structures d'un bâtiment plus ancien.

En 1764, il bâtit un hôtel particulier dans le style palladien, assez colossal, pour la présidente Hocquart à la chaussée d’Antin.

Dès ses débuts, Ledoux appliqua l'ordre colossal soit à des édifices de type palladien, comme le pavillon_Hocquard-à-la-Gh-a-ussée­d'Antin (1764), soit à des habitations de types iplus traditionnels et français, comme le château de Montfermeil, le logis seigneurial dé-Maupertliuis et l'hôtel d'Uzès, rue Montmartre, où il conserva les murs d'un édificeiii-den (1767).

Cette oeuvre fit éclater entre Ledoux et Blondel un conflit très significatif.

Quand le professeur vint visiter cette grande et somptueuse habitation, Ledoux l'indisposa par ses commentaires bavards et satisfaits.

Blondel contesta les élévations, ornées d'un ordre ridiculement colossal, l'incommodité des distributions intérieures et les grands trophées décoratifs du salon de compagnie, exécutés par Boiston d'après Méthivier, qui ont rejoint ceux du Café militaire au musée Carnavalet.

L'oeuvre la plus considérable qui nous reste de la jeunesse de Ledoux est Bénouville (1769), surprenant par ses péristyles et son grand escalier central.

Ce château du marquis de Livry étonne et paraît incongru parmi les modestes gentilhommières de briques du pays de Caux, comme le déplore une page dénigrante de La Varende.

Cette architecture autoritaire évoque le souvenir de Wren et de Hawksmoor ; mais ce que Ledoux doit au classicisme et au palladianisme britanniques reste un point mal élucidé.

Dans son texte de 1804, il dit avoir visité l'Angleterre avant 1774.

De fait, Hubert Robert le sollicita, de pair avec Clérisseau; pour décorer sous sa direction la résidence de lord Clive à Claremont.

L'amateur anglais W. Patoun considérait alors Ledoux comme l'architecte français le plus important ; mais le suicide de Clive suspendit la réalisation (1774).

Quoi qu'il en soit, l'évolution de Ledoux est jalonnée par une succession d'édifices qui s'apparentent aux villas palladiennes par leur volume cubique et leur péristyle.

Les colonnes impriment à l'élévation une sorte de tension verticale et s'exposent à la lumière en avant d'un pronaos obscur ; elles ennoblissent toujours une petite construction: « Je n'avais pas plus d'occasions qu'un autre, a dit Ledoux à Cellerier, mais quand on m'en donnait de petites; je savais le moyen de les rendre grandes. »

Il composa ainsi la jolie maison d'une danseuse, Mlle Guimard, à la Chaussée-d'Antin, la maison de -Mlle de Saint­Germain; rue Saint-Lazare (1769-1770), la retraite du poète Saint-Lambert à Eaubonne, le pavillon d'Attilly au faubourg Poissonnière (1771).

Dans la même rue, au pavillon Tabary, Ledoux introduit le motif vénitien de la serlienne, combinant arcade et colonnes, au même moment où s'en saisissent ses confrères Barré, Soufflot et Chalgrin.

Dans le site panoramique de Louveciennes, Ledoux édifia rapidement le pavillon de Mme Du Barry, dont Louis XV lui fit compliment lors du souper inaugural donné le 2 septembre 1771.

Charles De Wailly, également recommandé à la favorite, s'était effacé devant Ledoux qui lui en sut gré et le lui revalut.

Après la mort de Louis XV, le vieux Contant d'Ivry, bien qu'il ne fût pas expert-juré, estima à l'amiable les honoraires dus à Ledoux par Mn'e Du Barry.

Louveciennes a été rebâti vers 1930 par Charles Méwès, qui en a quelque peu altéré les proportions.

Blondel lui avait enseigné le pouvoir persuasif et publicitaire des modèles, que nous appelons des maquettes.

Ledoux offrait à ses clientes, comme une maison de poupée, le modèle de leur future habitation.

Mn" d'Hallwyl, MI' de Saint-Germain, la préside,n,te,_de Goureie, née Lamoignon, reçurent chacune la leur.

Au cours de cette période mondaine, Ledoux fit beaucoup d'autres travaux moins connus pour les Foucault, les Sénozan, les Caraman, les Fontaine de Crarnayel.

Le palais du prince de Montmorency (1770), à ,.l'angle de la ChausSée-d'Àntin et du Boulevard, contenait un escalier sous coupole, aussi spectaculaire que celui de Bénouville.

En façade, l'ordre ionique était juché sur un soubassement rustique, les statues de huit connétables se dressaient sur la balustrade supérieure, le tout conciliait paradoxalement Gabriel et Palladio.

Les panneaux décoratifs du salon circulaire sont conservés au musée de Boston.

Cette habitation avait été construite aux dépens d'un agent immobilier, Lenormand de Mézières, et loué à vie au prince.

