Les autocars Chausson des années 50 et 60 occupent une place particulière dans l’histoire des transports en commun français. La Côte d’Azur, comme les autres régions françaises, a vu en son temps circuler de nombreux autocars « Chausson » chez quasiment tous les transporteurs, comme les Rapides Côte-d’Azur par exemple.
Ce modèle emblématique des années 50/60, absent de leur collection, leur a été servi sur un plateau.. Pardon, dans un chausson, laissé au pied du sapin ! L’association Tram et bus de la Côte d’Azur, qui restaure et fait rouler des véhicules anciens dans les Alpes-Maritimes, vient de recevoir « un nouveau jouet ».

Un autocar emblématique de l’histoire des transports
Les cars « Chausson » n’ont été fabriqués que pendant dix-sept ans, de 1947 à 1964.
Cet autocar, c’était la « Rolls des transports en commun » de son temps.
L’engin mesure dix mètres de long et pèse huit tonnes.
Son histoire s’inscrit dans le développement des transports interurbains de voyageurs et des réseaux urbains français. Les archives consacrées aux transports terrestres mentionnent notamment la Direction des transports terrestres, les transports en région d’Île-de-France, les transports urbains, régionaux et départementaux, ainsi que le service des transports interurbains de voyageurs.
La sous-série 5 S regroupe des archives provenant de la Préfecture, relatives aux chemins de fer. Cette recherche est limitée aux thèmes indexés.
Les caractéristiques techniques du modèle
Ce vétéran, animé par un moteur Somua de six cylindres réglé à 150 chevaux est en bon état mais il ne s'est pas risqué sur la route, préférant plutôt rejoindre son nouveau point d'attache sur un camion pour plus de confort et de sécurité.
| Caractéristique | Information |
|---|---|
| Longueur | dix mètres |
| Poids | huit tonnes |
| Moteur | Somua de six cylindres |
| Puissance | 150 chevaux |
| Période de fabrication des cars « Chausson » | de 1947 à 1964 |
Une conduite exigeante et très physique
La conduite de ces autocars demandait un engagement physique important, notamment en raison de l’absence d’assistance de direction.
« Il fallait avoir des muscles parce que c'était dur, la direction n'était pas assistée. C'était vraiment physique, si on prenait bien de l'allure on arrivait à tourner sinon c'était mortel ! »
Laurent Mariani, ancien chauffeur de bus
Ce témoignage rappelle les conditions de travail des conducteurs de l’époque et les différences entre ces véhicules anciens et les autobus modernes. Le chauffeur devait anticiper les manœuvres, conserver suffisamment d’élan et exercer une force importante sur la direction.
Un autocar Chausson de 1961 rejoint la collection de l'association Tram & bus de la Côte-d’Azur
Un exemplaire conservé dans un état remarquable
Il a toujours été conservé à l'abri, ainsi son état est plus que correct malgré ses 60 ans !
C'est très rare de pouvoir conserver aussi bien un véhicule comme celui-ci.
Il est sublime. Patine, numéros gravés sur les sièges, surpiqure... L'autocar est tellement dans un bel état, c'est merveilleux !
Loïc Beraud, secrétaire de la collection de l'association.
Les détails conservés sur le véhicule témoignent de son authenticité : la patine de la carrosserie, les numéros gravés sur les sièges et la surpiqûre participent à son intérêt historique. L’objectif n’est donc pas seulement de préserver un moyen de transport, mais aussi un ensemble de traces liées à son usage quotidien.
Un transfert de 500 kilomètres vers la Côte d’Azur
500 km pour rejoindre la Côte d'Azur
Il est arrivé à Nice ce mercredi 16 décembre. C'est un cadeau de Noël en avance.
Bien que l’autocar soit en bon état, son transfert n’a pas été effectué par ses propres moyens. Il a rejoint son nouveau point d’attache sur un camion pour plus de confort et de sécurité.
Cette précaution permettait de limiter les risques liés à son âge et à ses quelques problèmes mécaniques, tout en évitant de lui faire parcourir les 500 kilomètres par la route avant sa remise en état.
La collection de l’association Tram et bus de la Côte d’Azur
L’association, fondée en 1975, rassemble des véhicules anciens et contribue à la sauvegarde de la mémoire des transports de la Côte d’Azur.
Au total, 37 pièces figurent dans la collection vintage des TCA.
Depuis 14 ans, ils participent aux Journées Européennes du Patrimoine et à diverses manifestations à titre historique sur le réseau urbain « Lignes d'Azur », pour le plus grand plaisir des niçois, petits et grands.
L’arrivée de cet autocar Chausson complète une collection dans laquelle ce modèle emblématique des années 50/60 était jusque-là absent.
La recherche d’un lieu d’hébergement adapté
L’association lance un appel à l’aide
L’association, fondée en 1975, ne dispose toujours pas d’un local pour préserver des intempéries ses véhicules mais elle souhaiterait vraiment continuer à maintenir ce nouveau bijou abrité.
Ainsi, les TCA lancent un appel pour trouver un hangar sécurisé ou un parking couvert dans une entreprise, une collectivité ou un particulier qui pourrait accueillir à titre gratuit Monsieur Chausson.
La conservation à l’abri est essentielle pour protéger la carrosserie, les équipements intérieurs et les éléments mécaniques. Elle permettrait également de maintenir dans de bonnes conditions les autres véhicules de la collection, au total 37 pièces.
Il est possible également de faire un don à l'association ou d'y adhérer.

La remise en route envisagée
Mais le bus Chausson pourra-t-il redémarrer ?
Au niveau mécanique, on nous a dit qu'il y avait quelques petits soucis. Nous le mettrons en route mais on prendra des précautions.
La remise en route sera donc réalisée progressivement, avec les précautions nécessaires. Même si le véhicule est en bon état général, son âge et son immobilisation imposent de vérifier attentivement ses éléments mécaniques avant toute circulation.
Le moteur Somua de six cylindres, réglé à 150 chevaux, constitue l’un des éléments centraux de cette opération. La priorité reste de préserver le véhicule tout en permettant, à terme, de le présenter au public et de lui faire éventuellement retrouver le réseau urbain « Lignes d'Azur » lors de manifestations historiques.
Un véhicule destiné à faire vivre la mémoire des transports
La restauration et la remise en circulation de véhicules anciens permettent de mieux comprendre l’évolution des transports collectifs. L’autocar Chausson rappelle une époque où les réseaux français reposaient largement sur des véhicules robustes, sans assistance de direction, conçus pour transporter les voyageurs sur des itinéraires urbains et interurbains.
Grâce aux Journées Européennes du Patrimoine et aux diverses manifestations historiques organisées sur le réseau urbain « Lignes d'Azur », ces véhicules peuvent être présentés au public dans un contexte concret.
Leur préservation repose toutefois sur plusieurs conditions : un entretien attentif, un lieu de stockage sécurisé, des moyens financiers et l’engagement de bénévoles. Pour Monsieur Chausson, la prochaine étape consiste à préserver son état remarquable, à résoudre ses quelques petits soucis mécaniques et à préparer sa remise en route avec prudence.