Œuvre Date Caractère
Hôtel d'Hallwyll 1766 Fontaine, atrium à l'antique
Hôtel d'Uzès 1767 Conservation de murs anciens
Bénouville 1769 Péristyles, grand escalier central
Pavillon de Mme Du Barry 1771 Site panoramique de Louveciennes
Palais du prince de Montmorency 1770 Escalier sous coupole
Hôtels parisiens de Ledoux

La Saline royale d’Arc-et-Senans et la ville idéale

Ledoux constatait alors l'appauvrissement des deux noblesses de robe et d'épée.

Il se rapprocha des fermiers généraux, dont le soutien financier devait assurer vingt ans de sursis à la monarchie déclinante.

Ledoux, esprit très ouvert, était attentif à la réflexion des économistes et des agronomes qu'on a appelés les physiocrates.

Il avait acquis l'expérience des travaux publics et guettait le moment de reprendre pied dans l'une ou l'autre des administrations qui veillaient à la mise en valeur du territoire.

Des tâches habituellement réservées au pragmatisme des ingénieurs ne lui paraissaient pas indignes de ses talents.

Il a écrit : « Je voyageais depuis deux ans pour m'instruire, lorsque j'apprit, à Lyon, que le gouvernement avait ouvert des travaux considérables dans une partie de la Franche-Comté ».

Il s'agissait du canal de Bourgogne et de la modernisation des Salines, qui exploitaient une richesse naturelle de cette province.

Grâce à Mme Du Barry, Ledoux devint commissaire aux Salines et fut un moment placé sous la direction de l'ingénieur des Ponts Perronet.

Seul le sel permettait de conserver la viande et le poisson.

Sa consommation était frappée par l'impôt de la gabelle, dont les fermiers généraux assuraient pour le roi la perception.

En Franche-Comté, plusieurs villes situées sur un banc de sel gemme possédaient des puits salés.

Les établissements de Salins et de Montmorot entretenaient des chaudières où les eaux rendaient leur sel après de longues heures d'ébullition, opération qui exigeait beaucoup de bois, À Salins, où l'exploitation remontait au Moyen Âge, il avait toujours semblé commode de transporter lé bois vers la ville, ce qui fut remis en question.

Les fermiers généraux décidèrent de transporter les eaux de Salins par une sorte de pipe-line vers une forêt située à six lieues de là.

C'est la forêt de Chaux, à l'orée de laquelle Ledoux eut à projeter une nouvelle usine au lieu-dit le Val d'Amour, entre les villages d'Arc et de Senans.

Louis XV en vit une première esquisse avant de mourir.

Louis XVI et Turgot approuvèrent le plan définitif.

Telle qu'elle nous est parvenue, commentée et amplifiée par la gravure dans le livre de Ledoux, la Saline est un édifice chargé de significations morales, et le plus impressionnant du xviw siècle.

Elle est inscrite depuis 1983 au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Une route droite y conduit à travers la forêt ; À l'entrée, six piliers massifs évoquent la hutte de l'humanité primitive ; leur proportion est celle de l'ordre archaïque de Paestum.

À l'arrière de ce portique s'approfondit une grotte qui donne au visiteur l'illusion de pénétrer sous une montagne de sel : les colonnes, invention du génie humain, sont opposées par l'artiste aux forces élémentaires de la Création.

L'architecture de la Saline exprime la réflexion du xviir siècle sur l'origine et le progrès des civilisations.

Ledoux professe une écologie qui veille à l'exploitation raisonnable des ressources de la nature et une morale qui fonde le bonheur de l'homme sur la saine organisation du travail.

L'entrée franchie, le visiteur découvre un grand espace entouré de dix bâtiments qui dessinent sur le sol une demi-circonférence et son diamètre.

Sur la partie circulaire se déploient la tonnellerie, la forge, les deux habitations des ouvriers.

Au fond, le long du diamètre, les ateliers d'extraction du sel, appelés bernes, alternent avec des bâtiments administratifs.

Celui du centre, d'un aspect monumental, a contenu la direction et la chapelle.

Ce plan, désigné comme panoptique, permet une surveillance permanente de l'exploitation.

À la Saline, Ledoux a inauguré de nouveaux rapports entre les volumes, l'espace et la lumière.

Une vingtaine de colonnes en tout constituent un luxe que Louis XV avait critiqué et que l'architecte eut à défendre auprès d'un bailleur de fonds nommé Mondai-.

Pour combattre les effets dissolvants de la distance et de l'éclairage solaire, il a réservé entre ces supports des écarts très limités.

Devant la maison du directeur, le fût des colonnes est fait de pierres alternati­vement rondes et carrées, comme à Florence dans la cour du palais Pitti.

Bossages et claveaux saillants, répandus dans toute la Saline, y produisent des contrastes lumineux.

Ledoux a écrit que le plan circulaire imitait le soleil dans sa course.

Le choix des formes et des motifs associe la Renaissance italienne et la tradition française.

Sont italiens le traitement rustique de la pierre, les grandes serliennes qui introduisent à deux bâtiments administratifs et aux écuries du directeur.

Ledoux a écrit à leur sujet : « On avait approfondi un porche pour protéger les murs du second plan contre les souffles pénétrants du nord. On voyait des bossages rustiques et additionnels aux forces ordinaires, des colonnes d'une proportion courte : quand j'ai soutenu des arcs sur des colonnes, j'ai toujours ajouté à la force du diamètre ce qu'ils devaient perdre par l'écartement. La pierre, la brique, m'offraient des tons variés et la masse entière était en opposition avec des arbres verts, des arbres à fruits. Français sont le jeu de la brique et de la pierre, les chaînages d'angle, les lucarnes et les combles brisés. cristalliser sur les murs. Hommage est partout rendu à la prodigalité du règne minéral. »

Ledoux a conçu une oeuvre forte, assez bien adaptée à sa fonction, dotée d'un symbolisme intelligible.

Plus tard, quand il s'est posé en moraliste, il a décrit la Saline comme le coeur d'une cité idéale dont il rêvait.

Il en a fait le support de toutes les perfections architecturales.

Son texte, équivoque et de caractère initiatique, hésite entre deux interprétations difficiles à concilier.

La Saline est-elle le lieu de l'innocence retrouvée, de la transparence, du travail libérateur, de l'épanouissement individuel et de la concorde sociale ?

N'est-elle pas plutôt celui de l'enfermement et de l'exploitation des travailleurs ?

Elle n'est d'ailleurs pas la seule usine de cette époque organisée en vue de la discipline et du rendement ; et son plan inaugure une conception de l'espace carcéral, le panoptisme, qui s'est imposée au mu siècle.

Plan panoptique de la Saline royale

Théâtre de Besançon et projets publics

À l'occasion de ses séjours en Franche-Comté, Ledoux fut désigné pour construire le théâtre de Besançon.

Déjà, il avait amé­nagé chez M"' Guimard un petit théâtre démontable et très élégant.

Mais les salles publiques n'étaient pas encore nombreuses en France, le programme architectural en était difficile à maîtriser.

Il mettait en jeu l'optique, l'acoustique, la ventilation, le chauffage, la surveillance policière, la sécurité.

La disposition de la salle devait respecter la hiérarchie des classes, ou plus exactement celle des ordres.

La noblesse restait prépondérante, mais la bourgeoisie exigeait des égards et le peuple souhaitait être assis.

Ledoux assuma cet état de choses.

Il rêvait d'une société où le spectacle serait un acte religieux comme chez les Grecs, le théâtre un lieu de communion humaine et de régénération morale.

À Versailles, ses idées étaient approuvées par le duc de Duras et le savant Trudaine de Montigny.

À Besançon, Ledoux trouvait en La Coré, intendant de Franche-Comté, un homme éclairé et prêt à l'entendre.

Il lui écrivait : « Je sais ce qu'il en coûte pour établir une nouvelle religion ».

Pour la salle, Ledoux se rapprocha de l'hémicycle habituel aux Anciens et remis en honneur par Palladio.

Le parterre fut garni de sièges réservés aux abonnés.

Le premier balcon reçut les officiers de la garnison.

La noblesse occupa les premières loges et la bourgeoisie les secondes.

Ouvriers, serviteurs et soldats, qui autrefois seraient restés debout ou parterre, occupèrent des places assises au sommet de l'amphithéâtre.

Secondé par un élève de Servandoni, le machiniste Dard de Bosco, Ledoux donna à la scène une grande extension et les perfectionnements les plus récents.

Entre elle et la salle, il eut, longtemps avant Wagner, l'idée de dissimuler les musiciens dans une fosse d'orchestre,

Le théâtre de Besançon, inauguré en 1784, fut \ signalé dans la presse avec éloges.

Ledoux fut appelé en 1775 à Cassel, où le duc Frédéric de Hesse employait à demeure un architecte huguenot, lui-même ancien élève de Blondel.

Dans cette situation délicate, Ledoux fit un projet d'arc de triomphe qui dépassait les possibilités financières et se retira dignement avec le titre de contrôleur général et ordonnateur des Bâtiments du prince.

En 1784, pour l'hôtel de ville de Neuchâtel, le projet de son confrère P.-A. Pâris fut préfé,ré au sien.

Mais ses travaux pour Aix-en-Provence' lui causèrent une plus grave déception.

Il y fut appelé pour les prisons et le palais de justice, où siégeaient aussi les États de Provence, deux édifices qu'il envisagea un moment de placer au bas de l'actuel cours Mirabeau.

Après des années d'hésitation, la construction du nouveau palais fut projetée sur les fondations de l'ancien, mais dans un contexte urbain ent...

Le mur des fermiers généraux et les barrières de Paris

Il s'occupait d'hôtels particuliers, d'opéras, de prison.

Toujours dans sa fonction d'architecte à la Ferme Générale, grâce à l'idée de Lavoisier, il s'occupe du mur d'enceinte de Paris, nommé « mur des fermiers généraux » comportant soixante pavillons d'octrois.

Cette barrière de vingt quatre kilomètres permettait de limiter la contrebande.

Ledoux réalisa des édifices baptisés « les propylées de Paris », l'architecture ressemblant à une rotonde quelquefois surmontée d'une croix, ou prenant la forme d'un temple grec, une colonne, un autre inspiré du pavillon de la Du Barry, mais toutes ces œuvres étaient basées sur le dorique grec.

Cinquante barrières furent construites entre 1785 et 1788, puis détruites au XIX è siècle.

Mais Ledoux n’était pas aimé : Louis Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris avait ces paroles « les antres du fisc métamorphosés en palais à colonnes », et s'exclame : « Ah ! Monsieur Ledoux, vous êtes un terrible architecte ! ».

Tout fut stoppé pendant la Révolution, alors que les premiers coups de pioche étaient donnés.

L’octroi fut supprimé en mai 1791, et les édifices devenus inutiles.

Sous la Terreur, il est emprisonné à la prison de la Force pendant dix huit mois, « sentant trop le riche ».

Une fois libéré, il n’a plus de projets architecturaux et entreprend alors la rédaction de son ouvrage « l’architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation » accompagné de dessins qu’il avait esquissés en 1773, mais constamment retouchés et modifiés en fonction de l’évolution de son style d’architecture.

L’ouvrage est édité deux ans avant sa mort en 1806.

Œuvres, mémoire et postérité

La cité-usine des salines royales d'Arc-et-Senans a été réalisée par Claude Nicolas Ledoux entre 1775 et 1779.

Ses bâtiments abritent depuis 1970 le Centre international de réflexion sur le futur.

Soixante maquettes sont exposées, retraçant les projets de cet architecte.

Certains ont vu le jour, mais détruits par le temps et les hommes, d’autres ne sont restés qu’à l’état de projet.

On peut découvrir des théâtres, des hôtels particuliers, une prison…).

Le château de Bénouville est l’édifice majeur réalisé par Ledoux entre 1769 et 1778.

Construit pour le marquis de Livry, situé près de Caen, les deux façades comportent des colonnes ioniques enserrant les travées sur trois niveaux.

Côté jardin, les bas reliefs sont agrémentés de trophées guerriers.

L’hôtel Guimard bâti entre 1770 et 1772 fut offert par le maréchal de Soubise à Mademoiselle Guimard, première danseuse de l’Opéra.

Situé dans le quartier de la Chaussée d’Antin, c’est une sorte de cube asymétrique, avec jardin d’hiver au centre.

Ledoux avait même imaginé d’installer un théâtre privé au dessus de ce jardin central et avait fait appel à des artistes renommés pour la décoration comme Fragonard.

Constamment dans la région du Doubs, Ledoux fut choisi pour construire le théâtre de Besançon, ville de trente deux mille habitants n’ayant pas de bâtiment pareil.

Ce fut une première dans la conception, l’usage étant que seuls les nobles étaient assis et le peuple restait debout.

Selon le modèle romain avec hémicycle et gradins, Ledoux prévoyait ainsi le « parterre » muni de fauteuils pour les abonnés, les officiers installés au premier balcon, les nobles dans les premières loges et la bourgeoisie dans les secondes ; enfin le peuple pouvait s’installer sur des places assises dans l’amphithéâtre.

Ledoux fut encore le premier à créer la fosse d’orchestre.

Toujours dans les bâtiments publics, il s’attacha à la réalisation du palais de justice et de la prison d’Aix en Provence.

Un monument est édifié en mémoire de Ledoux sur l’aire du Jura lorsqu’on emprunte l’A39 : la porte de Bourneville ou le Pavillon des Cercles.

L’atelier des Cercles ou atelier des Tonneliers, imaginé par Ledoux, représente deux tonneaux entrelacés, le cerclage étant métallique pour enserrer les tonneaux de sel.

Dans sa ville idéale, l’atelier devait être placé au centre des quatre routes.

Le musée Carnavalet conserve deux portraits de Ledoux.

Le premier, attribué à Antoine-François Callet, représente l'architecte en compagnie de sa fille, tenant à la main le plan de la maison du directeur de la saline d'Arc-et-Senans.

Le second, dû à Martin Drolling, est un portrait plus tardif, où Ledoux est peint à mi-corps, de face, assis sur une chaise.

Portraits de Claude-Nicolas Ledoux

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